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  • Silver eco  : Bayer & l’université de Singapour s’unissent pour favoriser l’observance par l’e-santé

    Améliorer l’observance des traitements chez les personnes âgées atteintes de maladies chroniques, tel est l’objectif du partenariat annoncé fin décembre 2016 entre Bayer et NUS Enterprise, le pôle entrepreneurial de l’Université nationale de Singapour (NUS).

    Ils ont dévoilé le premier « Grants4Apps Singapore », un projet de crowdsourcing qui vise à développer des solutions technologiques de santé innovantes à Singapour et dans toute l’Asie-Pacifique afin d’améliorer l’observance thérapeutique des personnes âgées, l’un des principaux challenges liés au vieillissement de la population dans la région ASEAN.

    Grants4Apps Singapore : les trois meilleurs projets seront récompensés en mai 2017

    Le concours « Grants4Apps Singapore » est ouvert à tous à Singapour et dans toute l’Asie du Sud-Est (ASEAN), aussi bien aux professionnels de la santé, aux aidants, aux scientifiques et aux ingénieurs qu’aux étudiants, programmeurs, développeurs, start-up et entrepreneurs.

    Trois gagnants seront désignés :

    • ils recevront chacun 10 000 dollars singapourien (6 600 €) de soutien financier ;
    • ils bénéficieront d’un coaching personnalisé (mentorat) de Bayer, de NUS Enterprise et d’autres partenaires de l’industrie, qui les aidera à faire progresser leurs idées de projets et leurs stratégies numériques pour les technologies innovantes à destination des médecins et consommateurs dans le secteur de la santé.

    Les inscriptions au programme « Grants4Apps Singapore » sont ouvertes jusqu’au 14 février 2017. Jusqu’à cinq équipes seront sélectionnées au début du mois de mars 2017 pour une dernière étape de coaching. La compétition s’achèvera en mai 2017 avec une cérémonie de remise des prix.

    Asie-Pacifique : une population de plus en plus vieillissante

    Asie-Pacifique : les plus de 60 ans représenteront 24 % de la population totale en 2050

    Le défi « Grants4Apps Singapore » a été lancé lors du Forum sur l’innovation en matière de vieillissement de la population, un événement organisé par le Dr. Amy Khor, ministre d’État au ministère de la Santé singapourien.
    Parmi les participants figuraient Yoriko Yasukawa, directrice régionale du Fonds des Nations Unies pour la population d’Asie-Pacifique, des experts en santé, des décideurs, des innovateurs, des universités, des entreprises, des ONG et des médias de toute l’Asie du Sud-Est.

    Selon les chiffres officiels, le pourcentage de personnages âgées de plus de 60 ans en Asie-Pacifique devrait doubler d’ici trente-cinq ans, passant de 12 % de la population totale en 2016 à 24 % en 2050.
    Une évolution entraînant une augmentation significative du nombre de patients atteints de maladies chroniques, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, les problèmes de santé oculaires et autres troubles liés au vieillissement.

    Selon l’OMS, le nombre de décès annuel dus à des maladies chroniques en Asie du Sud-Est et dans la région du Pacifique occidental continuera de faire partie des plus élevés au niveau mondial et devrait atteindre respectivement les 13 millions et les 14 millions en 2030.

    Lutte contre les maladies chroniques : l’observance des traitements est une priorité

    Le traitement à long terme est essentiel pour tenter de freiner au mieux l’évolution des maladies chroniques. Or, selon l’OMS, seuls 50 % des patients suivent de manière assidue des thérapies de longue durée. Le déclin cognitif et la polypharmacie (prise concomitante de plus de quatre médicaments) conduisent généralement à une mauvaise observance des traitements.

    Résultats : les bénéfices thérapeutiques diminuent au fil du temps, les visites chez le médecin se font moins fréquentes, les dépenses de santé sur le moyen et le long terme augmentent et un sur-traitement peut même être observé pour certains problèmes médicaux.

    Le premier objectif du « Grants4Apps Singapore » est d’améliorer les résultats de santé chez les personnes âgées en établissant des partenariats avec des acteurs innovants du marché afin de découvrir et de mettre au point des solutions technologiques de santé pour aider ces patients à surmonter les obstacles nuisant à la bonne observance de leurs traitements.

