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  • Les CHRU ont investi au total 1,58 Md€ en 2018, un « faible niveau » lié aux « pressions financières »

    En 2018, « les CHRU ont amélioré leur résultat consolidé d’ensemble quasiment à l’équilibre à 99.7 % (pour un budget consolidé des CHRU de 31,8 Mds €), alors que la contrainte financière externe s’est maintenue avec le plan d’économies sur l’Ondam hospitalier », indique la Conférence des directeurs généraux de CHU, ajoutant que « cette amélioration de la situation financière des CHU a contribué à réduire le déficit public hospitalier« .

    Dans un communiqué publié le 3 juin 2019, la Conférence a présenté les résultats financiers 2018 des CHRU de France. De manière générale, elle souligne que les établissements :

    • « ont largement contribué » au respect de l’Ondam hospitalier : stabilisation à +0,4 % de leurs produits d’activité, sachant que :
    – les tarifs des séjours ont baissé en moyenne de 0,7 % dans les CHU en raison de leur case-mix spécifique (hors coefficient prudentiel intégralement dégelé) ;
    – la baisse tendancielle des dotations Merri allouées aux CHU pour le financement de leurs missions distinctives s’est poursuivie en 2018 ;

    • ont maîtrisé l’évolution de leur masse salariale à +0,7 % « compte tenu de l’impact des mesures réglementaires et catégorielles qui leur sont imposées malgré une stabilité globale des effectifs ».

    Par ailleurs, les CHRU ont investi au total 1,575 milliard d’euros en 2018. « La conséquence directe des pressions financières (…), c’est la poursuite d’un faible niveau d’investissement, note la Conférence. [Malgré] un léger ressaut en 2017, les investissements sont revenus au niveau de 2016 et restent inférieurs de 18 % par rapport au niveau atteint en 2013. » Elle précise que les CHU doivent cependant développer les innovations médicales, techniques, numériques et territoriales « qui ont vocation à être diffusées sur l’ensemble des établissements de santé ultérieurement ».

    Les principaux indicateurs (tous CHRU) :

    L’investissement des CHU

    Les CHU doivent « développer les innovations médicales, techniques, numériques et territoriales »

    • « Les CHU doivent (…) faire face à des réorganisations internes en fonction des nouvelles modalités de prise en charge (virage ambulatoire, RAAC), à des obligations de maintenance et de mises aux normes et développer les innovations médicales, techniques, numériques, territoriales qui ont vocation à être diffusées sur l’ensemble des établissements de santé ultérieurement ».
    • Effort d’investissement des CHRU : 4,9 %, alors qu’il devrait atteindre au moins 8 % selon les référentiels de l’Igas et de l’IGF.
    • Malgré une amélioration de la capacité d’autofinancement (CAF) de + 124 M€ par rapport à 2017 (+ 11%), la CAF s’établit à 3,9 % en 2018 alors qu’elle s’élevait à 5,2 % en 2013.
      • CAF « nette » (après remboursement de la dette) : 385 M€ (soit 1,2 %) et ne contribue qu’à un quart du financement des investissements réalisés par les CHU.

    Un endettement financier resté stable en valeur relative

    • L’endettement financier des CHRU, malgré une augmentation du capital restant dû de +318 M€ par rapport à 2017, est resté stable en valeur relative : il représente 36,9 % du total des produits (36,1 % en 2017).

    Autres résultats clés relevés par la Conférence :

    • amélioration globale du résultat des CHU « avec des dynamiques différentes selon les établissements » :
      • sur le budget principal, 56 % des CHU sont en déficit (soit 18 CHU) pour un total cumulé de -261 M€ ;
      • 44 % des CHU sont en équilibre ou en excédent (soit 14 CHU) pour un total cumulé de 97 M€ ;
      • le déficit global du budget principal s’élève à -164 M€ en 2018 contre -306 M€ en 2017, « soit une division par deux traduisant la poursuite des plans de retour à l’équilibre dans les établissements déficitaires ».
    • L’activité des CHU est restée soutenue en volume à + 1 % de séjours pour une valorisation financière en T2A de + 0,4 % en 2018 :
      • l’activité ambulatoire s’est fortement développée en 2018 avec + 1,9 % de séjours sans nuitée et séances qui représente 57 % du case-mix en volume ;
      • l’activité d’hospitalisation complète a diminué (- 0. 9%) pour une valorisation qui représente 85 % du total des recettes T2A d’hospitalisation des CHU.
    • La marge brute des CHU est restée stable à 5,7% (aides financières comprises).
  • Congrès ASCO : création de la French Immuno-Therapy Coalition pour valoriser l’innovation française

    Une centaine de cliniciens, biologistes et chercheurs viennent de créer la Société française d’immuno-thérapie (French Immuno-Therapy Coalition, FITC), une société savante pour coordonner leurs actions en faveur du développement de l’immunothérapie en France et faciliter l’accès à ces innovations pour les patients.

