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  • Télésurveillance cardiaque : le Conseil d’État rejette Microport CRM

    Télésurveillance cardiaque : le Conseil d’État rejette Microport CRM

    Publié le vendredi 11 juillet 2025 à 15h07

    Le Conseil d’État a rejeté la demande de Microport CRM d’annuler le tarif de 550 €/semestre pour la télésurveillance des porteurs de prothèses cardiaques. Il a jugé que ce tarif respecte le code de la sécurité sociale, car fixé selon l’impact clinique, l’intérêt organisationnel et les prévisions de dépenses, critères prévus pour moduler les prix.

  • Diabète : un suivi numérique trop partiel pour endiguer la progression selon la Cour des comptes

    • +34,8 % de hausse des dépenses liées au diabète de type 2 depuis 2015, atteignant 10,2 milliards € en 2022.
    • 4,3 millions de personnes concernées par le diabète de type 2 en France.
    • 30 % des patients présentent déjà des complications au moment du diagnostic.
    • 85 % des dépenses concentrées sur les soins de ville, sans amélioration des indicateurs de suivi.
    • 2 niveaux d’ALD diabète recommandés selon la gravité et la présence de complications.
    • 862 programmes d’ETP recensés, mais seulement 112 spécifiquement dédiés au diabète de type 2.
    • 30 % seulement des patients éligibles bénéficient du programme Sophia d’accompagnement à distance.
    • Le numérique en santé mobilisé via l’ENS pour générer des alertes de risque et faciliter le dépistage.
    • Obligation recommandée d’un parcours combinant éducation, activité physique et nutrition dès le diagnostic.
    • Extension préconisée des restrictions publicitaires sur les produits gras, sucrés et salés aux médias numériques.

    +34,8 % de dépenses liées au diabète depuis 2015, le diabète de type 2 progresse sans amélioration des soins

    Le diabète de type 2 touche 4,3 millions de personnes en France, avec des dépenses atteignant 10,2 milliards d’euros en 2022, en hausse de 34,8 % depuis 2015, sans amélioration notable de la qualité du suivi des patients.

    Publié en juillet 2025, le rapport de la Cour des comptes analyse la prévention et la prise en charge précoce du diabète dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et l’augmentation de l’obésité. Bien que le diabète de type 2 reste moins fréquent en France que dans d’autres pays européens, la pathologie progresse, avec des inégalités sociales et territoriales, notamment en Outre-mer et dans les départements les plus précaires.

    30 % des patients diabétiques présentent déjà des complications au diagnostic

    Le rapport pointe un dépistage souvent trop tardif, alors que 30 % des nouveaux patients présentent déjà des complications au moment du diagnostic. Les dépenses, concentrées à 85 % sur les soins de ville, augmentent sous l’effet des complications et de la longévité des patients diabétiques, sans amélioration des indicateurs de suivi (examens de fond d’œil, dosages, prévention des complications). La Cour des comptes appelle à structurer un parcours de soins proposé dès le diagnostic, combinant éducation thérapeutique, activité physique adaptée et intervention nutritionnelle.

    Parmi les recommandations générales formulées :

    • Découpler l’ALD diabète en deux niveaux selon la sévérité et les complications.
    • Proposer systématiquement un parcours incluant éducation thérapeutique, activité physique et nutrition dès le diagnostic.
    • Recenser et homogénéiser l’offre d’éducation thérapeutique, aujourd’hui hétérogène selon les territoires.
    • Renforcer la prévention primaire via des actions nutritionnelles, une régulation de l’offre alimentaire, et une intensification de la fiscalité comportementale sur les produits sucrés.
    • Étendre l’interdiction de publicité sur les produits gras, sucrés et salés aux supports audiovisuels et numériques, notamment via le Nutri-Score.

    Le numérique en santé mobilisé pour le repérage du risque diabète

    L’espace numérique en santé permet désormais d’identifier les facteurs de risque liés au diabète de type 2, grâce à l’exploitation de données. Depuis le décret n°2024-468 de mai 2024, l’espace numérique en santé (ENS) s’inscrit dans la stratégie de prévention du diabète. Il autorise l’exploitation d’informations telles que la sédentarité ou l’obésité, déclarées par les assurés ou renseignées par les professionnels de santé, afin de générer des alertes de risque.

    D’après le rapport, l’ENS pourrait ainsi faciliter l’incitation au dépistage systématique lors des bilans prévention proposés à 45 ans, notamment pour les femmes ayant eu un diabète gestationnel, et contribuer à mieux cibler les actions selon les facteurs de risque.

