Développer des sparadraps high-tech pour accélérer la cicatrisation des plaies chroniques, c’est l’innovation sur laquelle le laboratoire Urgo, 3ème au classement européen sur le marché des pansements, a communiqué le 22 septembre 2016.
Le vieillissement de la population mène à l’accroissement de l’incidence des ulcères de jambes, escarres ainsi qu’à la progression du diabète et de ses complications comme l’ulcère du pied, les plaies chroniques. Ces dernières deviennent un enjeu majeur de santé publique. Le traitement de ces affections pouvant nécessiter parfois jusqu’à six mois de soins.
Selon une étude du cabinet MarketsandMarkets, le marché mondial du traitement des plaies représenterait 20,4 Md$ (18,13 Md€) en 2021.
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Une peau électronique
« Il y a un foisonnement d’idées pour accélérer le traitement de ces plaies longues à cicatriser, douloureuses pour les patients et coûteuses pour les systèmes de santé » a indiqué Luc Téot, président de la société française des plaies et cicatrisations et chirurgien au CHRU de Montpellier.
Actuellement, Urgo fait effectuer des tests dans son centre mondial de recherche et développement à Chenôve sur une seconde peau électronique élaborée pour être placée entre le pansement de la plaie de l’ulcère et les bandes de compression pour renvoyer les mesures de ses dernières sur un ordinateur.
Une fois l’installation de capteurs effectuée, fixés sur un circuit imprimé souple et extensible en polyuréthane, l’idée dans un futur proche de pansements mesurant sous le pansement le taux d’humidité, la température ou encore le niveau d’absorption pour la prévention des infections constitue la prochaine étape à franchir pour le laboratoire.
S’appuyer sur la lumière soignante
Aux côtés d’universités allemandes et d’entreprises de micro-électronique, Urgo collabore à un projet européen de photothérapie afin de réaliser le suivi voire le traitement des plaies par des rayons lumineux diffusés par des diodes électroluminescentes (Led).
« A des doses différentes, la lumière peut avoir un effet anti-microbien et un effet de stimulation des fibroblastes », cellules entre autres responsables de la régénération de la peau, explique Julien Steinbrunn, électronicien chez Urgo. L’objectif est d’identifier la dose adéquate permettant de combiner ces deux effets tout en évitant l’excès de chaleur. Il ajoute qu’ « avec des longueurs d’ondes plus profondes, la lumière pourrait aussi permettre de mesurer le flux sanguin et l’oxygénisation de la plaie de façon non invasive. »
Ce concept de pansement interactif pourrait s’avérer utile en transmettant des informations au personnel soignant. « Les plaies chroniques touchent plus de 700 000 personnes en France et sont de vrais fardeaux pour les patients : plus de la moitié d’entre elles mettent plus de six mois à cicatriser » précise Laurent Faugère, directeur général d’Urgo Médical.
« La hausse des volumes fera baisser les prix »
Le dernier obstacle pour le laboratoire réside dans le fait de convaincre les autorités de santé du gain médical et économique de son innovation. « Ces produits coûteront plus cher, reconnaît Julien Steinbrunn. Mails il faut voir le bénéfice global : on arrivera à créer de la valeur si tout le monde est convaincu du gain en temps et en soins ».
Le marché mondial du traitement des plaies s’élevait à 17 Md$ (15,1 Md€ environ) en 2016 et représenterait 20,4 Md$ (18,13 Md€) en 2021, ce qui équivaudrait à une croissance annuelle moyenne de 3,6% selon l’étude du cabinet MarketsandMarkets.
» D’ici 5 à 10 ans, les pansements intelligents et autonomes se généraliseront, et la hausse des volumes fera baisser leurs prix. Surtout que les besoins sont déjà là », conclut Luc Téot.