Health & Tech Intelligence revient sur l’actualité de l’été 2018.
Le projet régional de santé (PRS) Occitanie a été arrêté le 3 août 2018 par Monique Cavalier, directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, pour être progressivement mis en place dès la rentrée 2018.
Ce projet, qui résulte de réflexions menées en collaboration avec les instances de démocratie sanitaire et environ mille professionnels et usagers partenaires de l’ARS, porte l’ambition de réduire d’ici 2022 les inégalités face à la santé notamment au moyen du respect de 5 engagements.
Parmi ces engagements, deux font appel pour leur réalisation à des innovations techniques ou organisationnelles. Il s’agit d’objectifs :
– de renforcement de la coordination des acteurs, nécessaire pour mettre à disposition des usagers des services de santé adaptables à leur cas particulier ;
– de renforcement de l’implication des patients dans le système de santé, afin de de les rendre acteurs de leur propre santé.
« Renforcer la coordination des acteurs pour des prise en charge adaptées «
L’innovation au service de l’adaptabilité des services
Dans un environnement cloisonné caractérisé par une démographie médicale défavorable, un des engagement de ce PRS est de réussir à proposer des réponses personnalisées au moyen d’une meilleure coordination des acteurs.
Celle-ci doit s’appuyer sur 2 types d’avancées :
- des innovations organisationnelles « permettant de renforcer la coordination entre professionnels et d’accompagner l’évolution des pratiques et des métiers » ;
Un des objectifs de ce PRS est notamment de promouvoir la prise en charge ambulatoire des patients. Des formes organisées de prise en charge ambulatoire ont en effet vu le jour au cours de ces dernières années, formes dont ce projet doit s’inspirer.
De plus, dans le champs du handicap en particulier, une meilleure articulation des réponses sanitaires et médicosociales est nécessaire : « Au-delà de la coordination, la démarche d’intégration vise à permettre d’améliorer l’efficience et la qualité des parcours, en jouant sur la subsidiarité, en évitant les redondances et en réduisant les dysfonctionnements et les ruptures », explique le PRS, inspiré par l’exemple des guichets intégrés à même de prendre en compte « l’intégralité des ressources d’un territoire, pour offrir des réponses harmonisées, complètes et centrées sur le besoin des personnes ».
- des innovations techniques : les usages du numérique se déploient dans le domaine de la santé par exemple sous la forme de la télémédecine, qui intéresse particulièrement l’ARS.
En effet, la médecine permet non seulement de relier les structures sanitaires et médico-sociales entre elles, améliorant la coordination de la prise en charge des patients et de réduire l’inégalité d’accès aux soins entre les territoires, mais également, grâce aux objets connectés, de favoriser « l’autonomie, la sécurité et la qualité de vie des patients, dans le cadre du suivi des maladies chroniques, au domicile et en lien avec les professionnels de premier recours ».
Exemples de projets concrets
Concrètement, il est prévu que cet engagement mène :
- au déploiement de la télémédecine ;
- au développement des échanges entre ville et hôpital en sortie d’hospitalisation au moyen de procédés tels que la lettre de l’échange d’informations ;
- à la promotion d’exercices permettant une meilleure synergie des compétences, au service du patient : promotion des microstructures de prise en charge des addictions, développement des lieux d’exercice associant les équipes des maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) et les centres médico-psychologiques (CMP), mise en place de pôles de compétences et de prestations externes, organisation de réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) en onco-hématologie, etc.
« Accompagner la personne pour lui permettre d’être actrice de sa santé »
Le patient comme acteur du système de santé
Le concept « d’empowerment » en santé, c’est-à-dire de renforcement de la capacité de la personne à être actrice de sa santé, « s’est affirmé comme une clé de transformation majeure du système de santé, dans un contexte de développement des moyens d’information et de l’affirmation progressive du droit des usagers et de la citoyenneté des personnes handicapées dans le cadre législatif (loi du 2 janvier 2002, loi du 11 février 2005, etc.) », rappelle le cadre d’orientation stratégique du PRS Occitanie.
Cette notion à la fois individuelle et collective, qui pousse à concevoir le système de santé comme une organisation apprenante adaptée aux besoins de chacun et favorisant la prise de décision éclairée, représente pour les patients un levier de préservation de leur propre autonomie, d’où sa place importante dans un PRS qui vise à réduire les inégalités de santé.
Exemples de projets concrets
Pour répondre à cet engagement d’empowerment, l’ARS prévoit de développer des projets à trois niveaux.
- Le premier niveau concerne la compétence des patients en santé : accompagnement du suivi des adolescents diabétiques de leur traitement, programme d’éducation thérapeutique à destination des patients non dialysés atteints d’insuffisance rénale, etc.
- Le deuxième niveau est centré sur l’appui aux aidants familiaux : extension de dispositifs de soutien à la parentalité des enfants et adolescents souffrant de troubles psychiques, création de structures de répits dans le champ du handicap, etc.
- Le troisième niveau vise, en amont, à impliquer les usagers dans « l’élaboration et la mise en œuvre de programmes pédagogiques tant en direction des patients que des soignants ». « L’amélioration des organisations des soins par la mobilisation de patients partenaires » est également prévue par le PRS.