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  • FHIR, EHDS, IA : à deux ans de 2028, l’interopérabilité devient le socle stratégique de la santé numérique européenne

    FHIR “partout” : un standard mondial, mais des défis restent entiers

    L’un des constats formulés sans détour pendant la journée est clair : FHIR est désormais partout, mais cela ne signifie pas que tout est réglé. Les acteurs de terrain doivent encore composer avec :

    • des standards fragmentés,
    • des problèmes de qualité des données,
    • des exigences réglementaires en hausse,
    • une complexité d’implémentation qui demeure.

    InterSystems adopte une approche structurée : conserver un FHIR mindset tout en reconnaissant que l’interopérabilité reste un effort de transformation, et non un simple changement de format.

    De l’intégration point-à-point à la donnée comme actif partagé

    Au-delà de la technique, la bascule est aussi culturelle. L’interopérabilité s’éloigne du modèle historique des connexions ponctuelles entre applications pour devenir un système de données partagé, réutilisable et continu. Cette transition modifie la logique des systèmes d’information de santé :

    • hier : des flux transactionnels cloisonnés, centrés sur l’épisode de soin ;
    • Aujourd’hui : des actifs de données en temps réel, conçus pour la coordination, l’analytique et l’IA.

    FHIR ne représente donc pas seulement un langage commun : il devient une infrastructure stratégique.

    Person-centric : la donnée clinique ne suffit plus

    Autre évolution soulignée : le passage du patient-centric au person-centric. Les systèmes de santé intègrent des dimensions plus larges que le dossier médical classique : déterminants sociaux, données comportementales ou contexte de vie. L’objectif : construire une vision complète de la personne, nécessaire à la médecine de précision, à la coordination des parcours et à des IA utiles. FHIR devient ainsi une base de consolidation pour une donnée enrichie, au-delà du périmètre hospitalier.

    Hospital on FHIR : 125 hôpitaux engagés dans une dynamique européenne

    Dans ce contexte, la structuration des communautés devient un levier important. L’initiative Hospital on FHIR, lancée en 2023, regroupe aujourd’hui environ 125 hôpitaux dans plusieurs pays européens. Son ambition n’est pas de produire des recommandations descendantes, mais de favoriser l’échange de pratiques entre établissements, experts et industriels. FHIR y est présenté comme un moyen au service d’un objectif : rendre possible l’échange clinique à grande échelle, dans un cadre européen en construction.

    EHDS : l’échéance 2028 impose une accélération, mais le terrain reste fragile

    L’horizon réglementaire influence fortement les choix technologiques. L’application de l’EHDS à partir de 2028 impose aux systèmes de santé européens d’être prêts rapidement. Mais plusieurs intervenants l’ont rappelé : la norme ne suffit pas, ce sont les usages qui restent à construire.

    Une question sensible demeure : la responsabilité en cas d’erreur dans un échange transfrontalier. Si un document produit dans un pays est mal interprété dans un autre, qui porte le risque clinique ? Ces zones grises montrent que l’expérimentation devient nécessaire, car seules les pratiques permettront d’en révéler les limites.

    Le principal frein : un déficit de compétences en interopérabilité

    Un message revient avec insistance : l’Europe manque de professionnels formés. Le chantier EHDS est vaste, mais le nombre de spécialistes capables de déployer des infrastructures FHIR reste insuffisant. Des initiatives émergent, comme le projet Erasmus SHIA, visant à proposer des formations accessibles sur l’EHDS, FHIR et l’interopérabilité hospitalière. La transformation numérique n’est donc pas seulement technologique : elle est aussi humaine, organisationnelle et pédagogique.

    IA clinique : “garbage in, garbage out” reste la règle

    L’intelligence artificielle est omniprésente, mais une réalité demeure : sans données fiables, l’IA échoue. Les défis identifiés sont connus :

    • données insuffisamment prêtes,
    • coûts élevés,
    • manque de confiance,
    • complexité d’industrialisation.

    InterSystems défend une approche pragmatique : intégrer l’IA comme un levier d’usage, notamment via des copilotes, pour réduire le temps de mise en valeur et faciliter l’adoption dans les workflows.

    5 à 10 millions de patients : l’interopérabilité entre dans l’ère du “petabyte scale”

    L’interopérabilité change aussi d’échelle. Il devient courant qu’un acteur doive gérer des référentiels FHIR couvrant plusieurs millions de patients. Cette industrialisation impose de nouvelles exigences :

    • performance,
    • validation terminologique avancée,
    • capacité de mise à jour continue,
    • gouvernance solide.

    Retour industriel : Bow Medical et la centralisation comme stratégie de simplification

    Le témoignage de Bow Medical illustre cette transformation.

    L’éditeur est passé d’une architecture monolithique à un socle modernisé reposant sur :

    • une base de données unique,
    • un broker événementiel,
    • une meilleure cohérence des règles métier,
    • une ouverture progressive vers FHIR.

    Cette approche permet d’éviter le piège du “big bang”, en modernisant étape par étape, tout en réduisant la dette technique et en renforçant la sécurité. La centralisation devient ici une stratégie de simplification et d’évolution.

    FHIR n’est plus une option : la question est celle de la gouvernance

    Un point est exprimé clairement : FHIR n’est plus une tendance, c’est une dynamique mondiale. La difficulté réside désormais dans la capacité à éviter des implémentations divergentes, des profils incompatibles et une interopérabilité seulement théorique. D’où l’importance :

    • des communautés de pratique,
    • de l’exigence dans les appels d’offres,
    • d’une gouvernance européenne cohérente.

     

  • Téléconsultation : une innovation entrée dans les pratiques, encore loin de tenir toutes ses promesses

    29 % des Français ont déjà téléconsulté, mais l’usage reste minoritaire

    La téléconsultation s’est imposée comme l’un des héritages durables de la pandémie. En 2025, près de 29 % des Français déclarent avoir déjà eu recours à une téléconsultation, preuve d’une adoption désormais entrée dans les usages.

    Cependant, cette pratique reste encore marginale dans l’activité globale : elle représente environ 4 % des consultations médicales en France, après le pic observé pendant la crise sanitaire. Dans la pratique quotidienne des médecins libéraux, sa part demeure encore limitée.

    Les travaux engagés par l’Assurance Maladie à travers les Assises de la télémédecine, en cours jusqu’en 2026, visent justement à définir le rôle que devra jouer la téléconsultation dans l’organisation future des soins : outil ponctuel ou composante durable du parcours patient.

    1,2 million de téléconsultations par mois : un usage désormais courant

    La téléconsultation n’est plus marginale dans le paysage sanitaire français. En moyenne, 1,2 million de téléconsultations sont réalisées chaque mois, et un médecin généraliste sur trois facture au moins une téléconsultation.

    Entre 2020 et 2024, ce sont 69 millions de téléconsultations qui ont été facturées, pour un montant total de 1,7 milliard d’euros remboursés par l’Assurance Maladie. Ces chiffres traduisent une intégration durable de la téléconsultation dans les parcours de soins, au-delà de la période exceptionnelle du COVID-19.

    L’évolution des volumes confirme une phase de normalisation. Après un pic à 17,3 millions de téléconsultations en 2020, l’activité recule progressivement :

    • 13,2 millions en 2021
    • 12,6 millions en 2022
    • 11,7 millions en 2023

    L’année 2024 marque une reprise, avec 13,9 millions de téléconsultations facturées, soit +18,7 % par rapport à 2023. Cette dynamique suggère un nouvel équilibre, où la téléconsultation retrouve une trajectoire de croissance modérée, déconnectée du contexte d’urgence sanitaire.

