Efficience

  • IA : Mastercard veut protéger la santé de la fraude, des défauts de paiement et des vols de données

    Le groupe Mastercard lance Mastercard Healthcare Solutions, une nouvelle gamme de produits destinés à aider les professionnels de la santé « à détecter fraudes, gaspillage et abus, à générer davantage de revenus et à protéger les données de santé des patients ».

    Dans un communiqué daté du 27 octobre 2019, l’entreprise annonce que les nouveautés présentées lors du salon HLTH de Las Vegas (27-30 octobre) cibleront à la fois les fournisseurs de soins, les payeurs et les plateformes d’intermédiation, avec notamment : 

    • une assurance paiement : avec la plateforme Mastercard Test and Learn, les établissements pourront optimiser leur facturation grâce à une analyse prédictive prenant en compte le profil de chaque patient et son historique de paiement ;

    • une fonctionnalité de détection de la fraude et du gaspillage par intelligence artificielle (IA) : les demandes de remboursement suspectes seront identifiées grâce à une surveillance permanente de l’activité de chaque professionnel de santé ;

    • une sécurisation des données de santé grâce à l’analyse comportementale et à la biométrie.

    Mastercard souligne que cette diversification bénéficie de la présence du groupe dans le secteur de la santé au travers des cartes de paiement destinées aux programmes de couverture santé proposés aux Américains : FSA (Flexible spending accounts), HSA (Health savings accounts) et HRA (Health refund accounts).

  • Chine : Sanofi renforce sa présence sur le marché de la e-santé en collaborant avec Ping An & Tencent

    L’innovation, aussi bien dans les produits (médicaments) que dans la santé numérique, sera au centre du message porté par le groupe français Sanofi lors de la deuxième édition du China International Import Expo (CIIE), un événement où sont présentées des technologies de pointes du monde entier issues de divers secteurs, qui se tient du 5 au 10 novembre 2019 à Shanghai.

    Cette année, Sanofi doit présenter au CIIE près de 20 médicaments et vaccins innovants, avec pour objectif d’en lancer plus de 30 nouveaux en Chine d’ici 2025 dans les domaines des maladies chroniques, des maladies rares et de la vaccination (source : Shine.cn). L’entreprise prévoir par ailleurs d’officialiser au cours du salon 2 partenariats conclus avec 2 grandes entreprises chinoises :
    • Ping An Insurance, le principal assureur chinois : signature d’un contrat de coopération stratégique. L’expertise et le réseau des deux sociétés dans les domaines de la médecine, des services financiers et d’internet contribueront à la mise en place d’une coopération totale en matière de gestion des maladies chroniques, d’analyse de big data dans le secteur des soins, d’offre d’assurance santé novatrice, etc. ;
    • Tencent, l’un des géants de l’internet chinois : grâce aux technologies de l’intelligence artificielle (IA) et du big data, les deux partenaires vont chercher à développer des solutions novatrices pour améliorer les soins en Chine, en allant au-delà de la délivrance d’un médicament.

    La transformation numérique est l’un des axes stratégiques de Sanofi sur le territoire chinois. Le commerce électronique en Chine représente 40 % du marché mondial et les investissements chinois en intelligence artificielle représente 60 % des investissements en la matière au niveau international. Pour accélérer son développement au sein du pays, le groupe pharmaceutique français collabore avec des acteurs locaux, dont des géants de l’internet mais aussi des start-ups et des universités, afin d’explorer des solutions numériques innovantes adaptées au marché chinois. Son objectif est, à terme, de contribuer à l’amélioration de la santé en Chine, en cohérence avec le plan national « Healthy China 2030 ».

    E-santé : de nouvelles solutions centrées sur les maladies chroniques et les vaccins

    Lors de la première édition du China International Import Expo, en 2018, Sanofi avait déjà mis en avant ses réalisations sur le marché chinois en matière de recherche et de développement ainsi que ses coopérations avec des partenaires de divers secteurs et son engagement en faveur des besoins de la population chinoise en matière de soins.

    Cette année, le géant pharmaceutique français s’appuiera sur le big data et l’intelligence artificielle pour présenter ses derniers résultats en matière de solutions médicales numériques innovantes au moyen de dispositifs interactifs.