    La toute nouvelle FITC, dont la fondation a été annoncée le 31 mai 2019 à l’occasion du congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), souhaite devenir un interlocuteur de référence sur les sujets de l’onco-immunologie et immunothérapie des cancers pour la communauté scientifique nationale et internationale, pour les représentants de patients et de leurs proches (associations de patients dans le cancer et d’aidants), pour les autorités et les organismes d’État dans le domaine du cancer (ANSM, HAS, Inca) ainsi que pour les décideurs publics (gouvernement, parlement, élus locaux), les journalistes et tous autres acteurs intéressés par les enjeux de l’onco-immunologie et immunothérapie des cancers.

    Valoriser l’expertise française : l’une des ambitions phares de la FITC

    La French Immuno-Therapy Coalition (FITC) ambitionne d’abord d’encourager la recherche et le développement de nouvelles approches et molécules thérapeutiques et de nouveaux tests diagnostiques en onco-immunologie et immunothérapie des cancers mais aussi de promouvoir et de valoriser l’expertise française au niveau national comme au niveau international, en défendant l’accès pour les patients aux innovations thérapeutiques qui ont démontré leur efficacité.

    Un axe de formation et d’information des médecins, des jeunes médecins, des patients, des autorités institutionnelles et réglementaires aux spécificités et aux enjeux de l’onco-immunologie et de l’immunothérapie des cancers est également envisagé. L’idée sous-jacente est de faciliter le dialogue entre l’ensemble des parties prenantes de la prise en charge du patient sur les questions relatives à l’immunothérapie. 

    Transversalité et complémentarité

    En mettant un axe thérapeutique au cœur de son action, la FITC se dote d’une approche transversale, multi-organe et multi-indication en complémentarité des autres sociétés savantes, groupes et organismes représentant l’expertise française en matière de cancer déjà existantes. L’objet des associations de patients est classiquement orienté vers un organe, un type de cancer, une classe d’âge mais peu vers une thérapie médicamenteuse en particulier.

    Les fondateurs de la Société française d’immuno-thérapie n’ont pas intégré de représentants de patient en leur sein, espérant que les associatifs vont prendre en compte le changement de paradigme qu’implique l’immuno-oncologie et se structurer pour devenir l’interlocuteur privilégié de la société.

    La révolution de l’immunothérapie

    L’immunothérapie est la plus grande innovation thérapeutique en cancérologie de ces dernières années. Historiquement, les traitements des cancers s’évertuaient à cibler et à détruire directement les cellules cancéreuses. Ici, les médicaments stimulent les globules blancs des patients, les lymphocytes, et aident les patients à réagir eux-mêmes contre leur cancer. 

    Chez certains patients, un contrôle de la maladie, voire une régression, durable dans le temps, est constaté, notamment chez des personnes en rechute de leur cancer ou en échec thérapeutique vis-à-vis des traitements conventionnels. Le procédé améliore la survie à long terme de certains patients là où les traitements offraient des bénéfices en survie à court terme. Tous les patients ne répondent pas à ces traitements et de nombreuses équipes scientifiques tentent actuellement d’identifier les facteurs contribuant à l’efficacité de ces médicaments.

    Selon les essais clinique, les traitements agissent dans plus de 30 cancers très différents : cutanés (mélanomes, Merckel), des muqueuses (poumon, estomac), de la lymphe (lymphomes de Hodgkin) ou d’organes profonds (rein, foie).

    Les perspectives

    « Alors même que la communauté scientifique n’attendait pas de nouvelles innovations avant 2050, avec l’immunothérapie certains parlent désormais d’espoirs de guérison », commente le Dr Aurélien Marablelle, président de la FITC, lors de la présentation de la nouvelle société. Plus de 3 000 essais cliniques d’immunothérapie sont ouverts à travers le monde pour tester de nouvelles immunothérapies ou trouver les combinaisons thérapeutiques qui les rendront efficaces chez un plus grand nombre de patients.