    30 % des diabétiques éligibles bénéficient du suivi Sophia, selon la Cour des comptes

    Si l’assurance maladie a développé le programme Sophia, un accompagnement multicanal à distance des patients diabétiques, son efficacité reste limitée à certains indicateurs et ne touche qu’environ 30 % des patients éligibles. Ce dispositif propose un suivi via courriels, appels téléphoniques et supports numériques, mais peine à atteindre les patients les plus éloignés du système de santé, malgré une baisse globale des coûts d’hospitalisation pour les adhérents.

    862 programmes d’ETP recensés, seuls 112 ciblent le diabète type 2

    La Cour des comptes recommande de renforcer l’articulation entre le suivi numérique et les actions d’éducation thérapeutique, qui demeurent hétérogènes selon les régions et les structures financées par les ARS. En 2022, 862 programmes ont été recensés, dont seuls 112 citaient le diabète de type 2, signe d’un potentiel encore sous-exploité pour la prévention numérique de cette pathologie.

    Le rapport souligne enfin la nécessité d’adapter le régime des affections de longue durée pour inclure l’éducation thérapeutique et l’activité physique dans le parcours de soins dès le diagnostic de diabète de type 2, en mobilisant tous les outils numériques existants pour renforcer l’adhésion des patients et le suivi personnalisé via l’ENS.

    Cour des comptes : Rapport public thématique Prévention et prise en charge précoce du diabète

  • Cegedim Santé déploie Maiia Médecin pour simplifier la gestion des cabinets de ville

    Une solution tout-en-un sans formation pour les médecins de ville

    Cegedim Santé renouvelle son offre aux médecins libéraux avec le lancement de Maiia Médecin, une solution tout-en-un combinant prise de rendez-vous en ligne, dossier patient, consultation, prescription, facturation et téléservices de l’Assurance-maladie. « Nous avons constaté un immense besoin de simplification », indique Benoît Garibal, directeur général de Cegedim Santé, précisant que l’objectif est une prise en main immédiate sans formation.

    La Consult’ : un webinaire de 20 min pour tester Maiia Médecin en conditions réelles

    Pour accompagner ce lancement, Cegedim Santé propose « La Consult’ », un webinaire de 20 minutes, basé sur un cas clinique, permettant aux médecins de tester l’outil sans perturber leur activité. Les praticiens naviguent en direct dans l’interface : gestion de l’agenda, accès au dossier patient, connexion aux modules comme la base Claude Bernard, jusqu’à la facturation et la gestion des téléconsultations. Les questions des participants portent notamment sur la gestion des listes d’attente, l’annulation de rendez-vous ou le paramétrage des formulaires.

    Maiia Médecin automatise la synthèse de consultation avec un assistant IA embarqué

    Point central de Maiia Médecin, l’assistant de consultation IA écoute et analyse les échanges durant la consultation, classe automatiquement les informations dans les sections appropriées du dossier patient et génère une synthèse de consultation, que le praticien valide avant enregistrement. Cette fonctionnalité réduit le temps de rédaction et permet un accès rapide aux informations.

    Les médecins peuvent s’inscrire aux prochaines sessions de La Consult’ programmées jusqu’au 17 juillet. Un replay est proposé aux participants, qui bénéficient par ailleurs de six mois d’abonnement offerts à Maiia Médecin après leur participation au webinaire.

  • Santé des femmes et psychiatrie infantile : deux appels à projets ARS Île-de-France pour 2025

    L’ARS soutient les projets d’innovation organisationnelle pour la santé des femmes

    L’ARS Île-de-France lance un appel à projets dans le cadre de son PRS 2023-2028 pour soutenir des innovations organisationnelles ou de recherche-action permettant d’améliorer l’accès à la santé des femmes. Les thématiques gynécologie et périnatalité sont exclues, les innovations numériques peuvent être intégrées aux projets.

    Les priorités concernent le renforcement des connaissances sur la santé des femmes (santé mentale, pathologies cardiovasculaires, addictions, santé au travail) et l’amélioration de l’accès aux soins, notamment pour les femmes en situation de vulnérabilité (aidantes, monoparentalité, horaires décalés, victimes de violence). L’appel s’adresse aux structures franciliennes (établissements de santé, structures médico-sociales, MSP, CDS, DAC, associations, CPTS) qui peuvent s’associer à d’autres partenaires (patients, collectivités, recherche).