    Photo : lancement de Bayer-NUS Grants4Apps Singapour – décembre 2016.
    De gauche à droite : Irene Cheong, directrice adjointe, Business Development, NUS Enterprise ; Claus Zieler, vice-président et chef des opérations commerciales, division Asie-Pacifique, Bayer Pharmaceuticals, ; Marcus Yim, représentant principal de Bayer, Bayer ASEAN ; Kelvin Tan, directeur adjoint, Business Development, NUS Enterprise
    © Bayer

  • « Il faut qu’il y ait des Xavier Niel de la biotech » (Nicolas Dufourcq, BPIFrance)

    Nicolas Dufourcq, directeur général de BPIFrance, a accordé à Health&Tech une interview dans laquelle il dresse l’état des lieux du financement de la croissance du secteur de l’innovation en santé, en s’appuyant sur l’exemple des biotechnologies en France.

    Comment se font vos investissements ?

    La BPI est toujours co-investisseur. Il existe trois cas de figure :

    • Soit c’est un fonds de la BPI qui investit dans une société ; dans ce cas, il co-investit toujours avec un fonds privé ;
    • Soit c’est un fonds de la BPI avec des souscripteurs privés, comme InnoBio par exemple ;
    • Soit c’est un fonds privé dont la BPI est souscriptrice, en minoritaire.

    Les capitaux sont publics, mais le fonctionnement de la BPI est market-based et dans les mêmes termes que nos « collègues » des fonds partenaires.

    Quelle est l’organisation du financement de la French Tech, de la medtech et des biotech à Bpifrance ?

    A Bpifrance, nous avons des équipes polyvalentes qui s’occupent de la medtech et de la biotech, ainsi que des objets connectés dans la medtech.

    Nous avons différents véhicules de financement :

    • un fonds « maladies rares » ;
    • un fonds « biotech »,
    • un fonds « Large Venture », principalement consacré aux objets connectés,
    • un fonds santé, appelé FABS,
    • un fonds pour les accélérateurs, appelé FTA,
    • un fonds sur les technologies de rupture, appelé PSIM.

    Nous encourageons beaucoup la medtech. Notre fonds biotech est un fonds ouvert avec des souscripteurs privés, comme Sanofi, Roche ou Merck, qui ne souhaitent pas que le fonds soit investi en medtech. La medtech est donc financée sur les propres fonds de la Bpifrance. Les capitaux investis proviennent soit de la BPI, soit du Programme d’Investissements d’Avenir. Nous finançons également des fonds de biotech via nos fonds de fonds. 

    Comment la biotech est-elle défendue à l’international ?

    Je pense que la marque FrenchTech ne représente pas suffisamment la biotech. La question est de savoir comment intégrer la biotech dans la FrenchTech. Nous discutons donc actuellement avec l’équipe de la French Tech pour voir quel type d’événement peut être organisé et quel budget de publicité peut être alloué à ce qui devrait s’appeler « BioFrenchTech ». Le mouvement est amorcé, mais il y a encore beaucoup à faire.

    Comment attire-t-on les fonds du monde entier pour financer en France, et non à l’étranger, la croissance des biotech ? Comment éviter la délocalisation des pépites françaises ?

    Il faut les attirer en leur donnant envie d’être ici. Cela nécessite du marketing. Si nous ne créons pas Bio French Tech, nous n’aurons pas en France les grands investisseurs américains à l’échelle de ce que nous recherchons.

    A Bpifrance, nous avons une politique qui consiste à leur proposer de revenir en France en échange d’un investissement dans leur fonds : nous avons ainsi investi chez Versant, New Leaf Venture, et Advent : ils sont revenus à Paris et Lyon. Nous allons continuer, car nous voulons que les fonds américains se réinstallent à Paris et redécouvrent la richesse incroyable du potentiel de l’écosystème.

    Par ailleurs, nous sommes évidemment dans une guerre des mondes, toutes les nations cherchent à faire du brain drain des autres. L’enjeu est donc de convaincre toute la biotech française de rester ici. Il faut réussir à créer de grandes sociétés françaises. Or, cela nécessite des fonds de growth, qui peuvent investir de 30 à 40 millions d’euros, et nous n’en avons pas assez. Et ce n’est pas parce qu’il n’y a pas d’argent, c’est parce qu’il n’y a pas d’équipes !

    Manque-t-il beaucoup de professionnels du financement de la croissance en France ?

