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  • Le rapport « le CHU de demain » présenté aux Assises Hospitalo-universitaires, 14/12/18, Poitiers

    Le rapport sur l’avenir des CHU intitulé « le CHU de demain », demandé à l’occasion des 60 ans des CHU, sera présenté le vendredi 14 décembre 2018 au Futuroscope de Poitiers devant Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, et Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation à l’occasion des 16e Assises nationales Hospitalo-universitaires.

    300 professionnels sont attendus à cet événement.

    D’après la lettre de mission datée du 10 novembre 2017 et signée par les deux ministres, il est attendu de ce rapport, placé dans le cadre de la stratégie nationale de santé et de l’écosystème de soins, qu’il propose :
    – des évolutions en réponse aux enjeux d’organisation territoriale, de santé publique notamment de prévention, de pluriprofessionnalité, d’accès aux soins, de pertinence et de qualité des actes et prises en charge ;
    – des solutions permettant de favoriser la recherche et l’innovation en santé ;
    – des évolution du rôle du CHU dans la formation professionnelle.

    La conférence des directeurs généraux de CHU, la conférence des présidents de CME de CHU, la conférence des doyens des facultés de médecine, la conférence des présidents d’université, la conférence des doyens des facultés de pharmacie, la conférence des doyens des facultés de chirurgie dentaire auront toutes les six co-rédigé ce document.

    Programme à venir.

    Cet événement comprend la conférence des directeurs généraux de CHU, la conférence des présidents de CME de CHU, la conférence des doyens des facultés de médecine, la conférence des présidents d’université, la conférence des doyens des facultés de pharmacie, la conférence des doyens des facultés de chirurgie dentaire.

  • Chaire Avenir santé numérique : Mines Saint-Etienne va évaluer la performance des TIC en santé

    La Fondation de l’Avenir Pour la recherche médicale appliquée et l’Ecole des Mines Saint-Etienne ont signé le 23 avril 2018 une convention d’entrée de l’école dans la chaire Avenir Santé Numérique.

    La contribution du Centre Ingénierie et Santé (CIS) des Mines Saint-Etienne va porter sur l’évaluation de la performance des nouvelles technologies en santé.

    Pour rappel, la chaire, mise en place en janvier 2018 pour une durée de trois ans et portée par La Mutualité Française, l’Université de Paris-Est Créteil et des chercheurs affiliés à l’Inserm, se donne pour objectifs de “permettre le développement d’approches innovantes pour la conception de nouveaux produits, d’évaluer la performance d’une organisation de soins et d’évaluer l’émergence des modèles de soins intégrés avec des patients devenant acteurs-utilisateurs”.

    Le titulaire de la chaire est le Dr Tu Anh Duong, dermatologue au CHU Henri Mondor.

    Une convention pour l’évaluation de performances des filières de soins intégrant les TIC en santé

    La signature de la convention s’est déroulée en présence de Dominique Letourneau, président du directoire de la Fondation de l’Avenir, Maurice Ronat, président du groupe Eovi Mcd mutuelle, Rémi Bouvier, directeur général d’Eovi Mcd santé et services, et Pascal Ray, directeur des Mines Saint-Étienne.

    “Notre programme de recherche portera sur des aspects de modélisation de flux et filières de soins intégrant des nouvelles technologies en santé, évaluation de performances des filières de soins intégrant le numérique en santé (données de santé et prédiction)”, a expliqué Vincent Augusto, enseignant-chercheur au Centre Ingénierie et Santé (CIS), département Ingénierie des Systèmes de Soins et des Services de Santé (I4S) et référent École pour la chaire.

    « L’entrée de l’Ecole des Mines de Saint-Etienne dans la Chaire Santé Numérique représente une force de frappe intéressante en ingénierie santé qui se met au service de l’évaluation et de l’intégration de la santé numérique comme outil et objet de recherche », a précisé Dominique Letourneau. 

    Cette convention comprend une dotation triennale de 150 000 euros, ce qui permettra l’embauche au CIS d’un post-doctorant sur ces thématiques d’évaluation des dispositifs : efficacité et qualité des technologies telles que la téléconsultation, les connexions de suivi et de prévention de santé…

  • Un rapport parlementaire préconise de réformer l’organisation des soins non programmés

    Dans un rapport remis le 22 mai 2018 à Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, le député Thomas Mesnier (LREM) examine la situation des soins non programmés en France, définis comme « exprimant une demande de réponse en 24 heures à une urgence ressentie relevant prioritairement de la médecine de ville ».

    Le rapport porte sur les soins non programmés hors permanence de soins ambulatoires (PDSA), c’est-à-dire aux soins dispensés entre 8h et 20h en semaine et le samedi matin. Ses auteurs formulent 19 recommendations pour améliorer la coordination entre les soins de ville et les services hospitaliers d’urgence.

    Contexte : un recours croissants aux services d’urgence

    Depuis près de 20 ans, la France est confrontée à une augmentation ininterrompue de la fréquentation de ses services hospitaliers d’accueil des urgences. Cette hausse est estimée à 3,5% en moyenne annuelle. Le nombre de passages dans ces services s’établit à 20,3 millions par an. Selon la Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (DREES), 43% des passages aux urgences pourraient être pris en charge par la médecine ambulatoire, rappelle Thomas Mesnier. 

