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  • CHU de Poitiers : MedGPT déployé pour encadrer les usages de l’IA médicale et limiter le « shadow AI »

    Un assistant médical fondé sur des sources institutionnelles

    Le CHU de Poitiers poursuit sa stratégie d’intégration de l’intelligence artificielle avec le déploiement de MedGPT, un assistant conversationnel destiné aux professionnels de santé. Développée par l’entreprise bordelaise Synapse, la solution vise à fournir des réponses médicales fiables et sécurisées à partir de références institutionnelles telles que les recommandations de la Haute Autorité de santé et d’autres sources officielles.

    Selon Marie Favre, cheffe de projet au sein de la direction des systèmes d’information du CHU, plusieurs éditeurs répondant aux exigences de sécurité et de conformité ont été évalués avant la sélection de la solution.

    Une nouvelle brique dans l’écosystème IA du CHU

    L’établissement dispose déjà de plusieurs applications d’IA utilisées dans des domaines cliniques, techniques et administratifs. Pour le Dr Guillaume Herpe, radiologue et référent médical IA du CHU, cette dynamique est facilitée par l’implication de la direction des systèmes d’information sur ces sujets. MedGPT vient compléter cet écosystème en proposant aux médecins et aux soignants un accès rapide à des informations médicales courantes, qu’il s’agisse de posologies médicamenteuses, de protocoles cliniques ou d’autres questions rencontrées dans l’exercice quotidien.

    Réduire les usages non encadrés des IA généralistes

    Au-delà de l’assistance documentaire, le déploiement de MedGPT répond à un enjeu de gouvernance des usages numériques. L’établissement souhaite en effet limiter le recours à des outils d’IA généralistes utilisés en dehors de tout cadre institutionnel, un phénomène souvent désigné sous le terme de « shadow AI ».

    Si l’accès à certaines IA est bloqué sur les postes professionnels, les équipes peuvent continuer à utiliser ces services depuis leurs terminaux personnels. La mise à disposition d’une solution validée par l’établissement vise ainsi à orienter les usages vers un environnement maîtrisé, répondant aux exigences de sécurité des données de santé.

    Une phase bêta pour adapter l’outil aux besoins des équipes

    Actuellement en version bêta, MedGPT doit encore évoluer à partir des retours d’expérience des utilisateurs. Synapse prévoit de s’appuyer sur l’analyse de données de connexion et de requêtes anonymisées afin d’améliorer les fonctionnalités de la plateforme.

    Ces informations permettront également au CHU d’identifier les besoins d’accompagnement et de formation des professionnels.

     

  • US : Pourquoi l’IA pourrait renforcer l’inflation des dépenses ?

    L’IA est souvent présentée comme un levier d’efficience susceptible de réduire les coûts des systèmes de santé. Dans une tribune publiée début juin, Dana Y. Lujan, spécialiste de la protection sociale et de l’assurance santé aux États-Unis, défend une lecture différente.  Selon elle, l’IA ne transforme pas le fonctionnement économique du système de santé américain : elle en amplifie les logiques existantes.

    L’auteure estime que les établissements de santé déploient de plus en plus d’outils d’IA dédiés à l’optimisation du codage, de la documentation clinique et de la facturation. Ces solutions visent à maximiser les revenus générés par chaque prise en charge en identifiant plus précisément les actes et niveaux de complexité pouvant être remboursés. Selon elle, il ne s’agit pas d’une innovation dans l’organisation des soins mais d’une optimisation des mécanismes de remboursement.

    Des dépenses de santé toujours plus concentrées

    La tribune cite une augmentation de 9,4 % des primes de stop-loss en 2024 parmi les régimes de santé analysés, avec des hausses pouvant atteindre 11,5 % pour les employeurs conservant un niveau de couverture comparable. Dans le même temps, le nombre de sinistres dépassant un million de dollars par million d’assurés aurait progressé de 29 % sur un an.

    Pour Dana Y. Lujan, ces chiffres traduisent un phénomène de concentration des dépenses : une part croissante des coûts est générée par un nombre limité de situations cliniques particulièrement onéreuses.

    Une logique économique renforcée par l’automatisation

    L’auteure décrit un cercle économique simple : la documentation clinique détermine le niveau de remboursement ; les mécanismes de remboursement récompensent les prises en charge les plus intensives ; cette intensité accroît mécaniquement les dépenses globales.

    L’IA ne remettrait pas en cause ce modèle mais permettrait de l’exécuter plus rapidement et à plus grande échelle. Des tâches qui nécessitaient auparavant des analyses manuelles ou des arbitrages humains peuvent désormais être réalisées en temps réel sur des millions de dossiers. Dans cette perspective, l’efficacité apportée par l’IA ne créerait pas nécessairement davantage de valeur clinique mais renforcerait l’efficacité d’un système déjà orienté vers la maximisation des revenus.

    Les limites des stratégies de contrôle des coûts

    Face à cette situation, de nombreux employeurs américains ont multiplié les mécanismes de contrôle : audits des factures, outils de détection des anomalies, modèles de référence tarifaire ou recours à des administrateurs tiers pour accroître la transparence.