    Les projets sélectionnés seront mis en œuvre sur deux ans après signature de la convention. Les candidatures doivent être déposées avant le 17 septembre 2025 via la démarche simplifiée disponible en ligne, avec contact possible à l’adresse suivante : ars-idf-datos@ars.sante.fr.

    4,6 millions d’euros pour la psychiatrie périnatale et infantile

    Dans le cadre d’une enveloppe nationale de 25 millions d’euros, dont 4,6 millions pour l’Île-de-France, un appel à projets régional vise à renforcer l’offre en psychiatrie périnatale, de l’enfant et de l’adolescent. L’objectif est de compléter l’équipement en lits d’hospitalisation temps plein, développer les dispositifs alternatifs (ambulatoire, hospitalisation partielle ou à domicile) et améliorer la prise en charge des urgences et des crises, en lien avec les CMP et les équipes mobiles.

    Les projets doivent répondre aux orientations du PRS 2023-2028 et s’articuler avec les PTSM, en lien avec les acteurs du médico-social, de l’éducation, de la prévention ou de la justice. Les priorités incluent la prévention du risque suicidaire chez les adolescents et le développement de l’offre en psychiatrie périnatale, avec des soins coordonnés parents-bébé, y compris en ambulatoire.

    L’appel s’adresse aux établissements autorisés en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, en coopération avec les acteurs concernés. Les dossiers doivent être transmis avant le 24 octobre 2025 aux adresses dédiées après présentation préalable du projet aux DDARS concernées. Le nombre de dossiers est limité selon le territoire et la portée régionale du projet.

    Les lauréats devront produire un rapport annuel d’activité et l’ARS se réserve la possibilité de reprendre les crédits en cas d’absence de mise en œuvre effective. La sélection sera arrêtée par le Directeur général de l’ARS Île-de-France, avec une attention portée aux départements prioritaires et aux territoires sous-dotés.

  • 5 000 patients suivis pour tester le financement, selon les résultats, des soins en orthopédie

    Vers un achat hospitalier fondé sur les résultats

    Digikare, startup toulousaine spécialisée dans le suivi numérique des parcours chirurgicaux, rejoint le projet européen VBP.O (Value-Based Procurement Orthopedics), soutenu par EIT Health. Ce projet pilote un modèle d’achat hospitalier fondé sur les résultats mesurés chez 5 000 patients en France, Espagne et Danemark, dans un contexte où les chirurgies de la hanche et du genou pourraient doubler d’ici 2050 alors que les budgets de santé resteront contraints.

    15 millions de données pour piloter les parcours orthopédiques

    Fondée en 2017, Digikare a conçu la plateforme Orthense, qui a permis de collecter plus de 15 millions de données de vie réelle (PROMs, PREMs) sur les parcours orthopédiques. Ces données sont fondées sur un recueil structuré des résultats de santé.

    En 2025, Digikare publie un premier modèle prédictif de la qualité de vie à un an après la pose d’une prothèse de hanche ou de genou, en utilisant uniquement les données préopératoires.

    Avec l’augmentation des besoins en chirurgie orthopédique et les contraintes budgétaires, la nécessité d’optimiser les parcours et de repenser leur financement devient nécéssaire. Digikare propose un pilotage des soins par les résultats, permettant aux établissements et autorités de mieux cibler et financer les soins.

  • Bilan de l’évaluation des ESSMS après deux années : des améliorations attendues

    ESSMS : la HAS tire les premiers enseignements de la programmation 2023-2027

    En 2019, la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé donnait pour mission à la Haute Autorité de Santé (HAS) de refondre et piloter le dispositif d’évaluation de la qualité des ESSMS. Le décret du 12 novembre 2021 a fixé un nouveau rythme quinquennal des évaluations, selon une programmation pluriannuelle arrêtée par les autorités de tarification et de contrôle (ARS et président du conseil départemental). La première programmation pluriannuelle des évaluations se déroule du 1er juillet 2023 au 31 décembre 2027. Durant cette période de 5 ans, tous les ESSMS doivent avoir réalisé leur première évaluation selon la nouvelle procédure.

    La HAS a présenté le 3 juillet les résultats de l’évaluation 2024 des établissements, après celle de 2023 : l’occasion de tirer les premiers enseignements de la nouvelle procédure.