    La question de l’accès aux soins non programmés, un enjeu national

    La question de l’accès aux soins dits « non programmés » est un des enjeux du plan national pour renforcer l’accès territorial aux soins, présenté le 13 octobre 2017 à Châlus (Haute-Vienne) par Edouard Philippe, Premier ministre et Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, avec 4 priorités :  

    • « Le renforcement de l’offre de soins dans les territoires au service des patients : une présence médicale et soignante accrue » ;  
    • « La mise en œuvre de la révolution numérique en santé pour abolir les distances » ;  
    • « Une meilleure organisation des professions de santé pour assurer une présence soignante pérenne et continue » ; 
    • « Une nouvelle méthode : faire confiance aux acteurs des territoires pour construire des projets et innover dans le cadre d’une responsabilité territoriale. »

    Cette question est également inscrite dans la Stratégie de transformation du système de santé (STSS) lancée par la ministre le 9 mars 2018 : « Qualité des soins et pertinence des actes », « Organisation territoriale », « Modes de financement et de régulation », « Numérique », « Ressources humaines et formation ».

    Objectifs de la mission conduite par le député Thomas Mesnier

    Dirigée par le député Thomas Mesnier, député de Charente, la mission a bénéficié de l’aide de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et de la direction générale de l’offre de soins (DGOS). Elle s’est déroulée du 10 janvier au 20 avril 2018. Les membres de la mission se sont entretenus avec les représentants des Agences Régionales de Santé (ARS). Ils ont réalisé des auditions et des visites de terrain.

    La mission s’est efforcée de : 

    • dresser un diagnostic des organisations de prise en charge des soins non programmés ;
    • recueillir les attentes des usagers et des professionnels de santé ;
    • recenser les expériences et stratégies des ARS ;
    • identifier les freins à l’accueil de cette demande ;
    • proposer les éléments que pourrait intégrer un cahier des charges national afin de définir les modalités minimales de fonctionnement et de portages de structures d’accueil des soins non programmés.

    Constats et propositions de la mission

    L’auteur du rapport en conclut à l’urgence de la structuraction de la réponse à la demande de soins non programmés par les acteurs de médecine ambulatoire. Le fonctionnement actuel est susceptible d’altérer un peu plus le fonctionnement des urgences hospitalières.

    Le rapport propose à ce titre 19 mesures concrètes. Parmi elles :

    Améliorer la coordination des soins à l’échelle des territoires

    • le rapport propose « d’encourager les professionnels de santé, au premier rang desquels les professionnels ambulatoires, à structurer le service public qui leur est confié au plus près des territoires de santé et dans une optique de soins coordonnés et avec le concours actif des agences régionales de santé et des collectivités territoriales » ; 

    Rembourser les consultations d’un médecin de premiers soins autre que le médecin traitant

    • « à l’instar de ce qui existe au sein d’une maison de santé pluridisciplinaire, la consultation d’un médecin appartenant au réseau de premiers soins autre que le médecin traitant du patient puisse être remboursée sans pénalité liée au parcours de soins ; cela implique une modification législative » ; 

    Mener une campagne d’information sur le numéro d’appel d’urgence

    • Mener « une campagne massive d’information sur le numéro d’appel et le bon recours au niveau pertinent » dont les grands médias audio-visuels, les réseaux sociaux, les municipalités, les établissements de santé, les caisses primaires d’assurance maladie, les professionnels de santé, les associations d’usagers du système de santé, les organisations représentatives des médecins et les ordres professionnels doivent se faire les relais.

    Mener des actions d’éducation, d’information et de sensibilisation à la santé

    • Mener « des actions d’éducation à la santé, sur le modèle de celles mises en place par la Mutualité sociale agricole » auprès de la population pour lui rappeler les gestes simples de prise en charge par soi-même des problèmes de santé bénins.
    • Mener « des actions de sensibilisation et de formation (…) en direction des élus peu familiarisés avec le fonctionnement et les contraintes de notre système de santé » ;
    • Finaliser la construction du portail sante.fr, administré par le Ministère des Solidarités et de la Santé, offrant un outil de géolocalisation de l’offre de médecine ambulatoire disponible à proximité de l’endroit où se trouve le patient demandeur de soins non programmés ; 

    Accompagner le déploiement des DMP et MSS et le développement de la télémédecine

    • Accompagner le déploiement des dossiers médicaux partagés (DMP) et des messageries de santé sécurisée (MSS) « par la structuration et l’indexation des informations versées au DMP, pour qu’ils puissent être réellement utilisés par les professionnels de santé » ; 
    • Accompagner le développement de la télémédecine pour en faire « un point d’application tout particulier pour les personnes à mobilité réduite demeurant à domicile et dans les Ehpad » ; 
    • Reconnaître à ce titre dans les Ehpad au médecin coordonnateur « une capacité de prescription pour pallier l’absence du médecin traitant du résident ».
    • Revaloriser la rémunération des visites à domicile « tant pour les médecins que pour les infirmières ». 
    • Etendre à la journée, la régulation téléphonique des centres 15.

    Réactions suscités par le rapport du Dr. Thomas Mesnier

    Interrogée le jeudi 24 mai 2018 sur France Inter, Agnès Buzyn insistait sur la nécessité d’« articuler les deux réflexions : celle sur les numéros de grande urgence et celle sur la régulation des soins non programmés parce que les Français ont du mal à accéder à un médecin en libéral aujourd’hui ».

    Dans un article publié le mercredi 23 mai 2018, le Quotidien des Médecins explique pour sa part que « le rapport du Dr Thomas Mesnier sur les soins non programmés, rendu ce mardi au ministère de la Santé, a fait réagir les syndicats de médecins libéraux, qui redoutent derrière certaines des 19 recommandations un retour sur le principe de volontariat des gardes médicales en ville ».

    Le rapport est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet du Ministère des Solidarités et de la Santé.

