Efficience

  • ARS Ile-de-France : le projet régional de santé 2018-2022 structuré autour cinq axes stratégiques

    Christophe Devys, directeur général de l’Agence Régionale de Santé Ile-de-France, a présenté les cinq grands axes du projet régional de santé (PRS) francilien 2018-2022 lors de ses vœux aux partenaires le 31 janvier 2017.

    L’ARS Ile-de-France prévoit de finaliser d’ici à l’été 2017 son PRS, après une période de consultation de trois mois minimum. Il se composera d’un cadre d’orientations stratégiques et d’un schéma régional de santé unique à 5 ans.

    Cinq axes pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé

    Christophe Devys a indiqué que les cinq axes du PRS 2018-2022 s’inscriraient dans un objectif de réduction des inégalités sociales et territoriales de santé en Ile-de-France.

    Des parcours structurés à partir du domicile

    Constatant que les parcours des usages et des patients continuent souvent à s’apparenter à des « labyrinthes », l’ARS Ile-de-France souhaite promouvoir une approche des parcours autour du domicile de l’usager et de ses choix. Cela passera notamment par une optimisation de la visibilité et de la lisibilité des leviers d’amélioration des parcours, et par un renforcement de l’animation territoriale.

    Une réponse plus pertinente et plus efficiente aux besoins de la population

    Le deuxième axe du PRS s’articulera autour de l’amélioration qualitative de la réponse aux besoins des Franciliens : amplification du virage ambulatoire, priorisation des moyens sur les populations et les territoires les plus fragiles, soutien aux dispositifs permettant le maintien à domicile, et politique de ressources humaines en santé.

    L’innovation comme axe de transformation du système de santé francilien

    Christophe Devys a indiqué que l’innovation constituerait un axe du PRS sous toutes ses dimensions : organisationnelle, diagnostique, thérapeutique et technologique. Soulignant les atouts que constituent les nombreux centres de recherche en santé et le tissu industriel dense de la région, il a évoqué le rôle majeur que peut jouer l’ARS dans le développement et la diffusion des innovations sur les territoires.

    L’empowerment du patient pour améliorer le système de santé

    Le quatrième axe du PRS francilien aura pour objectif de rendre le patient acteur de sa santé : réduction des inégalités d’accès à l’information pertinente, via les outils numériques et des relais d’information locaux, amélioration des actions de promotion et d’éducation à la santé, et renforcement de la participation des Franciliens à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques de santé, notamment par de nouvelles modalités de participation citoyenne.

    Une action coordonnée sur l’ensemble des déterminants de santé

    Le cinquième et dernier axe du PRS vise à favoriser la prise en compte systématique des enjeux sanitaires dans les politiques publiques ayant un impact en santé (urbanisme, éducation, etc.) pour améliorer l’état de santé des Franciliens et réduire les inégalités de santé.

    Christophe Devys a indiqué souhaiter une concertation large, notamment via les conseils territoriaux de santé.

    Bilan 2016 : PTA, TSN, GHT et gestion des crises

    Christophe Devys est également revenu sur l’année 2016. Pour l’ARS Ile-de-France, elle s’est notamment caractérisée par la mise en place de deux plateformes territoriales d’appui, dans l’ouest du Val de Marne et dans le nord des Yvelines, et par la constitution de 15 GHT. En ce qui concerne les PTA, il a rappelé l’enjeu de « la convergence des différents dispositifs territoriaux d’appui » dans les années à venir.

    Soulignant le fait que l’ARS Ile-de-France « peut être en pointe sur l’innovation en santé », il a pris pour exemple l’expérimentation TSN TERRe-SANTE et la mise en place du Lab Santé.

    En matière de prévention, Christophe Devys est revenu sur l’ouverture de la première salle de consommation de drogues à moindre risque et sur l’amélioration du dispositif de dépistage du VIH.

    Enfin, il a évoqué la mobilisation de l’ARS dans la gestion de crise, qu’il s’agisse des crues de mai-juin 2016 ou des risques d’attentat.

  • Baisse des tarifs d’imagerie : le Snitem & la FNMR demandent une réflexion sur l’avenir de l’imagerie

    59 millions d’€, tel est le montant des baisses de tarifs et de forfaits d’imagerie annoncé par l’UNCAM le 27 janvier 2017. La FNMR juge qu’il s’agit d’une « une attaque en règle contre la santé des Français » et appelle les pouvoirs publics à s’engager sur un plan de développement de l’imagerie, tandis que le SNITEM demande « une réflexion d’ensemble avec toutes les parties prenantes en vue d’éclairer les enjeux actuels et à venir de l’imagerie ».

    La baisse des tarifs annoncée par l’UNCAM repose sur la suppression de la majoration pour acte de radiographie baptisée « modificateur Z » (fixée à 21,8 % et réservée aux seuls médecins radiologues) et son remplacement par une majoration moindre (« modificateur Y » fixé à 15,8 %), applicable à tous les actes de radiographie quelle que soit la spécialité du médecin (radiologue, pneumologue ou rhumatologue). Cette mesure prendra effet début avril 2017.

    Les forfaits techniques (scanner, IRM et TEP), versés aux exploitants des appareils pour prendre en charge les coûts d’amortissement et de fonctionnement, se voient de leur côté appliquer une baisse de 2 % à partir du 13 février 2017.

    La FNMR  » condamne ces mesures « , car les radiologues doivent investir dans des équipements de plus en plus performants, et appelle au contraire à un plan de développement de l’imagerie,  » gage d’une meilleure prise en charge des patients et d’économie pour le système de santé « .

    De son côté, le SNITEM estime que la baisse tarifaire  » va à l’encontre de l’intérêt des patients, du système de soins et des entreprises « , et souhaite une  » concertation dans un domaine critique en matière d’égalité des chances et d’accès à l’innovation pour tous les patients « .

  • Logiciels de DPI et de GAM : Intersystems distingué par les Best in Klas Awards 2017

    Intersystems a été désigné Best in Klas pour les catégories du dossier patient informatisé (DPI) et de la gestion administrative du malade (GAM) dans le rapport 2017 « Global (Non-US) Best in KLAS: Software » du cabinet Klas, publié le 31 janvier 2017. C’est l’éditeur Sectra qui a été primé dans la catégorie des PACS.