    Ces approches permettent de limiter certaines dépenses mais interviennent trop tard dans la chaîne de création des coûts. Elles agissent une fois la prestation réalisée et la facture produite, sans modifier les incitations économiques qui conduisent à l’augmentation des dépenses. L’auteure considère ainsi que les organisations restent dans une logique de maîtrise des coûts plutôt que de transformation structurelle du système.

    Les soins primaires comme levier de transformation

    La tribune met en avant plusieurs modèles organisationnels susceptibles d’agir en amont de la dépense, notamment les dispositifs de direct primary care (DPC), dans lesquels les soins de premier recours sont financés indépendamment du volume d’actes réalisés.

    Les salariés bénéficiant d’un dispositif de DPC auraient réduit leur consommation globale de soins de près de 13 % et leurs recours aux services d’urgence de plus de 40 % par rapport aux bénéficiaires de régimes traditionnels.

    L’auteure évoque également les réseaux de soins pilotés par les employeurs, les modèles de rémunération fondés sur la valeur et les cliniques d’entreprise, qui visent à agir directement sur l’organisation des parcours de soins plutôt que sur la seule négociation tarifaire.

    Une question de conception du système

    La thèse défendue par Dana Y. Lujan est que l’inflation des dépenses de santé ne résulte pas principalement de l’arrivée de l’intelligence artificielle mais de la structure même des mécanismes de remboursement.

    Tant que les revenus des acteurs resteront liés à l’intensité des prises en charge, chaque progrès technologique contribuera à renforcer cette dynamique. L’IA agirait ainsi comme un révélateur des incitations économiques existantes plutôt que comme leur cause.

    Pour l’auteure, la question centrale n’est donc plus la capacité à détecter ou négocier les dépenses excessives, mais celle de la volonté de maintenir un modèle qui permet leur génération. Dans cette analyse, l’intelligence artificielle apparaît moins comme une rupture technologique que comme un miroir des limites structurelles du système de santé américain.

     

  • Le ministère précise l’organisation et les compétences de la future DGRINS

    Une nouvelle direction générale pour réunir recherche, innovation et numérique en santé

    Une direction générale aux compétences étendues

    Placée au sein des ministères chargés de la santé, de l’action sociale et de la sécurité sociale, cette nouvelle direction a vocation à élaborer, mettre en œuvre et coordonner les politiques publiques relatives à la recherche appliquée, à l’innovation et au numérique dans les secteurs sanitaire et médico-social.

    Une organisation articulée autour de quatre sous-directions

    L’arrêté du 18 juin 2026 définit une structure composée de quatre sous-directions et d’un pôle transversal :

    • la sous-direction de la résilience et de la confiance numérique ;
    • la sous-direction de la recherche et du transfert de technologies ;
    • la sous-direction de l’accélération de l’innovation ;
    • la sous-direction de la transformation et des parcours ;
    • le pôle de la stratégie réglementaire et internationale.

    Le directeur général est assisté d’un adjoint et dispose d’un cabinet. Trois missions transversales lui sont directement rattachées :

    • les produits et technologies de santé innovants ;
    • la prospective, l’anticipation et la priorisation ;
    • le pilotage du guichet fédéré d’accompagnement des acteurs de l’innovation en santé et l’animation territoriale.

    Cybersécurité, interopérabilité et services numériques socles

    La sous-direction de la résilience et de la confiance numérique sera chargée de définir les règles de sécurité, d’interopérabilité et d’éthique applicables aux services numériques en santé. Elle accompagnera leur déploiement et leur mise en conformité.

    Elle assurera également le développement et l’exploitation des services socles et plateformes numériques relevant de la stratégie nationale du numérique en santé, y compris ceux mobilisés pour la veille sanitaire, la santé publique et la gestion des situations sanitaires exceptionnelles.

    Elle pilotera notamment la gouvernance des données de santé, les règles de mise à disposition des données pour les usages secondaires ainsi que le service public de l’information en santé.

    Recherche appliquée, maladies rares et transfert technologique

    La sous-direction de la recherche et du transfert de technologies aura la responsabilité de définir les priorités de la recherche appliquée en santé, son organisation et son financement.

    Elle pilotera les plans nationaux consacrés aux maladies rares et à la médecine génomique, coordonnera les comités de protection des personnes et évaluera l’impact médico-économique des politiques de recherche.

    Sa mission inclut également la valorisation des résultats de la recherche et leur transfert vers les acteurs du système de santé et les entreprises du secteur.

    Le décret prévoit par ailleurs que la DGRINS définisse, avec le ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, la stratégie nationale de recherche en santé et pilote des appels à projets dédiés.

    Une direction chargée du financement de l’innovation et de la gouvernance des données

    La sous-direction de l’accélération de l’innovation sera responsable du financement et de l’accompagnement des innovations en santé.