    Un outil de gestion de la maladie de Parkinson basé sur l’IA

    L’une des solutions novatrices présentées au CIIE est son outil de gestion intelligente de la maladie de Parkinson, qui collecte des données sur les patients pour aider les professionnels de santé à mieux évaluer la maladie et établir un traitement, améliorant ainsi la gestion des maladies chroniques.

    Les visiteurs pourront également tester des solutions basées sur la réalité virtuelle mais aussi expérimenter des services et des outils comme « Diabetics », une plateforme à destination des personnes atteintes de diabète.

    Une solutions numérique pour améliorer la vaccination

    Parmi les dernières innovations de Sanofi figure également la solution de vaccination Omni Protection, un outil intégré conçue pour les patients chinois, comprenant des services tels que la prise de rendez-vous en ligne, la vaccination et l’éducation du public.

    Le groupe investit depuis plusieurs années en Chine

    En 2018, Sanofi China a créé un centre d’innovation numérique à Shanghai afin de fonder un écosystème numérique innovant avec des start-ups locales.

    Le 1er septembre 2019, l’entreprise a par ailleurs créé son premier institut de recherche en Chine, à Suzhou, pour renforcer ses moyens de recherche.

    « En tant que multinationale à avoir été parmi les premières à entrer sur le marché chinois, Sanofi a introduit plus de 40 médicaments novateurs et vaccins de haute qualité sur le marché chinois, commente Pius S. Hornstein, directeur général « Chine » et président national de Sanofi China. À l’avenir, nous renforcerons encore la R&D et l’innovation afin de fournir davantage de produits et de solutions de haute qualité au peuple chinois. D’ici 2025, nous prévoyons de lancer plus de 30 médicaments et vaccins innovants sur le marché chinois. »

    Des actions en harmonie avec le plan « Healthy China 2030 »

    Sanofi indique partager les mêmes objectifs que le gouvernement chinois, en particulier dans le cadre de la stratégie « Healthy China 2030 » (« Une Chine en bonne santé pour 2030 »).

    Le groupe soutient ainsi les 5 priorités du gouvernement chinois en matière de santé, en mettant l’accent sur la prévention et le contrôle des maladies cardiovasculaires, du diabète, du cancer, des maladies respiratoires chroniques ainsi que des maladies infectieuses et endémiques.

  • L’AP-HP et Owkin lancent des projets de recherche sur données centrés sur le machine learning (IA)

    Améliorer la prise en charge des patients et faciliter le développement de nouveau médicaments dans 3 domaines principaux : l’oncologie, l’immunologie et la cardiologie. Tels sont les objectifs de la première série de projets de recherche sur données lancée conjointement par l’AP-HP et Owkin, une start-up française spécialisée dans l’apprentissage automatique (machine learning) appliquée à la recherche clinique. À noter que l’AP-HP est le premier centre européen d’essais cliniques et qu’il dispose du plus grand nombre de données de soins en France dédiées à la recherche.

    3 des 7 premiers projets (oncologie, immunologie et cardiologie) retenus par l’AP-HP et Owkin débuteront « dans les semaines à venir », indiquent les deux partenaires dans un communiqué publié le 30 octobre 2019. Leur but est de mieux comprendre l’hétérogénéité des maladies et de prédire leur évolution ainsi que la réponse aux traitements.

    Chacun des 3 projets porte sur :

    • les images de pathologie digitale (lames anatomopathologiques numérisées) et les caractéristiques cliniques de patients atteints de cancer du foie : mené par le Dr Julien Calderaro, anatomo-cyto-pathologiste à l’hôpital Henri-Mondor (AP-HP), et son équipe ;

    • les images de radiologie classique, les images de pathologie digitale (qui utilise des échantillons de pathologie traditionnels et les transforme en images numériques à très haute définition) et les caractéristiques cliniques de patients atteints de cancer du foie : mené par la Pr Valérie Vilgrain, cheffe du service de radiologie de l’Hôpital Beaujon (AP-HP), et son équipe ;

    • les images de pathologie digitale et les caractéristiques cliniques de patients atteints de néphrite lupique de classe III et IV : mené par le Pr Eric Daugas, du service de néphrologie de l’Hôpital Bichat (AP-HP), le Pr Anne Couvelard, cheffe du service d’anatomo-pathologie de l’Hôpital Bichat AP-HP, et leurs équipes.