    Pas tellement: pour constituer un fonds de growth, il faut quatre à cinq personnes. Mais il faut les recruter, les former, les tester, et ce n’est pas la BPI qui peut le faire. Nous avons déjà créé le nôtre, Large Venture (600 millions). Les autres sociétés ont déjà parfois des fonds de série A à investir. Cela représente énormément de travail et elles ont du mal à se projeter en croissance, en entrepreneuriat. Donc, mon rôle c’est de les secouer et de leur dire qu’il faut que le financement reste en France.

    Pensez-vous que l’entrée en bourse des start-up de santé pourrait être un bon modèle économique ?

    Nous réalisons beaucoup de cotations en Bourse de biotech en France. Ensuite, ces start-up effectuent une double cotation au NASDAQ pour aller chercher des valorisations plus importantes et des fonds plus profonds. La difficulté tient au fait que les les gérants institutionnels en France connaissent mal la biotech et la medtech.

    Il s’agit donc uniquement d’une question de visibilité ?

    C’est une question de compétences ! Les professionnels de la finance qui exercent dans l’équivalent français des fonds de pension, d’assurance-vie, ou les fonds propres de la Caisse des Dépôts, ne savent pas acheter les actions d’un DBV Technologies ou d’un Cellectis. Ils ne connaissent pas et ne comprennent pas intimement ce secteur. Ils posent parfois des questions de débutants, et cela décourage les entrepreneurs qui, lorsqu’ils vont à New-York, font des roadshow avec de purs professionnels.

    Estimez-vous que les investisseurs français n’ont pas encore compris qu’une niche au développement exponentiel se présentait à eux ?

    Ils n’ont pas compris et, surtout, ils n’ont pas investi. Il faut recruter des personnes qui comprennent le milieu, qui ont exercé dans le domaine de la médecine, de la pharma. Ensuite, il faut investir dans des analystes.

    Aujourd’hui, il y a seulement deux ou trois analystes capables de rédiger de la recherche sur ces entreprises-là en France. Ils sont chez Portzamparc et une ou deux autres sociétés seulement. Or, un analyste ne se paye pas très cher, ce n’est donc pas un investissement énorme.

    Il nous manque en France 30 investisseurs dans des fonds de growth, 10 gérants dans des fonds institutionnels, 10 analystes, c’est-à-dire 50 personnes. A l’échelle du, pays ce n’est rien. Mais ces décisions ne sont pas prises, parce qu’elles ne sont pas conscientisées ni internalisées. Mon rôle, c’est de révéler à quel point nous ne sommes pas loin. L’argent est là, maintenant il faut le capital humain.

    Que répondez-vous aux personnes qui estiment qu’en France le système est trop complexe ?

    C’est une vue de l’esprit. On sous-estime par exemple complètement la complexité juridique aux États-Unis, où pour louer un local professionnel, il faut un avocat. En France, le juridique n’est pas un obstacle. Par ailleurs, les ingénieurs sont beaucoup plus chers aux États-Unis. Il n’y a pas de crédit impôt recherche (CIR) ; quant à la fiscalité, le statut jeune entreprise innovante (JEI) en France exonère d’impôt. Ce n’est donc pas compliqué de créer sa société. La difficulté de ces trois dernières années pour les start-uppers, cela a été les actions gratuites. Elles sont fondamentales. Voter la loi Macron pour revenir dessus à nouveau cette année, c’est une erreur. 

    Peut-on espérer une perspective de développement européen à court terme afin d’attirer puis de conserver les richesses du progrès scientifique en Europe ?

    Aujourd’hui, il n’y a pas d’Europe. Les personnes se connaissent, la BPI travaille par exemple avec Novo Nordisk (entreprise pharmaceutique danoise), également un peu avec les Allemands, mais nous n’avons pas de collaboration avec les Italiens et les Espagnols. Il y a très peu de fonds réellement européens de biotech. 

    Chaque pays européen évolue donc de son côté ?

    L’Europe du capital risk n’est pas faite, elle est à faire ! Il faudrait que le fonds européen d’investissement, dépendant de la Banque Européenne d’Investissement, s’empare réellement du sujet de la connexion des écosystèmes biotech des différentes places. Mais il n’a pas une action systémique sur la biotech européenne.

    Cela ne fait pas partie de leurs priorités ?

    Il faut que chacun des fonds nationaux, français, norvégien, suédois, aient des stratégies européennes. C’est ce que je les incite à faire. La BPI fait un énorme travail pour coudre le capital-risque européen, mais c’est très long de déclencher l’appétit de ces personnes-là.