    Un dispositif encore mal maîtrisé : seuls 19 % satisfont les critères impératifs en 2024

    En 2024, 6 367 ESSMS ont été évalués sur environ 40 000, soit 16% contre seulement 7,4% l’an dernier. Le bilan 2024 montre, comme en 2023, une représentation équilibrée entre le secteur médico-social (accompagnement des personnes âgées ou en situation de handicap) et le secteur social (protection de l’enfance et inclusion sociale), cohérente avec leur poids respectif.

    La cotation moyenne sur les 157 critères du référentiel baisse légèrement en 2024, passant de 3,62 à 3,57 sur 4 (avec une mention étoile pour ceux qui dépassent les normes exigées). Les 18 critères dits impératifs (portant notamment sur la gestion des risques, des plaintes, des évènements indésirables) ne sont satisfaits que dans 19% des évaluations réalisées, un chiffre inférieur de 6 points à celui de 2023. Rappelons que les établissements n’obtenant pas 4/4 sur ces critères impératifs doivent élaborer sans délai un plan d’action.

    Ces résultats semblent indiquer une difficulté à s’emparer de la procédure, ou du moins à parvenir à des résultats satisfaisants, sur ce que la HAS considère comme essentiel.

    Des marges d’amélioration pour les organismes évaluateurs : la durée jugée insuffisante dans 22 % des cas selon la HAS

    Les évaluations ont été réalisées par 121 organismes évaluateurs, mais on constate que 15 d’entre eux concentrent la moitié des évaluations réalisées. Le coût moyen d’une évaluation est stable : 7240 € en moyenne en 2024, la moitié des prestations se situant entre 6000 et 8000€.

    La HAS n’est pas en mesure de donner une durée moyenne de visite au cours de la procédure, mais elle constate que la durée des évaluations est insuffisante dans 22% des cas, car inférieure aux 2 jours jugés nécessaires pour la pleine application de la méthodologie. Afin de répondre à cet écueil, le dépôt des plannings des visites d’évaluation est devenu obligatoire, ainsi que la déclaration du nombre d’heures sur site et hors site.

    A, B, C ou D : Une cotation de la qualité des établissements à venir

    Le décret du 4 décembre 2024, fixant les modalités de publication des résultats de l’évaluation, en a précisé le cadre : à compter de septembre 2025, les résultats seront publiés sur le site de la HAS sous la forme d’une échelle qualité et d’un extrait du rapport d’évaluation. Une note A, B, C ou D, définissant le niveau de qualité des structures, sera attribuée pour cinq ans.

     

    Comprendre la nouvelle procédure Haute Autorité de Santé – Comprendre la nouvelle évaluation des ESSMS

    Référentiel d’évaluation https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-03/referentiel_devaluation_de_la_qualite_essms.pdf

    Bilan 2023 Haute Autorité de Santé – Dispositif d’évaluation de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux : bilan annuel 2023

    Bilan 2024 Haute Autorité de Santé – Évaluation des ESSMS : quel bilan pour cette 2e année de déploiement du dispositif ?

    Bilan annuel 2024 du dispositif d’évaluation de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux

    Décret n° 2024-1138 du 4 décembre 2024 fixant les modalités de publication des résultats des évaluations de la qualité des prestations délivrées par les établissements et services sociaux et médico-sociaux – Légifrance

     

  • L’Anap lance une plateforme numérique avec 22 outils pour optimiser les blocs opératoires

    Plus de 50 établissements utilisent déjà la plateforme blocs opératoires

    L’Agence nationale de la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) met à disposition des établissements une plateforme numérique dédiée aux blocs opératoires. Cette offre comprend 22 ressources issues des retours d’expérience de terrain pour structurer la gouvernance, piloter l’activité et suivre les indicateurs. Aujourd’hui plus de 50 établissements participent déjà à l’appui terrain de l’Anap. “Cette plateforme vise à fournir aux équipes une vision claire, partagée et pilotable de leur organisation opératoire”, indique Valentin Simon, directeur du pôle performance des prises en charge à l’Anap.

    Un parcours en ligne en six étapes

    La plateforme propose un parcours en ligne en six étapes :

    • La réalisation d’un autodiagnostic.
    • L’accès à des outils de pilotage.
    • La structuration de la gouvernance.
    • La programmation des activités.
    • Le suivi des indicateurs.
    • Le renforcement de la coopération avec les services partenaires.