    Publié chaque année, le rapport « Best in Klas » analyse la performances des logiciels de santé en Asie, en Europe, en Amérique latine, au Canada et au Moyen-Orient. Il est établi sur la base de 16 000 entretiens réalisés auprès de professionnels et d’établissements de santé. Ces derniers sont interrogés sur leur satisfaction vis-à-vis des logiciels qu’ils utilisent : vente, contrat, intégration, support technique, qualité, caractère opérationnel, réponse aux exigences, facilité d’utilisation, performance et interopérabilité.

    Trois catégories de logiciels étaient distinguées en 2017 : DPI, GAM et PACS.

    Le rapport « Best in Klas » identifie également les tendances du marché des logiciels de santé :

    • en matière de PACS, si les achats sont toujours nombreux, les établissements et les professionnels de santé recherchent des solutions de gestion de l’imagerie plus globales ;
    • l’intérêt pour la santé populationnelle, s’il est encore émergeant, augmente chez les professionnels de santé et les établissements ;
    • les professionnels et les établissements de santé souhaitent que les industriels aillent au-delà de la vente de fonctionnalités pour les aider à réussir la mise en œuvre de solutions transversales, notamment en matière de dématérialisation des ordonnances.

  • US: build a patient-centered system through eHealth (conference)

    A web-conference, entitled ‘The Future of Care Delivery: Relentless Redesign’, organized by the American group NEJM Catalyst was produced on 19 January 2017 and hosted by Providence St Joseph Medical Center (United States).

    During this event, various industry players shared their perceptions of US health industry of yesterday and tomorrow, pointing to the development challenges of the health tech, past mistakes and lessons learned from these failures but also the significant opportunities available to healthcare professionals though big data management.

    These interventions were focused on a central idea: build a patient-centered system from through high tech innovations emerging on the market.

    The conference was divided into three parts:

    • Technology Disruption: What Matters;
    • Lessons Learned: Failed Experiments in Care Redesign;
    • Meaningful Data: Meeting Patient Needs.

    New technologies in the healthcare system: are they allied or disrupter?

    Healthcare systems are now faced with the development of new technologies. They supposedly help practitioners to provide better health care but they can also cause a waste of time and a waste of energy. How to deploy the right technology, improve care and add value without burdening the patient or the medical team? So many questions put forward by Aaron Martin, Executive Vice President and Chief Digital Officer, Providence St. Joseph Health; Victor Montori, Professor of Medicine, Mayo Clinic, and Molly Joel Coye, Executive in Residence, AVIA and former Chief Innovation Officer, UCLA Health.

    « The healthcare sector has so far been slow in integrating new technologies, » says Dr Coye. According to her, one of the first behavior to adopt is to observe what is happening in other fields, such as banking sector or self-driving food to « bring health care in houses. »

    Aaron Martin insists that the principles of success basics are the same, whatever the sector. « I worked for a long time for Amazon in the area of e-commerce, there are things that will never change, including three principles:

    • offer lower prices than the competition;
    • broader choice of products;
    • convenience.

    I have realized that this is the same in the health sector: ensure lower costs, better outcomes and improve the patient and clinicians experience are part of the foundations for success. »

    « Most solutions do not have to be created but to be discovered » (Aaron Martin, Providence St Joseph Health Center)

    « Most solutions do not have to be created but to be discovered, they already exist somewhere, » adds Mr. Martin. The idea, he said, is to recruit the right team of health professionals and the right team of experts in technology to find the most interesting innovations and then demonstrate that they work in the health system. Secondly only, you will have to think of a way to get customers online and engaged.

    Victor Montori, meanwhile, focuses on a central problem according to his observations: the invisibility of the work of patients. « The Times have changed. Today, many patients are suffering from chronic diseases. They are not in the hospital, do not consult a doctor every day. They have to struggle with their disease every day by taking a certain medication list, questioning their lifestyle (diet, physical activity) to improve their condition or at least slow the progression of their disease. »

    It raises several underlying telemedicine issues:

    • How to understand the notes sent by their doctors? ;
    • How to decipher the medical jargon? ;
    • How to know if the alternative medication proposed by the pharmacist will be as effective as the one prescribed by their doctor?
    • etc.

    « All this patient’s work is invisible. We need to improve communication between health professionals and patients to overcome such problems. »

    According to the expert, the key is the attention given by the physician to patients. « As health professionals, we must not seek to make money but above all to listen to the patient, help him understand his disease, encourage him to invest in its care. New technologies must be a support to improve this relationship and not a source of remoteness between doctors and patients. « 

    « The technology is there to help us fight against the tensions between health professionals and consumers, » agrees Aaron Martin.

    Transforming the health care system: lessons learned from mistakes made in the past

    « The American health care industry is sick, analyzed the Harvard Business Review in an article published in 1989. Its huge fraction of our GNP – one out of every eight dollars – is double that of Japan and at least 50% higher than that of other developed countries. Because it is growing at rates 50% higher than the GNP, the industry’s cost hampers control of our disastrous trade deficit. »

    Benjamin K. Chu, President and CEO, Memorial Hermann Health System, points to a first mistake made in the 1980s-1990s: leaving aside the feelings of patients.

    « At that time, we tried to find a business model to restore the healthcare market economy. Industry players were primarily focused on the desire to turn the corner from the economic point of view. Nobody asked the opinion of the patients. It is not surprising that they revolted at some point », by questioning more often the quality of the care delivery and the diagnosis of their doctors.

    Over the past twelve years, the focus was on the creation of a new culture of health care delivery. New business models are sought, new technologies are emerging to try to improve the delivery of care. « Gradually, the economy of the healthcare sector got better but we were still too focused on monetary issues. »

    It is only recently that the interest around the patient has increased, Dr. Chu said. Refocusing on devotion, that’s the key. »

    Chronic disease management: forty years of learning

    Arnold Milstein, Professor of Medicine, Stanford University School of Medicine, talked about the chronic diseases management, whose significant progression makes it one of the current and future main concerns. In the US, 86% of American healthcare expending is incurred by people with chronic illness, the expert recalled (official figures).

    He went back forty years ago to better understand the evolutions in this specific area and to identify the bad paths taken by the care providers.

