Nabil

  • Dépenses de santé : 333 milliards d’euros en 2024, une croissance modérée de 3,6 % selon la Drees

    • La dépense courante de santé (DCSi) atteint 333 Mds € en 2024, en hausse de 3,6 %, une des plus faibles progressions en Europe.
    • Les coûts de gestion du système de santé augmentent de 4,9 %, surtout dans les organismes complémentaires.
    • Les dépenses de prévention progressent légèrement (+0,9 %), après une baisse liée à la fin de la crise sanitaire.
    • Les soins de longue durée enregistrent une hausse de 3,4 %.

    • CSBM : 255 Mds € en 2024, soit 77 % de la DCSi.
    • Soins hospitaliers : +2,6 % dans le public, +4,0 % dans le privé.
    • Activité hospitalière publique toujours -3,5 % sous son niveau de 2019.
    • Soins ambulatoires : 77,8 Mds €, en hausse de 4,0 %.
    • Imagerie : +7,8 % ; biologie : -0,7 %.
    • Biens médicaux : 56,2 Mds €, dont 34,5 Mds € pour les médicaments.
    • Médicaments : +5,5 % en valeur, +7,3 % en volumes.
    • Financement CSBM : 79,4 % public, 12,8 % complémentaires, 7,8 % ménages.

    Coûts de gestion en hausse de 4,9 % en 2024

    Prévention : dépenses quasi stables après la crise sanitaire

    Selon l’édition 2025 du rapport annuel de la Drees, la dépense courante de santé au sens international (DCSi) a atteint 333 milliards d’euros en 2024, soit une progression de 3,6 % sur un an, après +3,4 % en 2023. Cette hausse reste parmi les plus faibles enregistrées en Europe. La part de la DCSi dans le PIB reste stable à 11,4 %. Certains postes connaissent des évolutions plus marquées :

    • Les coûts de gestion du système de santé augmentent de 4,9 %, en particulier ceux des organismes complémentaires.
    • Les dépenses de prévention progressent légèrement (+0,9 %), après une forte baisse liée à la fin progressive de la crise sanitaire.
    • Les soins de longue durée augmentent de 3,4 %.

    Consommation médicale : 255 Mds €, hausse tirée par l’hospitalier

    La consommation de soins et de biens médicaux (CSBM), principal composant de la DCSi, s’élève à 255 milliards d’euros. Elle comprend les soins hospitaliers, les soins ambulatoires et les biens médicaux. Les soins hospitaliers représentent 47 % de la CSBM (120,8 milliards d’euros). Ils progressent de 2,9 %, avec des évolutions différenciées : +2,6 % dans le public (93,6 milliards) et +4,0 % dans le privé (27,1 milliards). L’activité hospitalière publique reste inférieure de 3,5 % à son niveau de 2019, en raison d’un recul de l’activité en psychiatrie. En médecine, chirurgie, obstétrique et odontologie, l’hôpital public retrouve toutefois son niveau de 2019.

    Ambulatoire : hausse portée par les spécialistes et l’imagerie

    Les soins ambulatoires représentent 31 % de la CSBM, soit 77,8 milliards d’euros (+4,0 %). Cette hausse s’explique par une augmentation des volumes, notamment chez les spécialistes (+2,3 %), ainsi que par des revalorisations tarifaires (imagerie, sages-femmes, auxiliaires médicaux). L’imagerie progresse fortement (+7,8 %), tandis que la biologie recule légèrement (-0,7 %), en lien avec une baisse des tarifs. Les dépenses de biens médicaux s’élèvent à 56,2 milliards d’euros, dont 34,5 milliards pour les médicaments. La consommation de médicaments est en nette hausse en valeur (+5,5 %), soutenue par les volumes (+7,3 %).

    292 € de reste à charge : +5,8 % sur un an

    En 2024, les prix de la CSBM progressent de 0,6 %, soit moins que l’inflation générale (+2,0 %). Les prix des soins de ville augmentent de 2,5 %, tirés par les revalorisations tarifaires, mais cette hausse est compensée par la faible évolution des prix hospitaliers (+0,5 % dans le public, +0,9 % dans le privé) et la baisse des prix dans certaines activités techniques. Le reste à charge des ménages pour la CSBM s’élève à 292 euros par habitant, contre 276 euros en 2023. Il représente 7,8 % de la CSBM, et 10,2 % de la DCSi. Ce reste à charge est l’un des plus faibles de l’Union européenne, derrière le Luxembourg et la Croatie.