    Il est pourtant de notoriété commune que le tournant du numérique est rapide, en particulier dans le domaine de la biotech, et qu’on ne peut pas se permettre de le manquer ?

    J’en suis conscient, mais c’est comme le phénomène des courants : nombreux sont ceux qui sont en train de se baigner et de se faire emmener vers les États-Unis par les courants. Il faut beaucoup d’énergie pour lutter à contre-courant. La BPI est à fond, exprime le mécanisme, les Suédois un petit peu, les Allemands commencent à comprendre mais le mouvement est lent !
    Pendant ce temps-là, le courant américain emporte une start-up sur deux, et quasiment 100 % des start-up de la medtech. C’est un vrai sujet.

    S’ils ne sont ni financiers ni réglementaires, quels sont donc les freins ?

    Ils sont humains, cela se passe énormément dans la tête : avons-nous envie d’une Europe puissante ou non ? La solution de facilité est sûrement d’aller tout de suite au NASDAQ aux États-Unis, de délocaliser la société et devenir américain. Cela rapporte beaucoup plus d’argent, beaucoup plus vite, à un investisseur. 

    Quelles sont les solutions proposées par la BPI pour donner plus de chances à la biotech en termes d’attractivité ?

      Nous allons continuer à communiquer.
    Il faut qu’il y ait une génération de héros de la biotech, connue de tout le monde. Il faut qu’il y ait des Xavier Niel de la biotech qui donnent envie à tous les jeunes ingénieurs de biotech française de devenir des rois du monde. C’est un des projets que nous avons déjà lancé, avec DBV Technologies de Pierre-Henri Benhamou et Cellectis d’André Choulika. Nous avons des entrepreneurs formidables. Il faut qu’ils acceptent d’être médiatisés et de donner envie aux autres de leur ressembler.

    Qu’en est-il de l’incubateur de start-up de la BPI ?

    Nous avons 25 start-up dans notre incubateur, mais seulement deux biotech, il est très digital.

  • Amalfi lance une assurance santé fonctionnant en mode collaboratif

    Le 10 janvier 2017, le courtier en assurances Amalfi a annoncé lancer sous la marque Otherwise une assurance santé fonctionnant en mode collaboratif.

    Cette première offre dédiée à la santé est issue d’un partenariat avec Thélem assurances.

    Le modèle proposé par Otherwise repose sur la mutualisation des cotisations de groupes constitués de dizaines de personnes.

    Une fois formé, chaque groupe alimente une couverture composée d’un pot commun destiné à financer :

    • les petites dépenses du groupe,
    • un fonds de protection permettant l’entraide entre tous les membres du groupe,
    • une couverture d’assurance classique intervenant en complément.

    Il n’est pas nécessaire que le groupe soit complet pour que ses membres puissent bénéficier de tous les types de prestations.

    A la fin de l’année, les membres d’un groupe peuvent récupérer jusqu’à 50% de leur cotisation initiale (hors taxes), sous forme d’un bonus collaboratif dont le montant dépend des prestations effectivement remboursées.

    Otherwise lance également une plateforme qui permet aux assurés de faire connaissance et profiter entre autres, de programmes d’accompagnement personnalisés. Elle leur permet aussi de suivre en temps réel les dépenses effectives du groupe auquel ils appartiennent.

    Le risque est porté par le groupe Thélem assurances.

  • « Perte d’autonomie : quelles innovations pour demain ? » Débat OCIRP le 24 janvier 2017 à Paris

    Le 9e débat Autonomie, organisé par l’OCIRP, France Info, Le Monde et LCP-Assemblée nationale aura lieu mardi 24 janvier à la Maison de la radio à Paris.