    • In the 80’s-90’s: « Doctor knows best.  »
      The tool available was generally phone, that is it: « If you were lucky, you could get an appointment in fifteen minutes with a doctor in the day to deal with a specific problem, if not, you should leave a message on the answering machine that advised you in most cases to go to the ER. A basic and simplified system that of course did not meet the needs of patients with multiple chronic disease problems ». Result: failed.
    • Late 90’s – early 2000: the beginning of telemedicine. Add insurer’s 1 800 nurse case manager.
      Nurses from a remote location contacted patients to find out what is going on and take care of them. « It seemed like a good idea. This kind of intervention still persists today although a CBO report had demonstrated that there was no positive impact on health expenditure. » Result: failed.
    • Around the 2000s: The improvement of the telemedicine system.
      The interactions between nurses working remotely and patients become more sophisticated, caregivers were particularly interested in the psyche of the patients and the importance of the social in the process of healing. « Real medical teams have been created. Investors were very enthusiastic but most have failed because most of these interventions did not include an actual face-to-face with the patient, they did not established a deep relationship between the patient and the care manager and between the care manager and clinicians. Everything was more or less managed remotely.  » Result: failed.

    In its report on these efforts to reduce health spending while improving the quality of healthcare delivery, the CBO concluded « that between 33 and 34% of these experiments have failed ». They ultimately cost the government more. « This is a high failure rate!, Aaron Martin said. The ones who worked were those centered on the sickest patients, called « the high-spending patient demo » but in the end, it seems logical that they resulted in more money coming in because patients were very ill and forced to spend more. The idea is to find a way to reduce costs and earn money even when we have to deal with less serious and complex diseases. »

    « How the United States is begin to learn from sequential failure of experiments in managing chronic illness care? » is the question that interests Arnold Milstein now. He is positive. « We have gone through forty years of learning to understand how our industry can work better. I do not consider these bad investments as failures if we learn from these mistakes for the future. « 

    Managing meaningful data to meet the patients’ needs

    A key to success in the healthcare system of tomorrow is to learn how to effectively manage health data.

    « With the development of new technologies, the goal is to reduce health facilities through the digital », explained Scott Weingarten, Senior Vice President and Chief Clinical Transformation Officer, Cedars-Sinai Health System.

    « We have to deal with a large volume of information:

    • 50% of this information come from care evidence-based;
    • we have resources produced by approximately 20 000 biomedical journals;
    • an article on health is published on average every 26 seconds;
    • the volume of medical information has doubled in the last three to five years.

    Today, electronic health records are used by:

    • 96% of hospitals;
    • 85% of physicians’ offices.

    Clinical decisions are determined by the analysis of its data.

    How can this mass of information be analyzed? What is the best diagnosis? This is the kind of question that must be asked by the caregivers today. »

    Lee Hood, Senior Vice President and Chief Science Officer, Providence St. Joseph Health, emphasizes the importance of the cloud and how it can improve the wellness of patients.

    « Through data analysis, we can better understand the transition from wellness to disease. The idea with the big data management is to work on preventive medicine, to understand how the combination of genetics and environment can influence a person’s health. »

    From this observation comes out a priority: « to find how to educate patients, physicians and other healthcare players to take advantage of this massive influx of data to improve the provision of care for both the rich and the poor people ».

    The expert is positive about the future of health care in the United States: « I sincerely believe that we can find a system in which the health care delivery system will be better and will have reasonable cost. »

    « It is possible to simplify the health care system for all by adopting a pro-active attitude allowing everyone to positively affect his health, summarized Amy Compton-Philips, Executive Vice President and Chief Clinical Officer, Providence St. Joseph Health. We have to imitate the models that work in other areas rather than wasting time and money to innovate. We have to change the culture of the healthcare industry to be able to change the sector. »

  • 2017 : le « contrat de mandature » que propose le Leem avec le prochain gouvernement

    « Garantir l’accès de toux aux meilleurs soins », « mettre en place une régulation attractive » et « retrouver l’efficacité et la cohérence du modèle français ». Tels sont les trois axes prioritaires que devrait comporter le “contrat de mandature” que le syndicat des industriels du médicament se propose de conclure avec le prochain gouvernement. Son président, Patrick Errard, a profité de ses vœux à la presse, ce 31 janvier 2017, pour exposer les points d’accord et de divergence avec les éléments de programmes déjà rendus publics dans le domaine de la santé par les principaux candidats à l’élection présidentielle.

    «Il faut que les politiques écoutent ce que les professionnels de santé ont à leur dire » déclare Patrick Errard, pour qui l’année 2016, qui avait débuté par la signature d’un nouveau contrat-cadre entre le CEPS et le Leem, aura été «l’année de tous les possibles» mais aussi celle des «rendez-vous manqués». Il évoque notamment le vote d’une loi de financement de la sécurité sociale dans laquelle les industriels ont été mis à contribution « de façon disproportionnée par rapport au poids qu’ils représentent dans les dépenses de santé» et ce, pour la cinquième année consécutive.

    « Après cinq années d’une politique pénalisante pour les entreprises du médicament, l’organisation professionnelle entend faire reconnaître, auprès du prochain gouvernement, la dimension stratégique d’un secteur d’avenir pour l’économie française en termes de croissance, d’emplois, d’investissements et de production industrielle » déclare le Leem dans la continuité de la plateforme politique qu’il a présenté en décembre dernier. Les industriels du médicament appellent le prochain gouvernement à un «profond changement de modèle» en concluant un «contrat de mandature» dans lequel «les deux parties s’engageraient réciproquement» sur trois axes prioritaires.

    Au titre de l’accès aux soins, le Leem propose notamment « d’accélérer et de simplifier les procédures de lancement des essais », « d’élargir l’accès aux données de santé à des fins de recherche et d’évaluation médico-économique » et de « favoriser l’évaluation en continu des médicaments (études en vie réelle…) ».  En contrepartie, les industriels s’engageraient à « accroître la part de la France dans la réalisation des essais cliniques en Europe, à fournir les données nécessaires à une meilleure connaissance des pipe-lines de recherche et à renforcer les partenariats public/privé avec les hôpitaux et les grandes structures de recherche françaises ». 

