Pilotage

  • La stratégie, nouvel enjeu pour les DSI

    Sage, l’éditeur britannique de logiciels de gestion pour les entreprises, souligne les enjeux auxquels doivent faire face aujourd’hui les DSI : s’imprégner de leur rôle stratégique et s’affirmer au sein des équipes de direction tout en gérant leurs problématiques opérationnelles

    Selon le cabinet Deloitte, 46% des DSI des grandes entreprises sont placés sous l’autorité des directeurs financiers. Et seulement 40% d’entre-eux détiennent un pouvoir de décision finale sur les dépenses en matière de technologies émergentes. Ces chiffres illustrent la situation observée en 2014. Ils indiquent une évolution de l’importance donnée à cette fonction dans les entreprise puisqu’un rapport Ernst and Young (EY) montrait qu’en 2012 moins d’un DSI sur cinq faisait partie de l’équipe de direction et que 43% seulement participaient au processus décisionnel de l’entreprise.

    Le cabinet américain de conseil Gartner, spécialisé dans le domaine des techniques avancées, révèle par ailleurs que la moitié des DSI interrogés dans le cadre d’une enquête réalisée en 2014 s’estiment incapables de suivre le rythme des changements technologiques.

    5 points clés

    Pour aider les DSI à passer d’un rôle purement opérationnel à une approche plus stratégique, Stuart Lynn, DSI de Sage Royaume-Uni et Irlande, a défini 5 points clés autour desquels ils doivent organiser leur mission :

    • Développer et déployer de nouvelles technologies
    • Percevoir les données comme des ressources stratégiques
    • Donner la priorité aux clients
    • Adopter une approche collaborative
    • Automatiser

    « Aujourd’hui, les DSI doivent comprendre leur rôle stratégique, se positionner en conséquence dans les structures des entreprises (notamment se faire une place au sein de l’équipe de direction) et trouver les moyens de créer de la valeur ajoutée et de la croissance, précise le cabinet Gartner.

     

  • Offre de rachat par Sanofi (8,2 Md€) rejetée par l’Américain Medivation

    Un rejet de l’offre de rachat par Sanofi pour une valeur de 8,2 milliards d’euros, a été annoncé par Medivation, société de biotech américaine, le 29 avril 2016. Basée à San Francisco, Medivation est spécialisée dans le traitement contre le cancer. Sanofi a indiqué le même jour qu’il restait « déterminé à poursuivre ce rapprochement et à engager le dialogue directement avec les actionnaires de Medivation ».

    « Sanofi sous-évalue substantiellement Medivation » 

    • Medivation a répondu négativement le 29 avril 2016 à la proposition de rachat que Sanofi lui avait faite pour une valeur de 8,2 milliards d’euros.
    • La société américaine de biotech Medivation indique que l’offre de Sanofi « sous-évalue substantiellement Medivation ».
    • Après une première approche, les dirigeants du groupe français « s’étonnaient » de ne plus avoir de contacts avec leurs homologues de San Francisco.
    • Le patron de Sanofi, Brandicourt Olivier, avait adressé le 28 avril 2016 une lettre au PDG de Medivation, David Hung, pour s’étonner de ce silence.

    « Engager le dialogue avec les actionnaires »

    • Après ce rejet, Sanofi s’est déclaré « déterminé à poursuivre ce rapprochement » le 29 avril 2016. L’entreprise française compte « engager le dialogue directement avec les actionnaires de Medivation ». Ce qui ouvre la voie au lancement d’une OPA de la part de Sanofi. Ses responsables affirment que leur offre à 52,50 dollars par action « représente une prime de plus de 50% par rapport au cours moyen de l’action Medivation durant les deux mois précédent les rumeurs sur une offre d’acquisition ».

    Sanofi veut se renforcer sur le cancer

    • Sanofi a présenté le 29 avril 2016 des résultats trimestriels qui montrent un repli de 3,03 % de son chiffre d’affaires (8 543 M€, contre 8 810 M€ au 1er trimestre 2015) et un bénéfice net en hausse de 6% à 1,09 Md€.
    • Pour améliorer sa situation, l’entreprise compte sur le rachat de Medivation qui commercialise le Xtandi, un blockbuster pour le traitement du cancer de la prostate et dispose de deux autres produits en phase de développement clinique pour le cancer du sein et la leucémie. Des produits qui pourraient représenter 1,7 Md€ de revenus en 2020, selon la banque Goldman Sachs. Le Xtandi vient d’obtenir son autorisation de mise sur le marché en Europe.
    • Le renforcement de Sanofi dans le cancer est une « priorité affirmée » par son PDG Olivier Brandicourt, arrivé en 2015 à la tête de l’entreprise.