    @CNAM

    Des usages concentrés sur certaines spécialités

    La téléconsultation ne se déploie pas de manière homogène selon les disciplines médicales. Elle est davantage mobilisée dans des spécialités compatibles avec le suivi à distance :

    • Psychiatrie : 7 % de l’activité clinique
    • Endocrinologie : 6 %
    • Gynécologie : 3 %
    • Médecine générale : 2,3 %

    Ces écarts illustrent une spécialisation progressive des usages, la téléconsultation s’inscrivant davantage dans des logiques de suivi que dans l’examen clinique initial.

    Un paradoxe territorial : les urbains six fois plus utilisateurs que les ruraux

    Pensée initialement comme un levier de réponse à la désertification médicale — qui concerne aujourd’hui 87 % du territoire français — la téléconsultation bénéficie en pratique majoritairement aux populations urbaines, jeunes et socialement favorisées.

    Les chiffres sont sans appel : les habitants des villes de plus de 50 000 habitants utilisent six fois plus la télémédecine que ceux des zones rurales. À l’inverse, les publics les plus exposés aux difficultés d’accès aux soins personnes âgées, précaires ou éloignées du numérique restent largement sous-représentés parmi les utilisateurs.

    Cette inversion de la cible questionne directement les établissements de santé de proximité : sans dispositifs d’accompagnement renforcés, la téléconsultation risque de reproduire, voire d’amplifier, les inégalités territoriales existantes.

    16 millions de Français exclus du numérique : le frein structurel

    La fracture numérique constitue aujourd’hui le principal obstacle à une téléconsultation réellement inclusive. Près de 16 millions de Français se trouvent en situation d’illectronisme, majoritairement des seniors et des personnes précaires, incapables d’utiliser de manière autonome les outils numériques de santé.

    À cette difficulté s’ajoute une réalité infrastructurelle persistante : plus de 500 communes françaises demeurent en “zones blanches” sans accès Internet, et des milliers d’autres en “zones grises”, avec une connexion insuffisante pour garantir la qualité d’une téléconsultation. Or, ces communes concentrent précisément les populations âgées vivant déjà dans des territoires médicalement sous-dotés.

    Pour les établissements de santé, cette situation impose un constat clair : sans médiation humaine, équipement dédié ou accompagnement local, la téléconsultation ne peut remplir sa mission d’équité territoriale.

    Une appropriation encore partielle par les professionnels de santé

    La structure de l’offre de téléconsultation a fortement évolué en quelques années. En 2020, 96 % des téléconsultations étaient facturées par des médecins libéraux, contre seulement 1 % par des sociétés de téléconsultation.

    En 2024, la répartition est nettement différente : 55 % des téléconsultations sont facturées par des médecins libéraux, tandis que 40 % le sont par des sociétés spécialisées.

    Le recul est particulièrement marqué chez les médecins généralistes, dont la part est passée de 79 % des téléconsultations en 2020 à 40 % en 2024. Cette évolution illustre les limites d’un modèle économique reposant sur une tarification alignée sur le présentiel (25 € la consultation), souvent insuffisante pour couvrir les contraintes organisationnelles, techniques et réglementaires.

    @CNAM

  • L’IA au cœur du POCT : 95 % de sensibilité pour le paludisme, AUC 0,97 pour les résistances antibiotiques, un marché doublé d’ici 2033

    53 milliards de dollars en 2024 : le marché POCT en pleine accélération

    Kardjadj évalue le marché mondial des diagnostics POCT à 53 milliards de dollars en 2024, avec un quasi-doublement projeté d’ici 2033, tiré par les tests infectieux et l’intégration IA pour l’analyse d’images, la déconvolution multiplex et le contrôle qualité automatique. Pillay et al., issus de l’Université de Pretoria (Afrique du Sud), Temple (USA) et Florence Nightingale (Turquie), décrivent l’IA comme un « saut transformationnel » : CNN atteignant 95 % de sensibilité pour le paludisme subsaharien, maintenance prédictive réduisant les downtimes de 20 %, DSS temps réel curbing 40 % d’abus antibiotiques, et outils portables dépistant l’anémie rurale indienne à 94 % de précision en heures au lieu de semaines. Ces avancées convergent IoT, blockchain et génomique pour prédire épidémies comme la dengue 14 jours à l’avance et personnaliser thérapies (-25 % événements CV).

    Biosenseurs oncologiques et plasmoniques : détection précoce et ultra-sensible

    Ng et al., de l’Université Malaya (Malaisie), focalisent sur les biosenseurs POCT pour cancer pulmonaire, détectant biomarqueurs protéiques/nucléiques dans sérum, urine ou salive avec haute sensibilité/sélectivité. L’IA analyse données complexes pour distinguer patients/sains et anticiper métastases, malgré défis de standardisation biomarqueurs/seuils. Singh et al. (Univ. Naples/Temple, Italie/USA) proposent OncoCheck : liquid biopsy + POCT + IA pour screening précoce en LMIC, réduisant coûts et boostant survie via hospital-at-home. De même, Behrouzi et al. (UC Berkeley, USA) déploient un biosenseur « coffee-ring » plasmonique : pré-concentration biomarqueurs, deep neural génératif-CNN sur photos smartphone, LOD 3 pg/mL pour PCT (sepsis), N-COVID, CEA/PSA (cancers), plage sur 5 ordres de grandeur et >2 log supérieur aux LFIA sur salive humaine en 12 minutes.​

    Imagerie cardiaque POCUS : AUC 0,90–0,97 et screening prématuré

    East et al. (Rutgers, USA) montrent l’IA-POCUS transformant diagnostics CV en réduisant dépendance opérateur, améliorant qualité image et workflows, élargissant accès en ressources limitées. Oikonomou et al. (Yale/Mount Sinai, USA) valident CNN sur 290 000 vidéos écho : AUC 0,903 (CMH apical-4-chambre) et 0,907–0,972 (amyloïdose parasternal), détectant 58 % CMH/46 % amyloïdose 21/19 ans avant diagnostic chez 33 000 patients, avec +17–32 % risque mortalité en quintile haut.​

    Résistances infectieuses et NFS pédiatrique : prédiction et équivalence labo

    Kolluru et al. (USA/Inde) hybrident ML/DL sur 3786 isolats N. gonorrhoeae : CatBoost excelle avec AUC 0,97 (cipro), 0,95 (cefixime), 0,94 (azithro), +4–7 % vs GWAS, SHAP validant marqueurs penA/mtrR – levier stewardship au point de soins, sous réserve validation LMIC. Gasparin et al. (Brésil) valident Hilab Lens IA pour NFS onco-pédiatrique : performances labo-équivalentes avec délais/coûts moindres, idéal où plateau distant.

    Tableau synthétique des performances phares

    Étude Métrique clé Domaine Population/Délai
    Pillay et al. 95 % sens. paludisme ; -40 % abus AB POCT général LMIC ; temps réel
    Oikonomou et al. AUC 0,90–0,97 Cardiomyopathies 33 000 pts ; 15–21 ans pré
    Behrouzi et al. LOD 3 pg/mL Sepsis/COVID/cancer Salive ; 12 min
    Kolluru et al. AUC 0,94–0,97 AMR gonocoque 3786 isolats
    Gasparin et al. Équiv. labo NFS péd. Onco-péd.