    Favoriser le « retour de l’innovation »

    Au titre de la politique de régulation, le Leem, qui se dit conscient des « marges de manœuvres économiques réduites de la France », appelle les pouvoirs publics à mettre en place « des modalités de régulation attractive pour permettre au secteur de renouer avec la croissance et d’en finir avec une régulation qui pénalise le retour de l’innovation ». Elles permettraient notamment de « réintégrer les gains d’efficience rendus possible dans le système de soins grâce au progrès technologique et d’élaborer, au travers d’une loi-cadre quinquennale, une vision pluriannuelle de la politique de maîtrise des dépenses, en phase avec les priorités de santé publique et les indispensables réformes organisationnelles ». Le Leem insiste notamment sur la nécessité de favoriser l’essor des sites de production des médicaments innovants comme les biomédicaments. Sur 48 autorisations de mise sur le marché (AMM) délivrées par l’Agence européenne du médicament entre 2014 et 2016, « seules 3 ont un site de fabrication enregistré en France », souligne le syndicat. De leur côté, les industriels s’engageraient à assurer la transformation des métiers. « Il faut travailler sur les nouveaux métiers dans le domaine de la bio-informatique, du digital, ou encore le partage et le traitement des données » souligne Patrick Errard. Le Leem se propose également de « renforcer le maillage entre les grands groupes pharmaceutiques et les start-up de biotechs ».

    Enfin, au titre du troisième « axe prioritaire », de ce contrat de mandature, le Leem suggère au prochain gouvernement de « simplifier et stabiliser l’environnement normatif, en alignant la législation française sur la réglementation européenne afin de ne pas pénaliser les industries de santé françaises ». 

    Revue des principales propositions des candidats à la présidentielle

    Patrick Errard a profité de ses vœux pour livrer son analyse sur les propositions déjà connues des candidats à la présidentielle en matière de politique de santé (Par ordre alphabétique, François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et jean-Luc Mélenchon).

    Chez François Fillon, Patrick Errard accueille favorablement la proposition du candidat de la droite de renforcer encore l’outil du crédit d’impôt recherche et de favoriser l’accès au marché des produits innovants en accroissant les ATU tout en soutenant le développement de filières françaises d’excellence appuyées sur des pôles de compétitivité à l’échelle européenne et mondiale. En revanche, Patrick Errard craint que ce candidat ne soit tenté de gérer les comptes sociaux « de façon comptable » sans vision « à long terme ».

    Dans les propositions de Benoît Hamon, Patrick Errard accueille favorablement celle qui consiste à améliorer la transparence du système d’évaluation et de fixation des prix des médicaments. « Il faut que le prix de l’innovation soit lisible, compréhensible et admis par tous ! » estime-t-il. Il juge également positive la proposition de Benoît Hamon de soutenir les innovations sociales dans le secteur de la santé ou encore de renforcer la couverture des soins dentaires et de développer le sport-santé. En revanche il se montre plus sceptique sur l’augmentation des recrutements à l’hôpital – « un sujet d’organisation des soins plus qu’une question de manque de moyens » – ou sur la menace d’instaurer des licences d’office pour les médicaments innovants dont le prix serait jugé excessif. « On ne négocie pas un pistolet sur la tempe ». Un commentaire qu’il applique également à Marine Le Pen qui aurait également préconisé d’engager un « bras de fer » avec les laboratoires pour limiter les prix des médicaments innovants les plus élevés. 

    S’agissant des propositions d’Emmanuel Macron, Patrick Errard note qu’il est « le seul à avoir repris l’idée du Leem de lancer un plan quinquennal de financement dans le domaine de la santé et à déclarer que les laboratoires pharmaceutiques ne devaient pas être les ‘variables d’ajustement’ » des dépenses de ce secteur. Il se félicite aussi de la proposition du candidat de réformer la manière de fixer l’Ondam et de mieux valoriser la prévention.

    Une proposition également développée par Jean-Luc Mélenchon dont la proposition de créer « un pôle public du médicament » (notamment pour la recherche et la production des médicaments) ou un laboratoire indépendant pour contrôler l’industrie pharmaceutique, grâce à la création d’une nouvelle taxe, suscite moins d’enthousiasme chez le président du Leem, qui rappelle qu’il existe déjà « onze taxes spécifiques » dans le secteur. 

  • « Il faut accélérer l’appropriation du numérique sur le terrain » (Michel Gagneux, Asip)

    L’Asip Santé organisait sa conférence annuelle le 31 janvier 2017. À cette occasion, Michel Gagneux, directeur général de l’agence, est revenu sur les dossiers actuellement suivis par l’Asip (MS Santé, SI Samu, etc.) et a pointé les défis à relever pour faire avancer la santé numérique en France, notamment une accélération de l’appropriation des outils par les acteurs de terrain.

    La fin d’un premier cycle

    Pour Michel Gagneux, la décennie qui s’achève a permis de mettre en place les principales composantes d’une politique nationale de santé numérique, du point de vue technique (référentiels, guides d’urbanisation, plan Hôpital numérique, etc.) comme du point de vue de la gouvernance, avec la création de la DSISS et de l’Asip, l’élaboration d’une stratégie e-santé 2020, ou encore la mise en place du conseil du numérique en santé.

    Pour autant, Michel Gagneux estime que « ces briques rentrent péniblement en usage sur le terrain, trop lentement par rapport aux attentes ». Constatant des résistances liées aux changements de pratique et d’organisation provoqués par le numérique, Michel Gagneux souhaite resserrer le dialogue avec certains acteurs pour accélérer le mouvement.

    Quatre principes directeurs pour préparer le cycle qui s’annonce

    Michel Gagneux a identifié quatre principes directeurs qui devront guider l’action de tous les acteurs du système pour préparer le nouveau cycle qui va démarrer autour du big data, des outils d’aide à la décision, etc. :

    • la constance : les politiques publiques ont, selon lui, besoin de s’inscrire dans le long terme pour traduire les technologies en usages sur le terrain. Il faut pour cela imaginer des outils de gouvernance, de planification financière et budgétaire à la hauteur ;
    • le partage des feuilles de route entre pouvoirs publics et industriels, afin de construire une offre pertinente, ergonomique et au modèle économique viable ;
    • une plus grande capacité à capter les innovations organisationnelles et d’usages, qui viennent du terrain, pour en tirer plus vite les enseignements et en accélérer la généralisation ;
    • la mobilisation des multiples acteurs du système de santé, nécessaire au succès de la transformation systémique apportée par le numérique.