    Elle définira les règles encadrant l’accès aux données de santé et leur gouvernance. Elle pilotera les actions visant à développer les usages secondaires de ces données, notamment dans le cadre du développement des applications d’intelligence artificielle.

    Le décret lui confie également un rôle dans le pilotage des dispositifs d’accès dérogatoires aux produits et technologies de santé innovants, en lien avec la direction générale de la santé et la direction de la sécurité sociale.

    Transformation du système de santé et innovation organisationnelle

    La sous-direction de la transformation et des parcours pilotera les projets de transformation organisationnelle et numérique du système de santé.

    Elle participera à l’amélioration des parcours de santé et assurera le suivi des dispositifs d’innovation organisationnelle, notamment les expérimentations prévues par l’article L. 162-31-1 du Code de la sécurité sociale. Elle sera également chargée de l’évaluation de ces dispositifs et de l’accompagnement de leur éventuelle généralisation.

    Un pôle dédié aux enjeux réglementaires et internationaux

    Le pôle de la stratégie réglementaire et internationale veillera à la cohérence du cadre juridique applicable à l’innovation en santé.

    Il coordonnera les positions portées par les ministères chargés de la santé, de l’action sociale et de la sécurité sociale dans les dossiers européens et internationaux relevant de son champ de compétence.

    Le décret attribue également à la DGRINS des missions de représentation au sein des instances liées aux politiques d’investissement d’avenir ainsi que des fonctions de tutelle d’établissements et organismes intervenant dans les domaines du numérique, de la recherche appliquée et de l’innovation en santé.

    Une phase transitoire jusqu’au 1er novembre 2026

    Un second arrêté organise la période de transition. Jusqu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle organisation, et au plus tard jusqu’au 1er novembre 2026, plusieurs entités sont placées sous l’autorité hiérarchique du directeur général de la DGRINS :

    • la sous-direction de la recherche et de l’innovation de la DGOS ;
    • le département de la santé et de la transformation numérique de la DGOS ;
    • les six pôles, le secrétariat général et plusieurs unités de l’ancienne Délégation au numérique en santé ;
    • les équipes du secrétariat général chargées des expérimentations en santé et des travaux du conseil stratégique et du comité technique de l’innovation en santé.

    Les agents affectés dans ces structures, y compris l’adjoint au délégué du numérique en santé assurant l’intérim, sont transférés sous l’autorité du directeur général.

    L’organisation définitive de la DGRINS entrera en vigueur le 1er novembre 2026.

    Selon plusieurs sources concordantes, la direction de cette nouvelle structure devrait être confiée à Lise Alter, actuelle directrice de cabinet de la ministre de la Santé et ancienne directrice de l’Agence de l’innovation en santé.

    Décret n° 2026-523 du 18 juin 2026 portant création d’une direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé

    Arrêté du 18 juin 2026 portant organisation transitoire de la direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé

    Arrêté du 18 juin 2026 portant organisation de la direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé

     

  • Feuille de route du numérique en santé : après la construction des infrastructures, l’enjeu est à l’intégration des usages

    Mon espace santé : plus de 475 millions de documents de santé alimentés en 2025, l’enjeu est désormais d’améliorer la qualité des données en 2026

    Avec plus de 475 millions de documents de santé alimentés en 2025, Mon espace santé entre dans une nouvelle phase de maturité. Afin de miser sur la qualité de la donnée, l’objectif est désormais de mesurer l’alimentation réelle des documents prioritaires et d’identifier les marges de progression à l’aide de nouveaux indicateurs.

    Une meilleure compréhension de la data permet également de soutenir une innovation plus ciblée, avec 37 tiers-lieux d’expérimentation et 115 projets innovants nouvellement financés, notamment autour du bien vieillir, de la prévention et de la santé environnementale.

    Ainsi, après une phase de déploiement massif, le numérique en santé entre dans une logique davantage orientée vers l’efficacité et les résultats dans des domaines clés. Toutefois, si une mutation qualitative est désormais à l’œuvre, l’appropriation de ces outils par les patients comme par les professionnels demeure l’un des principaux défis à relever.

    Avec déjà 3 millions d’activations de l’application Carte Vitale, la numérisation des usages s’impose au cœur du parcours patient et du quotidien des citoyens

    Si l’objectif de vingt millions d’utilisateurs de l’application Carte Vitale en 2027 reste ambitieux, cette montée en charge illustre la volonté de simplifier les démarches administratives par le numérique.

    Une mutation dans le parcours patient ou la télémédecine joue un rôle : Au premier trimestre 2026, près de 1,5 million de patients atteints d’une affection de longue durée en ont bénéficié.

    Au-delà d’une simplification des échanges, la feuille de route vise un changement de leurs natures avec une revalorisation de la place du patient qui devient un acteur quotidien de sa santé. Cela passe par un meilleur contrôle des données personnelles via Mon espace santé, par le développement de nouveaux services comme le carnet de santé numérique de l’enfant et par une place croissante accordée à la prévention. Plus de 961 000 questionnaires de prévention ont déjà été préparés tandis que les premiers parcours de prévention personnalisée, notamment autour du risque cardiovasculaire, sont progressivement déployés.