    Les nouvelles stratégies d’immunothérapies permettent d’envisager d’autres bouleversements dans le traitement des cancers dans un futur proche. De plus, ces traitements agissent dans des cancers très différents tels que des cancers cutanés (mélanomes, Merckel), des muqueuses (poumon, estomac), de la lymphe (lymphomes de Hodgkin) ou d’organes profonds (rein, foie). Plus de 30 cancers ont été identifiés comme pouvant répondre à une immunothérapie.  

    Le congrès de l’ASCO, qui se tient jusqu’au 4 juin à Chicago, montrera les perspectives que l’on peut en attendre et donnera peut-être des pistes de réponses aux grandes préoccupations qui demeurent sur l’efficacité en termes de survie durable, même après l’arrêt de l’immunothérapie, et les effets indésirables, notamment au long cours.

  • Congrès Urgences 2019 : le numérique et l’IA au programme, du 5 au 7 juin à Paris

    Le Congrès urgences 2019 est organisé du 5 au 7 juin à Paris par la Société française de médecine d’urgence. Plus de 4 000 visiteurs et une centaine d’exposants sont attendus pour cette nouvelle édition, au cours de laquelle plusieurs sessions sont dédiées au numérique, aux nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle. 

    Ces 3 journées de formation et de débats sont notamment l’occasion pour les acteurs de l’industrie pharmaceutique et les sociétés de matériel médical de rencontrer les urgentistes.

    Les inscriptions au congrès, payantes, sont à réaliser via ce lien.

    Les sessions axées sur le numérique, les nouvelles technos et l’IA

    Mercredi 5 juin 2019 

    • 15h00-15h10 : Interviews d’experts : « Les nouvelles technologies pour la médecine de catastrophe »
      • Conférenciers : Gérard Blanco (Toulouse), Vincent Bounes (Toulouse), Cédric Zannese (Toulouse)
    • 16h00-17h30 : Atelier médico-soignants ARM 68 : « Les nouvelles technologies dans la médecine de catastrophe »
      • Conférenciers : Gérard Blanco, Vincent Bounes, Cédric Zannese
      • Descriptif : Comprendre l’intérêt des systèmes de communication dans la médecine de catastrophe ainsi que connaitre et manipuler les logiciels actuels et à venir de la médecine de catastrophe (Sinus, Sivic…)

    Jeudi 6 juin 2019 

    • 11h00-12h30 : Table ronde N°6 SFMU/SUDF : « IA et Urgences »
      • Modérateurs : Charlotte Chollet-Xemard (Créteil), Muriel Vergne (Toulon)
      • Technologies futures et médecins d’urgence : Arnaud Depil-Duval (Evreux)
      • L’IA au service de la régulation médicale : François Braun (Metz)
      • L’IA gère la crise : mythe ou réalité ? David Gruson (Paris)

    Vendredi 7 juin 2019

    • 08h45-10h15 : Etat de l’Art Médecins N°15 SFMU/SFAR : « Des urgences du futur »
      • Modérateurs : Pierre Bouzat (Grenoble), Youri Yordanov (Paris)
      • Descriptif: Iimplication des nouvelles technologie au service de l’urgence vitale : l’intérêt de l’IA, la place que pourrait prendre les drones et les nouvelles techniques d’échographie.
      • IA et urgence vitale : Romain Pirrachio (Paris)
      • Dystopie et utopie de l’IA en médecine d’urgence : Tobias Gauss (Paris)
      • Drône et urgence vitale : Pierre Michelet (Marseille)
      • Échographie New Age : Xavier Bobbia (Nîmes)

    Le programme complet est disponible en PDF via ce lien de téléchargement.

  • CHAM 2019 : « Systèmes de santé : la gouvernance dans tous ses états », 27-28/09/2019

    « Systèmes de santé : la gouvernance dans tous ses états » est la thématique de la Convention on Health Analysis and Management 2019 (CHAM 2019), qui aura lieu le 27 et 28 septembre 2019 à Chamonix-Mont-Blanc. 

    Le dossier d’inscription, téléchargeable via ce lien, est à retourner avant le 1er juin 2019 à inscription@canalcham.fr.

    Pré-programme 

    Vendredi 27 septembre 2019 (Jour 1)

    Samedi 28 septembre 2019 (Jour 2)

  • France university Hospitals International : un outil de services pour valoriser l’expertise des CHU

    La filiale « France university Hospitals International » des CHU est un nouvel outil de services permettant la valorisation de leur expertise à l’international.