    Complémentaires santé : part en hausse à 12,8 %

    En 2024, la part des administrations publiques dans le financement de la CSBM diminue légèrement (-0,5 point), pour atteindre 79,4 % (202 milliards d’euros). En parallèle, la part des organismes complémentaires progresse de 0,3 point (12,8 %), et celle des ménages de 0,1 point (7,8 %). Ce glissement s’explique notamment par le doublement des franchises et participations forfaitaires, et la baisse de certains remboursements publics, malgré la prise en charge intégrale des personnes en affection de longue durée (ALD). Les ménages contribuent proportionnellement davantage aux dispositifs médicaux, moins bien couverts par les assurances publiques et complémentaires. Le poste des soins ambulatoires est celui qu’ils financent le plus en valeur absolue.

     

  • 27 % des 18-24 ans ont déjà testé une IA pour analyser leurs symptômes (OpinionWay pour l’assureur MMA)

    • 31 % des Français optent pour l’automédication face à un problème de santé bénin (les difficultés d’accès aux professionnels renforcent cette tendance).
    • 55 % des Français déclarent « googliser » leurs symptômes (les sites les plus visités : Doctissimo, Ameli, ministère de la Santé).
    • Seuls 2 % des répondants ont utilisé un symptom checker (outil d’auto-évaluation).
    • Usage de l’IA en progression : 27 % des 18-24 ans et 22 % des 25-34 ans les ont déjà testés (86 % des utilisateurs d’IA santé sont satisfaits, dont un tiers « très satisfaits »).
    • Les symptômes les plus analysés : douleurs musculaires, maux de dos et de tête, fièvre, fatigue.
    • Motivations principales : obtenir un avis rapide (56 %) et éviter des consultations jugées inutiles (41 %).
    • Freins : préférence pour un professionnel (52 %) et défiance envers l’IA santé (51 %), malgré une note de confiance de 8/10.

    27 % des 18-24 ans ont déjà testé une IA pour analyser leurs symptômes

    Symptom checkers : des outils encore méconnus mais en progression

    Selon une étude OpinionWay réalisée pour l’assureur MMA, 31 % des Français optent pour l’automédication face à un problème de santé bénin. Les consultations médicales ne concernent que 15 % des cas, tandis que 18 % préfèrent attendre que les symptômes disparaissent. Cette tendance est renforcée par les difficultés d’accès aux professionnels de santé. Les plus de 50 ans sont les plus enclins à l’automédication, tandis que les plus jeunes privilégient les conseils de leur entourage ou la recherche d’informations en ligne.

    La consultation d’Internet est devenue une habitude : 55 % des Français déclarent « googliser » leurs symptômes. Les sources les plus visitées sont des sites généralistes ou institutionnels comme Doctissimo, Ameli ou le ministère de la Santé. En revanche, seuls 2 % des répondants disent avoir utilisé un outil d’auto-évaluation de type « symptom checker ». Ces dispositifs restent mal identifiés malgré leur existence sur le marché. Près de la moitié des Français ont pourtant entendu parler d’outils exploitant l’intelligence artificielle pour analyser des symptômes bénins. Leur utilisation reste marginale, mais progresse nettement chez les jeunes adultes : 27 % des 18-24 ans et 22 % des 25-34 ans les ont déjà testés.