    La signature de l’accord-cadre relatif à ce partenariat est le fruit d’un travail réalisé en amont entre les cliniciens chercheurs de différents hôpitaux de l’AP-HP et les spécialistes en intelligence artificielle (IA) de Owkin, notent les deux partenaires. « Déjà en collaboration pour divers projets, dont Healthchain (visant à sécuriser le partage des données sensibles de santé), Owkin va désormais travailler avec l’ensemble des hôpitaux de l’AP-HP », précisent-ils.

    Objectifs des 3 premiers projets de recherche sur données

    Projet sur les images de pathologie digitale (lames anatomopathologiques numérisées) et les caractéristiques cliniques de patients atteints de cancer du foie :

    • mené par le Dr Julien Calderaro, anatomo-cyto-pathologiste à l’hôpital Henri-Mondor (AP-HP), et son équipe.

    « L’idée est de combiner l’expertise d’Owkin et la nôtre afin de prédire plus finement la survie de nos patients après résection pour carcinome hépatocellulaire » en identifiant de nouveaux critères anatomopathologiques de pronostic et de réponse aux traitements, explique le Dr Julien Calderaro.

    Projet sur les images de radiologie classique, les images de pathologie digitale (qui utilise des échantillons de pathologie traditionnels et les transforme en images numériques à très haute définition) et les caractéristiques cliniques de patients atteints de cancer du foie :

    • mené par la Pr Valérie Vilgrain, cheffe du service de radiologie de l’Hôpital Beaujon AP-HP.

    L’objectif est de mieux personnaliser le traitement de chimioembolisation hépatique (TACE) dont les critères de réponse tumorale après traitement sont clairement définis.

    « En revanche, les critères prédictifs de réponse ne sont pas bien connus. Une meilleure connaissance pourrait permettre de mieux personnaliser les indications de la TACE. La collaboration avec Owkin va tenter de répondre à cette question en analysant les données du scanner baseline (avant tout traitement) ainsi que les données histopathologiques de la biopsie de la tumeur en utilisant des outils d’intelligence artificielle », précise le Pr Valérie Vilgrain.

    Projet sur les images de pathologie digitale et les caractéristiques cliniques de patients atteints de néphrite lupique de classe III et IV :

    • mené par le Pr Eric Daugas, du service de néphrologie de l’Hôpital Bichat (AP-HP), le Pr Anne Couvelard, cheffe du service d’anatomo-pathologie de l’Hôpital Bichat AP-HP, et leurs équipes.

    Le but est d’identifier de nouvelles données pertinentes issues des images d’histologie rénale des néphropathies lupiques et jusqu’ici négligées par l’interprétation médicale, malgré un haut niveau d’expertise selon le Pr Eric Daugas.

    L’objectif, in fine, est de proposer un traitement et une surveillance de la maladie personnalisés aux patients.

    « Actuellement, les meilleures prises en charge des patients ayant une atteinte rénale sévère au cours du lupus systémique souffrent de l’absence de prédiction individuelle de l’échec des traitements standards. Le projet proposé en collaboration avec Owkin doit déterminer l’apport d’une interprétation sans a priori des données cliniques et histologiques rénales recueillies au diagnostic pour améliorer la prise en charge de patients atteints de néphropathies lupiques graves, explique le Pr Eric Daugas. Un tel projet n’aurait pu naître rapidement – il a été construit en moins de six mois – sans notre rencontre avec les équipes d’Owkin. »

    Un accord-cadre de recherche entre Owkin et tous les hôpitaux de l’AP-HP

    Ces projets de recherche sur données sont lancés quelques mois après la signature d’un accord-cadre entre l’AP-HP et Owkin, en février 2019, pour une durée de 3 ans.

    Objectif : allier recherche médicale et intelligence artificielle

    Il est prévu dans le cadre de ce partenariat que les deux partenaires « pourront décliner rapidement et dans des conditions facilitées des études cliniques collaboratives », indiquent-ils (communiqué). L’idée est de conjuguer « toutes [les] actions en un effort collectif alliant recherche médicale et intelligence artificielle (IA) », commente Thomas Clozel, co-fondateur et P.-D.G. de Owkin, qui estime que « la démocratisation de l’accès à l’IA aux chercheurs va permettre la réalisation de grandes avancées ».