    Ces benchmarks convergent vers des standards labo délocalisés.

    Validation réglementaire et intégration clinique élargie

    Kardjadj insiste sur validations analytiques/cliniques/usabilité sous IVDR/CLIA/FDA/OMS, avec surveillance post-marché pour IA évolutive et harmonisation standards/données LMIC. Cianflone et al. (Italie) intègrent POCT–NGS rapide–IA en pédiatrie pour fenêtres thérapeutiques critiques. Subburaj et al. (Shenzhen Univ., Chine) prospectent biosenseurs optiques IA (SPR/fluo/Raman) + IoT/cloud, affrontant privacy/intégration.​

    Vers des écosystèmes numériques et économiques viables

    Diaz et al. (USA) intègrent DRES-POCAI rétinopathie dans EHR communautaires pour triage automatique. Jiang-Kells (UK) déploient MiADE NLP extrayant temps réel diagnostics/EHR (-89 % saisie). De Angelis (Italie) esquissent learning health systems bouclant practice-data-knowledge malgré fragmentation/confiance. Manasyan (USA) montre IA automatisant blocs pour recapturer marges (-3,8/+2,3 %). Pour France/Europe : remboursements intégrant flux/temps gagné ; interop DMP/EHR/télésanté ; formation IA ; gouvernance multi-acteurs.​

    Infrastructure du futur : nœuds intelligents partout

    L’IA élève POCT à médecine proactive : multiplex en minutes, prédictions populationnelles, thérapies guidées. Succès via économies flux, architectures unifiées, régulation agile. Pour CEO santé numérique, miser sur écosystèmes ouverts/validés transforme officine/domicile en nœuds intelligents.

    Références
    Behrouzi, K., et al. (2025). Plasmonic coffee-ring biosensing for AI-assisted point-of-care diagnostics. Nature Communications, 16(1), 14597. https://doi.org/10.1038/s41467-025-59868-y​
    East, S. A., et al. (2025). Artificial Intelligence-Enabled Point-of-Care Echocardiography…. Current Atherosclerosis Reports, 27(7), 170. https://doi.org/10.1007/s11883-025-01316-9​
    Gasparin, A. T., et al. (2025). Clinical validation of the Hilab lens…. Communications Medicine, 2(51), 518. https://doi.org/10.1038/s43856-025-01223-9​
    Kardjadj, M. (2025). Advances in Point-of-Care Infectious Disease Diagnostics…. Diagnostics, 15(22), 2845. https://doi.org/10.3390/diagnostics15222845​
    Kolluru, V., et al. (2025). AI-Prediction of Neisseria gonorrhoeae Resistance…. Healthcare, 13(14), 1643. https://doi.org/10.3390/healthcare13141643​
    Ng, X. J. K., et al. (2025). Artificial intelligence-assisted point-of-care devices for lung cancer. Clinica Chimica Acta, 557, 120191. https://doi.org/10.1016/j.cca.2025.120191​
    Pillay, T. S., et al. (2025). Artificial intelligence (AI) in point-of-care testing. Clinica Chimica Acta, 557, 120341. https://doi.org/10.1016/j.cca.2025.120341

     

  • Solutions de jumeaux numériques en santé : un marché encore fragmenté mais déjà stratégique pour la médecine personnalisée

    Un socle technologique : jumeaux virtuels, simulation avancée et IA

    Dassault Systèmes, via son programme MEDITWIN, propose une plateforme de jumeaux virtuels V+R qui modélisent la santé d’un individu en s’appuyant sur imagerie, analyses biologiques, données génomiques et dossiers médicaux pour améliorer la décision clinique. Autour de cette brique de simulation, l’éditeur fédère un consortium de sept IHU, du CHU de Nantes, d’Inria et de start-up (inHEART, Qairnel, codoc, Neurometers), avec un focus sur la cardiologie, l’oncologie, le métabolisme, l’ophtalmologie et la neurologie.

    Sur le plan technologique, les solutions de jumeaux numériques combinent :

    • Des moteurs de simulation biomécanique ou physiologique (organes, colonnes vertébrales, blocs opératoires).
    • Des algorithmes d’IA (machine learning, deep learning, réseaux bayésiens) pour apprendre des données de santé réelles et générer des prédictions personnalisées.
    • Des interfaces cliniques avancées, parfois couplées à la réalité mixte ou à l’impression 3D, facilitant l’appropriation par les professionnels.

    La Fondation Dassault Systèmes illustre cette approche avec les projets Living Eye Virtual Twin (modèle 3D du nerf optique pour comprendre certains mécanismes de cécité) et Vivid-Spine (modélisation 3D et réalité augmentée pour le suivi non invasif de la scoliose, avec un objectif de réduction de 75% des examens ionisants). Ces projets préfigurent des usages cliniques où la simulation remplace une partie des examens invasifs et aide à la compréhension fine des trajectoires pathologiques.

    Solutions de jumeaux numériques orientées décision clinique

    Plusieurs éditeurs positionnent déjà des solutions opérationnelles de jumeaux numériques à visée directement clinique, avec des cas d’usage et des chiffres clés significatifs.

    • Predisurge – PlanOp™ : plateforme de jumeau numérique pour la planification d’interventions cardiovasculaires, utilisant l’imagerie préopératoire pour simuler le comportement biomécanique des artères et valves, prédire les résultats post-opératoires et optimiser le choix des DM. La technologie repose sur le machine learning appliqué à des données d’imagerie non structurées, et vise à réduire les risques chirurgicaux et les coûts de R&D, tout en servant d’outil de formation via des simulations réalistes.

    • inHEART – inHEART MODELS : éditeur français proposant un jumeau numérique 3D du cœur pour la planification des ablations d’arythmies, basé sur vision par ordinateur et machine learning. La suite logicielle, marquée CE MDR en classe II et autorisée par la FDA, est déployée dans plus de 200 centres en Europe et aux États-Unis, avec des résultats cliniques indiquant une réduction de 60% du temps de procédure et de 38% des récidives.

    • CHU de Nice – Rebone : plateforme hospitalière de planification chirurgicale en orthopédie et traumatologie d’urgence, qui génère un double virtuel 3D du patient à partir de scanner/IRM, combinant IA (ML, vision par ordinateur), réalité mixte, impression 3D et robotique. Les bénéfices attendus portent sur la réduction des complications post-opératoires, la diminution des délais de prise en charge et une meilleure personnalisation des interventions.

    • Digyne – Digyne Diagnostic Support : solution de jumeau numérique de la cavité pelvienne féminine qui exploite imagerie et IA (ML, vision par ordinateur) pour l’assistance diagnostique (prolapsus génital notamment) et la planification chirurgicale personnalisée, en fournissant des métriques biomécaniques dédiées aux cliniciens.

    • Caranx Medical – Tavipilot Soft : plateforme per-opératoire guidée par IA pour TAVI, créant un jumeau numérique du patient et exploitant des flux multimodaux (scanner, fluoroscopie, échographie) pour optimiser voie d’accès, taille et positionnement de la valve. Entraînée sur plus de 5 000 cas, la solution suit en temps réel les repères anatomiques et instrumentaux afin de sécuriser un acte à très haut risque, avec un positionnement attendu dans les classes élevées de DM.

    Ces solutions partagent un socle commun : jumeau numérique patient ou organe, IA de segmentation et de simulation, usage en planification ou guidage de procédures à fort enjeu clinique. Elles illustrent le mouvement d’intégration du jumeau numérique au cœur de la décision médicale, au-delà du simple support visuel.