    Certaines évolutions restent toutefois freinées par des contraintes réglementaires autour du partage des données et de la conformité au RGPD. Cette dynamique reste également conditionnée à l’inclusion numérique : si 80 % des établissements et services médico-sociaux ont déjà mené des actions de sensibilisation, plusieurs dispositifs d’accompagnement demeurent dépendants de financements en attente.

    Renforcer l’intégration des professionnels : les usages continuent de progresser, avec plus de 63 000 professionnels de santé ayant consulté sur un mois des documents issus de Mon espace santé

    La réussite de la stratégie repose largement sur l’adhésion des professionnels. Les usages continuent de progresser avec plus de 63 000 professionnels de santé ayant consulté près de 950 000 documents issus de Mon espace santé en avril 2026.

    L’ordonnance numérique apparaît comme l’un des succès les plus visibles de la feuille de route. Plus de 67 000 médecins ont déjà créé une ordonnance numérique et plus d’une ordonnance sur deux produite par les médecins généralistes pour les produits de santé est désormais réalisée selon ce processus.

    Les usages numériques professionnels sont également soutenus par de nouveaux outils. Le portail Bouquet de Services aux Professionnels se développe, les interfaces d’accès aux données de santé se multiplient et Pro Santé Connect poursuit son déploiement comme solution nationale d’identification.

    Pour autant, plusieurs défis demeurent. La formation au numérique progresse mais reste inégale selon les professions. Surtout, les travaux relatifs aux métiers du numérique en santé, à l’attractivité des carrières et aux grilles salariales n’ont connu aucune avancée significative au cours du semestre écoulé. Ainsi, la question des compétences et des ressources humaines apparaît comme l’un des principaux enjeux des prochaines années.

    Quand le numérique institutionnalise la cybersécurité comme critère de confiance

    Cette transformation s’accompagne d’une attention croissante portée aux risques numériques. Longtemps considérée comme un sujet technique, la cybersécurité s’impose désormais comme l’un des piliers de la stratégie nationale. Plus de 600 certifications HAS intègrent des critères numériques, 411 hébergeurs sont certifiés HDS et 165 experts visiteurs numériques accompagnent les établissements dans leurs démarches.

    Après avoir construit les infrastructures du numérique en santé, la France entre dans une nouvelle phase : celle où la valeur des outils ne se mesurera plus uniquement à leur déploiement, mais à leur capacité à améliorer concrètement les parcours de soins, renforcer la prévention et faciliter le quotidien des patients comme des professionnels dans un environnement sécurisé.

     

  • Télémédecine : le CNOM veut limiter la téléconsultation à une activité « accessoire » et renforcer le contrôle des plateformes

    Le CNOM actualise sa doctrine face à l’essor des usages

    Dans son rapport 2026 consacré à la télémédecine, le Conseil national de l’Ordre des médecins actualise ses recommandations dans un contexte marqué par la multiplication des plateformes, l’arrivée de nouveaux acteurs économiques et l’émergence de pratiques jugées préoccupantes pour la qualité et la continuité des soins. L’institution rappelle que la télémédecine ne trouve sa légitimité que lorsqu’elle s’inscrit dans un parcours de soins coordonné et qu’elle ne peut être envisagée comme une offre de soins déconnectée du suivi médical habituel du patient.

    Le rapport souligne également que les nombreux signalements reçus par l’Ordre ont conduit à renforcer les repères déontologiques et organisationnels applicables aux actes réalisés à distance.

    Une téléconsultation strictement encadrée

    Le CNOM rappelle que la téléconsultation doit comporter des échanges audio et vidéo en direct avec le patient et répondre aux mêmes exigences qu’une consultation en présentiel. Le médecin demeure responsable de l’évaluation de la pertinence du recours à la télémédecine, de la qualité du diagnostic posé, de la continuité des soins et du suivi des examens complémentaires prescrits.

    Avant toute téléconsultation, plusieurs conditions doivent être réunies :

    • identification du patient et des professionnels impliqués,
    • accès aux données médicales nécessaires,
    • information sur les frais éventuels
    • et traçabilité complète de l’acte dans le dossier médical.
    • Le rapport insiste également sur l’alimentation de « Mon espace santé » et du dossier médical partagé afin de garantir la continuité des prises en charge.

    Sur le plan technique, l’Ordre exige le respect du RGPD, le recours à des hébergeurs certifiés HDS et une vigilance concernant le partage des données de santé. Il considère notamment que des consultations ponctuelles réalisées par différents médecins sans coordination ni ancrage territorial ne peuvent être assimilées à une équipe de soins.

    Parcours de soins, présentiel et territorialité au cœur des recommandations

    Le rapport réaffirme trois principes considérés comme indissociables de la qualité des soins :

    • le respect du parcours de soins coordonné,
    • l’alternance entre consultations en présentiel et téléconsultations,
    • ainsi que l’ancrage territorial des praticiens.