  • Econocom obtient l’agrément d’hébergeur de données de santé

    Econocom, groupe européen de services numériques aux entreprises, a annoncé le 27 avril 2016 avoir obtenu l’agrément d’hébergeur de données de santé à caractère personnel. Une information qui confirme l’engagement stratégique de cette entreprise dans le domaine de la e-santé, présenté comme une priorité lors de l’annonce de ses objectifs en juin 2015 .

    L’agrément d’hébergeur de données de santé à caractère personnel délivré par le ministère de la Santé a été obtenu par Econocom, a annoncé le 27 avril 2016 cette entreprise spécialisée dans les services informatiques aux entreprises et la transformation numérique des organisations. Cet agrément est délivré après avis de la Cnil et de l’ASIP Santé à des structures qui répondent à un haut niveau d’exigence sur la sécurité , la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des données de santé qui lui sont confiées. Protégées par le code de la santé publique ou de la sécurité sociale, les informations relatives à une personne sont considérées par la loi Informatique et Libertés comme des données sensibles.

    Une stratégie de développement dans la e-santé

    En obtenant l’agrément pour héberger des données de santé à caractère personnel, Econocom confirme sa stratégie de développement sur le marché de la e-santé. « Nous sommes convaincus que la digitalisation dans le domaine de la santé est un véritable enjeu de société, à l’instar de la digitalisation de notre système éducatif sur lequel nous sommes déjà très engagés. Développer la e-santé facilite l’accès aux soins et à l’expertise médicale pour tous et la puissance du big-data doit être mise au profit de l’efficacité médicale », déclare Bruno Grossi, directeur exécutif d’Econocom, dans le communiqué du groupe.

    Econocom avait présenté en juin 2015 ses objectifs de développement à l’horizon 2017. La société avait annoncé cibler ses futurs investissements sur la sécurité, les applications mobiles, les plateformes cloud, le conseil en infrastructures et la e-santé.

  • Création du Lab Santé Ile de France par l’ARS, la Chambre de commerce et Medicen

    La création du Lab Santé Ile de France, destiné à soutenir l’émergence de solutions innovantes en santé, a été annoncée le 27 avril 2016. L’Agence Régionale de Santé d’Ile de France, la Chambre de commerce et d’industrie Paris Ile de France et le pôle de compétitivité Medicen Paris-Région se sont réunis pour mettre en place cette nouvelle structure qui sera opérationnelle à partir de septembre 2016. Elle sera dirigée par le professeur Jean-François Dhainaut, responsable du département recherche d’ELA International, une association contre les leucodystrophies.

    L’objectif du Lab Santé Ile de France est de réunir les acteurs de l’offre et de la demande de services innovants en santé (chercheurs, laboratoires, industriels, institutionnels, établissements et professionnels de santé) au sein d’une plateforme collaborative à l’échelle de la région. Il a vocation à accompagner ces acteurs pour accélérer les innovations en santé, conduire l’évaluation de leurs impacts sur les organisations et aider à leur mise sur le marché.

    « Un impact positif sur les organisations »

    L’ARS d’Ile de France précise que les innovations qui seront accompagnées en priorité par le Lab Santé Ile de France devront « soit apporter une vraie rupture dans les pratiques, soit avoir un impact positif sur les organisations dans les domaines du bien-vieillir, de la prise en charge des maladies chroniques et des organisations de santé de demain».

    Pour les acteurs publics et privés

    A partir du 4ème trimestre 2016, les actions du Lab Santé Ile de France porteront sur des services d’intermédiation proposées aux acteurs publics et privés, établissements et professionnels de santé, patients et accompagnants, centres d’excellence et pôles de compétitivité, institutionnels et payeurs. Elles viseront à faciliter l’innovation au sens large : dispositifs médicaux, technologies, objets connectés, services de prise en charge, filières et offres de soins. 