    86 % des utilisateurs d’IA santé se disent satisfaits, dont un tiers « très satisfaits »*

    Les symptômes les plus analysés : douleurs musculaires, fièvre, fatigue et maux de tête

    Parmi les utilisateurs d’outils d’IA, 86 % se déclarent satisfaits, un tiers d’entre eux étant même « très satisfaits ». Les symptômes les plus fréquemment analysés sont les douleurs musculaires, maux de dos, de tête, épisodes de fièvre ou de fatigue. La moitié des utilisateurs déclarent y recourir souvent, et 75 % les ont déjà utilisés plusieurs fois. Parmi les non-utilisateurs, 49 % se disent prêts à essayer un outil d’IA pour évaluer leurs symptômes. L’intérêt est particulièrement marqué chez les 25-34 ans (62 %) et les CSP+ (57 %). Les motivations principales sont la rapidité d’obtention d’un premier avis (56 %) et l’évitement de consultations jugées inutiles (41 %). Les symptômes pour lesquels ces outils suscitent le plus d’intérêt sont le mal de gorge, la fatigue, les douleurs articulaires, les démangeaisons et les maux de ventre.

    Les principaux obstacles à l’usage de ces dispositifs sont le souhait de consulter un professionnel (52 %) et la défiance envers l’IA en santé (51 %). Pourtant, les utilisateurs attribuent à ces outils une note moyenne de confiance de 8/10, un niveau similaire à celui des sites institutionnels. Dans une logique de prévention et d’accompagnement, MMA propose à ses assurés un accès gratuit à un outil d’analyse de symptômes développé par ADA Health, via son partenaire Santéclair.

  • Philips SpeechMike Ambient : un microphone intelligent portable pour réduire la charge administrative en milieu hospitalier

    Interprétation multilingue et transcription clinique

    La société Speech Processing Solutions (SPS), à l’origine de la gamme de microphones professionnels Philips, lance une nouvelle version de son appareil phare : le Philips SpeechMike Ambient. Ce microphone intelligent portable s’appuie sur l’intelligence artificielle dite « ambiante » (ambient listening) pour capter, traiter et interpréter la voix en temps réel, le tout dans un environnement hospitalier parfois bruyant. L’appareil est pensé pour soulager les professionnels de santé des tâches documentaires, chronophages, en facilitant la transcription automatique, la génération de notes cliniques, l’interprétation multilingue et certaines fonctions d’assistant virtuel. Le dispositif permet une intégration avec des plateformes logicielles tierces et vise à améliorer la précision des solutions conversationnelles basées sur l’IA.

    Une IA avec 4 micros, une autonomie de 24h et un usage mobile ou fixe

    L’outil est équipé de quatre microphones directionnels haute performance et d’un système d’identification vocale par IA. Il adapte ses modes audio selon les situations : consultation médecin-patient, enregistrement individuel, ou environnement bruyant. Grâce à son design portable, compact et léger, il est conçu pour accompagner les soignants tout au long de leurs gardes. Son autonomie couvre une journée complète, et ses matériaux répondent aux normes d’un usage clinique intensif. Parmi les options de port : un clip magnétique, un cordon tour de cou et une station d’accueil sont proposés, permettant un usage à la fois mobile et fixe.

    Bluetooth sécurisé et compatibilité plug-and-play pour un déploiement facilité en milieu de soin

    Le SpeechMike Ambient propose une connexion Bluetooth Low Energy chiffrée, un appairage sécurisé par code, et se conforme aux standards CE, FCC et RCM. Il est compatible plug-and-play avec le matériel existant de la gamme Philips SpeechMike, facilitant son déploiement dans les établissements déjà équipés. Le fabricant fournit un SDK complet et une API dédiée pour permettre une intégration fluide aux systèmes cliniques, notamment dans les environnements hospitaliers disposant déjà de solutions de documentation numérique. Déjà adopté par des professionnels de santé, le microphone s’inscrit dans la stratégie de SPS de proposer des outils qui optimisent les workflows documentaires et contribuent à la réduction de l’épuisement professionnel.

  • Budget santé 2026 : 5 milliards d’euros supplémentaires, fraude sociale, AME et maisons France Santé, S.Lecornu livre ses premières orientations

    • +5 Md€ annoncés pour la santé dans le PLFSS 2026.
    • Aucune précision sur la répartition des crédits.
    • Réduction de 6 Md€ dans les dépenses de l’État.
    • Projet de loi anti-fraude présenté mi-octobre.
    • Pas de suppression de l’AME, mais des ajustements.
    • Pas d’information sur les 5 000 maisons France Santé.