    Le thème du débat est « Perte d’autonomie : quelles innovations, quelles propositions pour demain ? »

    Programme

    • Les enjeux démographiques, économiques et sociaux liés à l’autonomie des personnes âgées aujourd’hui et demain
    • Les propositions des candidat(e)s à l’élection présidentielle française dans le domaine du vieillissement et de l’autonomie : présentation de l’enquête réalisée par le journal Le Monde
    • Les attentes des particuliers, salariés, délégués syndicaux et DRH révélées par le Baromètre OCIRP Autonomie
    • Les réponses des groupes de protection sociale : les innovations et la vision d’AG2R La Mondiale, Humanis, Klesia, Malakoff Médéric, du CTIP et de l’OCIRP
    • L’exploration des mots clés du public, du web et des experts

    Intervenants

    • Directions générales d’AG2R La Mondiale, Humanis, Klesia, Malakoff Médéric et du CTIP
    • Roselyne Bachelot, ancienne ministre (en vidéo)
    • Michèle Delaunay, ancienne ministre
    • Laurent Guimier, directeur de France Info
    • Pascal Beau, directeur d’Espace Social Européen
    • Patrick Lelong (France Info)
    • Serge Guérin, sociologue
    • Agnès Gramain, économiste (sous réserve)
    • Jérôme Porier (Le Monde)
    • La présidence et la direction générale de l’OCIRP
  • L’innovation santé peut-elle être un moteur de croissance ? (colloque du LIR)

    Le LIR organise le 27 janvier 2017 un colloque sur le thème « L’innovation santé peut-elle être moteur de croissance ? » au Collège de France.

    Le LIR est l’association des laboratoires internationaux de recherche. Il regroupe 15 filiales françaises de groupes internationaux de recherche en santé.

  • Chine : Startupbootcamp lance un accélérateur en santé numérique à Chengdu

    Le réseau anglais Startupbootcamp vient de lancer son premier programme en Chine. Il va développer un accélérateur numérique de la santé à Chengdu, capitale de la province du Sichuan.

    La société va ainsi soutenir le développement des entrepreneurs sur le marché local de la digital health en aidant 100 start-up prometteuses à se déployer.

    Startupbootcamp s’allie à l’incubateur chinois Thinkzon

    Startupbootcamp exploite un réseau mondial de programmes d’accélérateurs axés sur l’industrie. À Chengdu, il devrait se focaliser sur la mise à l’échelle des entrepreneurs dans le secteur de la santé numérique, précise la société dans un article posté sur son blog.

    Le projet se base sur un partenariat avec Thinkzone, un incubateur chinois rassemblant plus de 500 entreprises dans les domaines de l’internet mobile, de la R&D et des médias numériques.

    100 start-up soutenues financièrement et coachées pour percer sur le marché de l’e-santé chinois

    Les demandes pour intégrer le programme devront être formulées d’ici le 20 mars 2017. Le projet devrait débuter en mai 2017. Il est ouvert aux start-up de Chine et des pays voisins. L’accélérateur mettra l’accent sur les entreprises qui opèrent dans des domaines tels que l’élaboration d’appareils médicaux numériques et d’objets connectés, la surveillance à distance des patients, l’amélioration des diagnostics et la génomique.

    Les 10 start-up sélectionnées recevront :

    • 100 000 RMB (13 822 €) de fond pour leur lancement ;
    • un espace de travail gratuit ;
    • un mentorat de plus de 100 spécialistes de l’industrie.
    • Elles feront également l’objet de présentations aux partenaires et investisseurs locaux.
    • Elles disposeront d’un accès au réseau international de Startupbootcamp dans plus de trente pays.

    Au cours des trois premiers mois, les entreprises sélectionnées bénéficieront d’un soutien dans toutes les étapes de leur croissance par le biais de séances personnalisées, de la mise sur le marché à la vente des produits, en passant par leur développement.

    L’expansion globale de Startupbootcamp en Chine sera supervisée par Steven Tong, directeur général du programme de Startupbootcamp à Singapour depuis 2015.

    Il sera épaulé par Christina Pamela Christiansen, qui dirigera le programme de santé numérique en tant que directeur de programme, et par Feng Jingyue, qui occupera le poste de directeur des exploitations.

    Startupbootcamp face à la complexité du marché chinois

    Cependant, la société londonienne doit faire face à un problème non négligeable : la méconnaissance du marché chinois. Comment va-t-elle parvenir à s’imposer là où des entreprises étrangères, dont Google – parti en 2011 -, ont échoué ?

    «Chengdu [est] la porte d’entrée parfaite vers d’autres régions chinoises»

    Les avantages : la taille du marché et le fait de s’être implanté à Chengdu, déjà ouvert aux initiatives dans le domaine de la santé.

    La ville de Chengdu a en effet été choisie pour sa bonne réputation sur le marché. Elle est réputée pour son soutien aux initiatives entrepreneuriales locales, spécialement dans le domaine sanitaire. La région est également connue pour avoir quelques-uns des meilleurs hôpitaux et instituts de recherche médicale de Chine.