  • Médicaments coûteux : le Leem réplique à la campagne de la Ligue contre le cancer

    La Ligue contre le cancer a annoncé le 26 avril 2016 qu’elle doublait sa pétition contre le prix trop élevé des médicaments d’une campagne d’affichage qui vise l’industrie pharmaceutique. Le LEEM dénonce « une instrumentalisation des patients ».

    La Ligue contre le cancer lance une campagne d’affichage dans laquelle elle dénonce le « business » des nouveaux médicaments contre le cancer. Elle appuie ainsi la pétition adressée début avril 2016 à François Hollande dans laquelle elle réclame une baisse du prix des médicaments innovants. Le président de la République s’est déclaré prêt à porter ce sujet devant le G7 organisé à Tokyo les 26 et 27 mai 2016. A ce jour 54 000 internautes ont déjà signé cette pétition lancée par la Ligue.

    100 000 euros par an et par patient

    Dans le viseur de la Ligue contre le cancer, le médicament Keytruda (Merck Canada), une immunothérapie prochainement disponible en France. Le traitement devrait coûter 100 000 euros par an et par patient. La HAS a souligné son « impact significatif » sur les comptes de la Sécurité sociale.

    Le LEEM, syndicat représentant l’industrie du médicament, dénonce « une instrumentalisation des patients et de leur entourage » en réponse à l’action de la Ligue contre le cancer sur ce sujet. « Aucun patient en France n’a jamais été privé de traitement pour des raisons économiques », se défend le Leem en affirmant que les patients français ont déjà bénéficié de nombreux médicaments innovants « sans grèver le budget médicament de l’Assurance maladie ». Le syndicat souligne que le médicament est un des principaux postes d’économie grâce à la maîtrise des volumes. Il affirme que les médicaments coûteux permettront également de générer des économies, notamment en limitant les durées d’hospitalisation des malades.

    Garantir le retour sur investissement

    Interrogée le 22 mars 2016 sur les des médicaments coûteux, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, avait déclaré avoir abordé ce sujet avec les industriels. «  Nous devons discuter de la manière de définir les prix d’une façon qui soit soutenable pour la Sécurité sociale française et pour les autres pays et qui garantisse un retour sur investissement pour les industriels », avait-elle précisé.

     

  • Seules 1,34 % des pharmacies françaises proposent de la vente en ligne de médicaments

    L’autorité de la concurrence a émis un avis défavorable le 26 avril 2016 sur deux arrêtés réglementant la vente de médicaments en ligne. L’autorité dont la décision est simplement consultative, parle de « contraintes disproportionnées » créant « un régime discriminatoire par rapport aux conditions exigées pour la vente au comptoir [en officine, NDLR] ». Actuellement, les formalités à remplir s’apparentent aux exigences requises pour la certification ISO 9001. Ce qui n’est pas le cas pour les officines « physiques ».

    Le conseil d’état avait annulé un précédent arrêté relatif aux bonnes pratiques de la vente de médicaments en ligne en 2015, un arrêté également pointé par l’autorité de la concurrence. Une réglementation plus favorable était attendue depuis pour combler le vide juridique.

    La France n’a toujours pas transposé la directive européenne sur « la vente à distance au public de médicaments au moyen de services électroniques » de 2011.

    La France à la traîne

    « Sur 22 401 officines recensées au 1er janvier 2015, seules 301 ont développé un site internet », soit 1,34%, c’est « dix fois moins qu’en Allemagne », observe l’Autorité de la concurrence dans son avis rendu le 26 avril 2016. Le taux de refus d’autorisation de création de sites de vente en ligne de médicaments est « important », ajoute-t-elle. Ainsi, en 2013, sur 259 demandes, 80 refus ont été opposés par les ARS, soit un taux de refus de près d’un tiers.

    Dans son avis l’autorité affirme être « favorable à ce que les pharmaciens d’officine utilisent largement cette nouvelle forme de vente, qui permet de dynamiser, moderniser et rendre plus visible leur activité professionnelle en faisant bénéficier les patients de la souplesse de la vente en ligne, de tarifs plus bas et d’une meilleure information sur les prix ».

    200 officines ferment leurs portes chaque année pour raison économique. Le développement de la vente en ligne pourrait redynamiser les ventes selon l’UNPF. Mais les représentants  des pharmaciens sont partagés. L’USPO défend à l’inverse les restrictions proposées par le ministère de la santé qui préviendraient les pharmaciens de trop pousser les patients à la consommation.