    Prévention, télésurveillance et jumeaux de santé individuels

    Un autre pan du marché se structure autour de jumeaux numériques de santé individuels, visant la prévention, la télésurveillance et l’accompagnement des patients à domicile ou en ambulatoire.

    • HiNounou – Plateforme HiNounou : solution de prévention à domicile pour seniors, combinant un kit de dispositifs médicaux connectés (tensiomètre, oxymètre, balance, glucomètre, ECG), une application mobile adaptée, un jumeau numérique du patient et une analyse IA des cinq dimensions de santé (physique, mentale, sociale, environnementale, comportementale). L’écosystème permet la détection précoce des risques de maladies chroniques (diabète, hypertension, cardiovasculaire), le partage des données avec professionnels et hôpitaux et un système de récompense par « Nounou Tokens » via une plateforme blockchain pour soutenir l’adhésion.

    • Integratome – plateforme Integratome : éditeur qui construit un jumeau numérique de santé individuel permettant de visualiser et structurer les données médicales, génétiques, environnementales et sociales, en s’appuyant sur une IA symbolique et des réseaux bayésiens. La plateforme couvre plus de 55 thématiques de soins et 14 systèmes physiopathologiques, produit des scores et recommandations explicables et s’inscrit dans une démarche de prévention personnalisée, par exemple au Pôle Santé Bergère.

    • OneTwenty AG – bioX DT : moteur de digital twin qui modélise l’individu pour prédire des biomarqueurs, des PROs (patient-reported outcomes) et des événements impactant la santé à partir de flux de données personnalisés. L’outil permet de visualiser le métabolisme et d’anticiper notamment des événements glycémiques ou métaboliques, avec un potentiel d’intégration dans des dispositifs médicaux pour l’ajustement personnalisé de la thérapie.

    • ExactCure – ExactCure : solution française de « jumeau numérique médicamenteux » qui simule l’efficacité et les interactions de médicaments selon les caractéristiques individuelles du patient (âge, sexe, génétique, fonctions rénale et hépatique…), afin de prévenir sur/sous-doses et interactions iatrogènes. Basée sur du machine learning appliqué à des données structurées, la solution vise une personnalisation fine de la posologie et une amélioration de la pharmacovigilance.

    Ces offres, tournées vers le domicile, la prévention et l’expérience patient, renforcent la logique de médecine 6P, en rendant tangible la dimension prédictive et personnalisée pour des populations à risque ou chroniques.

    Jumeaux numériques d’organisation et de territoire

    Au-delà de l’échelle individuelle, des initiatives se déploient sur l’organisation des soins et les territoires, avec des éditeurs et consortiums misant sur les données de vie réelle et la simulation des flux.

    • Clinique Mutualiste / École des Mines de Saint-Étienne – jumeau de bloc opératoire : un jumeau numérique du bloc opératoire est développé pour optimiser les décisions en temps réel, superviser l’organisation, identifier les goulots d’étranglement et simuler l’impact des aléas (retards, urgences, absences de patients). Ce projet, cofinancé par le Fonds Avenir Santé Numérique, combine un modèle organisationnel du plateau technique (16 salles, flux patients, équipes) et un jumeau numérique patient pour anticiper les étapes clés du parcours (temps au bloc, en salle de réveil, mode d’hospitalisation).

    • Health Data Hub – jumeaux numériques de territoire : le HDH met en avant le concept de jumeau numérique de l’état de santé d’un territoire, permettant de représenter l’état de santé d’une population, les inégalités, la distribution des ressources et d’évaluer différents scénarios organisationnels ou de politiques de santé. Cette approche mobilise les données de santé en vie réelle, et appelle des solutions analytiques intégrant IA et modélisation des flux pour éclairer les décisions publiques.

    • Qualees – solutions données de santé en vie réelle : Qualees ne propose pas un jumeau numérique spécifique, mais développe des solutions d’exploitation des données de santé en vie réelle combinant méthodologies de CRO et technologies d’IA / deep learning pour la R&D, le pilotage business et l’optimisation des coûts. Ces briques analytiques peuvent alimenter des jumeaux numériques organisationnels ou territoriaux en apportant une valorisation robuste des données de routine.

    Ces projets prolongent la logique des jumeaux numériques vers le pilotage macro des ressources et des parcours, dans un contexte de tensions sur les capacités hospitalières et la nécessité d’objectiver les choix d’organisation.

    Industrie et recherche clinique : vers des essais virtuels

    Medidata et les jumeaux numériques de patients

    À l’international, des acteurs comme Medidata (groupe Dassault Systèmes) développent des jumeaux numériques de patients pour la recherche clinique. Ces modèles sont utilisés pour simuler des groupes de contrôle virtuels dans les essais cliniques, afin de réduire le nombre de patients exposés à des placebos et d’accélérer les études.

    Cette approche, déjà reconnue par certaines autorités réglementaires, illustre le potentiel des jumeaux numériques pour transformer la conduite des essais cliniques

    Un marché en structuration : acteurs, technologies et perspectives

    Le marché des jumeaux numériques en santé reste hétérogène, mais quelques lignes de force se dégagent pour les décideurs, DSI et directions innovation.

    • Acteurs clés :

      • Grandes plateformes de simulation et de jumeaux virtuels : Dassault Systèmes avec MEDITWIN et les initiatives soutenues par sa Fondation (Living Eye Virtual Twin, Vivid-Spine).

      • Éditeurs spécialisés verticaux : Predisurge (PlanOp), inHEART, Digyne, Caranx Medical (Tavipilot Soft), ExactCure, HiNounou, Integratome, OneTwenty AG (bioX DT).

      • Institutions de recherche et CHU : CHU de Nice (Rebone), CHRU de Nancy / IADI (projets de jumeau cardiaque), École des Mines de Saint-Étienne, IHU partenaires de MEDITWIN.

    • Technologies dominantes :

      • IA de type machine learning et deep learning appliquée à l’imagerie et aux données structurées (PlanOp, inHEART, Rebone, Digyne, Tavipilot Soft, bioX DT).

      • IA symbolique et réseaux bayésiens pour des modèles explicables en prévention et parcours de soins (Integratome).

      • Simulation numérique 3D et biomécanique, couplée à la réalité mixte et à l’impression 3D (Rebone, Vivid-Spine).

    • Chiffres et ordres de grandeur :

      • inHEART : plus de 200 hôpitaux équipés en Europe et aux États-Unis, réduction de 60% du temps de procédure et de 38% des récidives en arythmologie.

      • Vivid-Spine : ambition de réduire de 75% le recours à l’imagerie ionisante dans le suivi de la scoliose grâce au jumeau numérique et à la réalité augmentée.

      • Blocs opératoires de la Clinique Mutualiste : 16 salles et une centaine de patients opérés par jour, constituant un terrain d’application concret pour les jumeaux organisationnels.

     

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  • 150 événements santé en France en 2026 : IA, numérique et grands congrès au rendez-vous

    2026, une densité événementielle sans précédent dans la santé

    L’année 2026 se distingue par une concentration exceptionnelle d’événements santé, en particulier en France, qui accueille plusieurs rendez-vous européens et mondiaux majeurs. Des congrès médicaux historiques aux salons de la e-santé, en passant par les grandes journées de santé publique, le calendrier reflète l’accélération des transformations du système de soins, sous l’effet combiné de l’innovation technologique, de la pression démographique et des évolutions réglementaires. Selon les données consolidées issues des agendas professionnels et institutionnels, plus de 150 événements santé sont programmés en France en 2026, dont une part croissante intègre des dimensions numériques, d’intelligence artificielle, de données de santé ou d’organisation des parcours de soins.