  • Examen d’un projet de décret visant à expérimenter l’usage de la carte vitale dématérialisée (CNAM)

    Un projet de décret visant à expérimenter le déploiement d’une carte Vitale dématérialisée ou « eCarte d’assurance maladie » a été soumis à concertation. L’identification, l’authentification et la signature de l’assuré s’effectueront à partir d’une application mobile.

    L’expérimentation sera mise en oeuvre dès 2018 et généralisée en 2019. Elle impliquera d’abord les caisses primaires d’assurance maladie du Rhône et des Alpes-Maritimes et les caisses de la Mutualité sociale agricole Ain-Rhône et Provence-Azur.

    La COG de la CNAM (2018-2022) prévoit la création d’une carte vitale dématérialisée

    Dans sa Convention d’Objectifs et de Gestion entre l’Etat et la CNAM rendue publique le 19 février 2018, la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) identifiait quatre axes d’action pour la période 2018-2022 : « renforcer l’accès au système de soins », « contribuer à la transformation et à l’efficience de notre système de santé », « rendre aux assurés un service maintenu à un haut niveau de qualité », « accompagner l’innovation numérique en santé », « réussir l’intégration des autres régimes en garantissant un fonctionnement efficient de la branche ». 

    Parmi les mesures prévues dans le cadre de l’axe 4 (« accompagner l’innovation numérique en santé »), la CNAM annonçait la généralisation du dossier médical partagé, l’utilisation de la télémédecine « en vie courante », l’adoption de la e-prescription visant à remplacer les ordonnances papiers à l’horizon 2022 et enfin, le lancement d’une e-carte Vitale sur smartphone, « dont l’expérimentation débutera dès 2018 ». La généralisation du dispositif est prévue en 2019.

    Un projet de décret a été soumis à concertation

    Le projet de décret, dont le site APM International a eu copie, explique les intentions de la CNAM. Celle-ci veut expérimenter « la e-carte Vitale, nouveau dispositif sécurisé et dématérialisé sur smartphone d’identification, d’authentification et de signature des assurés ». A court terme, elle n’a pas vocation à se substituer à la carte vitale physique, dont elle constituera « une solution complémentaire ».

    Mise en oeuvre pendant 12 mois, l’expérimentation concernera les caisses primaires d’assurance maladie du Rhône et des Alpes-Maritimes et les caisses de la Mutualité sociale agricoles (MSA) Ain-Rhône et Provence-Azur.

    Modalités d’utilisation de la eCarte d’assurance maladie

    Le projet de décret prévoit les modalités de délivrance et d’utilisation suivante : les assurés des caisses précitées se verront remettre gratuitement et sur la base du volontariat une carte vitale « sous la forme d’une application installée sur un équipement mobile » valable « uniquement auprès des professionnels de santé participant à l’expérimentation ».

    Les caisses sont habilitées à mettre en place un traitement spécifique de données pour le suivi de l’expérimentation. La eCarte d’assurance maladie peut être utilisée dans les cas suivants : 

    • par les caisses, pour rembourser les actes et prestations remboursables sur présentation de cette e-carte ; 
    • par le médecin, pour lui permettre de consulter l’historique du remboursement de l’assuré.

    Les caractéristiques de l’application mobile et les terminaux mobiles compatibles ne sont pas explicités dans le projet de décret, rapporte TicSanté. Les professionnels de santé et les usagers seront interrogés sur leur perception de la eCarte d’assurance maladie. 

  • Bioinformatique & IA : l’Institut Curie s’associe avec Intel au service de la médecine personnalisée

    L’Institut Curie annonce ce 23 mars 2018 son partenariat avec Intel afin de perfectionner sa technique de profilage moléculaire appliquée au séquençage du génome et de son interprétation en oncologie au service d’une prise en charge personnalisée de la maladie.

    Intel va soutenir les chercheurs de l’Institut dans la conception de l’infrastructure informatique et de l’IA de haute performance et lui faire profiter de ses solutions d’optimisation existantes dans le domaine de la génomique. Les équipes d’Intel contribueront également au développement d’outils d’analyse de données biomédicales hétérogènes.

    Séquencer le génome et mettre en œuvre la médecine de précision

    Les thérapies ciblées, qui impliquent la mise en place de traitements adaptés aux caractéristiques génétiques de chaque patient, pourront être de plus en intégrées à la routine en oncologie grâce aux développement de nouvelles technologies à haut débit tel le séquençage du génome.

    Cela suppose une production et une utilisation rationalisées des données médicales par les établissements qui sont aujourd’hui possibles grâce au recours à la l’IA et au calcul à haute performance. Le calcul à haute performance correspond à une technologie opérationnelle visant à aider à résoudre des problèmes complexes et repose sur un système de calcul ultra puissant et performant. Les résultats que cette technologie permet de générer ne pourraient être atteints par des PC actuels que d’ici une décennie.

    Que ce soit dans le cadre de la recherche fondamentale ou de soins en oncologie, les scientifiques sont confrontés à une quantité massive de variants de gènes et nécessitent des outils qui peuvent les analyser afin de guider une décision thérapeutique. L’application de l’IA aux données génomiques agit comme un filtre et réduit le nombre de variants à prendre en compte en optimisant l’interprétation du génome de cancers pour un traitement plus efficace.

    Emmanuelle Barillot, responsable de la plateforme Bioinformatique et directrice de l’Unité de recherche Cancer et Génome : Bioinformatique, Biostatistiques et Epidémilogie a déclaré que grâce à ce partenariat « l’Institut Curie développera, utilisera et mettra en œuvre des technologies innovantes de bio-informatique pour améliorer le temps de diagnostic, sa précision, soutenir les recommandations de traitement ciblées et mieux comprendre les besoins applicatifs pour développer les fonctionnalités nécessaires au secteur de la santé ».