    Des projets déjà en cours

    La signature de cet accord-cadre résulte du travail réalisé en amont entre les cliniciens chercheurs de différents hôpitaux de l’AP-HP et les spécialistes en IA de Owkin. Parmi les projets sur lesquels collaborent déjà les deux organisations figure Healthchain, qui vise à sécuriser le partage des données sensibles de santé. Ce projet est financé par Bpifrance.

    « Les équipes feront appel à différentes technologies permettant d’optimiser leurs recherches, comme le « federated learning » (apprentissage fédéré : permet de concevoir des IA sans compromettre la vie privée des utilisateurs), le « transfer learning » (apprentissage par transfert : permet de transférer des connaissances d’une ou plusieurs tâches sources vers une ou plusieurs tâches cibles), les registres distribués et la cryptographie avancée », précisent l’AP-HP et Owkin.

  • CHU Lille : 1ère édition de l’AAP Défi Santé pour améliorer le parcours patients (lancement : 05/11)

    Le CHU de Lille organise la première édition de l’appel à projets (AAP) « Défi Santé – se connecter pour mieux soigner » afin de tester de nouvelles solutions en faveur d’un meilleur parcours santé pour les patients. Doté de 1 million d’euros (en apport numéraire et en nature), cet AAP est ouvert aux chercheurs et porteurs de projets (start-ups, PME, ETI et grands groupes). Les candidats sont invités à relever les 3 défis suivants :
    • fluidifier et mieux coordonner le parcours patient ;
    • améliorer, renforcer et sécuriser la prise en charge en ambulatoire ; 
    • prévenir, dépister, prédire et suivre les maladies chroniques.

    L’appel sera lancé le 5 novembre 2019, date à laquelle un webinar sera organisé (10h30) pour présenter en détail les modalités de l’AAP (inscription en ligne via ce lien).

    Les organisateurs précisent d’ores et déjà que la lettre d’intention devra être envoyée au plus tard le 8 janvier 2020. Les lauréats seront annoncés lors du Salon SantExpo (ex Paris Healthcare Week), qui se déroulera du 26 au 28 mai 2020 à Paris.

    Co-porté par Eurasanté et Euratechnologies, cet appel à projets est financé par la Région Hauts-de-France, Hauts-de-France Innovation Développement, les Parcs d’innovation Hauts-de-France, la Métropole de Lille et Bpifrance.

    Les objectifs de l’AAP

    « Pour répondre aux enjeux territoriaux de simplification des parcours, en cohérence avec les attentes des patients et professionnels de santé, une meilleure coordination et un renforcement de la relation médecine de ville-médecine à l’hôpital est nécessaire », contextualisent les organisateurs de l’appel à projets (AAP) dans un communiqué publié fin octobre 2019.

    L’objectif de l’AAP est de répondre à ces enjeux en proposant aux candidats de relever les 3 défis suivants :

    • fluidifier et mieux coordonner le parcours patient ;
    • améliorer, renforcer et sécuriser la prise en charge en ambulatoire ;
    • prévenir, dépister, prédire et suivre les maladies chroniques.

    À la clé pour les lauréat :

    • 1 millions d’euros en apport numéraire et en nature (enveloppe globale) ;
    • une expérimentation des solutions au CHU de Lille, en collaboration avec le CHU d’Amiens ;
    • un programme d’accompagnement en incubation et accélération par Eurasanté et Euratechnologies ;
    • une mise à disposition de locaux ;
    • l’accès à des expertises médicales et soignantes de pointe pour accompagner le développement de la solution.

    Calendrier

    • 8 janvier 2020 : deadline pour le dépôt de la lettre d’intention ;
    • 31 mars 2020 : deadline pour le dépôt du dossier de candidature (si retenu lors de la phase 1) ;
    • début mai 2020  : sélection finale (jury)
    • 26-28 mai 2020 : annonce des lauréats lors du salon SantExpo à Paris.
  • PLFSS 2020 : lutter contre les pénuries et améliorer la disponibilité des médicaments (article 34)

    Dans la lignée de la feuille de route annoncée par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, en juillet 2019, l’article 34 du PLFSS 2020 prévoit :
    • l’obligation pour les industriels de constituer un stock de 2 à 4 mois pour tout médicament ;
    • pour les MITM (médicaments d’intérêt thérapeutique majeur), que l’entreprise en rupture se charge de proposer des solutions alternatives à la pénurie, voire d’en importer ;
    • des sanctions financières en cas de manquement de l’industriel.