    La santé numérique s’installe au cœur des grands salons français

    SANTEXPO 2026 : plus de 30 000 visiteurs attendus

    Du 19 au 21 mai 2026, SANTEXPO, organisé par la Fédération Hospitalière de France, demeure le principal carrefour français de l’innovation hospitalière, avec 650 exposants et plus de 30 000 visiteurs attendus.
    Les thématiques numériques — systèmes d’information hospitaliers, interopérabilité, cybersécurité, IA clinique — y occupent une place centrale.

    Tech 4 Health et MedInTechs : vitrines de l’innovation technologique

    Les salons Tech 4 Health (25-26 mars, Paris Expo Porte de Versailles) et MedInTechs (9-10 mars 2026) confirment la structuration d’un écosystème français dédié aux technologies de santé, réunissant startups, industriels, établissements de soins et investisseurs.

    Les congrès médicaux intègrent massivement l’IA et le numérique

    JFHOD 2026 : l’intelligence artificielle au cœur de l’hépato-gastroentérologie

    Les Journées Francophones d’Hépato-gastroentérologie et d’Oncologie Digestive (19-22 mars 2026, Paris) placent explicitement l’intelligence artificielle au centre de leur édition 2026.
    Ce positionnement illustre l’intégration croissante des outils d’aide à la décision clinique et d’analyse d’imagerie dans les spécialités médicales.

    JFR 2026 : radiologie, données et alliance patient-médecin

    Les Journées Françaises de Radiologie (8-11 octobre 2026) abordent la relation entre radiologues, patients et technologies autour du thème : « Patient & Radiologue : une alliance clé – Diagnostic, Traitement, Prévention ». La radiologie reste l’un des champs médicaux les plus avancés en matière d’IA clinique.

    La France, hôte de grands rendez-vous européens et mondiaux

    WONCA Europe 2026 : la médecine générale à l’échelle européenne

    Du 30 juin au 3 juillet 2026, Paris accueille la 30ᵉ conférence WONCA Europe, couplée au 18ᵉ Congrès de Médecine Générale France. Cet événement bilingue rassemble médecins généralistes, chercheurs et décideurs autour des enjeux d’équité, d’accès aux soins et d’innovation organisationnelle.

    EuroPCR 2026 : plus de 12 000 participants en cardiologie interventionnelle

    Organisé à Paris du 19 au 22 mai 2026, EuroPCR reste un référentiel mondial en cardiologie interventionnelle, intégrant des démonstrations de dispositifs médicaux, d’imagerie avancée et d’outils numériques d’aide à la procédure.

    Les grands événements internationaux qui structurent l’agenda français

    Même lorsqu’ils se tiennent hors de France, certains événements internationaux jouent un rôle clé pour les acteurs français.

    • HIMSS Global Health Conference (9-12 mars 2026, Las Vegas)
    • HLTH Europe 2026 (15-18 juin, Amsterdam)
    • ICT&health World Conference (27-29 janvier, Maastricht)

    Ces rendez-vous structurent les feuilles de route en matière de gouvernance des données, interopérabilité, cybersécurité et IA en santé, avec une forte participation d’acteurs européens et français.

    Journées mondiales et campagnes nationales : un calendrier de santé publique dense

    Au-delà des congrès professionnels, 2026 est rythmée par de nombreuses journées et mois de sensibilisation, largement relayés par les acteurs institutionnels, associatifs et les établissements de santé.

    Parmi les temps forts :

    • Mars Bleu : dépistage du cancer colorectal
    • Journée mondiale du rein
    • Journée mondiale de la santé mentale (10 octobre)
    • Octobre Rose
    • Novembre Bleu – cancers masculins
    • Journée mondiale du diabète (14 novembre)

    Ces campagnes structurent les actions de prévention, de communication et de mobilisation territoriale, souvent appuyées par des outils numériques de suivi et de sensibilisation.

    2026, une année charnière sur le plan réglementaire

    2 août 2026 : entrée en vigueur de l’AI Act européen

    Un jalon majeur impacte directement les solutions de santé numérique : l’entrée en vigueur du règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act) le 2 août 2026.
    Ce cadre réglementaire impose des exigences renforcées pour les systèmes d’IA à haut risque, dont font partie de nombreuses applications médicales.

  • Alliance SIH : 80 à 500 solutions informatiques par hôpital, un frein à l’interopérabilité que l’alliance brise pour des SIH data centre souverains

    Des SIH fragmentés : 80 à 500 applications par établissement

    Les SIH français actuels souffrent d’une fragmentation sévère, avec entre 80 et 500 solutions informatiques coexistant dans un même hôpital, souvent dans des environnements propriétaires, créant silos et hétérogénéité sémantique.​

    • 97% des données dans les dossiers médicaux restent non structurées et inexploitées mondialement.

    • Architecture monolithique multipliant points d’intégration, erreurs et doublons.

    • Coûts élevés de maintenance et dépendance aux éditeurs propriétaires freinant l’IA.

    • Interopérabilité parcellaire due à méfiance et concurrence industrielle.

    Cette fragmentation pèse sur qualité des soins, quotidien des soignants et finances hospitalières, alors que l’IA exige données structurées persistantes.

    Alliance SIH : La Poste Santé Autonomie à l’initiative d’un collectif d’intérêt général

    L’Alliance SIH est lancée par La Poste Santé Autonomie, acteur industriel d’intérêt général à capitaux publics, aux côtés de CPAGE, Maincare, le GIE HOPSIS et les Hospices Civils de Lyon (HCL), deuxième CHU de France. Dominique Pon, DG de La Poste Santé Autonomie, souligne dans l’avant-propos que cette dynamique collective répond à la nécessité de transformer en profondeur les SIH pour affirmer la souveraineté numérique française. L’appel est ouvert à tous les acteurs partageant les valeurs d’intérêt général, de souveraineté, d’ouverture et de responsabilité.

    Olivier Barets, DGA marketing chez La Poste Santé Autonomie, explique que l’idée naît de la fragmentation des SIH actuels, composés de centaines de logiciels propriétaires coûteux et peu interopérables, freinant l’IA et risquant un décrochage face aux modèles data centre étrangers.

    L’alliance mutualise compétences et coûts pour accélérer des solutions concrètes, comme un module de DPI avec les HCL ou un logiciel de suivi des plaies.

    SIH ouverts, data centre et souverains

    L’ambition est de passer d’un modèle applicatif propriétaire à une architecture data centre centrée sur la donnée persistante et indépendante.​

    • Séparation stricte : données stockées dans référentiel unique vs applications consommatrices.

    • Garantir persistance, intégrité, gouvernance et accessibilité pour usages cliniques, administratifs, recherche.

    • Plus d’efficience économique, souveraineté numérique et maîtrise collective des données santé.

    • Vue holistique du patient pour coordination soins, médecine personnalisée et IA prédictive.

    Raymond Le Moign (HCL) et Virginie Valentin (HOPSIS) insistent sur référentiel unique éthique fluidifiant parcours patients.