    « L’avancée de Chengdu dans le développement technologique fait de la ville la porte d’entrée parfaite vers d’autres régions chinoises, a commenté Carsten Kølbek, cofondateur de Startupbootcamp, lors de l’annonce officielle du projet. Les possibilités en santé numérique en Chine sont vastes, non seulement dans la région du Sichuan, mais aussi dans tout le pays. La forte demande pour de meilleurs services de santé, due à la croissance rapide de la classe moyenne, et la libération du marché de l’assurance privée nécessitent le déploiement de solutions novatrices, capables d’évoluer rapidement. »

  • Coordination des soins : « Viser la qualité des soins plutôt que les économies » (M. McWilliams, NEJM)

    « Il faut améliorer la coordination des soins non pas pour faire des économies mais parce que des soins coordonnés assurent une meilleure prise en charge ». Telle est la conclusion d’une tribune de Michael McWilliams, professeur expert en systèmes de soins à la Harvard Medical School, publiée le 8 décembre 2016 dans le NewEngland Journal of Medicine (NEJM).

    • Les programmes de coordination des soins mis en place aux Etats-Unis ont généré des économies minimes
    • La coordination pour la prise en charge de patients à risque peut générer son extension à des cas pour lesquels elle est moins nécessaire
    • La coordination des soins qui reposant sur l’innovation et la mobilisation de nouvelles ressources peut génèrer des coûts qui annulent les économes réalisées,

    sont les trois axes de l’argumentaire développé par cet expert, à partir de l’observation du système de santé américain, sur les limites de l’impact de la coordination des soins sur les coûts de la santé.

    Les programmes de coordination des soins génèrent des économies minimes

    • « Les efforts visant la coordination tendent à accroître l’utilisation des soins, ce qui annule au moins partiellement la diminution du recours aux soins évitables ».
    • « Un programme de coordination offrant une meilleure prise en charge élaboré pour un patient à haut risque entraîne une augmentation du nombre de cas à traiter puisqu’il pourra apparaitre pertinent pour la prise en charge de pathologies moins aigües ».
    • « En raison du coût des technologies de l’information utilisées et de la mobilisation de nouvelles ressources, la coordination des soins est coûteuse ».
    • « La diminution des hospitalisations qu’elle permet ne fait que compenser le coût de la coordination des soins et ne génère pas des économies nettes ».

    La coordination des soins ne doit pas primer sur l’abandon de soins inutiles

    • « Si la coordination des soins permet d’éviter les analyses redondantes, les erreurs médicales ou les conséquences de maladies chroniques mal gérées, elle ne doit pas occulter les causes majeures de soins inutiles ».
    • « Limiter le recours à des pratiques de faible valeur comme l’imagerie médicale pour des douleurs lombaires ne justifie pas de mettre en place une coordination des soins ou de modifier le comportement du patient ».
    • « L’accentuation excessive de la coordination peut détourner l’attention de l’élaboration d’approches qui éliminent plus efficacement les prestations de faible valeur ».
    • « Une grande partie des économies réalisées dans le cadre de programmes de soins responsables aux Etat-Unis vient d’une limitation de l’utilisation des soins post-opératoires dans des centres de soins infirmiers, des soins de santé à domicile et des services hospitaliers ambulatoires coûteux ».

  • « Le système de santé traverse sa crise la plus grave depuis sa fondation » (F. Bizard, congrès Fehap)

    Frédéric Bizard, économiste de la Santé, a dressé un constat sévère sur le système de santé français lors de son intervention au congrès de la Fehap le 14 décembre 2016 : « il traverse sa crise la plus grave depuis sa fondation ».

    Confrontés à cette crise, nous devons, pour Frédéric Bizard, faire des choix collectifs autour de grands principes d’équité et de solidarité.

    Une quadruple crise

    Pour Frédéric Bizard, le système de santé est confronté à une quadruple crise :

    • une crise d’efficacité allocative : les ressources sont mal allouées ;
    • une crise du financement : le système est sous-financé, ce qui le rend sensible à la conjoncture. Par ailleurs, il n’intègre pas l’innovation ;
    • une crise de la gouvernance : l’Etat a une approche uniquement gestionnaire du système ;
    • une crise de confiance : les Français ne croient plus dans le système et ses acteurs.