    Retour sur les chantiers en cours

    MS Santé

    L’accompagnement des établissements de santé sur le sujet de la MS Santé entre dans sa troisième année. 1800 sont inscrits auprès de l’Asip, et 700 sont techniquement raccordés ou en voie de l’être.

    Une deuxième phase s’engage à présent auprès des professionnels de santé libéraux, les logiciels étant désormais MS compatibles. En parallèle, l’Asip définit actuellement avec les laboratoires de biologie médicale une trajectoire commune pour la transmission des résultats d’analyse via MS Santé sous format structuré. Cela implique un changement de sémantique, de HPRIM à LOINC.

    SI Samu

    Deux marchés seront prochainement notifiés :

    • le marché M2, qui désignera un consortium pour la construction de la solution applicative du SI Samu, devrait être notifié d’ici le 31 mars 2017 ;
    • le marché M1, qui désignera un industriel ou un consortium pour la construction de l’infrastructure téléphonique du Samu, devrait être notifié en mai.

    La solution applicative sera développée en mode agile (des équipes de l’Asip travailleront en direct avec les développeurs], et une première version devrait être élaborée dans un délai d’un an. Onze Samu pilotes l’utiliseront dans un premier temps avant la phase de généralisation.

    GHT

    L’Asip et l’Anap ont mis en place un guichet commun et vont se partager l’accompagnement du volet numérique des GHT. Un dispositif de pédagogie et un guide méthodologique à destination des établissements ont été élaborés.

    Conseil stratégique du numérique en santé

    La prochaine réunion du conseil stratégique du numérique en santé, qui a été installé le 24 janvier 2017, aura lieu le 9 mars 2017.

  • IA : Apple rejoint le partenariat initié en 2016 par Google, Amazon, Facebook, IBM et Microsoft

    L’organisation The Partnership on IA to Benefit People fondée par Amazon, Facebook, Google, IBM et Microsoft en septembre 2016 a accueilli le 27 janvier Apple comme membre fondateur, portant le nombre de sièges du conseil d’administration à six. Des représentants d’associations, d’universités et de fondations font également partie du conseil, qui doit se réunir en février.

    Le Partnership on IA to benefit people a été créée en septembre 2016 par Amazon, Facebook, Google, IBM et Microsoft, afin de créer un cadre de discussion et de réflexion sur les défis que représente l’intelligence artificielle.

    Début 2017, Tom Gruber, co-fondateur de Siri, a rejoint le conseil d’administration. Les autres représentants des membres fondateurs au CA sont Ralf Herbrich (Amazon), Yann Lecun (Facebook), Francesca Rossi (IBM) et Eric Horvitz (Microsoft). Greg Corrado remplace Mustafa Suleyman pour Google.

    Le 3 février doit se réunir, à San Francisco, le premier conseil d’administration de l’organisation, composé des membres fondateurs ainsi que de représentants de l’Université de Berkeley ; de l’Association pour l’avancée de l’intelligence artificielle ; de l’Union des libertés civiles ; de la Fondation McArthur et de OpenAI. Dans ce cadre seront décidées les grandes orientations de l’organisation.

  • Inde : focus sur le business modèle de Practo, une start-up en plein boom sur le marché de l’e-santé

    Practo, une société basée à Bangalore, en Inde, a levé en janvier 2017 55 millions de dollars (51,2 M€) dans le cadre d’un cycle de financement mené par le groupe chinois Tencent (Série D).

    Aujourd’hui, Practo bénéficie d’un financement total d’environ 180 M $ (167,6 M€). Spécialisée dans le secteur de l’e-santé, l’entreprise propose divers services, dont un annuaire numérique permettant aux patients d’accéder à une liste de praticiens présents dans leur région.

    Créé il y a neuf ans, Practo est parvenu à mettre en place un business modèle aujourd’hui stabilisé. Néanmoins, certains experts estiment que la concurrence – croissante dans le secteur – risquent de faire rapidement de l’ombre au groupe indien et que les professionnels de la santé finiront, à terme, par rejeter ce type de modèles les contraignant à payer pour être référencés en ligne.

    Objectif 2017 : créer un espace numérique sans frontières pour connecter les professionnels de la santé du monde entier

    Les entreprises états-uniennes Thrive Capital, Ru-Net, RSI Fund, Sequoia Capital, Matrix Partners, CapitalG (Google Capital), Altimeter Capital et le groupe belge Sofina font partie des investisseurs ayant participé à la levée de fonds menée en janvier. Ils sont regroupées sous le nom « Practo PTE », une société basée à Singapour.

    Fondé en 2008, Practo vise à améliorer l’accès aux soins et aux données de santé sur les marchés émergents :

    • Le groupe propose analyses et expertises en business développement à ses sociétés partenaires pour les aider à s’implanter dans le secteur de la santé ;
    • il connecte les consommateurs avec les fournisseurs de soins du monde entier (cliniques, hôpitaux).

    La plateforme mise au point par la société indienne recense à ce jour 20 000 praticiens, 10 000 hôpitaux et 5 000 centres de diagnostic. Elle est disponible en Inde, en Indonésie, aux Philippines, à Singapour et au Brésil.

    Grâce au dernier cycle de financement réalisé ce mois-ci, le groupe va pouvoir poursuivre son extension à échelle internationale.

    « Au cours des dernières année, Practo a connu une croissance de 90 % côté clients, de 80 % si on se concentre sur les rendez-vous effectués depuis la plateforme, soit huit fois plus d’examens médicaux réalisés et plus de 5 millions de dossiers de santé partagés », précise sur le blog de l’entreprise son P.-D.G, Shashank ND.

    En 2016, l’entreprise a acquis la société analytique indienne Enlightiks pour perfectionner sa plateforme et ses services aux entreprises.

    Objectif pour 2017 : fournir une infrastructure centralisée sur laquelle l’ensemble de l’écosystème du secteur pourra se connecter, créer, interagir et échanger de la valeur en croisant les différentes données recueillies par chaque acteur du marché mais aussi leurs moyens de communication et de paiements afin d’offrir une meilleure offre de soins mondiale.