    L’Anap complète sa plateforme avec quatre nouveaux guides

    Quatre nouvelles publications complètent la plateforme :

    • Indicateurs de performance du bloc : actualisation des taux de démarrage, vacations vides, retards et débordements, avec modes de calcul et utilité pour adapter les moyens selon les performances constatées.
    • Gouvernance du bloc opératoire : rôles des conseils de bloc, cellules de programmation, binômes de pilotage, et place de la charte de bloc et du rapport d’activité.
    • Coopération avec les services partenaires : leviers pour fluidifier les échanges avec soins, pharmacie, imagerie, biomédical, techniques, et éviter les ruptures de coordination.
    • Performance humaine et qualité des soins : structuration de la qualité autour du PAQSS, intégration des nouveaux arrivants, et développement des compétences.

    En parallèle, l’Anap poursuit son appui terrain “Blocs chirurgicaux : 3 jours pour gagner du temps opératoire”. Ce dispositif court permet aux établissements de dégager des marges de progrès grâce à une analyse personnalisée de l’organisation du bloc.

    Cette initiative s’adresse aux équipes de bloc et aux DSI impliqués dans la digitalisation du pilotage des blocs opératoires. Elle fournit une base d’autoévaluation, de formation et d’outillage pour moderniser la gouvernance des blocs, faciliter la programmation et valoriser les données disponibles au sein des établissements.

  • Bpifrance et l’AP-HP mutualisent leurs moyens pour stimuler la création de startups en santé

    Valoriser la recherche

    A l’occasion de la journée APInnov, Nicolas Revel (AP-HP) et Nicolas Dufourcq (Bpifrance) ont annoncé une coopération pour accompagner l’innovation en santé, favoriser la création de startups issues de la recherche publique et valoriser ses résultats. Ce partenariat repose sur une mobilisation conjointe des ressources, compétences et outils des deux institutions.

    Intégré dans les stratégies nationales, ce partenariat contribue à deux plans portés par Bpifrance : le plan Deeptech (objectif de 500 startups deeptech créées par an d’ici 2030) et le plan Santé (10 milliards d’euros jusqu’en 2029). L’accord vise à :

    • Accroître le rayonnement de la recherche médicale française et européenne en tant que levier de développement industriel.
    • Stimuler la création de startups dans quatre domaines prioritaires : traitements, santé numérique, distribution des soins, prévention.
    • Clarifier les pratiques entre recherche publique et secteur privé.
    • Créer un environnement favorable à la croissance des projets innovants.

    @Hôtel-Dieu, brevets, hub : l’AP-HP met son écosystème au service des startups en santé

    Grand promoteur académique européen, l’AP-HP concentre 10 % de la recherche nationale et 25 % de la recherche biomédicale. Elle dispose d’un écosystème articulé autour :

    • De plusieurs types d’innovations : thérapeutiques, technologiques (IA, télémédecine), organisationnelles.
    • De tiers-lieux comme @Hôtel-Dieu, favorisant les coopérations entre startups, chercheurs et entreprises.
    • D’un pôle transfert & innovation, gérant 850 familles de brevets et 200 licences pour 25 M€ de revenus en 2025.
    • D’un hub innovation, facilitant l’accès aux ressources internes pour les porteurs de projet.

    Bpifrance proposera à l’AP-HP des outils comme Tango et Tandem pour faciliter les connexions entre chercheurs et entrepreneurs. Des événements conjoints, sessions de sensibilisation à l’entrepreneuriat et conseils en levée de fonds sont également prévus. Par ailleurs, les deux partenaires travailleront à la transformation des pratiques internes de l’AP-HP, via le développement d’achats publics et la simplification des processus de transfert de technologie.

     

  • Diagnostic médical : un système « presque sans erreur » dans 5 à 10 ans avec MAI-DxO de Microsoft

    L’IA de Microsoft atteint un taux de réussite de 80 %

    Microsoft a dévoilé lundi les résultats de son système d’intelligence artificielle MAI-DxO (Microsoft AI Diagnostic Orchestrator), présenté comme surpassant l’humain dans l’identification de pathologies complexes. Testé sur plus de 300 études de cas issues du New England Journal of Medicine, le système, associé au modèle o3 d’OpenAI, a résolu plus de huit cas sur dix, contre deux sur dix pour les médecins isolés de toute ressource externe. Mustafa Suleyman, PDG de Microsoft AI, estime (dans un entretien au Guardian) que cette avancée ouvre la voie à une “superintelligence médicale” capable de dépasser l’humain, avec des systèmes quasi sans erreur d’ici cinq à dix ans.