    Créée le 11 mars 2019 à l’issue de la loi de modernisation de l’économie de 2015, cette société de droit privée présidée par Catherine Geindre, actuelle présidente de la conférence des directeurs généraux de CHU, a pour objectif d’exporter le savoir-faire des CHU français à l’international. 

    « Cette filiale est le support souple dont les CHU avaient besoin pour répondre facilement et avec agilité aux appels d’offres et contracter à l’international, précise le site Réseau CHU dans un communiqué publié le 23 mai 2019, ajoutant que les clients potentiels sont les gouvernements, les collectivités ainsi que les établissements publics et privé.

  • L’AP-HP et Doctolib récompensent 5 projets à l’occasion de leur hackathon Medidays

    5 projets de santé numérique ont remporté le hackathon Medidays. Organisé par Doctolib et l’AP-HP du 24 au 26 mai 2019, l’événement a rassemblé plus de 200 professionnels de santé, patients, développeurs et designers au sein du campus Picpus de l’AP-HP, dans le 12ème arrondissement de Paris. En l’espace de 48 heures, les participants, divisés en 22 groupes, ont présenté 35 projets contribuant à la transformation de l’organisation du système de santé à un jury composé d’experts, d’investisseurs et d’acteurs du monde de la santé. 

    Les projets lauréats :

    • 1er prix : « Docteur Simone » d’Anne-Charlotte Dimmy. Application destinée aux jeunes mamans afin de prévenir la dépression post-partum. Récompense : accompagnement du fonds d’investissement Kerala Ventures.

    • 2ème prix : « Supply-med » de Rubin Soudry. Marketplace digital pour les fournitures médicales dentaires. Récompense : accompagnement des équipes « produit » de Doctolib.

    • 3ème prix : « Chat marche » de Flavien Quijoux. Application basée sur la reconnaissance d’image pour la prévention des chutes de personnes âgées. Récompense : accompagnement tech dédié.

    • Prix coup de cœur de l’AP-HP : « Post-hop » de Romain Laurent. Application pour la Raac (rééducation améliorée après chirurgie) permettant un meilleur suivi des patients post-opération. Récompense : possibilité de tester le proof of concept du projet en condition réelle dans un hôpital de l’AP-HP.

    • Prix du meilleur design : « Coach My Nurse » de Martin Louvel. Application de coaching pour les infirmières en milieu hospitalier. Récompense : stage en design à Doctolib et matériel spécifique au métier de designer.

  • Le NHS England lance une gamme d’outils en ligne pour les personnes atteintes d’un diabète de type 2

    Le NHS England lance un nouveau support en ligne à destination des personnes atteintes de diabète de type 2 afin de les aider à mieux gérer leur maladie de manière indépendante, dans l’optique de limiter le risque d’aggravation de leur état de santé et les coûts associés. Par le biais de ce service, qui s’inscrit dans le cadre du Long Term Plan du NHS, les patients pourront accéder à des informations factuelles et disposer d’un soutien via un portail en ligne.

    Les essais menés sur l’utilisation de cette offre ont montré que les personnes suivant les « cours » et prenant connaissance des informations disponibles en ligne présentaient une réduction de leur glycémie, indique le NHS dans un communiqué publié le 28 mai 2019. Une amélioration de la santé mentale des personnes nouvellement diagnostiquées a également été démontrée chez les utilisateurs du service, testé grâce à un financement de l’Institut national de recherche sur la santé (National Institute of Health Research).

    Suite à la réussite de l’essai, une gamme d’outils, de ressources et de services de soutien en ligne sera désormais disponible, dont :
    • des « cours » encourageant les changements de style de vie pour aider les personnes touchées à mieux gérer leur diabète ;
    • des informations fiables relatives aux choix de vie, notamment au régime alimentaire, aux exercices et à la gestion de la consommation d’alcool ;
    • un soutien pour améliorer le bien-être de la personne, notamment pour gérer la détresse qu’elle peut ressentir lors de l’annonce du diagnostic.

    11 sites pilotes vont tester le nouveau service au cours de l’année. Le déploiement national du dispositif débutera à partir de 2020.