    Le CNOM estime que la consultation physique doit rester privilégiée en raison de la nécessité de l’examen clinique et afin d’éviter toute perte de chance pour le patient. Il considère également que le médecin téléconsultant doit exercer à proximité du lieu de résidence du patient pour pouvoir assurer un suivi régulier et organiser rapidement une consultation présentielle si nécessaire.

    Cette position intervient alors que les données citées dans le rapport montrent que la téléconsultation s’est principalement développée dans les zones urbaines et auprès des populations déjà les mieux dotées en offre de soins.

    L’Ordre réaffirme l’interdiction d’un exercice exclusivement à distance

    L’une des recommandations les plus marquantes du document concerne l’interdiction de toute pratique exclusivement fondée sur la téléconsultation. Selon le CNOM, un suivi réalisé uniquement à distance ne permet pas de satisfaire aux exigences déontologiques de qualité, de sécurité et de continuité des soins.

    L’Ordre considère également qu’un médecin exerçant exclusivement en téléconsultation s’expose à une perte progressive d’expérience clinique.

    Le rapport s’appuie par ailleurs sur les règles conventionnelles actuelles, qui plafonnent l’activité à distance à 20 % du volume d’activité annuelle pour la plupart des médecins conventionnés, et à 40 % pour les psychiatres.

    Le CNOM estime que ces limites devraient s’appliquer à l’ensemble des médecins inscrits au Tableau de l’Ordre, y compris les praticiens non conventionnés, salariés ou hospitaliers.

    Des contrôles renforcés pour les sociétés de téléconsultation

    Le rapport consacre une large place à l’encadrement des sociétés de téléconsultation. Le CNOM rappelle que ces structures doivent obtenir un agrément ministériel et satisfaire à plusieurs exigences portant sur la sécurité des systèmes d’information, la conformité réglementaire et le respect de la déontologie médicale.

    Les contrats conclus entre les plateformes et les médecins doivent être transmis aux conseils départementaux de l’Ordre. Une attention particulière est portée aux modalités de rémunération, à l’indépendance professionnelle des praticiens et au respect du principe de territorialité. Le CNOM insiste sur le fait que les plateformes doivent privilégier la mise en relation avec des médecins géographiquement proches des patients.

    L’institution se déclare par ailleurs opposée à la facturation de frais additionnels liés à la consultation, même lorsqu’ils sont présentés comme optionnels. En cas de manquements graves, les sociétés s’exposent à une suspension ou un retrait d’agrément ainsi qu’à des sanctions financières.

    Des recommandations étendues aux usages spécialisés

    Le document aborde également plusieurs cas particuliers, notamment la téléradiologie, la télé-ophtalmologie, les EHPAD, les centres de santé ou encore les praticiens hospitaliers. Dans chacun de ces contextes, le CNOM réaffirme le même principe : la télémédecine doit constituer un outil complémentaire et ne peut se substituer durablement à une activité clinique présentielle.

    Pour la téléradiologie, l’Ordre recommande notamment de limiter l’activité à distance à 20 % de l’activité annuelle du radiologue et rappelle que certains actes interventionnels nécessitent impérativement une présence physique. En télé-ophtalmologie, il souligne que la prescription optique à distance ne peut être réalisée qu’au sein de protocoles précisément définis impliquant des orthoptistes.

  • OVHcloud entre dans la course aux grands modèles d’IA avec un projet estimé à 200 M€

    OVHcloud veut se positionner sur les grands modèles de langage européens

    OVHcloud prévoit de développer des modèles d’intelligence artificielle dits « frontier », ces systèmes de grande échelle entraînés à partir de volumes massifs de données et de puissance de calcul. L’annonce a été faite le 17 juin par son PDG, Octave Klaba, à l’occasion du salon VivaTech.

    Cette orientation marque une évolution pour le fournisseur européen de services cloud, qui ambitionne de devenir un acteur du marché des grands modèles de langage aux côtés de sociétés comme Mistral. Elle intervient dans un contexte où les entreprises et les administrations européennes cherchent à réduire leur dépendance aux technologies d’IA développées aux États-Unis et en Chine.

    Une équation économique devenue plus favorable

    Selon Octave Klaba, les progrès réalisés dans les semi-conducteurs, les méthodes d’entraînement et l’utilisation de données synthétiques ont modifié les conditions économiques de développement de ces modèles.

    Là où un projet de cette nature aurait nécessité près d’un milliard d’euros il y a encore quelques années, OVHcloud estime désormais pouvoir le mener avec un investissement compris entre 150 et 200 millions d’euros.

    Le dirigeant considère que le secteur entre dans une nouvelle phase de développement, portée par des acteurs qui peuvent s’appuyer sur les avancées déjà réalisées par OpenAI, Anthropic ou Mistral pour concevoir leurs propres modèles.

    Une famille de modèles adaptés à différents usages

    OVHcloud ne prévoit pas de développer un modèle unique, mais une gamme de modèles répondant à des besoins distincts. « Les acteurs majeurs publient plusieurs modèles, car chaque modèle est conçu pour un usage spécifique », aucun système ne peut aujourd’hui répondre efficacement à l’ensemble des cas d’usage.