    Trio openEHR-FHIR-OMOP + Better : Le socle technique open et accéléré de l’Alliance

    L’Alliance SIH s’appuie sur trois standards complémentaires :

    • openEHR : pour structurer durablement les données cliniques dans un référentiel unique (Clinical Data Repository), validation double niveau RGPD, évolutivité collaborative.
    • FHIR :  échanges rapides via API pour données administratives/non structurées.
    • OMOP :  pour la recherche clinique et les entrepôts de données.

    Ces normes ouvertes garantissent une interopérabilité native, une validation à deux niveaux conforme RGPD, et une évolutivité collaborative impliquant cliniciens et architectes.

    Le partenariat avec Better, plateforme européenne présente dans 28 pays, accélère le déploiement via une approche low code/no code, avec un système de design pour des interfaces fluides. L’architecture s’articule en cinq couches : données standardisées, administrative/logistique, production de soins, parcours de santé, recherche, et IA transversale. Gartner note que les Digital Health Platforms comme Better permettront à 80% des prestataires adoptants de surpasser leurs pairs en transformation numérique d’ici 2024.

    Mutualisation des coûts et 22 milliards d’euros de valeur e-santé

    Mutualisation ressources optimise budgets dans contexte déficits hospitaliers, générant valeur partagée.​

    • CPAGE (David Boussard) : Réécrit 100% offre, co-développement maîtrise coûts production.

    • Maincare (Olivier Geoffroy) : Accélère IA, alternative souveraine aux propriétaires étrangers.

    • HOPSIS/HCL : Renforce Easily (170 sites) pour SIH fluide, collaborations territoriales.

    • La Poste Sant Autonomie : Filière française souveraine, innovation responsable.

    • Potentiel marché e-santé : 22 milliards € en 5-10 ans (Arnaud Houette, Extens).

    Gartner prévoit 50% nouvelles capacités DSI via DHP d’ici 2027 ; 80% avance transformation pour adoptants.

    Bénéfices systémiques : Interopérabilité au service des soins et IA

    L’approche data centre catalyse innovation et efficience au-delà des acteurs.​

    • Clinique : Réduction doublons examens/erreurs, vue holistique parcours patient.

    • Opérationnel : Automatisation tâches, low code DSI, mutualisation maintenance.

    • Innovation : Intégration IA aisée, recherche multicentrique, gestion populationnelle.

    • Économique : Flexibilité, réduction dépendance propriétaire.

  • États Généraux 2025 : un écosystème mobilisé pour sécuriser l’innovation et préserver la garantie humaine

    Un écosystème en expansion rapide : l’IA change déjà les pratiques

    Avec 50 millions d’euros mobilisés, 350 projets lauréats et 660 porteurs engagés, plus de la moitié intégrant déjà des briques d’intelligence artificielle, le paysage de l’IA en santé connaît une accélération. Les États généraux ont ainsi rendu visible l’ensemble de la chaîne : institutions publiques, hôpitaux, fédérations, assureurs, industriels, associations d’usagers, fondations, experts réglementaires et territoriaux. Tous s’accordent : l’IA n’est plus une promesse. Elle s’installe dans le quotidien des parcours, des diagnostics et de la prévention. L’intégration rapide de l’intelligence artificielle en santé soulève des enjeux autour de la garantie humaine, de la régulation et de l’innovation industrielle.

    HTI a été présente à la deuxième édition des États Généraux de l’IA en Santé qui a rassemblé une diversité d’acteurs institutionnels, professionnels, privés et associatifs, partageant un même objectif : construire un cadre collectif, éthique et opérationnel qui accompagne la transformation sanitaire tout en préservant le lien humain.

    Les acteurs publics structurent : stratégie nationale, régulation, formation

    L’État, moteur d’un modèle européen souverain

    La Ministre Stéphanie Rist affirme la volonté de construire un modèle européen singulier, conciliant innovation et droits individuels : « Nous assumons de construire un modèle souverain, équilibré, conjuguant innovation et respect des droits »

    Elle annonce :

    • Une gouvernance nationale unifiée intégrant IA, numérique, recherche et innovation au sein d’une seule direction ministérielle.
    • La mise en œuvre du 2ᵉ volet de la stratégie nationale IA et données de santé, élaborée avec plus de 70 acteurs et 100 contributions publiques.

    Institutions publiques : gouvernance unifiée, régulation et cadre européen

    Une stratégie nationale structurée autour de la souveraineté

    La ministre de la Santé évoque la mise en œuvre d’une gouvernance intégrée réunissant numérique, données, recherche et innovation. L’objectif est d’assurer un déploiement cohérent des technologies et de renforcer la capacité d’arbitrage public. Cette orientation s’inscrit dans un paysage réglementaire européen marqué par l’adoption du règlement sur l’intelligence artificielle et l’importance de conserver une maîtrise locale des usages et des données.

    HAS : cartographier, structurer et sécuriser les usages

    Depuis 2024, la Haute Autorité de Santé (HAS) impose aux établissements la cartographie des systèmes d’IA. Les échanges mettent en avant des avancées sur l’organisation interne, avec des marges d’amélioration concernant la formation et l’information du patient. La mise en conformité avec les exigences de transparence reste en discussion avec la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL)

    Formation et inclusion : la clé d’une transformation réussie

    Marc Dumon (ANFH) a détaillé un plan qui vise à former un million de professionnels hospitaliers à l’IA d’ici 2027. Ce volet formation est perçu comme un levier essentiel pour démocratiser une intelligence artificielle responsable. Le rôle des établissements, syndicats, grands groupes comme le Groupe VyV, qui travaille sur un modèle de langage propriétaire, souligne l’intérêt d’approches complémentaires entre santé publique, secteur privé et acteurs mutualistes. Pour Marc Dumon, « comprendre l’IA » constitue une étape indispensable pour accompagner les usages

    Établissements et fédérations : un besoin d’outils fiables et de repères communs

    Des niveaux de maturité hétérogènes

    Les fédérations hospitalières (FHF, FHP) et Unicancer soulignent une appropriation variable selon les structures. Des enquêtes montrent un faible taux de réponse concernant l’usage des IA, témoignant d’une perception encore partielle du sujet.

    Les intervenants insistent sur la nécessité de :

    • Repères partagés.
    • Référentiels communs.
    • Critères fiables d’évaluation des solutions.

    Assureurs : prévention, accompagnement et gestion des risques

    La Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) décrit l’usage d’outils d’aide à l’accompagnement et de prévention. Les représentants rappellent que la responsabilité liée au choix des outils et à leur évaluation nécessite une méthodologie rigoureuse

    Perspectives industrielles et territoriales

    La conférence a mis l’accent sur les enjeux industriels avec la nécessité d’un réseau hospitalier ouvert, collaboratif et européen renforcé. Dr François Braun, a plaidé pour une régulation évolutive adaptée au rythme des innovations, garantissant « que l’IA serve à améliorer l’accès aux soins et la coordination territoriale ». L’enjeu est ici double : sécuriser les innovations tout en laissant la place à l’expérimentation et à une diffusion équitable dans tous les territoires.

     

  • Expérience patient : 73 % des soignants sensibilisés, et un concept de plus en plus intégré dans les établissements

    Un concept de plus en plus connu — 73 % des soignants y sont sensibilisés

    Depuis 2018, l’Institut Français de l’Expérience Patient (IFEP) publie chaque année un baromètre mesurant l’appropriation de la notion d’« expérience patient » par les professionnels de santé.

    • Dans l’édition 2023, 73 % des répondants déclaraient avoir déjà entendu l’expression « expérience patient », contre 55 % en 2018, soit +18 points.
    • Parmi eux, 63 % des établissements indiquent connaître le concept depuis plus de 2 ans, et 19 % depuis plus de 5 ans.