    Les régions de l’Angleterre où les citoyens seront invités à expérimenter le nouveau programme, avant le lancement à l’échelle nationale, sont les suivantes :

    • Cambridgeshire et Peterborough ;
    • Bedfordshire, Luton et Milton Keynes ;
    • Nottinghamshire ;
    • Northamptonshire ;
    • Sud-est et sud-ouest de Londres ;
    • Nord-ouest de Londres ;
    • Cumbria et Nord Est ;
    • Yorkshire de l’Ouest et Harrogate ;
    • Surrey Heartlands ;
    • Gloucestershire.

    La lutte contre le diabète : l’une des priorités du NHS en Angleterre

    Environ 10 % des dépenses de santé en Angleterre sont liées au diabète, ce qui représente environ 10 milliards de livres sterling (environ 11,326 Mds €) par an pour le NHS, un coût principalement dû à des complications évitables de la maladie.

    Afin de réduire ces dépenses, le NHS en Angleterre fournit une gamme de services pour lutter contre cette maladie chronique, y compris le programme de traitement du diabète (Diabetes treatment and care programme) et le programme de prévention du diabète du NHS (NHS Diabetes prevention programme), par le biais desquels 17 000 personnes atteintes de diabète de type 2 sont parvenues à améliorer « de manière significative » leur santé, notamment en perdant du poids (perte combinée d’environ 60 kilogrammes), indique le NHS dans son communiqué.

  • PHW 2019 : le Snitem souhaite montrer que « le numérique peut apporter énormément » à la santé

    « Montrer de façon très concrète que le numérique peut apporter énormément » à la santé : c’est ainsi que François Régis Moulines, directeur des affaires gouvernementales du Snitem, présente les objectifs du rapport en cours d’élaboration par le think tank « Numérique, DM et Santé », composé d’une dizaine de personnes experts, de patients et de représentants de patients, avec pour mots d’ordre « l’efficience des soins, la pertinence des soins, la prévention » ainsi que l’exploration de solutions novatrices à l’étranger.

    Le Snitem a organisé le 23 mai 2019 un « point d’étape » de ce rapport sur le « village du DM » de la Paris Healthcare Week 2019. Les principales conclusions seront livrées en septembre 2019 lors d’un atelier qui se tiendra en marge de la convention Cham (Convention On Health Analysis And Management).

    Lors de la première table ronde intitulée « Le patient au cœur de l’objectivité de la qualité et de la pertinence des soins », Alain-Michel Ceretti, président de France Assos Santé, a souligné l’intérêt de la méthode ICHOM élaborée par Michael Porter, professeur à Harvard, qui permet de mettre en place un dispositif qui « remonte l’expérience patient ». « La prise en considération du retour efficacité, du retour qualité de vie du patient est primordiale », abonde Lucile Blaise, vice-présidente Europe de l’Ouest de Resmed France, soulignant la nécessité de monter des Prom (Patient-reported outcome measures) en complément des Crom (Clinician-reported outcome measures). « Le dispositif médical présente une réelle opportunité pour faciliter la collecte de ces paramètres estime-t-elle. Il s’inscrit au cœur de cette démarche de valorisation du patient ». 

    « Nous sommes en train de construire les différents étages de la fusée mais nous n’avons pas construit la base ». C’est ce qu’affirme de son côté Carlos Jaime, country general manager de l’éditeur de logiciels InterSystems, pour résumer les enjeux de la deuxième table ronde intitulée « e-santé et intégration : répondre au besoin d’efficience ». Selon lui, « il y a des trous dans la raquette : un registre national [et un référentiel qui n’existent pas] » . « La base est techniquement à disposition, nous avons un cadre d’interopérabilité », précise le Dr Jean-Pierre Thierry, consultant indépendant, conseiller médical de France Assos Santé. Il y a de son point de vue plutôt « un problème règlementaire d’application ». Il faudrait « rendre opposables des critères d’interopérabilité [et] trouver un moyen d’accélérer le changement organisationnel », comme avec le regroupement des médecins en CPTS, avance-t-il, l’essentiel étant selon lui de « rendre l’interopérabilité attrayante ».

    Expérience patient : « trop de questions tue l’indicateur »

    « [Si on veut ] remettre le patient au centre du système de santé, on n’a rien dit [tant qu’on s’en tient à ce mot d’ordre], affirme Alain-Michel Ceretti. Il faut le prendre en compte non en tant qu’organe malade mais en tant que personne au centre de l’intérêt à agir des producteurs de soins ». Le président de France Assos santé relève que le rapport remis en janvier 2019 par Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees, pour la préparation du projet de loi santé « a intégré ce concept-là [avec son idée d’un paiement] à la qualité et à la pertinence ».