    Depuis 2013, la commercialisation sur Internet est seulement autorisée pour les médicaments délivrés sans ordonnance. Elle est limitée aux pharmaciens inscrits à l’Ordre national des pharmaciens. En clair, seuls les officines « physiques » sont autorisées à créer des sites de vente en ligne.

    A quoi ressemblera l’officine de demain ?

    Au-delà de la vente de médicaments sur Internet, 28 % des pharmaciens interrogés par Direct Medica pensent que le conseil en ligne fera partie prenante de leur activité dans 10 ans. Un point confirmé par Hervé Pingaud, directeur de l’université Jean Francois Champollion et responsable du Living Lab « Connected Health Lab » implanté au cœur de l’école d’ingénieur ISIS de Castres en partenariat avec Pierre Fabre: « le conseil autour de la vente et de l’administration du médicaments est un point clé de l’officine de demain. On ne peut pas réduire le pharmacien à sa fonction de commerçant. Son rôle est de prodiguer du conseil, notamment sur l’administration du médicament, ses effets indésirables, etc. Cela pourra se faire via des terminaux de consultation placés dans des chambres d’Ehpad ou au domicile des patients. Avec les avancées de la télémédecine, le pharmacien sera placé plus que jamais au cœur du parcours du patient et aura un rôle déterminant dans la prévention ».

  • « La santé numérique ne peut pas rester sous la coupe des GAFA » (Lionel Collet, CSIS)

    Lionel Collet, coordonnateur du CSIS, préconise un regroupement des entreprises d’innovation. Il y voit le moyen d’assurer leur développement à l’international et de préserver la maîtrise par la France sur son industrie de santé. S’appuyant sur le précédent de Sanofi dans le médicament, il souhaite placer les start-up sous la bannière d’un grand groupe. Il répond aux questions de Health &Tech Intelligence.

    Les centaines de start-up françaises qui travaillent sur l’innovation en santé pourraient être regroupées sous la tutelle d’un grand groupe industriel. C’est l’idée avancée par Lionel Collet, coordonnateur du CSIS, dans son intervention le 20 avril 2016 dans le cadre du Café Nile sur son plan de relance de l’attractivité de la France pour les industries de santé.

    Vous avancez l’idée de regrouper les multiples acteurs de l’innovation en santé sous la bannière d’un grand groupe. Pourquoi cette volonté de centralisation ?

    Prenons l’exemple de ce qui s’est passé dans le médicament avec le précédent de Sanofi qui a rassemblé des acteurs de cette filière dans une structure de taille mondiale capable d’affronter la concurrence internationale. Nous devons avoir la même ambition pour tous les acteurs qui travaillent sur les dispositifs médicaux ou la santé numérique. Notre pays en compte beaucoup, pour la plupart de superbes entreprises qui maîtrisent la créativité, le dynamisme, la capacité à innover. Mais ces structures ont des difficultés à conquérir des marchés à l’international en raison de leur taille critique dont peuvent profiter de grands investisseurs étrangers qui souhaitent en prendre le contrôle.

    En quoi ces investissements étrangers représentent un risque ?

    Conserver la maîtrise de nos industries de santé est une question stratégique. La France doit préserver son indépendance sanitaire, être en capacité de produire des réponses aux problématiques de santé, y compris à travers la santé numérique. Pour cela nous devons avoir des structures solides, ce que permettrait un regroupement des petites entreprises dans un plus grand ensemble.

    Ce regroupement ne risque-t-il pas de pénaliser l’innovation en santé et perdant la créativité, la souplesse, la réactivité qui caractérisent les petites entreprises et qui manquent parfois dans les grands groupes ?

    Ce qui se passe avec Medtronic, un géant mondial qui parvient à intégrer de nombreuses start-up montre que l’on peut garder les avantages et qualités de petites entreprises dans le cadre d’un grand groupe.

    Les grands industriels français prendront-ils le risque d’investir dans des start-up ?

    C’est le rôle des pouvoirs publics de les encourager dans cette voie. Il faut se poser la question : est-ce une priorité d’avoir ces géants en France ? Pour moi la réponse est oui. Nous ne pouvons pas rester dans la santé numérique sous la coupe des GAFA, ne serait-ce qu’en raison de l’enjeu que représentent les données de santé dont nous devons pouvoir maîtriser l’utilisation et la sécurité.