    Ce glissement marque une diffusion de cette approche, et reflète les efforts des structures et des instances nationales (comme l’Haute Autorité de Santé — HAS) pour la promouvoir.

    Les outils nationaux pour mesurer l’expérience patient

    Plusieurs dispositifs permettent de collecter et d’analyser l’expérience patient :

    • E-Satis, piloté par la HAS, recueille la satisfaction et le ressenti des patients hospitalisés. En 2024, près de 1,3 million de questionnaires ont été analysés, révélant des taux de satisfaction globaux supérieurs à 80 %, tout en soulignant des disparités selon les territoires et les spécialités.
    • Le Baromètre IFEP, enquête annuelle auprès des professionnels de santé, mesure l’appropriation de la notion et les efforts des établissements. En 2024, 60 % des établissements avaient commencé à travailler sur l’expérience patient, contre 38 % en 2019.
    • Des référentiels internationaux comme le Picker Patient Experience Questionnaire permettent d’évaluer les dimensions clés de l’expérience vécue, facilitant la comparaison et le benchmarking.

    Ces dispositifs créent une base méthodologique solide pour recueillir, structurer et analyser les retours patients, préalable indispensable à toute exploitation via l’IA.

    Un impact perçu large : qualité des soins, image, fidélisation…

    L’enquête de l’IFEP de fin 2024, avec 2 407 professionnels sondés révèle l’ampleur des enjeux liés à l’expérience patient.

    • 96 % des professionnels estiment que l’intégration de l’expérience patient influe positivement sur la relation avec les patients et la qualité de la prise en charge.
    • 95 % considèrent qu’elle a un effet bénéfique sur l’image et la réputation de l’établissement, 89 % sur la fidélisation des patients, 87 % sur la fidélisation des personnels, et 86 % sur le bien-être au travail des professionnels.

    Cela montre que, même avant l’intervention de l’IA, l’expérience patient est perçue comme un levier stratégique pour la performance hospitalière, l’attractivité des établissements, et la qualité des soins.

    De l’écoute traditionnelle aux outils standardisés : PREMs, PROMs et e-Satis

    Pour structurer cette “voix du patient”, la France s’appuie sur des instruments reconnus : les Patient-Reported Experience Measures (PREMs), les Patient-Reported Outcome Measures (PROMs), et le dispositif national e-Satis, piloté par la HAS. 

    • Les PREMs permettent de collecter le ressenti du patient sur son parcours — accueil, communication, coordination des soins, qualité perçue, dignité et respect, … 
    • Les PROMs, quant à eux, mesurent le résultat des soins tel que perçu par le patient et par le professionnel (chirurgien, médecin…) : symptômes, douleur, qualité de vie, fonctionnement — souvent avant et après un traitement ou pendant le suivi d’une pathologie. 
    • Suivant les recommandations de la HAS, le guide de l’ARS Île-de-France, depuis 2025 ces questionnaires sont recommandés dans une démarche d’expérience patient globale. 

    Ainsi s’instaure une base méthodologique solide pour recueillir, structurer et comparer les retours — nécessaires avant d’envisager une exploitation via des technologies avancées comme l’IA. 

    Adoption institutionnelle croissante : la politique de santé intègre l’expérience patient

    L’ARS Île-de-France a formalisé la promotion des PREMs et PROMs dans le cadre de sa politique régionale 2023-2028.

    • L’appel à projets « Déployer une démarche d’expérience patient avec des questionnaires PREMs et PROMs » lancé fin 2024 vise à structurer leur déploiement dans les établissements.
    • Plusieurs établissements engagés — notamment via des expérimentations sur des pathologies chroniques, des projets « Value Based HealthCare », ou des initiatives d’innovation organisationnelle — témoignent d’une montée en puissance de ces démarches.

    Les limites : mobilisation inégale, ressources insuffisantes, et données parfois sous-exploitables

    Malgré cette dynamique, des freins persistent à une mise en œuvre généralisée et stratégique. Selon le baromètre 2024 de l’IFEP, plusieurs limitations sont identifiées.

    • Référent inexistant ou flou : 38 % des sondés ne savent pas s’il existe un référent expérience patient dans leur établissement.
    • Pression sur le personnel soignant : 62 % des professionnels identifient l’épuisement et le stress comme freins majeurs.
    • Ressources limitées : 45 % citent le manque de budget ou de personnel et 40 % la formation insuffisante.

    D’un point de vue méthodologique, le guide ARS 2025 souligne que le déploiement des PREMs/PROMs nécessite un pilotage continu, des équipes mobilisées, et une solution numérique pour faciliter la collecte et l’analyse des données.

  • OSO-AI devient Orikio et lance son expansion internationale au service du bien vieillir

    OSO-AI devient Orikio pour porter son IA à l’international 

    Suisse, Danemark et Japon

    Après plusieurs années de croissance, OSO-AI devient Orikio, une identité plus internationale, lisible et universelle. Ce changement de nom marque un tournant dans l’évolution de l’entreprise, qui a désormais pour objectif de porter son expertise au-delà du territoire français. Le nom conserve la dimension sonore, le cœur historique de la technologie, et s’adapte aux marchés européens et asiatiques visés par l’entreprise. Cet atout nourrit une stratégie internationale déjà en marche :

    • Suisse : premier équipement d’un établissement (Humilimont) dès 2024
    • Danemark : collaboration avec la municipalité de Vesthimmerland via le programme Interreg North Sea ACE (innovation pour le soin à domicile), depuis mai 2025
    • Japon : cible stratégique en raison du vieillissement extrême de la population, déjà engagée dans des tests et projets de référence.

    Des EHPAD aux établissements japonais : l’IA française convainc

    « Le passage d’OSO-AI à Orikio marque un tournant… Ce nouveau nom incarne notre ambition internationale et notre volonté d’apporter des solutions technologiques de pointe au service du bienvieillir, partout dans le monde. » déclare Olivier Menut, CEO et cofondateur d’Orikio. L’entreprise démontre qu’une IA française peut s’exporter avec pertinence dans les environnements médico-sociaux les plus variés, des EHPAD européens aux établissements japonais.

    Une oreille augmentée avec 150 sons détectés

    Derrière ce nouveau nom, la même technologie continue de convaincre. Un petit boîtier installé en quelques minutes, capable d’analyser les sons d’une chambre ou d’un domicile (40–45 m²), de détecter 150 types de sons différents liés à des situations anormales (vomissements, chutes, troubles respiratoires, cris…), puis de transmettre une alerte descriptive sur smartphone, accompagnée d’un extrait audio. Un dispositif devenu clé grâce à :

    • Une fiabilité très élevée.
    • L’acceptabilité supérieure à 8/10.
    • Une satisfaction proche de 9/10.
    • La réduction de la charge mentale.
    • Une meilleure priorisation des actions.
    • L’attractivité des établissements pour les soignants.

    Orikio se distingue surtout par sa capacité à fournir des alertes qualifiées, et non de simples signaux :« détresse respiratoire », « vomissements », « choc inquiétant », autant d’informations qui permettent une prise de décision rapide et ciblée.