    Des mesures pour intégrer l’innovation dans le système

    Pour Frédéric Bizard, intégrer l’innovation au système de santé est indispensable si on ne souhaite pas que se développe un système à deux vitesses. Cela passe par les mesures suivantes :

    • valoriser au juste prix ce qui est véritablement innovant ;
    • favoriser la concurrence ;
    • adapter les modèles et faire preuve d’innovation sociale et politique, ce qui nécessite un débat politique.

    Passer du soin à l’amélioration du bien-être

    Frédéric Bizard estime que nous sommes passés d’un monde des risques courts à un monde des risques longs (augmentation des maladies chroniques et du temps passé à la retraite). Il faut donc passer d’une logique de protection par l’Etat-Providence à une logique d’autonomisation des individus dans la gestion de leurs risques. Plus précisément, Frédéric Bizard préconise de changer de stratégie de santé : la question n’est plus celle de l’accès aux soins, mais de l’accès à la santé, qui implique :

    • le maintien en bonne santé ;
    • l’accès au meilleur soin au meilleur coût.

    « Il faut passer d’une approche de masse à une approche de qualité, et mettre la santé au cœur de toutes les politiques publiques ».

  • Transition du système de santé : le Cercle des décideurs numérique et santé propose trois axes

    • Faire du citoyen et du patient un acteur à part entière du système de santé
    • Ouvrir une concertation nationale sur la santé
    • Financer la transition du système de santé

    Tels sont les trois axes de propositions pour assurer la transition du système de santé présentés par le Cercle des décideurs numérique au cours d’une journée parlementaire le 6 décembre 2016, organisée à l’Assemblée nationale sous le patronage de Jean-Louis Touraine.

    Le Cercle consacrera plus particulièrement ses travaux en 2017 au financement de la transition du système de santé, avec la création d’un fonds de transition public-privé pour financer l’innovation en santé. Il portera cette proposition auprès des responsables politiques nationaux.

    Le détail des propositions :

    Faire du citoyen et du patient un acteur à part entière du système de santé

    • Renforcer la place du patient et du citoyen dans les décisions concernant sa prise en charge, l’évaluation de son expérience de soins et des technologies de santé utilisées dans son parcours thérapeutique.
    • Se doter de nouveaux indicateurs de suivi comme outils d’amélioration du système de santé et de son organisation, s’appuyant conjointement sur la satisfaction des patients, l’amélioration de l’état de santé de la population, l’efficience du dispositif de soins et la satisfaction des professionnels.
    • Créer les conditions d’un suivi individuel de chaque patient  et d’un  usage performant des données de santé  permettant de rendre plus efficiente leur prise en charge individuelle et collective  et de développer la prévention primaire et secondaire,  par  une généralisation de l’usage du DMP et un accès ouvert aux données du SNIIRAM.

    Ouvrir une concertation nationale sur la santé

    • Faire de la santé une priorité partagée en organisant une concertation nationale  visant à évaluer l’état d’avancement de la stratégie nationale de santé, à s’accorder sur les buts à atteindre, les priorités d’actions et le pilotage du dispositif mis en œuvre. 
    • Lever les obstacles aux innovations organisationnelles en décloisonnant les professions sanitaires, sociales et médico- sociales ;  en favorisant le développement des pratiques avancées ; en encourageant des conditions d’exercice collectif et pluriprofessionnel  adaptées au suivi et à la prévention des maladies chroniques par des modes de rémunération adaptés et ouvrir pleinement les conditions d’usage de la Télémédecine et de la Télésanté.
    •  Penser la gouvernance au plus près des territoires en donnant aux ARS, en étroite concertation avec les collectivités territoriales, les moyens de conduire efficacement le tournant ambulatoire et de développer une véritable politique de prévention, s’appuyant notamment  sur la mise en place  d’ORDAM, la fongibilité des enveloppes entre sanitaire, social et médico-social et des possibilités de conventionnement régional.

    Financer la transition du système de santé

    • Constituer un fonds de transition public-privé d’innovations en santé portant les projets stratégiques et les investissements d’infrastructures au niveau national,  avec des déclinaisons régionales pour accompagner le développement  territorial.
    • Instaurer une véritable politique prévisionnelle de  gestion des métiers et des compétences pour les professions  médicales, tout autant que soignantes, sociales et médico-sociales,  passant par la création de passerelles entre professions, la mise en œuvre d’un dispositif performant de formation et d’adaptation des compétences  et l’encouragement à la réalisation de parcours internationaux.
    • Faire de la France un leader mondial dans le champ de la santé par une anticipation  et un rythme d’adaptation continu de son système de santé aux innovations impactant la prévention et la prise en charge des patients, lui permettant  d’être reconnue  par ses performances, la qualité de sa recherche.