  • UniHa choisit Samsung pour gérer les échographes des hôpitaux publics

    Le groupement de coopération sanitaire UniHa qui regroupe 35 CHU et 32 centres hospitaliers a choisi l’entreprise Samsung Electronics France pour la gestion et la modernisation du parc d’échographes des établissements publics de santé, le 18 avril 2016.

    Le taux d’équipement pour les hôpitaux publics est de 48 échographes pour 1000 lits et le choix de la solution Optimium Service présentée par Samsung et qui se limite au seul coût d’un contrat de service représente, selon les responsables de UniHa, un gain de 25% par rapport à une solution classique d’achat et de maintenance.

    Les échographes sont utilisés en médecine, chirurgie et obstétrique et leur fréquence moyenne de renouvellement est de 7,8 ans. L’appel d’offres lancé par UniHa et coordonné par le CHU de Rennes visait à maintenir à niveau le parc existant et à développer le nombre d’équipements dans les disciplines où de nouvelles indications échographiques s’imposent. Le contrat conclu avec Samsung Electronics France permettra notamment la mise à niveau technique d’équipements obsolètes que les établissements ne pouvaient pas remplacer sans cette solution.

    Optimium Service est un contrat de service sur 5 ans qui inclut un audit des usages et des besoins, l’installation de nouveaux équipements et la formation des équipes médicales et para-médicales qui les utilisent.

    Testé avec des professionnels de santé et des experts

    Des professionnels de santé des établissements concernés par ce contrat, des experts para-médicaux et des techniciens ont participé aux tests auxquels ont été soumis les équipements proposés par les différents candidats qui avaient répondu à cet appel d’offres. Un mode de sélection couramment utilisé par UniHa, leader des achats groupés en santé, dont le réseau rassemble 2300 professionnels associés, avec les utilisateurs, aux choix pour les équipements des établissements publics.

    Au lendemain du contrat conclu avec Samsung Electronics France, UniHa se félicite de l’opportunité que représente la solution Optimium Service au moment où les GHT prévus par la loi Santé de 2015 se mettent en place. « Cela va permettre aux équipes hospitalières d’offrir au personnel médical et aux soignants un environnement de travail constant quel que soit leur lieu d’intervention dans le GHT », souligne Bruno Carrière, directeur général d’UniHa.

  • Industries de santé : vers des crédits d’impôts et des données plus accessibles

    Quatre orientations stratégiques qui se déclinent en 14 mesures dans les domaines de l’innovation, de la production (avec de nouvelles règles fiscales), de la recherche (avec les essais cliniques et l’accès aux bases de données) et du renforcement du dialogue entre l’État et les industries de santé, c’est la réponse que l’État, à travers le CSIS, entend apporter aux attentes des industriels de santé en France. « Les industries de santé sont stratégiques pour la France », a souligné Lionel Collet, le coordonnateur du CSIS, en évoquant leur poids économique, leur contribution à la croissance, à l’emploi, à la balance commerciale et au rayonnement international de la recherche et de l’industrie françaises.

    Lionel Collet, le coordonnateur du Conseil Stratégique des Industries de Santé, a présenté le 11 avril 2016 à l’hôtel Matignon à l’occasion de la 7ème réunion du CSIS, en présence de Manuel Valls, Premier ministre, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, de Matthias Fekl, chargé du Commerce extérieur, de la promotion du Tourisme et des Français de l’étranger, et de Thierry Mandon, secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, son plan pour développer l’attractivité de la France dans cette filière. Ce plan répond, selon Lionel Collet, aux défis auxquels sont confrontés ces industries.

    De nouveaux crédits d’impôts

    La première de ses orientations consiste à faciliter l’accès des patients aux innovations. La principale mesure dans ce domaine sera la prise en compte dans la tarification des produits de santé et solutions innovantes des économies générées dont leur impact sur l’organisation de notre système de santé. Cette mesure répond à l’impératif des industries de santé de bénéficier de leurs efforts majeurs de R&D et de les amplifier, et aux enjeux des pouvoirs publics d’amélioration de l’état de santé de la population et de respect de la bonne tenue des comptes publics.

    La deuxième orientation est de valoriser la production avec, par exemple, une transformation des « crédits CSIS » en crédit d’impôts et la création d’un label « Offre France », vitrine internationale de nos capacités de production de médicaments biologiques et de dispositifs médicaux innovants. Il s’agit dans ce domaine de conserver le savoir-faire et l’avance technologique française et de le transformer en facteur de compétitivité favorable tant à l’économie française qu’à ses investisseurs industriels.