    Hausse de 5 Md€ pour la santé, réduction des dépenses de l’État en parallèle

    Alors que la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026 est attendue à l’automne, le Premier ministre a livré les premières pistes budgétaires dans une interview au Parisien. Selon Sébastien Lecornu, l’enveloppe santé augmentera de 5 milliards d’euros en 2026. Ce montant s’ajoutera aux 6 milliards d’euros promis pour les retraites. Aucun détail n’a été apporté sur la répartition de ces crédits. Cette hausse des dépenses s’accompagnera d’un effort de réduction des coûts pour l’État. Sébastien Lecornu a précisé que les ministères devront réduire leurs dépenses, et réorganiser la gestion territoriale via la décentralisation. Ces mesures pourraient impacter les structures de gouvernance de la santé.

    Fraude sociale et fiscale : un projet de loi attendu mi-octobre, selon Lecornu

    Par ailleurs, le Premier ministre a confirmé que le futur gouvernement reprendra le projet de loi contre la fraude sociale, initialement porté par Catherine Vautrin avant sa démission. Ce texte pourrait être présenté au Conseil des ministres en même temps que les deux projets budgétaires, à la mi-octobre. Lecornu a exprimé le souhait d’un texte « ambitieux », incluant la lutte contre la fraude fiscale.

    AME : pas de suppression, mais des ajustements ciblés pour renforcer le contrôle

    Interrogé sur le rapport remis fin 2023 par Claude Evin et Patrick Stefanini concernant l’aide médicale d’État (AME), Sébastien Lecornu a écarté l’hypothèse d’une suppression. Il s’est dit favorable à des évolutions ciblées du dispositif, dans une “logique d’efficacité” et de santé publique, en évoquant une “modernisation administrative” et une révision de certains critères pour mieux prévenir les fraudes.

    Enfin, concernant les 5 000 maisons France Santé promises pour lutter contre les déserts médicaux, aucune information complémentaire n’a été fournie.

  • IA en santé : un marché mondial projeté à 504 milliards USD d’ici 2032

    • Poids actuel du marché : la valeur estimée du marché pour 2024 est de 29,01 Mds USD.
    • Croissance attendue : le marché mondial de l’IA en santé devrait passer de 39,25 Mds USD en 2025 à 504,17 Mds USD en 2032, soit un TCAC de 44 %.
    • Secteur dominant : la chirurgie assistée par robot est l’application IA la plus adoptée en 2024, tirée par la demande en actes mini-invasifs.
    • Croissance régionale rapide : la région Asie-Pacifique affichera le TCAC le plus élevé grâce aux investissements soutenus en Chine, en Inde et au Japon.
    • Écosystème industriel : les principaux acteurs du marché incluent Microsoft, Amazon, Nvidia, Google, Siemens Healthineers ou encore Intel.

    Un bond de 29 à 504 milliards USD entre 2024 et 2032

    L’Amérique du Nord en tête, la région Asie-Pacifique en rattrapage

    Selon un rapport de Fortune Business Insights, le marché mondial de l’intelligence artificielle (IA) dans les soins de santé, évalué à 29,01 milliards USD en 2024, pourrait atteindre 504,17 milliards USD en 2032. Ce développement rapide, estimé à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 44 % sur la période 2025–2032, s’explique par l’intégration croissante de l’IA dans les flux cliniques, les diagnostics, la chirurgie robotique ou encore la gestion hospitalière.

    En 2024, l’Amérique du Nord représentait 49,29 % du marché mondial, portée par une forte adoption technologique, une infrastructure de santé avancée et des partenariats, comme celui de GE Healthcare avec AWS. Les États-Unis concentrent les principaux fournisseurs de solutions IA comme Microsoft, Amazon ou Google. La région Asie-Pacifique devrait cependant afficher le TCAC le plus élevé, notamment grâce aux investissements croissants de pays comme la Chine, l’Inde ou le Japon. À titre d’exemple, Apollo Hospitals a annoncé un partenariat avec Microsoft début 2025 pour intégrer l’IA à ses travaux en génomique et en analyse prédictive.