    La nécessité de validation clinique avant un usage clinique à grande échelle

    Microsoft insiste sur le maintien du rôle clinique des praticiens, au-delà du diagnostic, dans la gestion de l’ambiguïté et la relation de confiance avec les patients. Selon l’entreprise, l’IA pourrait devenir un auxiliaire pour automatiser certaines tâches, identifier plus précocement des maladies et personnaliser les traitements, sans remplacer le lien humain. MAI-DxO n’est pas encore prêt pour une utilisation clinique immédiate. La multinationale souligne que la sécurité, la validation clinique et la régulation constituent des étapes préalables nécessaires avant tout déploiement à grande échelle.

    Oncologie : Microsoft intègre son orchestrateur IA santé dans Azure AI Foundry

    En parallèle, Microsoft a annoncé l’intégration de son “orchestrateur d’IA”, pour la gestion des soins en cancérologie, dans le catalogue d’agents de la plateforme Azure AI Foundry. Cet orchestrateur permet de coordonner plusieurs agents IA personnalisables capables d’exploiter des données de santé différentes et de s’intégrer aux outils utilisés en milieu hospitalier. L’orchestrateur regroupe des agents préconfigurés capables de collaborer dans le cadre de flux de travail multidisciplinaires comme les réunions de concertation pluridisciplinaire. Il propose des options open source pour que développeurs et chercheurs puissent concevoir des agents adaptés à leurs besoins. Ces agents sont conçus pour raisonner sur des données cliniques, comme les dossiers médicaux électroniques (DME), les images DICOM, les lames entières de pathologie ou les données génomiques.

    L’orchestrateur IA santé de Microsoft déjà testé dans des hôpitaux américains

    Les agents peuvent être intégrés dans les outils de productivité de Microsoft tels que Teams, Word, PowerPoint ou Copilot. Ils sont compatibles avec les infrastructures de données de santé via Microsoft Fabric et les services FHIR. Les développeurs peuvent paramétrer les agents en fonction de leurs propres modèles, instructions et sources de données. Le système propose également des mécanismes d’explicabilité des décisions prises par les agents IA, avec un ancrage dans les données sources du DME. Des institutions comme Stanford, Johns Hopkins, Providence Genomics, Mass General Brigham et l’Université du Wisconsin testent actuellement cet orchestrateur dans les contextes cliniques. À Stanford, où 4 000 patients passent en RCP chaque année, les résumés générés par IA sont déjà utilisés.

    Microsoft affirme que son orchestrateur permet de réduire la charge administrative et de transformer les pratiques en milieu hospitalier. L’objectif à terme est d’aboutir à une première mise en production clinique d’une solution générative IA dédiée aux soins réels en cancérologie.

  • Mistral AI s’associe à Nvidia pour déployer une infrastructure européenne d’IA de 100 MW

    Une entrée en service pour 2026

    La startup française Mistral AI a annoncé la création de Mistral Compute, une plateforme de calcul dédiée à l’IA, fruit d’un partenariat avec Nvidia. Cette infrastructure sera implantée dans l’Essonne, dans un data center de 40 MW extensible à 100 MW, prévu pour entrer en service en 2026. Objectif : fournir une alternative européenne aux services de cloud dominés par les acteurs américains et chinois. Nvidia livrera à Mistral 18 000 GPU Blackwell pour alimenter cette infrastructure. La startup entend fournir aux entreprises les outils nécessaires au développement d’applications IA sur le sol européen. Mistral Compute proposera une offre intégrée allant du matériel au logiciel :

    • Serveurs bare metal.
    • Orchestration.
    • API.
    • Produits et environnements PaaS.

    Mistral AI prépare une levée de 1 Md$

    Pendant que les tensions entre les US et l’Europe se ravivent, cette annonce s’inscrit dans une volonté de bâtir une souveraineté numérique. Arthur Mensch, CEO de Mistral AI, explique qu’il ne s’agit pas seulement de produire des modèles, mais de permettre aux clients de développer les leurs en toute indépendance. Pour ce faire, Mistral prépare une levée de fonds d’un milliard de dollars, selon le Financial Times. Ce nouveau tour de table pourrait suivre la dynamique de celui de 600 millions d’euros en 2024, réalisé par les investisseurs américains Andreessen Horowitz et Lightspeed, General Catalyst. Malgré la difficulté à mobiliser des capitaux européens, Mistral AI peut compter sur des partenaires institutionnels et industriels comme BNP Paribas, Orange, la SNCF, Thales, Veolia ou Schneider Electric. Ces acteurs adoptent Mistral Compute pour déployer des solutions IA.