Révision des montants forfaitaires pour la télésurveillance médicale
L’arrêté du 21 octobre 2024, pris par le ministère de la Santé, fixe les nouveaux montants forfaitaires des activités de télésurveillance médicale inscrites sur la liste prévue à l’article L. 162-52 du Code de la sécurité sociale. Ce texte s’appuie sur les évaluations de la file active des patients télésurveillés au premier semestre 2024 pour ajuster ou maintenir les forfaits appliqués.
Ce dispositif couvre un large éventail de pathologies, notamment le diabète, l’insuffisance cardiaque chronique, le cancer et l’insuffisance rénale. Pour ces patients, la télésurveillance permet une meilleure gestion à distance, tout en facilitant les interactions avec les professionnels de santé. Les nouveaux forfaits, ajustés selon les codes pathologiques, varient entre 43,45€ pour certaines pathologies cardiaques et 550€ pour les dispositifs de surveillance cardiaque implantés.
Cette régulation tarifaire s’inscrit dans un cadre visant à garantir une juste rémunération des exploitants et distributeurs de dispositifs médicaux numériques, tout en assurant une prise en charge durable par l’assurance maladie.
Encadrement des systèmes de téléconsultation : vers plus d’interopérabilité et de sécurité
L’arrêté du 18 octobre 2024 vient modifier l’arrêté initial du 9 février 2024, approuvant le référentiel d’interopérabilité, de sécurité et d’éthique des systèmes d’information de téléconsultation. Ce référentiel fixe les conditions nécessaires à l’obtention du certificat de conformité pour les sociétés de téléconsultation, un sésame indispensable pour exercer cette activité dans le cadre légal.
Les nouvelles dispositions introduisent la possibilité d’un certificat provisoire, valable jusqu’à fin 2025, pour les sociétés qui remplissent certaines exigences fonctionnelles, telles que l’intégration de l’identité nationale de santé, le respect du RGPD, et l’utilisation de la messagerie sécurisée de santé. Ce certificat provisoire permet aux sociétés de téléconsultation de continuer à fonctionner tout en finalisant leur certification complète.
Ces nouvelles règles visent à sécuriser et uniformiser l’utilisation des technologies numériques dans les téléconsultations, garantissant ainsi une meilleure protection des données personnelles des patients et une interopérabilité accrue entre les systèmes d’information.
Vers une meilleure organisation des soins à distance
Ces deux arrêtés marquent une étape importante dans la structuration du cadre légal autour des technologies de télémédecine et de téléconsultation. En fixant des montants forfaitaires pour la télésurveillance médicale et en renforçant les conditions de conformité des sociétés de téléconsultation, le ministère de la Santé contribue à l’amélioration continue de l’accès aux soins pour tous, y compris à distance.
Les professionnels de santé et les établissements concernés par ces évolutions réglementaires devront s’adapter aux nouvelles exigences pour garantir une prestation de qualité, respectant les normes d’interopérabilité, de sécurité et d’éthique. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie nationale de modernisation des systèmes de santé numériques, visant à renforcer la prise en charge des patients et à soutenir les innovations technologiques dans le secteur médical.
Des arrêtés en lien avec le PLFSS 2025
Ces arrêtés s’inscrivent dans les objectifs définis par le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) 2025, qui soutient le développement de la télésurveillance médicale et de la téléconsultation. Le PLFSS met en avant la modernisation des systèmes de santé numériques, avec des financements dédiés à l’innovation technologique dans les soins à distance. La régulation des forfaits de télésurveillance et l’encadrement des systèmes d’information en téléconsultation permettent d’assurer une gestion optimale des dépenses de santé tout en facilitant l’accès aux soins, notamment dans les zones sous-dotées en professionnels de santé.
Pour en savoir plus retrouvez notre série d’article sur le PLFSS 2025 :
- “PLFSS 2025 : un plan sous haute tension face à un déficit de 14,6 Mds€ de la branche maladie“
- “Budget 2025 : 300 millions d’euros d’économies à faire sur la biologie, la radiologie et l’imagerie médicale”
- “PLFSS 2025 : Un budget loin de faire consensus auprès du monde de la santé”
- “PLFSS : des crédits en hausse (+4,7 %) dans le volet médicosocial”