    L’article 34 du projet de loi, doit être voté par l’Assemblée nationale ce 29 octobre 2019, s’inscrit dans un contexte de pénurie de médicaments, en hausse depuis plus de 10 ans. L’Agence nationale de sécurité du médicaments (ANSM) comptabilisait en 2008 une rupture sur 44 médicaments. En 2019, c’est plus de 600 médicaments qui sont recensés, un total qui s’élève à 868 si l’on ajoute les signalements de tension, soit 20 fois plus qu’en 2008. Cette pénurie vise de nombreuses catégories thérapeutiques : antibiotiques, antalgiques, corticoïdes, anesthésiques et anti-cancéreux. L’augmentation de la pénurie de médicaments engendre de l’inconfort, de l’angoisse et jusqu’à une dégradation de l’état de santé des patients, qui peuvent être contraints de se tourner vers des traitements alternatifs.

    Les causes de ces ruptures sont multifactorielles :

    • pression sur les prix du système de santé français à acheter des médicaments aux industriels le moins cher possible (situation de monopsone : un seul acheteur) ;
    • production de principes actifs tombés dans le domaine public et peu rentable pour les industriels a été délocalisée en Inde ou en Chine. En conséquence, une délocalisation massive, entraînant par ailleurs une perte de savoir-faire de la chimie fine : dans les années 90, 80 % des matières actives étaient produites en Union européenne ; c’est désormais l’inverse aujourd’hui et les sources d’approvisionnement se sont éloignées. Cette délocalisation a permis aux industriels de gagner en rentabilité en rationalisant les coûts de production ;
    • dysfonctionnements dans la chaîne d’approvisionnement et normes jugées trop rigides selon les industriels, fragilisant les conditions d’approvisionnement ;
    • choix des industriels de distribuer leurs médicaments vers des marchés plus rentables versus des marchés où le système de santé rogne trop sur les marges ;
    • abandon de médicaments pas suffisamment rentables. 

    En amont de la PLFSS 2020, en juillet 2019, le gouvernement annonçait des premières solutions à ce constat, notamment :

    • fluidifier l’information entre les laboratoires et les officines : un médicament en rupture dans une officine pendant plus de 72 heures remonte à l’ordre des pharmaciens qui peut mobiliser les pouvoirs publics ;
    • autoriser les pharmaciens à se faire dépanner en direct auprès des laboratoires qui ont l’obligation d’avoir un stock permanent ;
    • autoriser les pharmaciens de substituer à la molécule prescrite un médicament de classe thérapeutique équivalente ;
    • repenser le système de santé au niveau européen et renforcer la coopération européenne par, notamment, des mesures incitatives fiscales et financières de maintien et de relocalisation de site de production en Europe.

    Cette dernière solution semble, pour de nombreuses parties prenantes, médecins et pharmaciens, être la mesure phare qui permettra de résoudre les causes profondes de pénurie de médicaments, enjeu crucial de santé publique.

  • USA : Microsoft et Nuance s’associent pour accélérer la numérisation de la documentation médicale

    Nuance Healthcare, société américaine spécialisée dans les logiciels de reconnaissance vocale et de retranscription pour les professionnels de santé, et Microsoft signent un partenariat pour accompagner la transformation numérique de la documentation médicale. L’objectif est plus précisément « d’accélérer l’arrivée des technologies d’intelligence clinique ambiante (ACI) qui équiperont la salle d’examen du futur dans laquelle la documentation médicale s’écrira toute seule », indiquent les 2 entreprises dans un communiqué publié le 17 octobre 2019.

    Nuance et Microsoft collaboreront sur la base des données issues des dossiers patients informatisés (DPI), après avoir recueilli le consentement du patient. L’ACI « synthétisera les conversations lors de la consultation, intégrera ces données avec des informations contextuelles du DPI et renseignera automatiquement le dossier médical du patient dans le système », expliquent les partenaires.

    Ils souhaitent introduire cette technologie auprès de plusieurs spécialités médicale aux États-Unis à partir de début 2020.