    « Le vrai sujet [à cet égard] c’est la collecte de l’expérience patient », estime Alain-Michel Ceretti. Pour les remontées d’expérience, il s’agit selon lui de poser des questions au patient, et plus précisément « les mêmes questions aux mêmes types de patients ». « Trop de questions tue l’indicateur, souligne-t-il cependant : il faut se limiter à 4 ou 5 questions, validées par les sociétés savantes et associations de malades ». Par exemple, « Après une opération de la cataracte, pouvez-vous reconnaître quelqu’un dans la rue ? », ou « après la pose d’une prothèse de hanche pouvez-vous monter 5 étages ? ». C’est ce qu’on appelle le Prom (Patient reporting outcome measurement).

    L’intégration de la santé par le numérique, une mesure « de sauvegarde »

    Le Dr Jean-Pierre Thierry relève qu’avec le plan Ma Santé 2022, c’est la première fois qu’un volet e-santé apparaît de façon conséquente dans une stratégie de santé, avec notamment le déploiement de la nouvelle version du DMP et la création de « l’espace numérique de santé ». Il souligne que le DMP a toujours été soutenu par les associations de patients. « Les ambitions sont fixées, le cadre est bon, (…) ce qui manque en France c’est l’exploitation des données riches notamment des données secondaires du dossier médical, et la création de registres, domaine dans lequel a pris un retard certain », analyse-t-il. En cas d’inaction prolongée, les opérateurs privés peuvent venir répondre a des besoins spontanés, dans une logique de disruption, donc il y a selon lui « un risque à rester immobile trop longtemps ».

    Jean-Pierre Thierry insiste sur le fait que si l’’interopérabilité coûte cher, le manque d’interopérabilité coûte « très cher aussi ». Il n’est pas nécessaire selon lui d’effectuer « un reset du système comme en Estonie » , argumentant qu’il est possible de « créer des cellules régionales pour construire une plateforme », comme le font « un peu » les Grades en France. Dans ces conditions, « l’interopérabilité ne sera pas obligatoirement perçue comme contrainte ».

    « Sans vouloir dramatiser à l’excès, conclut-il, intégrer fait plus partie d’un plan de sauvegarde [du système de santé]. Si nous n’arrivons pas à défragmenter, à organiser, nous serons face à de très graves difficultés : [dans un contexte de déserts médicaux], d’arrivée des baby-boomers à un âge de forte consommation de soins, [il y a un fort risque d’] explosion des dépenses de santé et des inégalités de santé ». 

    L’IA peut « alléger le paysage » de la cardiologie

    Administratrice du Syntec Numérique et coprésidente de son comité Santé, Isabelle Zablit présente lors de la 3e table ronde les usages de l’intelligence artificielle (IA) en cardiologie. Elle souligne que les dispositifs médicaux (DM) dans ce domaine, comme les pacemakers, nécessitent « un suivi ambulatoire très lourd[, qui] engorge les services de cardiologie », et que le taux de mortalité est « assez élevé » : « on compte 60 000 décès liés à des problèmes qui n’ont pas été pris en main suffisamment tôt », déclare-t-elle.

    Selon Isabelle Zablit, « le numérique peut aider à alléger ce paysage encore assez lourd ». L’administratrice du Syntec Numérique évoque l’étude Lucy, en cours d’implémentation en Pologne, qui porte sur deux vagues de 300 patients, avec l’idée de « combiner l’intelligence artificielle avec l’intelligence du cardiologue[, de] paralléliser le diagnostic fait par l’IA, avec celui du cardiologue en ambulatoire ».

    « On va connecter les appareils électroniques implantés a une appli mobile [qui va] permettre de les remonter dans un système de machine learning (apprentissage automatique), précise-t-elle. [L’objectif est] la prédiction de la nécessité pour le patient de se présenter au service ambulatoire de cardiologie ». On constate que l’IA « vient soulager le cardiologue et se révèle très bénéfique dans le parcours de soins », synthétise-t-elle.

  • France Assos Santé participe au déploiement du DMP en proposant aux patients des outils pédagogiques

    France Assos Santé a créé, en collaboration avec ses associations membres, une brochure intitulée « Pourquoi créer son Dossier Médical Partagé ? » ayant pour objectif d’accompagner le déploiement du DMP.

