Le PLFSS 2027, présenté le 1er octobre 2026 en Conseil des ministres, crée à son article 9 une contribution de 3,6 % assise sur 70 % des montants remboursés par l’assurance maladie au titre des dispositifs médicaux (DM). Le Snitem, Medtech in France et le METI estiment son rendement à plus de 150 millions d’euros par an et s’y opposent dans un communiqué du 2 octobre.
Pourquoi cela compte : la régulation du DM change de nature. La clause de sauvegarde ne portait que sur la liste en sus et la prise en charge transitoire, soit 21 % de la dépense remboursée selon l’exposé des motifs ; la nouvelle contribution couvre la LPP en ville comme à l’hôpital, et inclut les DM numériques de télésurveillance et la prise en charge anticipée. Les éditeurs de dispositifs médicaux numériques entrent donc pour la première fois dans une régulation macro-économique sectorielle. Le texte n’étant qu’un projet, le taux, l’assiette et l’articulation avec le montant Z se joueront au Parlement d’ici décembre.
Une assiette élargie à six catégories de prise en charge
Le nouvel article L. 245-5-7 du code de la sécurité sociale vise les entreprises ayant la qualité d’exploitant et calcule la contribution « à raison des montants remboursés par l’assurance maladie » au titre de six catégories : l’inscription sur la LPP sous marque ou nom commercial, l’inscription par description générique avec code d’identification individuelle, la prise en charge en sus des prestations d’hospitalisation, la prise en charge transitoire, l’inscription des dispositifs médicaux numériques de télésurveillance sur la liste de l’article L. 162-52 et la prise en charge anticipée des dispositifs médicaux numériques.
L’assiette est fixée à 70 % de ces montants, nets de TVA, des remises conventionnelles et des majorations, sur la France métropolitaine et cinq territoires ultramarins. Un exploitant qui justifie que cette assiette dépasse son chiffre d’affaires hors taxes sur les DM remboursés est taxé sur ce chiffre d’affaires. Les remises et avantages commerciaux consentis aux distributeurs ne sont pas déductibles. Le taux est fixé à 3,6 % pour 2027 ; le produit revient à la Cnam, avec un versement au plus tard le 1er novembre de l’année suivante.
La clause de sauvegarde demeure, avec un montant Z de 2,24 milliards d’euros
Le projet ne supprime pas la clause de sauvegarde. Son article 11 fixe le montant Z à 2,24 milliards d’euros pour 2027, contre 2,19 milliards en 2026. Le gouvernement, interrogé par H&TI, précise que la clause « reprend son rôle de filet de sécurité » et chiffre la nouvelle contribution à 150 millions d’euros pour 2027. L’exposé des motifs justifie la réforme par une assiette « plus large » et une contribution « cohérente avec la croissance observée » du secteur. Le texte ne prévoit pas de mécanisme de déduction entre les deux prélèvements.
Les industriels parlent d’un « impôt dévastateur »
Dans leur communiqué du 2 octobre, le Snitem, Medtech in France et le METI rappellent que cette contribution s’ajoute aux baisses de prix annuelles, chiffrées à 200 millions d’euros, et à une clause de sauvegarde « dont le montant n’est pas encore connu ». Ils décrivent un secteur composé à 95 % de PME, avec 410 sites de production en France, et opposent au texte leurs propositions d’économies de 200 millions d’euros par la maîtrise médicalisée. Laurence Comte-Arassus, présidente du Snitem, parle d’un « gâchis organisé » dont « l’effet immédiat sera un appauvrissement des gammes de produits pour les patients ».
Source : Assemblée nationale, projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, n° 3211, articles 9 et 11 (1er octobre 2026) – fiabilité : officielle. Texte du projet de loi · Communiqué Snitem, Medtech in France et METI du 2 octobre 2026.