    Practo : un business modèle basé sur l’offre d’une meilleure gestion de la relation client

    Le business modèle du groupe est basé sur deux principes : l’acquisition de sociétés et ses propres revenus.

    Le groupe a acquis cinq sociétés indiennes depuis sa création :

    • 1. QikWell : un logiciel de prise de rendez-vous en ligne (SaaS)
      Business modèle :
      • vente d’espaces publicitaires aux médecins et aux hôpitaux sur sa page de recherche et celle mettant en avant les « meilleurs résultats » ;
      • frais d’admission pour les médecins, les hôpitaux et les cliniques pour leur permettre d’utiliser le logiciel de prise de rendez-vous en ligne.
    • 2. FitHo : via l’application mobile LifeStyle, qui aide à prévenir les maladies.
      Business modèle : option freemium pour les patients.
      La société a été dissoute. Le service fait désormais partie de l’application Practo App.
    • 3. InstaHealth : un logiciel d’aide à la gestion des hôpitaux.
      Business modèle : logiciel de gestion de la relation client vendu aux hôpitaux et aux grandes cliniques. L’outil est disponible en tant que solution de paiement SaaS.
    • 4. Genii : une société de développement de logiciels.
      Acquisition pour mieux s’implanter sur le secteur de la health tech. Le but premier n’est pas la recherche de revenus.
    • 5. Enlightiks : une société analytique.
      Acquisition pour mieux s’implanter sur le secteur de la health tech. Le but premier n’est pas la recherche de revenus.

    Practo multiplie les outils facilitant la relation médecins/patients

    Le produit central de Practo est un moteur de recherche permettant aux patients de trouver des professionnels de santé en fonction de leur zone géographique, de leur spécialité, etc.
    Prix : gratuit pour les patients, payant pour les professionnels souhaitant être référencés (démo gratuite pendant un temps limité).

    Parmi ses autres services les plus utilisés, on retrouve :

    • Practo Ray :
      Practo Ray est un logiciel de gestion pour aider les médecins dans la pratique quotidienne de leur métier. Pour les hôpitaux et les cliniques, il se rapproche du principe de l’ERP : le praticien peut contrôler ses activités depuis son profil numérique.
      Prix : abonnement mensuel. Ce service représente la plus grande source de revenus du groupe jusqu’à présent.
    • Practo Profile
      Cet outil permet aux médecins, aux hôpitaux et aux cliniques de mieux contrôler leur profil numérique. Il comprend l’inscription sur Practo, la gestion de son profil professionnel et facilite la mise à jour d’informations pour que les patients aient accès aux informations les plus récentes sur le médecin, l’hôpital ou la clinique en question.
      Prix : payant pour les professionnels (médecins, hôpitaux, cliniques), gratuit pour les clients.
    • Practo Health Feed
      Practo propose un outil, type réseau social, afin de permettre aux médecins de poster des mises à jour ainsi que des conseils sanitaires au public. Les patients peuvent suivre les professionnels de leur choix.
      Prix : gratuit.
    • Practo Consult
      Il s’agit d’un service présenté sous la forme de « questions/réponses ». Les patients posent publiquement une question de santé sur la plateforme. N’importe quel médecin disposant d’un profil Practo peut y répondre.
      Prix : gratuit.
    • Practo Reach
      Vente d’espace publicitaire sur le site web et l’application de Practo.
      Prix : disponible sous différentes formules : mensuelles, trimestrielles, en fonction de la position géographiques, de la spécialités du médecin, etc.
    • Practo Tab
      Offre aux hôpitaux et aux cliniques un espace numérique pour leur faciliter la réalisation de certaines tâches basiques, comme la gestion des retours/critiques des patients, le recueil de données de santé, la prise de rendez-vous…
    • Practo et la livraison de médicaments
      Le groupe propose d’acheter des médicaments en vrac pour ensuite les vendre directement aux pharmacies et aux consommateurs. Il permet aussi l’achat, par les chimistes, de médicaments pour une livraison aux consommateurs.
    • Practo et la réservation de spas, salons et salles de gym
      L’entreprise permet d’effectuer des réservations dans des spas, des salons bien-être et des salles de gyms.
      Prix : Practo pourrait commencer à toucher des commissions sur ce type de services.

    Practo : un modèle éco stable mais inefficace à long terme ?

    Des dépenses importantes mais essentielles à ce stade de développement

    Pratec Technologies Pvt. Ltd est parvenu à multiplier par dix sa croissance au cours de l’année 2016 (mars 2015-mars 2016), tandis que ses pertes ont augmenté de 30 %.

    Dans le détail, ses revenus ont atteint les 297,3 millions de roupies (4 M€) au cours de l’année 2015, contre 23 millions (314 427 €) en 2014. Ses pertes atteignaient 128,5 millions de roupies (1,8 M€) en mars 2015, contre 98,8 millions (1,4 M€) l’année précédente, indique le Registrat of Companies (RoC).

    Selon les investisseurs, cette évolution est le signe d’une stabilisation de son modèle économique. « Les entreprises prospèrent seulement si leurs revenus augmentent plus vite que leurs dépenses. Certes, il y a des pertes. Mais, si les revenus augmentent plus vite que les dépenses, cela signifie que la société a le potentiel pour devenir une entreprise rentable », a déclaré en janvier 2016 Rutvik Doshi, directeur d’Inventus Capital Partners, une société de capital risque qui a investi dans Practo (Livemint.com).

    Les experts estiment que les pertes vont augmenter encore dans un avenir proche puisque Practo a récemment acquis de multiples sociétés et continue de se développer à échelle internationale.

    « À court terme, je m’attends à ce que les dépenses croissent. Il est logique de dépenser beaucoup d’argent à ce stade et de viser les marchés adjacents. Dans un an ou deux, ils pourront à nouveau accélérer leur croissance et la balance sera réajustée dans le bon sens », analyse R. Doshi.

    Principal risque : la montée de la concurrence et la création de sites médicaux personnalisés

    Bien que la société se porte bien aujourd’hui, certains acteurs du marché ont repéré quelques failles au sein du modèle établi par le groupe indien.