    Ce guide, lancé courant mai 2019, a été conçue par SantéBD pour France Assos Santé selon les normes du « Facile à lire et à comprendre » (FALC) afin de rendre l’information accessible au plus grand nombre.

    Dans ce document, on retrouve comment créer son DMP (à l’aide d’un professionnel de santé ou seul sur son ordinateur), comment y accéder et comment l’utiliser.

  • Le numérique à l’agenda de l’ANSM pour la période 2019-2023

    L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) annonce la signature du deuxième contrat d’objectifs et de performance (COP) et du schéma directeur des systèmes d’information et de la donnée (SDSID), entre Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et Dominique Martin, directeur général de l’ANSM. Le document, adopté par le conseil d’administration du 14 mars 2019, « fixe les grandes orientations stratégiques [de l’agence] pour les cinq prochaines années », précise l’ANSM dans un communiqué daté du 27 mai 2019.

    Le COP prévoit de « renforcer et [de] stabiliser le positionnement de l’agence pour l’accès à l’innovation dans l’environnement européen » : c’est le troisième de ses quatre axes stratégiques. Dans cette optique, l’ANSM « renforce ses capacités d’expertise et son organisation interne pour mieux faire face à la complexité croissante des enjeux liés à la sécurité des dispositifs médicaux (DM) et des dispositifs médicaux de diagnostic in vitro », dans un contexte marqué par l’entrée en vigueur de deux règlements européens dans ce domaine. Il s’agit :
    • d’« assurer la pérennité d’une représentation forte de la France au groupe de coordination des DM »;
    • de « contribuer à susciter au niveau européen une réflexion sur l’impact du calendrier d’entrée en vigueur du règlement [relatif aux] DM sur les délais d’accès au marché (risque d’embolisation des organismes notifiés) » ;
    • de « mettre en place une organisation interne de pilotage pour coordonner les représentations françaises » ;
    • de « mettre en place une évaluation des demandes d’essais cliniques DM au plus proche des modalités du règlement européen 2017/745 ».

    « De plus en plus d’innovations dans le domaine de la santé tel que [la] e-santé, l’intelligence artificielle et les pratiques innovantes nécessitent un accompagnement sur les plans scientifique, réglementaire et institutionnel », est-il indiqué dans le COP.  Pour y contribuer, l’agence prévoit de participer à la création d’un « guichet innovation » interinstitutionnel impliquant « ANSM, régimes obligatoires d’assurance maladie, HAS, Inca, ABM [et] ministère », et permettant de soutenir « les promoteurs industriels et académiques dans le développement de leurs projets innovants ».

    « inscrire la donnée au cœur des enjeux sanitaires et de santé publique »

    Le schéma directeur des systèmes d’information et de la donnée (SDSID) annexé au COP se fixe pour premier objectif d’ « inscrire la donnée au cœur des enjeux sanitaires et de santé publique en la mettant au profit des utilisateurs, des métiers et de l’écosystème ».

    Objectif : inscrire l’ANSM comme « producteur de référence de données à enjeux de santé publique »

    « Autorisation, vigilances, épidémiologie, contrôles, inspections… Chacun de ces domaines est créateur de données, parfois en très grand volume », est-il indiqué dans le document. Il est précisé dans le SDSID que l’ANSM, via le SI, doit « garantir la maîtrise de ces données, définir leur stratégie d’utilisation et développer leur ouverture [dans l’optique d’] inscrire l’Agence comme producteur de référence de données à enjeux de santé publique ».

    Inscrire le SI et les données dans une dynamique d’innovation

    Le schéma directeur prévoit également d’inscrire le SI et les données dans une « dynamique d’innovation » (Objectif stratégique n° 4). L’idée est notamment de « renforcer le recours au numérique et à la dématérialisation dans la performance opérationnelle de l’agence et dans la réponse aux enjeux sanitaires et de santé publique ».

    De plus, le SDSID prévoit dans le cadre de l’objectif stratégique n° 5 d’« être moteur vis-à-vis de l’écosystème et dans le cadre de la mutualisation ». Il lui faudra en conséquence « tenir compte, lors des prochaines orientations stratégiques SI, des récentes initiatives de l’État comme la mise en place du « Health Data Hub » et la mise à disposition des outils gouvernementaux comme API.gouv.fr, France Connect, opendata.gouv.fr, etc ».