Lors d’un « Café Nile » organisé le mercredi 7 octobre 2026, le président du Leem, Jean-François Brochard, a reconnu que certains logiciels de prescription ne sont « pas complètement compatibles » avec les règles de prescription en dénomination commune internationale (DCI).
Une règle de prescription ne produit ses effets que si les logiciels des prescripteurs l’intègrent. Lorsqu’un outil impose un nom de marque, la substitution par des biosimilaires devient plus difficile à mettre en œuvre et à expliquer aux patients.
Quand l’outil contredit la consigne de prescription
La DCI désigne la substance active d’un médicament, indépendamment du nom commercial choisi par le laboratoire. Prescrire en DCI permet donc au pharmacien de délivrer l’un ou l’autre des produits équivalents, ce qui facilite la substitution et les économies qui en découlent.
La prescription en DCI est obligatoire en France depuis le 1er janvier 2015. Or, selon le témoignage d’un participant à l’échange, certains logiciels hospitaliers imposent de choisir un nom de marque en plus de la DCI, notamment pour les biothérapies. Le prescripteur reçoit alors deux injonctions contraires : la réglementation lui demande de prescrire en DCI, et son outil l’en empêche.
Biosimilaires : un enjeu renforcé par la substitution en pharmacie
Le sujet prend de l’importance avec les biosimilaires. Selon les échanges, chacun porte son propre nom de marque, contrairement aux génériques, ce qui rend les changements de traitement plus difficiles à comprendre pour les patients. Cette complexité allonge les consultations et peut nourrir chez certains patients le sentiment que les économies se font à leurs dépens.
Le président du Leem rappelle que la substitution des génériques, aujourd’hui de l’ordre de 80 à 85 %, a elle aussi demandé du temps. Des outils alignés sur la règle pourraient raccourcir cette phase d’apprentissage pour les biosimilaires.
Pour Jean-François Brochard, la mise en conformité relève du paramétrage des outils : il faut s’adresser aux éditeurs pour s’assurer que les logiciels respectent les dernières réglementations, un travail que mèneraient déjà les entreprises adhérentes du Leem.
Source : Leem, Café Nile, échange avec le président du Leem, propos recueillis par HTI – fiabilité : déclarative.