    DragonLLM et Jupiter comme premières briques technologiques

    Octave Klaba a indiqué que le préentraînement d’un premier modèle avait déjà été réalisé par DragonLLM, une startup récemment acquise par OVHcloud. Les travaux ont été menés sur Jupiter, présenté comme le supercalculateur le plus rapide d’Europe.

    L’entreprise n’a toutefois communiqué aucun indicateur de performance à ce stade et indique ne pas être prête à détailler les capacités de ses modèles.

    Un objectif d’ouverture à terme

    OVHcloud prévoit de publier ses modèles en open source une fois un niveau de performance jugé satisfaisant atteint.

    Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de montée des enjeux de souveraineté numérique, renforcé ces derniers mois par les débats autour de l’accès aux modèles les plus avancés du marché.

    Le groupe précise également qu’il n’utilisera pas les données de ses clients pour l’entraînement de ses futurs modèles.

  • Vyv lance son label « Prévention Santé + » et renforce son ambition sur toute la chaîne de valeur en santé

    • La stratégie santé repose sur trois priorités : prévention, numérique et fluidité des parcours de soins.
    • Le groupe lance « Prévention Santé + », présenté comme le premier label français dédié à la prévention en santé globale (label qui repose sur 4 principes, 16 critères et 50 indicateurs évalués par un comité d’experts indépendants).
    • 15 dispositifs sont déjà labellisés dans des domaines comme la santé au travail, les RPS, le maintien dans l’emploi et la lutte contre la sédentarité.
    • Le groupe entend mieux coordonner assurance, soins et accompagnement pour limiter les ruptures de parcours, notamment pour les malades chroniques.
    • Le groupe veut mesurer son impact concret sur l’accès aux soins, la prévention, la fluidité des parcours et la qualité de vie des bénéficiaires.

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    Le plan stratégique « Impulsions 2030 » du Groupe Vyv couvre l’ensemble de ses activités : assurance, retraite, logement et santé.

    Sur ce volet, le groupe a choisi de concentrer ses efforts sur trois axes : la fluidité des parcours de soins, le numérique et la prévention, considérée par le groupe comme un investissement qui permet d’agir à la fois sur la santé des populations, la soutenabilité du système de soins et la performance économique et sociale.

    Prévention : 50 indicateurs pour un label national

    Le groupe a annoncé la création du label « Prévention Santé + », présenté comme le premier label français dédié à la prévention en santé globale. Destiné aux clients du groupe et au-delà, il vise à fournir un repère de qualité pour les dispositifs de prévention.

    Le référentiel s’appuie sur quatre principes : fondement scientifique, éthique, intervention de professionnels qualifiés, et évaluation des résultats.

    Il comprend 16 critères et 50 indicateurs examinés par un comité d’experts indépendants et présidé par Zeina Mansour, ancienne vice-présidente du HCSP et ex-directrice du Comité régional d’éducation pour la santé de Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Quinze dispositifs ont déjà obtenu cette labellisation, notamment dans les domaines de la santé au travail, de la prévention des risques psychosociaux, du maintien dans l’emploi et de la lutte contre la sédentarité.

    @ Groupe Vyv : plan impulsions 2030

    S’appuyer sur la donnée et l’IA pour renforcer ses services en santé

    Le numérique constitue le deuxième pilier de la stratégie santé du groupe. Vyv souhaite développer des usages numériques conciliant innovation, protection des données et confiance des usagers. Le groupe souhaite se positionner comme un tiers de confiance capable de déployer des solutions numériques dans un cadre éthique et sécurisé. Cette stratégie repose notamment sur des partenariats avec des institutions, des acteurs de la recherche et des professionnels de santé. Elle s’accompagne d’investissements dans les technologies de la donnée et l’IA afin d’améliorer les services proposés aux adhérents et aux employeurs.

    Renforcer la continuité des parcours

    Notamment en faveur du bien vieillir et de la santé mentale

    Garantir la continuité des parcours constitue un autre levier de la transformation du groupe. Il s’agit de limiter les ruptures de prise en charge, notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques, dont les trajectoires sont trop souvent marquées par des inégalités d’accès aux soins.

    Cette ambition suppose une articulation plus étroite entre assurance, soins et accompagnement. En mobilisant l’ensemble de ses activités, le groupe entend proposer des réponses mieux coordonnées à chaque étape du parcours de vie, en accordant une place renforcée à la prévention, au maintien de l’autonomie et à la santé mentale. Pour y parvenir, Vyv prévoit des investissements dans les territoires.

    Les priorités identifiées concernent notamment l’accompagnement du vieillissement et la santé mentale, deux domaines pour lesquels le groupe estime que les réponses actuelles restent insuffisantes face à l’évolution des besoins.