    Dans le cadre de cette alliance :
    • Nuance va mettre à disposition ses systèmes de reconnaissance vocale dédiés au secteur médical, parmi lesquels Dragon Medical (une plateforme utilisée par plus de 500 00 praticiens dans le monde), des outils basés sur intelligence artificielle (IA) conversationnelle permettant la « documentation clinique ambiante » ainsi qu’une aide au diagnostic, des système de biométrie vocale et un matériel informatique spécialisé pour la perception ambiante ;
    • Microsoft va de son côté mettre à disposition ses technologies Azure (plateforme cloud), Azure AI et le service d’écriture intelligent Project EmpowerMD, dont le fonctionnement est centré sur une IA conversationnelle avancée et la compréhension du langage naturel.

    Est par ailleurs prévue dans le cadre de cet accord une migration de la majorité de l’infrastructure interne sur site et des produits hébergés par Nuance sur Microsoft Azure.

  • 2ème édition de la Health Data Week : une semaine dédiée aux données de santé, 18-22/11/2019 à Paris

    Le think tank Health & Tech organise du 18 au 22 novembre 2018 à Paris la Health Data Week, une semaine dédiée aux données de santé rythmée par 5 rendez-vous :

    • un colloque « données de santé et intelligence collective » – journée de conférence : Paris, le 18 novembre organisé par le ministère des Solidarités et de la Santé en collaboration avec le Grand Défi IA.

    • un webinar « les challenges IA en santé : état des lieux et mode d’emploi » : en ligne, le 19 novembre de 11h à 1h35 ;

    • un afterwork start-up challenge « IA, data et patients : les pépites de la data en Santé » : Inno.centre, 6 rue Pierre Larousse, 75014, Paris, le 19 novembre, de 18h30 à 20h suivi d’un cocktail networking ;

    • un H&TI morning special Ethik IA : Inno.centre, 6 rue Pierre Larousse, 75014, Paris, le 20 novembre, de 9h30 à 11h30 ;

    • un dîner du Cercle des décideurs numérique et santé : Paris le 26 novembre, à partir de 20h.

    Les inscriptions à ces événements peuvent être effectuées en suivant ce lien.

    Un colloque « données de santé et intelligence collective » : Paris, le 18 novembre

    Une journée de conférence organisée par le ministère des Solidarités et de la Santé

    Un webinar « les challenges IA en santé : état des lieux et mode d’emploi » : en ligne, le 19 novembre de 11h à 11h35 

    Connectez-vous et posez vos questions en direct à nos intervenants. Les débats seront animés par la société Care Insight.

    Afterwork start-up challenge : Inno.centre, 6 rue Pierre Larousse, 75014, Paris, le 19 novembre, de 18h30 à 20h

    Cet afterwork permettra de faire un tour d’horizon des start-ups qui innovent dans le domaine de la data en santé.

    Un jury d’experts présélectionnera les startups les plus innovantes, qui disposeront de quelques minutes pour pitcher et convaincre.

    Après délibération, une remise de prix sera organisée.

    L’événement sera suivi d’un cocktail networking.

    un H&TI morning special Ethik IA  : Inno.centre, 6 rue Pierre Larousse, 75014, Paris, le 20 novembre, de 9h30 à 11h30 

    Une matinée de discussion conçue avec Ethik IA sur l’éthique, la data et la régulation.

    Dîner du Cercle des décideurs numérique et santé : Paris, le 26 novembre, 20h

    Ce dîner spécial Health Data Week réunit les membres du Cercle des décideurs numérique et santé autour d’un invité sur la data en santé.

    Le Cercle des décideurs numérique et santé vise à faire travailler ensemble industriels, acteurs de santé, institutionnels et relais d’opinion sur une plateforme commune « au-delà du portage politique », est-il expliqué sur le site du réseau. Son ambition est d’ »accompagner l’émergence d’une filière industrielle d’excellence, qui réponde aux enjeux de santé publique, de sécurité, de pérennité et de création de valeur économique ».

  • Hackathon data pharma/lauréat : un agrégateur des données patients intégré au logiciel du pharmacien

    Un agrégateur des données médicales du patient (du DMP et du DP) intégré au logiciel métier du pharmacien. C’est le dispositif au centre du projet « Ça marche » – « Integrated patient data », qui a remporté le hackathon « Health Data Hub : les données de santé au service du pharmacien d’officine », organisé les 19 et 20 octobre par R+/Résopharma et l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France (Anepf), en parallèle du Congrès national des pharmaciens (Bordeaux).