    Une interface pour accéder aux données de santé

    La troisième orientation vise à développer la recherche clinique en agissant sur les délais (un délai réduit à 30 jours est possible, selon Lionel Collet, pour les médicaments dont les phases cliniques 2 et 3 auront été réalisées en France) et la création rapide d’une interface permettant aux industriels d’accéder aux bases de données de santé. Alors que l’explosion de la quantité de données générées dans le monde permettra de mieux analyser ou de prédire les déterminants de santé, cette dynamique porte de grandes promesses dans les domaines de la recherche prédictive, de l’épidémiologie, de l’alerte sanitaire, de la santé publique et enfin de suivi des traitements en conditions réelles d’utilisation.

    La quatrième orientation a pour objectif de renforcer le dialogue entre l’État et les industriels. L’avis de ces derniers pourrait ainsi être pris en compte au moment de l’établissement du PLFSS.

    Le calendrier de discussion et de mise en œuvre sur l’ensemble de ces mesures est encore à établir. 

  • Cour des comptes : la mauvaise gestion des données de santé par l’assurance maladie

    La Cour des comptes dénonce le verrouillage et la mauvaise utilisation des données de santé gérées par l’Assurance maladie dans un rapport confidentiel cité en exclusivité par le site Acteurs publics le 19 avril 2016. L’autorité y déplore la faible utilisation par les pouvoirs publics des cette base « au potentiel exceptionnel », les freins à son l’ouverture et ses nombreuses failles de sécurité. La France disposerait de la plus grande base du monde : chaque année, 1,2 milliard de feuilles de soins, anonymisées, alimentent ainsi le Sniiram.

    « Un retard considérable a été pris dans l’exploitation du Sniiram au bénéfice de la santé publique, de la recherche, d’une meilleure efficience de notre système de soins et de la maîtrise des dépenses d’assurance maladie, tous enjeux vitaux pour notre pays », regrette la Cour qui dénonce un système qui « reste largement fermé aux acteurs publics et privés, tout en étant sous-utilisé par ceux-là mêmes qui disposent d’un accès permanent à cette base, c’est-à-dire l’assurance maladie et les ministères sociaux! ».

    Le rapport commandé par l’Assemblée Nationale pointe du doigt les conditions d’accès à ces données jugées « schizophréniques » et « laissées à des acteurs souvent plus rivaux que complémentaires, l’IDS et la Cnil, l’un plutôt libéral au regard des possibilités d’ouverture, l’autre, au contraire, d’approche très restrictive ».

    « Contrôle sans partage »

    Le rapport décrit également « comment la Cnamts gère les données comme si elle en était propriétaire, alors qu’elle ne devait être qu’un support technique ». Si la Cnamts peut s’arroger ce contrôle sans partage du  Sniiram, relève la Cour, c’est parce que le comité de pilotage ne jouerait pas son rôle, l’IDS – groupement d’intérêt public – a des missions mal définies et que la tutelle – les ministres sociaux – est absente des grandes décisions stratégiques.

    Des risques en matière de cybersécurité

    Autre reproche fait par la Cour des comptes, selon Acteurs publics, les risques de faille du système en matière de cybersécurité et la lenteur de l’Assurance maladie pour y remédier. Sur les 86 risques qu’avait identifiés la Cnil en 2013, 39 subsistaient à l’automne 2015, dont « 13 considérés comme majeurs ». En outre, la Cnamts refuse de s’aligner sur le référentiel général de sécurité de l’État (RGS) en raison d’un coût « disproportionné ». La Cour des comptes pointe « l’obsolescence » du dispositif protégeant l’anonymat des assurés et appelle l’État à agir.

    La Cour des comptes note enfin que « les acteurs de la santé publique se sont épuisés à obtenir des droits d’accès plutôt qu’à mobiliser leur expertise pour traiter les données ». La loi Santé ne devrait pas changer la situation malgré la création d’un Système national de données de santé. « Si dans les textes, la gestion technique du système de données et la gouvernance stratégique sont bien distinguées », la Cour révèle une « ambiguïté fondamentale » qui fait peser un « risque d’échec sur le nouveau système : le maintien de la gouvernance des bases existantes, qui alimentent le SNDS, en particulier celle du Sniiram.