    Un partenariat à portée internationale

    La collaboration enter Intel et l’Institut Curie, et plus précisément sa plateforme de bioinformatique, se met au service de cet enjeux sanitaire et vise à l’établissement d’un acteur de référence à l’échelle européenne.

    Du point de vue technique, la collaboration repose sur les solutions d’Intel telles la suite Select Solutions for Genomics Analytics et les processeurs Intel Xeon Scalable et l’architecture Intel Omni-Path.

    Brian Krzanich, directeur général d’Intel, se réjouit d’être partenaire de l’Institut Curie et de l’aider à « développer une recherche en IA audacieuse pour le bien de l’humanité« .

    Ce partenariat pose un nouveau jalon dans la collaboration de l’Institut avec les industriels. Amaury Martin, directeur Valorisation et Partenariats Industriels de l’Institut Curie, souligne que « cet accord est indéniablement un atout supplémentaire pour la réussite de la plateforme francilienne SeqOIA co-fondée avec l’AP-HP, Gustave Roussy dans le cadre du Plan France Médecine Génomique 2025« .

  • Health tech : Singapour recherche 30 000 professionnels « dans tous les secteurs »

    À Singapour, les technologies de la santé deviennent de plus en plus essentielles au fur et à mesure que les citoyens vieillissent et que le bassin des professionnels de la santé rétrécit, analysait début mai 2018 le site spécialisé GovInsider.asia. Le système de santé singapourien a besoin de « talents dans tous les secteurs » pour surmonter ce défi, a déclaré il y a quelques semaines Hong Tat Chee, alors ministre d’État chargé de la Santé.

    Selon le gouvernement, la cité-État aura besoin d’environ 30 000 travailleurs supplémentaires dans le domaine des soins en 2020, année durant laquelle la population du pays (5,6 millions d’habitants) devrait compter 610 000 personnes âgées de plus de 65 ans, contre 460 000 en 2016.

    Health tech : 1 200 nouveaux emplois d’ici trois ans

    En raison notamment du vieillissement de la population, 1 200 emplois devraient voir le jour dans le secteur des technologies de la santé au cours des trois prochaines années. « Si nous parvenons à [déployer] de nouvelles solutions pour relever nos défis en matière de santé, nous pourrons offrir de meilleurs soins à nos citoyens », a commenté le ministre d’État Hong Tat Chee lors du Health Tech Day, qui a eu lieu le 16 mars 2018.

    De nombreux professionnels de la health tech sont issus d’autres secteurs

    Les professionnels de la tech sont « très mobiles car [leurs] compétences techniques peuvent être appliquées à de nombreuses industries », a-t-il ajouté, soulignant que de nombreux professionnels de la health tech à Singapour viennent d’autres secteurs.

    Au fur et à mesure que la scène singapourienne des technologies de la santé progresse, de nouveaux outils de soins destinés à cette population vieillissante émergent, et les entreprises health tech devraient avoir l’occasion « d’exporter leurs solutions vers d’autres villes du monde qui connaissent des changements démographiques similaires ».

    Les initiatives se multiplient pour développer l’high tech dans la santé

    À Singapour, plusieurs acteurs de l’écosystème des soins utilisent déjà la robotique et divers dispositifs automatisés dans le but de libérer les infirmières de certaines tâches manuelles répétitives et de suppléer une main-d’œuvre quantitativement limitée.

    L’hôpital Tan Tock Seng (TTSH), par exemple, explore l’utilisation de robots pour soigner ses patients âgés. « Nous avons cherché à savoir si les robots pouvaient être impliqués dans la gestion des chutes de patients », a expliqué à GovInsider.asia Keng Kwang Yong, infirmier en chef au TTSH.

    Tous les professionnels de la santé doivent être formés afin d’adapter leurs pratiques à ces évolutions techniques, d’intégrer au mieux les nouvelles technologies au sein de leur métier.

    Le gouvernement soutient 50 professionnels dans leur transition vers le secteur de la santé

    Le gouvernement a commencé à prendre des mesures pour renforcer le vivier de talents dans le domaine des technologies de la santé en proposant des programmes de formation et de conversion des compétences. Le fournisseur de solutions IT en santé IHiS, l’Autorité de développement des médias d’info-com et Workforce Singapore, un office statutaire relevant du ministère du Travail, collaborent pour soutenir cinquante professionnels en milieu de carrière dans leur transition vers le secteur de la santé.

    Ce partenariat fait partie d’un programme plus large appelé « TechSkills Accelerator », qui devrait permettre de former 21 000 professionnels dans le domaine des TIC à Singapour.

    Les infirmières du TTSH bénéficieront d’une « formation plus large »

    Autre exemple de cette volonté d’innovation : les infirmières de l’hôpital Tan Tock Seng bénéficieront d’une « formation plus large » dans le but de réorganiser leur formation et de se spécialiser dans le traitement de certaines maladies, a indiqué M. Yong (TTSH).

    National HealthTech Challenge : soutenir le pilotage de 10 solutions novatrices

    IHiS a également organisé cette année le National HealthTech Challenge. La société s’est engagée à apporter son soutien au pilotage des dix solutions les plus prometteuses présentées au concours. Elle devrait également aider les innovateurs, notamment dans l’obtention des approbations réglementaires et éthiques nécessaires au développement de leurs produits, dans la sécurisation de leurs fonds ou dans la mise en place d’essais cliniques.