    100 établissements déjà équipés en France

    Orikio mise sur la simplicité pour convaincre le terrain

    Le fonctionnement repose sur une logique SaaS, avec un abonnement autour de 60 € par boîtier par mois. Les établissements, souvent engagés sur des contrats de cinq ans, peuvent déployer les boîtiers dans toutes les chambres ou cibler des zones spécifiques (unités Alzheimer, espaces de circulation). Aujourd’hui, plus de 100 établissements en France utilisent la solution Orikio, dans les EHPADs, des foyers de vie et des structures pour personnes en situation de handicap, avec 3 500 chambres déjà équipées et une équipe d’une cinquantaine de collaborateurs, Orikio atteint l’équilibre financier et accélère son déploiement, notamment sur le domicile.

    La stratégie repose sur une conviction simple, si la technologie n’est pas simple à utiliser, elle ne sera pas utilisée. C’est pourquoi les paramétrages complexes, multimodes et solutions cumulatives ont été progressivement abandonnés pour ne conserver qu’un seul capteur, fiable, universel et parfaitement identifiable par les équipes de terrain.

    Une identité nouvelle pour accompagner l’ouverture au domicile

    Le changement de nom correspond également à une évolution : Orikio ne s’adresse plus seulement aux EHPADs et structures spécialisées, mais entre dans les domiciles. À Rennes, 30 personnes sont déjà accompagnées via une plateforme territoriale, avec une équipe disponible 24/7. Les résultats rejoignent ceux observés en établissement :

    • Acceptabilité élevée,
    • Quasi-absence de faux positifs,
    • Fort sentiment de sécurité pour les aidants,
    • Meilleure personnalisation du projet de vie.

    Dans certains cas, Orikio permet même aux équipes d’anticiper ou d’accompagner les derniers instants de vie, évitant les situations de découverte tardive un bénéfice inattendu mais profondément humain.

  • Cartographie des acteurs Français qui transforment la prise en charge de pédiatrie

    Une prise en charge plurielle de la santé mentale et neurodéveloppementale

    La santé mentale des enfants est au cœur du dispositif pédiatrique français, prenant en compte les spécificités cliniques et sociales de chaque jeune patient. Les centres médico-psychologiques (CMP), les centres hospitaliers spécialisés (CHS) en pédopsychiatrie, et les Centres de Référence pour les troubles du neuro-développement assurent ensemble une réponse coordonnée et adaptée, souvent en lien avec les maisons d’enfants à caractère social (MECS). Ces structures fonctionnent en synergie, animées par une volonté de contextualisation et de globalité dans la prise en charge. La recherche et l’innovation accompagnent cette dynamique, notamment par le biais de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), moteur d’avancées cliniques et technologiques. Parmi les acteurs académiques majeurs, l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Imagine et l’Institut Necker-Enfants malades occupent une place essentielle, en fédérant des experts autour de la compréhension des maladies infantiles et du développement de nouveaux protocoles basés sur les connaissances scientifiques les plus récentes.

    Oncologie pédiatrique : un réseau d’excellence multidisciplinaire

    L’oncologie pédiatrique en France s’appuie sur un réseau dense qui intègre des établissements hospitaliers de pointe, des instituts de recherche et des collectifs associatifs. Le partenariat entre l’AP-HP, Gustave Roussy, l’Institut Curie et Paris Kids Cancer illustre cette complémentarité. Ces acteurs unissent leurs forces pour offrir une prise en charge innovante, multidimensionnelle et centrée sur la qualité de vie des jeunes patients. Le rôle de l’Institut National du Cancer (INCa) est primordial dans le financement et la coordination de la stratégie nationale, marquée par des efforts importants pour structurer une recherche intégrée. Dans cette optique, les collectifs associatifs comme UNAPECLE, GRAVIR ou la Fédération Grandir Sans Cancer complètent le tableau, en agissant sur les volets informations, droits des patients et soutien aux familles, tout en veillant à l’accès équitable aux innovations.

    Néonatologie : un soin attentif et technologiquement soutenu

    La néonatologie française est caractérisée par une concentration d’expertises autour des besoins des nouveau-nés fragiles ou prématurés, avec un réseau structuré d’unités dédiées et d’associations de soutien. La Société Française de Néonatologie (SFN) est une instance pivot pour la diffusion des bonnes pratiques, en particulier celles intégrant les nouvelles technologies et approches interdisciplinaires. Le soutien apporté par des associations comme SOS Préma, qui accompagne les familles, témoigne d’une volonté d’humaniser cette phase critique par un accompagnement global. L’AFM-Téléthon joue un rôle majeur en matière de dépistage néonatal et de recherche sur les maladies génétiques rares associées, favorisant un écosystème capable d’innover tout en maintenant le cap sur la qualité et la sécurité des soins.

    Maladies génétiques rares : mobiliser la recherche et la coordination

    Les maladies rares pédiatriques mobilisent un ensemble d’acteurs qui convergent vers une meilleure coordination et une recherche toujours plus efficiente. L’Institut Imagine, avec son ancrage hospitalo-universitaire, fait figure de centre de gravité, fédérant médecins, chercheurs et patients autour d’une mission commune. À l’échelle régionale et nationale, la plateforme d’expertise maladies rares Paris Nord rassemble plusieurs centres hospitaliers et laboratoires, renforçant les échanges et harmonisant les pratiques cliniques. L’INSERM via des réseaux tels que PEDSTART soutient quant à lui la recherche clinique pédiatrique à base translationnelle et insiste sur une collaboration interinstitutionnelle pour accélérer les progrès.

    Maladies chroniques : éducation et prévention en réseau

    Face à l’augmentation des maladies chroniques comme l’asthme ou l’obésité, la France a structuré des réseaux d’acteurs dédiés, alliant établissements, professionnels de terrain et associations locales. Ces réseaux travaillent avec une attention particulière sur l’éducation thérapeutique et l’accompagnement à long terme des patients et de leurs familles. La Fondation des Hôpitaux, à travers ses campagnes Pièces Jaunes, soutient des programmes innovants visant à améliorer la qualité de vie des enfants malades chroniques. L’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) joue également un rôle crucial en encourageant l’intégration opérationnelle des outils numériques dans la pratique ambulatoire, favorisant une médecine proactive et centrée sur le patient.

    Radiologie pédiatrique : un secteur en pleine évolution collaborative

    La radiologie pédiatrique bénéficie d’une attention particulière de la part du corps médical et des chercheurs, réunis au sein des grands hôpitaux comme Necker et Robert-Debré. Ces centres collaborent étroitement avec des laboratoires universitaires et des équipes de recherche technologique, illustrant une dynamique fertile d’échanges. La chaire AI-4-Child, portée par IMT Atlantique, témoigne de cette synergie entre monde académique et hospitalier. En parallèle, des conférences nationales et européennes organisées régulièrement créent un espace de réflexion et de formation sur les usages responsables et efficaces de l’intelligence artificielle dans ce domaine.

    Sociétés savantes, syndicats et associations professionnelles dans l’écosystème IA

    La Société Française de Pédiatrie (SFP) pilote la diffusion des bonnes pratiques, formations et recommandations pour intégrer l’IA dans les soins pédiatriques. Elle collabore avec PedStart et les comités d’évaluation des outils numériques, soutenant la formation aux outils IA.​Les syndicats comme le SNPF et le SNPEH accompagnent l’adoption des technologies numériques et intelligentes par la formation, notamment en téléconsultation et e-santé pédiatrique. Les associations de patients jouent un rôle essentiel dans l’acceptabilité de l’IA, notamment les fédérations neurodéveloppementales et maladies rares qui collaborent à des projets intégrant IA et suivi personnalisé