    Une logique d’impact en santé

    Au-delà des objectifs de croissance, le plan « Impulsions 2030 » introduit une logique d’évaluation fondée sur “l’impact” produit pour les bénéficiaires. Le groupe indique vouloir mesurer l’amélioration effective de l’accès aux soins, le développement des actions de prévention, la fluidité des parcours et les effets sur la qualité de vie.

    À travers cette stratégie, Vyv cherche à renforcer son positionnement sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la santé.

  • L’ICO et le Digital Medical Hub lancent DMH ONCO pour accélérer l’évaluation et le déploiement des innovations en cancérologie

    Une structure dédiée au développement des innovations en oncologie

    L’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO), son accélérateur Impulse by ICO et le Digital Medical Hub annoncent la création de DMH ONCO, une structure consacrée au développement des technologies de santé en oncologie.frecherche

    Le partenariat réunit un centre de lutte contre le cancer et un acteur spécialisé dans le développement et le déploiement des technologies de santé.

    L’objectif est de proposer aux startups, industriels et professionnels de santé un accompagnement couvrant l’ensemble du parcours d’innovation, depuis l’identification d’un besoin clinique jusqu’au déploiement des solutions auprès des patients.

    Selon les partenaires, cette initiative répond aux difficultés rencontrées par de nombreux projets innovants confrontés à la complexité des évaluations cliniques, aux contraintes réglementaires, à l’accès aux données de santé ou encore à la recherche de financements.

    Un point d’entrée unique pour les porteurs de projets

    Le premier pilier de DMH ONCO repose sur la création d’une antenne spécialisée du Digital Medical Hub dédiée à l’oncologie, développée en lien avec l’ICO et Impulse by ICO.

    La structure entend offrir un point d’entrée unique aux startups, industriels et innovateurs qui souhaitent développer des technologies de santé dans le domaine du cancer. Les porteurs de projets pourront notamment accéder à une expertise clinique en oncologie, à des capacités d’évaluation et d’investigation clinique, à un accompagnement réglementaire et médico-économique, ainsi qu’à des données de santé et des biobanques.

    DMH ONCO prévoit également de faciliter les collaborations entre professionnels de santé, entrepreneurs, industriels et investisseurs, tout en proposant des mécanismes de financement et de réduction des risques associés aux projets innovants.

    L’ambition est de constituer un continuum d’accompagnement allant du besoin clinique à la démonstration d’impact, en passant par la validation, la construction du modèle économique, l’accès au remboursement et le déploiement.

    Un projet fondé sur les activités d’Impulse by ICO

    La création de DMH ONCO s’appuie sur les initiatives déjà engagées par l’ICO à travers Impulse by ICO, son accélérateur lancé en 2024.

    Celui-ci accompagne actuellement plus de 40 projets dans des domaines tels que la santé numérique, l’intelligence artificielle, les dispositifs médicaux, les biotechnologies ou la nutrition. Ces innovations visent à améliorer le dépistage, le diagnostic, le suivi ou la prise en charge des patients atteints de cancer.

    Les partenaires estiment que les expérimentations cliniques, les collaborations avec l’écosystème HealthTech et les premiers investissements réalisés dans ce cadre ont contribué à structurer le modèle désormais porté par DMH ONCO

    De son côté, le Digital Medical Hub indique accompagner plus de 200 projets en santé et santé numérique et collaborer avec plus de 50 établissements de santé.

    Faire émerger l’innovation depuis l’hôpital

    Au-delà de l’accompagnement des entreprises, DMH ONCO entend faire évoluer la place de l’hôpital dans l’innovation en santé.

    L’initiative vise à permettre aux établissements de santé de devenir des lieux où les innovations technologiques et numériques peuvent être conçues, structurées, financées, évaluées puis déployées à grande échelle.

    Dans cette perspective, les partenaires prévoient la création d’un « startup studio » dédié à l’oncologie. Ce dispositif doit permettre aux médecins, chercheurs et soignants de transformer leurs idées en projets développés avec un appui sur les dimensions réglementaires, financières, industrielles et organisationnelles.

    Dix projets portés par des professionnels de l’ICO sont déjà en cours de sélection dans le cadre des premiers développements qui seront accompagnés par DMH ONCO.

     

  • Prévention : Santéclair préconise des indicateurs anonymisés pour piloter les actions de prévention en entreprise

    Sommeil, activité physique, santé mentale : plusieurs indicateurs au rouge

    60 % des actifs déclarent souffrir d’insomnie et 68 % se disent en surpoids

    À l’occasion de la Semaine pour la qualité de vie et des conditions de travail, Santéclair publie la première édition de son baromètre prévention consacré à la santé des actifs.

    Si la santé physique perçue reste globalement satisfaisante, l’étude met en évidence plusieurs facteurs de risque susceptibles d’affecter durablement la santé des collaborateurs. Parmi les principaux enseignements, 60 % des répondants déclarent souffrir d’insomnie et 68 % se considèrent en surpoids.

    Le baromètre montre également que 51,9 % des personnes interrogées n’atteignent pas les recommandations en matière d’activité physique. Sur le plan psychologique, le score de santé mentale atteint 39,2, contre une valeur de référence de 47. Enfin, 16 % des répondants se déclarent fumeurs.