    Le but de cet intégrateur est de faciliter l’interprétation des données hétérogènes afin de réaliser des analyses par segmentation et prédictive pour la pharmacie. 3 000 euros ont été versés à l’équipe internationale à l’origine de cette innovation, pour l’aider à développer son innovation. Le jury était présidé par Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees et pilote de la task force « réforme du financement du système de santé ».

    Autre projet récompensé : Arma, qui décroche le prix « coup de cœur » du jury. Il s’agit d’une surcouche logicielle de data visualisation des données enregistrées dans le logiciel métier et équipé d’un module centré sur le patient. L’objectif est d’aider le pharmacien à réaliser une meilleure prévention auprès de sa patientèle (rappel de vaccination par exemple) et d’optimiser le potentiel commercial de l’officine.

    Le hackathon a réuni une vingtaine d’étudiants et de professionnels aux profils pluridisciplinaires (pharmaciens, développeurs, UX designers…), qui devaient imaginer une utilisation innovante des données au service du pharmacien, le tout en répondant à des problématiques précises : « Comment utiliser les données pour prédire les ventes en pharmacie d’officine ? » ; « Comment aider le pharmacien à mieux connaître son patient à l’aide de la visualisation de données ? » ; « Comment exploiter les différentes sources de données de santé dans les outils officinaux (logiciel spécialisés, messageries, réseaux sociaux, sites fournisseurs…) ? », etc.

    Hackathon data pharma : les autres finalistes

    • P4pillon

    P4pillon est un logiciel métier centré sur la coopération entre les professionnels de santé et une nouvelle organisation à l’officine.

    L’outil est déjà utilisé sur son territoire et le réseau Mille soins (Limousin, Centre). L’idée du projet est de revoir la place du pharmacien dans le parcours de soins (anticipation des sorties hospitalières et lanceur d’alerte) et de rationaliser les stocks gérés au patient.

    • Pharmadex

    Pharmadex est une application mobile qui permet le scan d’ordonnance et la e-réservation de produit pour les patients. Le but de cette solution est d’aider le pharmacien à mieux anticiper l’arrivée du patient au comptoir et à l’orienter vers les missions qui lui seraient le plus indiquées.

    • Satya

    Satya propose une surcouche logicielle qui centralise l’ensemble des informations médicales et administratives du patient. Pour chaque patient, le pharmacien dispose des informations à jour ou d’alertes si une action est requise, ce qui lui permet de gagner du temps dans les démarches administratives (complémentaire santé, coordonnées du prescripteur, etc.) et ainsi de davantage se concentrer sur le cœur de son métier, la dispensation.

    L’équipe de Satya souhaite également s’appuyer sur un algorithme d’analyse de la délivrance pour la sécurisation du patient (interaction médicamenteuse).

  • Traumatismes graves : un partenariat de recherche pour déployer des outils d’aides à la décision

    TrauMatrix est un partenariat de recherche scientifique et médicale, signé pour une durée de 3 ans, qui a pour objectif de « développer les premiers outils d’aide à la décision (basé sur intelligence artificielle) pour la gestion des patients atteints de traumatismes graves dans les 24 premières heures ». Cette initiative, dont le lancement a été annoncé le 25 octobre 2019 par communiqué, est portée par l’association Traumabase, l’AP-HP, le CNRS, l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), l’École polytechnique et Capgemini Invent.

    3 axes sont privilégiés dans le cadre de ce projet : la prise en charge du patient, le diagnostic et la gestion de la stratégie de soins (dont la prise en charge du choc hémorragique et du traumatisme crânien). Le but est de permettre un accompagnement des acteurs médicaux tout au long de la chaîne de décision des 24 premières heures, en plaçant « l’intelligence artificielle au cœur de la pratique de la traumatologie de demain », commentent les partenaires (communiqué).