    « Je conviens que l’acquisition de patients en ligne est un excellent moyen pour les médecins de maximiser leurs revenus, car il limite les frais qu’un spécialiste doit payer à un intermédiaire classique pour améliorer son référencement, analyse le Dr. Aniruddha Malpani, fondateur et directeur de Malpani Ventures (société d’investissement indienne) dans un billet publié sur LinkedIn en août 2015. Cependant, les praticiens vont se retrouver face à un problème majeur : tous leurs concurrents sont répertoriés sur la même page, ils sont donc susceptibles de perdre facilement leurs patients. Ces [annuaires médicaux en ligne] ne permettent pas au professionnel de fidéliser leur patientèle : [à terme,] ils n’améliorent pas vraiment la relation médecin/patient ».

    L’homme d’affaires prévoyait la mise en place d’une formule payante, c’est effectivement le cas aujourd’hui : Practo propose différents tarifs aux professionnels pour bénéficier de son service de référencement. Résultat : les médecins n’auront plus aucun intérêt à être référencés par Practo, qui devrait par ailleurs faire face à l’émergence inévitable de nouveaux concurrents, comme ZocDoc ou JustDial, présents sur le même secteur, mais surtout Google, très performant en matière de référencement.

    « Sceptique ? Essayez de faire une recherche « neurologue à Bombay » sur JustDial, Google et Practo et observez ce que vous obtenez. Les résultats de recherche de Practo sont les pires, parce que les résultats mettent en avant un nombre important de non-neurologues. »

    Sur le long terme, le Dr. Malpani est convaincu que les médecins « se rendront compte qu’il est beaucoup moins cher et plus rentable de créer leur propre site web. En possédant leurs plateformes numériques personnelles, ils permettront à leurs patients de les trouver directement plutôt que d’avoir à passer par un intermédiaire numérique [les contraignant à payer le prix fort] ».

  • India: focus on the business model of Practo, a booming startup in the eHealth market

    Practo, a company based in Bangalore, India, raised $55 million (€51.2 million) in January 2017 in Series D founding in a round led by Chinese company Tencent.

    Practo now has a total funding of about $180 million (€167.6 million). Specializing in the eHealth sector, the company offers various services, including a digital platform allowing patients to access a list of doctors practicing in their area.

    Established nine years ago, Practo has managed to develop a business model now stabilized. However, some experts believe that its competitors – increasingly numerous – are likely to harm the development of the Indian group and that health professionals will ultimately reject this kind of model forcing them to pay to be referenced online.

    Objective 2017: create a digital space to connect  health professionals worldwide

    US firms Thrive Capital, Ru-Net, RSI Fund, Sequoia Capital, Matrix Partners, CapitalG (Google Capital), Altimeter Capital, Belgian group Sofina and Russian millionaire Yuri Milner are among the investors who participated in the round conducted in January. They are grouped under the name « Practo PTE, » a Singapore-based company.

    Founded in 2008, Practo aims to improve access to care and health data in emerging markets:

    • The group offers analysis and expertise in business development for its partners to help them settle in the health sector;
    • it connects consumers with healthcare providers worldwide (practitioners, clinics, hospitals).

    The platform developed by the Indian company currently lists 20,000 practitioners, 10,000 hospitals and 5,000 diagnostic centers. It is available in India, Indonesia, the Philippines, Singapore and Brazil.

    Thanks to the last round of financing, the group will be able to continue its expansion internationally.

    « Over the past year, Practo has seen 90 percent growth in patients, 80 percent more appointments booked, eight times more reviews from users and more than 5 million health records shared on the platform, » Shashank ND, the company’s CEO, said on the firm blog.

    In 2016, the group acquired Indian company Enlightiks analytics to improve its platform and its business services.

    Its goal by the end of 2017: providing a central infrastructure on which the entire ecosystem of the sector could connect, create, interact and exchange value « by linking layers of data, communication and payments to deliver better care ».

    Practo: a business model based on the offer of a better customer relationship management

    The group’s business model is based on two principles: the acquisition of companies and its own revenues.

    The group has acquired five Indian companies since its foundation:

    • 1. QikWell: a software for booking appointments online (SaaS)
      Business model:
      • selling advertising space to doctors and hospitals on its landing page and top results;
      • onboarding fee for doctors, hospitals and clinics to unable them using the online appointment booking software;
      • appointment booking fee from the doctor after the appointment is successfully booked and executed.
    • 2. Fitho: via mobile LifeStyle, a mobile app which helps prevent diseases (freemium model).
      Business model: freemium option for patients. Finally, the company was dissolved. The service is now part of Practo App.
    • 3. InstaHealth: a hospital management support software.
      Business model: InstaHealth created a software selling to hospitals and clinics to help them for their day to day management. The tool is available as a SaaS based recurring payment solution.
    • 4. Genii: a software development company.
      This acquisition was carried out to better penetrate the health tech sector. The main purpose is not to make money with it.
    • 5. Enlightiks: an analytic company.
      This acquisition was carried out to better penetrate the health tech sector. The main purpose is not to make money with it.

    Practo multiplies tools facilitating patients/health providers relationship

    The central product of Practo is a web search engine allowing patients to find health professionals based on their geographical area, their specialty, etc.
    Price: free for patients but not for professionals wishing to be referenced (free demo for a limited time).

    Among the other services used by Practo are:

    • Practo Ray:

    Practo Ray is a management software designed to help doctors in their daily practice. For hospitals and clinics, it is close to an ERP: the practitioner can control his activities from his digital profile.
    Price: monthly subscription. This service represents the largest source of revenue for the group so far.

    • Practo Profile
      This tool allows physicians, hospitals and clinics to have more control over their digital profile. It includes the inscription on Practo, the management of their professional profile and facilitates the updating of information.
      Price: free for patients, fees for professionals (doctors, hospitals, clinics).
    • Practo Health Feed
      Practo offers a kind of a professional network to enable physicians to post updates and health advice to their patients. Patients can follow the professionals of their choice.
      Price: Free.
    • Consult Practo
      QnA tool for patients. Patients can ask questions publicly on the platform. Any doctor with a profile on Practo can answer.
      Price: Free.
    • Reach Practo
      Through this service, advertising space can be sold on Practo website and app.
      Price: available in different size of packages: monthly, quarterly, geographically, etc.
    • Practo Tab
      It offers hospitals and clinics a digital space, a Tab, to do some basic tasks such as book appointments, leave feedback, collect data…
    • Practo and medicine delivery
      The group purchases medicines in bulk and sells them directly to chemists and consumers. It also allows the purchase of medicines through chemists for delivery to consumers.
    • Practo and booking spas, salons and gyms
      Customers can now make reservations in spas, salons and gyms rooms via its platform.
      Price: Practo could start charging commissions on these services.