    Bientôt un diplôme en économie et en gestion de la santé

    Par ailleurs, la Singapore Management University a récemment annoncé la création d’un diplôme en économie et en gestion de la santé. Les futurs diplômés devraient disposer « de compétences techniques [notamment dans le domaine de] l’analyse des données, [un secteur] qui jouera un rôle croissant dans le secteur de la santé », a poursuivi M. Chee.

  • Comment réduire le « low-value healthcare », comparaisons internationales (Etude Deloitte) – 1/2

    Le Deloitte Center for Health Solutions publiait le 8 mai 2018 une étude intitulée : « The right health care the right way – Global case studies in reducing low-value care ». Le centre de recherche a interrogé des chercheurs et experts de nationalités différentes pour identifier les causes et remèdes au « low-value care ».

    Le low-value care recouvre l’ensemble des soins jugés inutiles, redondants, inefficaces ou potentiellement dangereux (comme des actes chirurgicaux inutiles, des scanners cérébraux en cas de maux de tête bénins, la répétition d’un acte médical faute de coordination entre professionnels de santé, etc.).

    L’étude comporte 10 études de cas réalisées aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Israël, au Brésil et à Singapour. Ces études ont permis d’identifier quatre manières de réduire le low-value care : 
    • identifier et supprimer les actes médicaux inutiles (Providing the right care : Curbing services that offer few or no patients benefits) ;  
    • désengorger les services d’urgence et optimiser la prise en charge en urgence (Delivering care in the right setting : Curtailing unwarranted emergency department utilization) ;
    • fournir des soins de qualité et sécurisés (Delivering care safely : Tackling safety failures) ;
    • éliminer les lourdeurs opérationnelles (Providing care in the right way : Rooting out operational inefficiencies).

    La technologie occupe une place de choix dans la réduction du low-value care, qu’il s’agisse d’intégrer les photographies des patients à leur dossier médical électronique, d’encourager les médecins à utiliser des logiciels ou robots intelligents pour chercher en temps réel les données de leurs patients, d’équiper les ambulances avec des outils de télémédecine pour réduire les admissions inutiles aux urgences, etc.

    Le low-value care induit des pertes estimées à plusieurs centaines de milliards de dollars chaque année

    Dans une étude publiée en 2013 (Institute of Medecine, Best care at lower cost : The path to continuously learning health care in America, National Academy of Sciences, 2013), des chercheurs américains ont évalué le coût du low-value care aux États-Unis : 

    • usage excessif et discrétionnaire (overuse and excessive discretionary use) : 210 milliards de dollars ;
    • erreurs, complications évitables et fragmentation des soins (mistakes, preventable complications, and care fragmentation) : 190 milliards de dollars ; 
    • coûts administratifs excessifs notamment dûs à l’aspect administratif de la documentation (excess in administrative costs, including inefficiencies due to documentation requirements and paperwork costs beyond benchmarks) : 190 milliards de dollars ; 
    • traitement onéreux non justifié (unnecessarily expensive care) : 105 milliards de dollars ; 
    • actions de prévention manquées (missed prevention opportunities) : 55 milliards de dollars ;
    • pratiques frauduleuses (fraud): 75 milliards de dollars.

    « The right care » : réduire les soins inutiles, inefficaces ou dangereux 

    Étude de cas 1 : Réduire ou éliminer les test préopératoires inutiles

    • Los Angeles County – University of Southern California Medical Center : réduction des délais d’attente et des examens préopératoires inutiles et/ou redondants

    En 2015, l’hôpital universitaire a décidé de réduire le nombre d’examens préopératoires (dans le cadre l’opération de la cataracte). Cette mesure a permis de réduire le nombre de consultations préopératoires « inutiles » (unecessary preoperative medical visits) de 76% à 12%, de réduire le délais d’attente entre la première consultation et l’opération chirurgicale de 245 à 64 jours et d’économiser USD 1 200 par patient dans les six mois qui ont suivi la mise en place de cette mesure. 

    Étude de cas 2 : Associer les patients au processus de décision

    • UK Health Foundations’ MAGIC program : amélioration qualitative de la relation médecin-patient

    En 2010, la UK Health Foundation a travaillé en partenariat avec MAGIC (Making Good Decisions in Collaboration) pour concevoir des méthodologies permettant d’associer les patients aux processus décisionnels. Il s’agissait par exemple d’aider les patientes atteintes du cancer du sein à choisir entre une masectomie et une tumorectomie (chirurgie mammaire conservatrice), de permettre aux perturientes de choisir leur mode d’accouchement (par césarienne, voie basse, etc.), d’offrir aux patients atteint d’une maladie de la prostate de choisir leur traitement (médicamenteux, chirurgical), etc.

    Les médecins associés à l’étude ont relevé une amélioration qualitative du dialogue avec le patient, qu’il jugeait davantage « personnalisé ». Ces protocoles ont permis selon eux de réduire le nombre de visites et de discussions « redondantes ».

    Étude de cas 3 : Une approche collaborative pour réduire le recours aux césariennes

    • Projeto Parto Adequado (Brésil) : -12% de césariennes au Brésil en 18 mois via l’éducation des patients, une meilleure formation des professionnels de santé et l’utilisation de robots et d’outils de réalité virtuelle/simulation médicale

    En 2017, plus de la moitié des accouchements au Brésil ont été réalisés par césarienne. Les accouchements par césarienne sont associés à des risques accrus d’asthme et d’obésité infantiles, et des risques de complications pour les mères.