    Un outil d’aide à la décision pour les médecins anesthésistes réanimateurs

    TrauMatrix vise à aboutir à un outil d’aide à la décision à destination des médecins anesthésistes réanimateurs. La solution permettra :

    • de les accompagner en temps réel dans leur prise de décision, en orientant la prise en charge des patients grands traumatisés vers les bonnes unités de soins ;
    • de prédire la probabilité d’événements comme le choc hémorragique ou le traumatisme crânien et l’ajustement de la stratégie de soins ;
    • de préciser, en parallèle, la nature des ressources hospitalières, matérielles et humaines à anticiper « afin d’apporter une meilleure réponse aux besoins du patient et d’augmenter ses chances de survie et d’absence de séquelles », précisent les partenaires (communiqué).

    Le projet repose sur la Traumabase, registre national de données sur les traumatismes graves

    Le projet repose sur la Traumabase, un observatoire régional crée en 2011 et devenu depuis un registre national de données médicales sur les traumatismes graves.

    Cette base est portée par un réseau d’une centaine de médecins urgentistes et anesthésistes-réanimateurs répartis dans toute la France. Elle fédère actuellement une grande partie des acteurs français de la traumatologie lourde.

    La Traumabase permet :

    • d’alimenter les démarches d’amélioration de la prise en charge des patients ;
    • de faciliter la recherche scientifique autour d’études prospectives et interventionnelles.

    Une collaboration multidisciplinaire

    « La collaboration avec l’École des hautes études en sciences sociales, le CNRS et l’École polytechnique initiée par le Dr Tobias Gauss, le Pr Catherine Paugam-Burtz et le Dr Sophie Hamada, des hôpitaux Beaujon et Bicêtre (AP-HP), a permis de lancer une dynamique de recherche autour du choc hémorragique et d’initier les premiers travaux sous l’impulsion de Julie Josse, professeur au Centre de mathématiques appliquées (CMAP – CNRS/École polytechnique) et à l’Inria XPOP et DataIA, et de Jean-Pierre Nadal, chercheur CNRS au Centre d’analyses et de mathématiques sociales (CNRS/École des hautes études en sciences sociales) », indiquent les partenaires.

    Capgemini Invent en charge du développement de modèle de prédiction via l’IA

    Capgemini Invent a rejoint le partenariat en tant qu’expert de la valorisation des données et de l’intelligence artificielle (IA). Dans le cadre de TrauMatrix, la société va développer des modèles de prédiction et a pour mission d’élaborer, à terme, une plateforme de services en collaboration avec les experts médicaux de la Traumabase et les scientifiques de l’EHESS, du CNRS et de L’École polytechnique

    « Un des enjeux est notamment de bien cibler les moments clefs du parcours de soin des traumatisés sévères dans un écosystème complexe de prise en charge et de soins », est-il précisé.

    « TrauMatrix est un catalyseur d’interactions entre médecins et chercheurs ou ingénieurs »

    « Outre l’opportunité de développer des méthodes dans une situation où les données ont tous les défauts (hétérogénéité, données manquantes, de sorte qu’aucune méthode connue n’est bien adaptée), le projet TrauMatrix est un catalyseur d’interactions entre médecins et chercheurs ou ingénieurs, entre chercheurs de disciplines ou d’expertises différentes, et contribue à la formation de jeunes scientifiques autant attirés par le côté hautement technique du point de vue mathématique et informatique, que par la problématique de santé publique », commente Jean-Pierre Nadal, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS, chercheur au laboratoire de physique de l’École normale supérieure (CNRS/ENS Paris/Sorbonne Université /Université de Paris) et directeur du Centre d’analyse et de mathématique sociales (CNRS/EHESS).

  • H&TI Webinar : la prise en charge de l’AVC en France, chiffres clés et innovations (30/10/19, 11h)

    Chers abonnés,

    Nous avons le plaisir de vous inviter au prochain H&TI Webinar, à l’occasion de la journée nationale pour la prise en charge de l’accident vasculaire cérébral (AVC) en France, un enjeu majeur de santé public.

    Le Webinar sera articulé autour :

    • des principaux indicateurs de santé publique liés à l’AVC ;
    • des innovations dans la prise en charge de l’AVC ;
    • des start-ups qui proposent des solutions de prévention ou de suivi post AVC.

    Connectez-vous le 30 octobre 2019 de 11h à 11h35 et posez vos questions en direct aux intervenants.

    L’échange sera animé par le Dr Béatrice Falise-Mirat, directrice scientifique de Care Insight.

    Les inscriptions, gratuites, doivent être réalisées via ce lien.