    Des fragilités qui touchent davantage certains publics

    L’étude souligne que ces facteurs de risque ne sont pas répartis uniformément au sein de la population active.

    Les jeunes adultes, les femmes et les populations en situation de précarité apparaissent davantage exposés à certaines vulnérabilités. Cette hétérogénéité des situations conduit Santéclair à considérer que les démarches de prévention standardisées répondent imparfaitement aux besoins des différents publics.

    Une prévention fondée sur la mesure des besoins

    Au regard de ces résultats, Santéclair défend une approche reposant sur une évaluation préalable de la santé perçue et des habitudes de vie des collaborateurs.

    L’entreprise préconise la constitution d’indicateurs anonymisés permettant d’obtenir une vision collective des enjeux de santé au sein des organisations. L’objectif est ensuite de prioriser les actions de prévention en fonction des besoins identifiés et de proposer des dispositifs adaptés à la diversité des profils.

    Cette démarche s’appuie également sur un suivi régulier des indicateurs afin d’évaluer l’impact des actions engagées et d’ajuster les programmes déployés dans le temps.

    Un enjeu pour les politiques RH

    La publication de ce baromètre intervient dans le cadre de la Semaine QVCT 2026, dont les travaux mettent notamment l’accent sur le rôle du management.

    Pour Santéclair, la mise en œuvre d’une politique de prévention suppose un engagement des directions générales et des ressources humaines, ainsi qu’une déclinaison opérationnelle au sein des équipes. L’entreprise estime que l’exploitation d’indicateurs de suivi peut contribuer à inscrire les actions de prévention dans une logique de pilotage de long terme.

    • 60 % des répondants déclarent souffrir d’insomnie ;
    • 68 % se déclarent en surpoids ;
    • 51,9 % n’atteignent pas les recommandations d’activité physique ;
    • Le score de santé mentale s’établit à 39,2 contre 47 pour la valeur de référence ;
    • 16 % des répondants se déclarent fumeurs.

     

  • Heidi lance sa plateforme d’IA clinique en France après une levée de fonds de 65 M$

    Heidi déploie son assistant médical IA sur le marché français

    L’entreprise australienne Heidi annonce le lancement officiel en France de sa plateforme d’IA destinée aux professionnels de santé. Cette arrivée intervient quelques semaines après une levée de fonds de 65 millions de dollars américains réalisée en mai 2026.

    La société développe un assistant médical IA réunissant au sein d’un même environnement des fonctions de transcription médicale, de documentation clinique et d’accès à des informations médicales validées. La plateforme a déjà été utilisée dans le cadre de 460 000 consultations en France.

    Selon les données citées par Heidi, une personne sur cinq déclarait en 2023 ne pas avoir consulté de médecin au cours des douze derniers mois, une proportion proche de 30 % dans les zones rurales. Parallèlement, les médecins généralistes libéraux déclarent travailler en moyenne 54 heures par semaine, dont 44,5 heures consacrées aux patients et 5,5 heures aux tâches administratives et de coordination.

    L’entreprise estime que l’IA peut contribuer à réduire cette charge documentaire afin de permettre aux professionnels de santé de consacrer davantage de temps aux activités cliniques et à la relation avec les patients.

    Une offre articulée autour de la documentation et de l’information clinique

    La plateforme repose actuellement sur deux briques fonctionnelles.

    Transcription et génération automatisée de documents

    Le module Heidi Transcription permet de retranscrire les consultations en temps réel et de générer automatiquement des notes médicales structurées.

    Les documents produits peuvent être adaptés aux pratiques des établissements ou des spécialités concernées. La plateforme prend notamment en charge les comptes rendus de consultation, notes de suivi, comptes rendus opératoires, lettres d’adressage ou synthèses destinées aux patients.

    Accès à des références médicales documentées

    Le module Heidi Références fournit des réponses cliniques appuyées sur des sources identifiées. Les professionnels peuvent interroger la plateforme sur des questions médicales et accéder aux références utilisées pour élaborer les réponses proposées.

    L’objectif est de centraliser la recherche documentaire et l’aide à la décision au sein du même environnement de travail.

    Une adaptation aux spécificités françaises

    Disponible en français, la plateforme a été conçue pour prendre en compte le vocabulaire médical et les pratiques du système de santé français.

    Elle permet également de conduire une consultation dans la langue du patient tout en générant la documentation médicale dans une autre langue. Cette fonctionnalité vise notamment les situations de prise en charge multilingue.

    Conformité européenne et hébergement des données dans l’UE

    La question de la gouvernance des données figure parmi les axes mis en avant par l’entreprise. Heidi indique que les données des utilisateurs européens sont hébergées exclusivement au sein de l’Union européenne afin de répondre aux exigences du RGPD.

    Fondée à Melbourne, Heidi affirme accompagner plus de 2,7 millions de consultations chaque semaine dans 190 pays et 110 langues.

    L’entreprise a levé au total 96,6 millions de dollars.