    Pour réduire le nombre de césariennes « inutiles », 23 hôpitaux publics et privés brésiliens travaillent conjointement depuis 2015 à la réduction du nombre d’accouchements par césarienne inutiles. Les professionnels de santé ont été formés à l’accompagnement des accouchements par voie basse via des robots et des outils de simulation médicale, au travail pluridisciplinaire et à une meilleure écoute de la souffrance des patientes. 

    Les 26 établissements partenaires ont constaté une augmentation du taux de naissances vaginales de 21,6% à 38% en 18 mois. En 2017, le projet a été étendu à 137 hôpitaux, avant de connaître une nouvelle phase de généralisation en 2019.

    « The right setting » : désengorger les services d’urgence et développer la médecine de ville

    Étude de cas 4 : Des vidéo-chats évaluent les patients admis aux urgences

    • Houston, Texas : l’utilisation de services de télémédecine a permis de réduire le nombre d’admissions aux urgences et de dégager ainsi USD 2 500 pour chaque visite évitée

    Le programme Emergency Telehealth and Navigation (ETHAN) a été lancé à Houston, au Texas, en 2014. Des ambulances ont été équipées avec des outils de télémédecine (tablettes, vidéo-chat, etc.) qui permettent aux ambulanciers de contacter des médecins urgentistes pour savoir s’ils doivent conduire leur patients aux urgences, dans un autre service hospitalier ou à leur domicile. Les ambulanciers ont été formés à l’usage de ces outils. Les médecins urgentistes téléconsultent et leur indiquent la marche à suivre (transport aux urgences, au domicile du patient, etc.).

    Ces ambulances « intelligentes » travaillent en partenariat avec des organisations locales partenaires, qui orientent le patient vers des services médicaux de proximité. Une évaluation du programme a montré que le recours à la télémédecine ambulancière permettait de réduire le taux d’admission aux urgences de Houston de 6,7%. Chaque visite évitée représente une économie de 2 500 dollars. Les économies annuelles attribuées à ce programme sont estimées à 1 million de dollars. Une extension de ce dispositif est à l’étude dans d’autres États.

    Étude de cas 5 : La télémédecine renforce l’accès aux soins dans des régions reculées

    • Millon, Grande-Bretagne : la télémédecine a permis d’éviter 1 500 visites inutiles aux services d’urgence 

    En 2016, la petite ville anglaise de Millom (8 500 de personnes) a lancé un programme pilote de télémédecine pour rendre les consultations accessibles aux patients habitant dans cette région faiblement dotée en médecins et hôpitaux. Les ambulances sont équipées avec des appareils de téléconsultation permettant aux ambulanciers de dialoguer avec des médecins urgentistes, qui déterminent si le patient doit être admis aux urgences (situés à plus d’une heure de route de Millon) ou non. 

    Des dispositifs de télé-expertise et télémédecine « plus traditionnels » ont également été rendus accessibles aux médecins généralistes qui exercent dans cette région pour leur permettre de solliciter l’expertise de praticiens hospitaliers. Le programme n’a pas encore fait l’objet d’évaluation mais montre d’ores et déjà des résultats jugés « prometteurs ».

  • Les technologies en santé permettent de réduire le « low-value healthcare » (Etude Deloitte) – 2/2

    Le Deloitte Center for Health Solutions publiait le 8 mai 2018 une étude intitulée : « The right health care the right way – Global case studies in reducing low-value care ». Cet article s’inscrit dans la continuité du premier article consacré à cette étude. Il restitue les cinq dernières études réalisées par le cabinet aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Israël, au Brésil et à Singapour. Ces études ont permis d’identifier quatre manières de réduire le low-value care et de mettre en valeur le rôle de premier plan des technologies de santé en la matière.

    Providing care safely : sécuriser la prise en charge des patients

    Etude de cas 6 : l’intégration des photographies des patients à leurs dossier électronique permet de réduire les erreurs médicales

    • Le Children’s Hospital du Colorado (Etats-Unis) intègre depuis 2010 la photographie de chaque patient à son DMP, pour réduire les risques d’erreurs médicales

    Le système informatique de l’hôpital pédiatrique du Colorado impose aux médecins de confirmer les informations qu’ils ont entrées dans le serveur informatique (prescription du patient, traitement et protocoles de soins) à travers une fenêtre « pop-up ». Depuis 2010, cette fenêtre affiche la photographie du patient et ses informations (âge, genre, etc). Ce système vise à prévenir les risques d’erreur et à faire en sorte que les données entrées dans le serveur soient associées au bon patient.

    Ce système a permis de réduire les situations dans lesquelles les patients reçoivent des soins inappropriés, car destinés à un autre patient (dans la plupart des cas, son homonyme). Ainsi, en 2011, seuls 3 patients ont reçu des soins destinés à une autre personne, contre 12 en 2010. 

    Etude de cas 7 : un système d’avertissement permet d’améliorer la sécurité des patients 

    • Le Scottish Patient Safety Programme’s Early Warning Scoring System a permis de réduire de 5% le taux de mortalité

    En 2014, le Scottish Patient Safety Programme (SPSP) a introduit un « National EarlyWarning Score (NEWS) calculator » pour alerter les cliniciens en cas de détérioration rapide de l’état de santé de leurs patients. Il a par ailleurs lancé un outil de dépistage de la septicémie. Un algorithme permet d’identifier l’organe déféctueux ou un cas de septicémie et d’alerter les professionnels de santé.

    Le programme écossais a obtenu des résultats « remarquables » d’après les auteurs de l’étude réalisée par Deloitte. Le taux de mortalité des patients a baissé de 5% au total. Le nombre de patients atteints de sépticémie ayant reçu des antibiotiques dans l’heure qui a suivi le diagnostic est passée de 20% à 70%. Le système NEWS a depuis lors été adopté par le NHS England et est désormais généralisé à l’ensemble des établissements du NHS.