  • « Le patient de demain sera éclairé » (Joël de Rosnay, colloque du cercle des décideurs numérique)

    Le patient de demain sera éclairé et augmenté, selon Joël de Rosnay, qui intervenait à la journée parlementaire organisée par le Cercle des décideurs numérique et santé le 6 décembre 2016 à l’Assemblé nationale sous le patronage de Jean-Louis Touraine, député du Rhône et vice-président de la Fédération hospitalière de France.

    Le colloque, au cours duquel ont été présentées les propositions du Cercle pour assurer la transition du système de santé, a également permis d’aborder le financement de l’innovation en santé, la nouvelle relation entre patients et médecins permise par l’ère du numérique, et ses conséquences en termes d’organisation.

    La santé de demain selon Joël de Rosnay : médecine 4 P et épigénétique

    Joël de Rosnay a présenté sa vision de la santé de demain : un patient éclairé et augmenté (empowered), un suivi à la fois général et personnalisé grâce à l’écosystème numérique, une maintenance de la santé. La médecine 4 P (prédictive, préventive, personnalisée, participative) deviendra réalité, notamment grâce à une meilleure connaissance de l’épigénétique.

    Demain, une médecine toujours humaine

    La première table ronde de la journée parlementaire s’ouvrait par un court film présentant la vision de la santé de demain par les jeunes générations. Conscients des bouleversements à venir en matière de santé, adeptes des technologies, ils souhaitent néanmoins que l’humain conserve toute sa place dans le soin.

    Victor de Castro, médecin anesthésiste, et Pauline d’Orgeval, fondatrice de deuxiemeavis.fr, ont débattu de la nouvelle relation qui s’instaure entre le patient qui veut choisir et décider de sa santé, et le médecin. Celui-ci sera demain moins centré sur la technique, mais plus sur l’accompagnement et le soin, grâce aux outils d’aide au diagnostic et à la décision permis par l’intelligence artificielle et le machine learning. Pour Victor de Castro, la formation des médecins doit dès à présent prendre en compte cette nouvelle donne, étant donné le temps long des études médicales.

    Michel de Lempdes, partner chez Omnes Capital, et Christophe Marques, économiste, ont abordé la question du financement de l’innovation et de son intégration au système. Pour Michel de Lempdes, les entreprises innovantes sont bien financées en phase d’amorçage, mais ont ensuite des difficultés à trouver les financements nécessaires pour grandir. Si le nombre de start-up créées augmente dans le secteur de la santé, la complexité de ce système et la multiplicité des interlocuteurs sont des freins pour les créateurs d’entreprises. Christophe Marques a de son côté évoqué les réticences à l’intégration des innovations dans le système de santé.

    Demain, un ONDAM refondu ?

    Michel Yahiel, conseiller social du Président de la République, est revenu sur les trois objectifs de la stratégie nationale de santé :

    • améliorer l’état de santé des Français
    • conserver un cadre financier soutenable
    • se rappeler que la santé est un secteur d’activité

    S’appuyant sur le dernier rapport du Haut conseil pour l’amélioration de l’assurance maladie, il a estimé que l’ONDAM, sous sa forme actuelle, avait vécu, et envisagé la possibilité de délégations plus importantes aux ARS demain.

    Regrettant les freins à la diffusion des innovations dans le système, par exemple la télémédecine,  en raison de sa complexité administrative, il a appelé au lancement de travaux d’économie de la santé.

    Demain, des citoyens acculturés à la santé ?

    Laurent Degos, ancien président de la Haute Autorité de Santé, a insisté sur le rôle des usagers dans l’innovation en santé : c’est de la demande que viendra le changement. Le patient prendra le pouvoir, et évaluera les résultats des soins, alors qu’aujourd’hui ce sont les process qui sont évalués. Mais une barrière demeure pour l’instant : le manque d’acculturation des patients à la santé (health litteracy). Une véritable politique d’éducation à la santé, y compris à l’école, est donc nécessaire.

    En conclusion, Jean-Louis Touraine a insisté sur l’importance de maintenir l’égalité face à la santé pour l’ensemble des Français.