    Practo: a stable business model but ineffective in the long run?

    The group’s expenses are important but essential at this stage of its development

    PRATEC Technologies Pvt. Ltd. posted a more than 10-fold increase in revenue in 2016 (from March 2015 to March 2016), while losses increased 30%.

    Its revenues increased to 297.3 million rupees (€ 4 million) in 2015, from 23 million (€ 314,427) in 2014. Its losses reached 128.5 million rupees (€ 1,8 million) in March 2015, against 98.8 million (€ 1.4 million) a year earlier, according to the Registrat of Companies (RoC).

    According to investors, this development is a sign of a business model stabilization. « Businesses thrive only if revenue grows faster than expenses. Yes, there are losses. But, if revenue grows faster than expenses, at some point in time the company has the potential to become a profitable business, » said in January 2016 Rutvik Doshi, director at Inventus Capital Partners, a venture capital firm (Livemint.com).

    Experts estimate that losses will rise further in the near future, as Practo recently acquired multiple companies and continues to grow internationally.

    « In the short term, I would expect the expenses to balloon. It makes sense to pump in a lot of money at this juncture and capture the adjacent markets. In a year or two, they can again accelerate and the cost will be recovered, » said Mr Doshi.

    Principal risk for Practo: the growth of competition and the creation of personal medical websites

    Although the company is doing well today, some industry experts have spotted some weaknesses in the business model established by the Indian group.

    « I agree that acquiring patients online is a great way for doctors to maximise their income, because it cuts out the referral fees the specialist in India needs to pay to the middleman, said Dr. Aniruddha Malpani, founder and director of Malpani Ventures (Indian investment company) in a post published on LinkedIn in August 2015. However, a major danger for doctors is that all their competitors are also listed on the same page, which means they are quite likely to lose their patients to their colleagues. Also, these sites do not allow the doctor to create patient engagement or loyalty, which means they don’t really enhance the doctor-patient relationship. »

    He predicts the implementation of a paid version, as is actually the case today: Practo offers different packages to health professionals to benefit from its referencing service. As a result, doctors will no longer have any interest in being referenced by Practo, which should also face the emergence of new competitors, such as ZocDoc or JustDial, present in the same sector, but especially Google, « he Big Daddy of search ».

    « Skeptical? Try doing a search for « neurologist in Mumbai » on JustDial, Google and Practo and see what you get. In fact, the Practo search results are the worst, because the results bring up lots of non-neurologists as well! »

    In the long run, Dr. Malpani believes that doctors « will realise that it’s much cheaper and more cost effective to publish their own website. By owning their own digital real estate, patients will be able to find them directly, rather than having to go through a digital middleman who wants to extract his pound of flesh ! »

  • Big data : le Queensland Brain Institute (Aust.) investit dans sa capacité de stockage de données

    Pour améliorer la gestion de ses données et ainsi accélérer les recherches sur la prévention des maladies cérébrales, l’Institut du cerveau de l’Université du Queensland (Queensland Brain Institute), en Australie, a annoncé en décembre 2016 qu’il avait migré vers le réseau de stockage Brocade Gen 6 Fibre Channel.

    Grâce à ce dispositif, les experts devraient pourvoir stocker et analyser de manière plus efficace et plus rapide l’ensemble des informations recueillies à partir de l’imagerie cérébrale et des appareils de microscopie.

    Pour le Queensland Brain Institute, la gestion des big data est une priorité

    Brocade G620 : un outil nouvelle génération pour mieux lutter contre les goulots d’étranglement

    Créé en 2003, le Queensland Brain Institute (QBI) fait aujourd’hui partie des plus importants centres mondiaux dédiés à la compréhension du fonctionnement du cerveau.

    L’institut australien se retrouve confronté à la gestion des données de santé dont il dispose à partir de l’imagerie cérébrale et des appareils de microscopie, dont le volume est considérable et en croissance constante.

    Afin d’y faire face, le centre a migré vers le dispositif Brocade G620 (Brocade Gen 6 Fibre Channel) qui  permet d’accélérer le processus de recueil et d’analyse de ces informations. C’est la première organisation en Australie à utiliser cet outil de stockage nouvelle génération.

    Objectif : lutter contre les goulots d’étranglement d’accès aux données afin d’accélérer les recherches sur la prévention des maladies cérébrales, telles que la maladie d’Alzheimer, la schizophrénie, la démence, la dépression, l’anxiété et les troubles des neurones moteurs.

    Les centres de recherche d’excellence doivent gérer plusieurs petabytes de données par an

    « L’imagerie cérébrale est essentielle à notre recherche mais comme le progrès de l’imagerie médicale et des instruments de microscopie continuent de faire évoluer les résolutions et les taux d’échantillonnage des données générées, notre système de stockage présente des exigences nouvelles et imprévisibles, commente Jake Carroll, gestionnaire principal du pôle « technologie de l’information » (recherche) au QBI. Les commutateurs de stockage Gen 6 Fibre Channel de Brocade donneront un coup de pouce important à notre dispositif afin d’améliorer la vitesse des transferts de données et ainsi permettre à nos scientifiques d’accomplir leur travail de façon transparente et efficace. »

    Les centres de pointe comme le Queensland Brain Institute doivent gérer plusieurs petabytes de données par an (1 petabyte = 1 million de GB). Avec de telles dimensions, il est complexe de prévoir à l’avance la croissance du volume des informations à venir dans les prochains mois, les prochaines années.

    « [Ce contexte] place l’évolutivité du réseau de stockage [au centre de nos préoccupations] », précise Jake Carroll. Les commutateurs dernière génération produits par Brocade font à ce jour partie des plus performants du secteur.