    Etude de cas 8 : réévaluation périodique des prescriptions et autonomisation médicamenteuse des patients

    • Givat Hashlosha geriatric center, Tel Aviv (Israël) : la simplification des ordonnances et des modes de prescription de médicaments a permis de réduire le nombre de prescriptions inutiles et de renforcer l’autonomie des patients âgés lors de la prise de médicament.

    En 2012, le centre gériatrique de Givat Hashlosha a lancé un programme dont l’objectif est de mieux utiliser les médicaments, chez les patients âgés et les malades chroniques. Des résidents – âgés de 65 ans et plus – ont été associés au programme : des pharmaciens ont (ré)évalué leur prescriptions tous les six mois et, sur le fondements de critères préétablis, ont formulé des recommendations aux médecins généralistes ou spécialistes qui suivent ces patients pour réduire ou supprimer les médicaments inutiles.

    Ce programme a permis de réduire le nombre de médicaments ingérés quotidiennement par les patients, et de dégager une économie moyenne par patient de USD 30 par mois. 

    Providing care in the right way : Eliminer les lourdeurs opérationnelles

    Etude de cas 9 : des résultats de laboratoires en temps (quasi) réel permettent de réduire les taux de réopération (dans le cas de la lumpectomie)

    • Mayo Clinic, Rochester, Minnesota : la Mayo Clinique est à l’origine d’un programme visant à réduire le taux de réopération par lumpectomie.

    Le programme concerne les opérations du cancer du sein. Le laboratoire de l’hôpital est capable de transmettre aux chirurgiens les résultats d’échantillons de tissus prélevés lors de l’opération dans les 20 minutes (et non 24 heures) qui suivent cette opération (pour retirer une tumeur). Les chirurgiens sont ainsi informés en temps réel de la persistence de la tumeur qu’ils ont opérée ou de son retrait total. Ils peuvent poursuivre l’opération si des résidus tumoraux sont identifiés. Ce procédé permet de ne pas réopérer 96% des patientes, de réduire le caractère anxiogène de leur en charge et d’améliorer leur expérience au sein de l’hôpital.

    Etude de cas 10 : Designing health care around lean processes

    • Le Tan Tock Seng Hospital (TTSH) de Singapour : l’adoption d’un modèle de « lean health care » a permis d’améliorer l’efficience des soins et la qualité de l’expérience du patient 

    L’organisation interne de la clinique a été repensée pour fluidifier la circulation des patients et des médecins, la transmission d’informations et de dispositifs médicaux. Les tâches répétitives ont été supprimées. Dans les pharmacies à usage intérieur, des robots lisent désormais les prescriptions et se chargent de constituer le panier de médicaments du patient.

    Conclusions générales de l’étude

    Ces études de cas internationales montrent que des changements organisationnels, opérationnels et technologiques permettent de réduire le low-value care.

    Aux auteurs de l’étude de conclure : « Although technology isn’t a solution in and of itself, our case studies illustrate that it can enable implementation, functioning and monitoring of successful strategies to reduce low value care in diverse setting ».

    L’étude du Center for Health Solutions de Deloitte est consultable sur le site internet de l’entreprise.

  • « Faire des réseaux de soins l’un des leviers d’amélioration du système de santé » (Note Terra Nova)

    Le principe de liberté structure le système de santé : en France, les patients sont libres de choisir leur médecin. Ce libre choix se fonde sur des informations limitées, voire parcellaires, rappelle une note publiée par le think tank Terra Nova le 14 mai 2018 : « sans accès à une information de qualité, cette liberté risque cependant de se retourner contre son titulaire, d’être facteur de surcoûts, voire de risques ». Comment, dès lors, concilier « autonomie des parties prenantes, qualité des soins, accès à l’information et maîtrise de la dépense ? ».

    La note de synthèse porte sur les réseaux de soins, les critiques qui leurs sont régulièrement adressées et les « bénéfices » qui leur sont associés. Terra nova « plaide pour une plus large reconnaissance des vertus et bénéfices des réseaux de soins » et esquisse des pistes pour « restaurer la confiance dans les réseaux de soins » qui suscitent encore de nombreuses résistances.

    Des réseaux de soins capables d’offrir « de meilleurs rapports qualité-prix » aux patients

    Les réseaux de soins ont été développés par les assureurs privés pour mettre les patients en relation avec des professionnels de santé répertoriés, inscrits au sein de réseaux capables d’offrir « de meilleurs rapports qualité-prix » aux assurés. L’adhésion des professionnels de santé, des établissements ou des services se fonde sur plusieurs critères objectifs et transparents, dont le rapport rappelle la nature.

    On distingue par ailleurs les réseaux « ouverts » des réseaux « fermés ». Les premiers accueillent indifféremment tout professionnel de santé demandeur auprès des assureurs santé privés (ou des plateformes agissant pour leur compte) et remplissant les conditions définies conventionnellement. Les seconds limitent l’accès au réseau à un nombre limité de professionnels par zone géographique, choisis selon des critères qualitatifs et tarifaires.

    Les réseaux de soins suscitent de nombreuses critiques de la part des professionnels de santé. Ces derniers jugent que les réseaux portent atteinte à la liberté de choix du professionnel pour le patient ; à la liberté du professionnel de proposer et de prescrire un acte, une prestation, un produit ou un équipement à son patient ; à la liberté de fixer les tarifs des prises en charge en question.

    Près de 50 millions de personnes y ont accès en 2018, contre 30 millions en 2010. Terra Nova pense que les réseaux de soins participent de l’amélioration du système de santé.

    L’opportunité des réseaux de soins pour le système de santé

    Le renoncement aux soins demeure important

    Le renoncement aux soins dentaires pour raisons financières concerne 17% des bénéficiaires de l’assurance maladie âgées d’au moins 18 ans, 10% pour les soins d’optique, 5% pour les consultations de médecins, et 4,5% pour les autres soins (selon les résultats de l’enquête EHIS-ESPS 2014). Ainsi, en 2014, 25% des personnes interrogées déclarent avoir renoncé à au moins un soin pour des raisons financières.

    Malgré l’existence de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) et de l’aide au paiement d’une complémentaire santé (ACS), plus de 12% des personnes du premier quintile de revenus restent non couvertes, contre 5% de celles du deuxième quintile de revenus, 3% de celles du troisième, 2% de celles du quatrième et du cinquième.

    L’orientation vers la bonne prise en charge toujours recherchée

    « La production et la publication d’indicateurs (comme ceux qui ont trait aux soins inutiles ou à faible valeur thérapeutique, à la sur-prescription d’antibiotiques ou aux sorties d’hôpital retardées) sont indispensables (…) ».

    Le rapport Terra nova propose à ce titre : « d’instaurer un environnement qui récompense la pertinence des services dispensés plutôt que leur quantité – il s’agit par exemple de passer à des systèmes de paiement qui encouragent des soins utiles aux patients, à tous les niveaux (…) », et de « favoriser la coordination entre prestatares, en vue de réduire les dépenses inefficientes ». 

    Les réseaux de soins présentent à ce titre plusieurs « avantages », d’après Terra Nova

    Les réseaux de soins permettent de répondre à une triple demande sociale : 

    • l’accessibilité financière (baisse du reste à charge et tiers payant) et l’optimisation du rapport qualité/prix des biens et des services, en orientant les patients vers les meilleurs professionnels ;
    • le choix de produits (analyse de devis et de demandes de prise en charge) en temps réel grâce à l’industrialisation des procédures et les systèmes d’information des plateformes ; 
    • le besoin de sécurité et d’orientation dans un système de santé jugé trop complexe et incertain, où les pratiques commerciales abusives ou frauduleuses demeurent.

    Le think tank recommande aux pouvoirs publics de soutenir les réseaux de soins, lesquels pourront soutenir les initiatives portées par les acteurs publics ou privés : 

    • proposer de nouveaux modes de rémunération, en adoptant des paiement forfaitaires ou fondés sur la population ; 
    • mieux prendre en charge les pathologies chroniques : 
    • renforcer l’accessibilité de services de santé en les adaptant aux spécificités des populations traitées (fragilité, perte d’autonomie) ; 
    • imaginer de nouvelles organisations, en capitalisant sur l’expérience des Accountable Care Organizations (ACO) ou les Medizinische Vershorgungszentren (MVZ) allemandes, ou sur des modèles prédictifs, pour éviter les recours aux hospitalisations non programmées par exemple (tels les programmes d’hôpital virtuel – virtual ward – du NHS) ;
    • favoriser l’engagement des patients dans leur prise en charge ;
    • expérimenter de nouvelles solutions.

    Ainsi, l’auteur du rapport conclut : « les réseaux de soins peuvent être l’une des clés de l’amélioration du système de santé, sans jamais être la seule et unique solution possible ». Mais il convient pour cela de « restaurer la confiance dans les réseaux de soins ».

    Trois mesures pour renforcer la confiance dans les réseaux de soins

    Le rapport propose de les doter de moyens nécessaires à l’évaluation de la qualité des soins ; de rendre la gouvernance plus transparente et responsable, d’ouvrir des possibilités de contractualisation dérogatoires ». Le rapport en explicite les modalités précises de mises en oeuvre. 

    La note de Terra Nova est consultable et disponible au téléchargement sur le site internet de la fondation.

  • SI : le GIP Sant& numérique Hauts-de-France mutualise les SI santé avec Option Service Télécom

    Le GIP Sant& numérique Hauts-de-France a annoncé dans un communiqué du 7 mai 2018 avoir choisi la société Option Service Télécom, opérateur de télécommunication, pour la mise en œuvre d’un réseau haut débit sécurisé en région Hauts-de-France dans le cadre de son appel d’offre lancé fin 2017.

    L’objectif de l’appel d’offre était la fourniture d’un réseau sécurisé permettant l’échange sécurisé de données entre les établissements de santé de la région Hauts-de-France dans le cadre des activités des télémédecine.

    Un réseau sécurisé pour l’échange d’information médicale

    Le GIP Sant& numérique Hauts-de-France est né de la transformation du groupement de coopération sanitaire MATISS et du groupement de coopération sanitaire e-Santé Picardie en janvier 2018.

    Selon le GIP, le réseau vise notamment à sécuriser l’échange de données provenant d’imagerie médicale, de visioconférences et d’applications métiers dans l’objectif de faciliter la prise en charge des patients, l’accès à internet, aux messageries sécurisées et à des services multimédias.

    La prestation fournie par Option Service Télécom comprend :

    • la fourniture d’une solution de réseau managé sécurisé multipoints ;
    • l’exploitation et maintenance de la solution comprenant la gestion des incidents et des demandes ;
    • la supervision ;
    • l’hébergement.

    Elle sera proposée aux adhérents de la centrale d’achats du GCS e-santé Picardie et du GIP Sant& numérique qui réunit environ 120 structures.