    La chirurgie robotique en tête des applications en 2024

    Par application, la chirurgie assistée par robot concentre la part de marché la plus importante en 2024, notamment en raison d’une demande croissante d’interventions mini-invasives. Smith&Nephew ou Johnson & Johnson, en partenariat avec NVIDIA, développent des plateformes robotiques intelligentes intégrant des outils d’IA pour la modélisation préopératoire et l’assistance en temps réel. Le diagnostic médical, second segment le plus dynamique, bénéficie de l’automatisation des tâches d’imagerie et de dépistage.

    Risques de cybersécurité

    L’IA ouvre aussi des perspectives dans le domaine de la santé mentale, face à la pénurie de professionnels. En avril 2024, NextGen Healthcare a lancé “NextGen Ambient Assist”, une solution qui transcrit et résume automatiquement les consultations, faisant gagner jusqu’à deux heures par jour aux cliniciens. La généralisation de ces outils soulève des préoccupations : coûts élevés de mise en œuvre, pénurie de talents qualifiés, réticence des professionnels à déléguer certaines tâches à l’IA, et surtout vulnérabilité des systèmes face aux cyberattaques. L’exemple de la fuite de données de 23andMe en 2023 (14 000 profils exposés) illustre ce risque.

    Les financements s’intensifient dans les pays en développement

    Les régions en développement bénéficient d’un accroissement des financements. En février 2025, Medmitra AI, startup indienne, a levé plus de 350 000 USD pour améliorer l’accès aux soins à l’aide de solutions autonomes. Les grands groupes technologiques multiplient fusions, acquisitions et lancements pour renforcer leur position. Microsoft a par exemple intégré les services d’Azure HealthData dans son cloud santé, tandis qu’Amazon AWS a collaboré avec Upstage et Salesforce pour accélérer le déploiement de solutions IA génératives. Parmi les autres acteurs majeurs figurent Nvidia, Siemens Healthineers, Intel ou encore Veradigm.

    Hôpitaux et cliniques en première ligne des déploiements

    Côté utilisateurs finaux, les hôpitaux et cliniques concentrent les déploiements, notamment pour automatiser la documentation médicale, la facturation ou la gestion des dossiers patients. En janvier 2025, HealthSage AI a lancé une suite d’outils basée sur des grands modèles de langage pour fluidifier les flux administratifs et améliorer l’échange de données entre services hospitaliers. Les laboratoires pharmaceutiques et biotechnologiques accélèrent également l’adoption de l’IA, en particulier pour le criblage moléculaire, la modélisation thérapeutique et la conduite des essais cliniques. Microsoft a ainsi collaboré avec Providence en mars 2024 pour développer des solutions cliniques intégrées.

    Le rapport souligne enfin la structuration progressive du marché selon quatre grandes plateformes :

    • Solutions (analytique, robotique, NLP, etc.).
    • Services (infirmiers virtuels, assistance administrative).
    • Applications (diagnostic, essais, chirurgie).
    • Et typologies d’utilisateurs.

    La dynamique reste fortement influencée par les synergies entre MedTech, Big Tech et acteurs hospitaliers.

    Fortune Business Insights – AI in Healthcare Market Report, 2025-2032

  • Enquête : 85 % des chercheurs insatisfaits du système de financement de la recherche publique

    Un système à “bout de souffle” selon plus de 2 000 scientifiques

    Peu de satisfaction, des effets d’usure

    Le Collège des sociétés savantes académiques de France a publié les résultats d’une enquête conduite début 2025 sur le financement de la recherche publique. Près de cinq ans après la promulgation de la Loi de Programmation de la Recherche (LPR), cette consultation dresse un état des lieux critique d’un système jugé “à bout de souffle”. Plus de 2 200 scientifiques ont répondu à un questionnaire structuré de 67 questions, complété par 8 000 commentaires libres. La diversité des profils (disciplines, statuts, âges et employeurs) permet une lecture plus fine de la situation dans l’ensemble du secteur. Moins de 15 % des répondants jugent le système de financement satisfaisant. La majorité dénonce un sous-financement chronique, une logique court-termiste, une répartition jugée opaque et chronophage, ainsi qu’une pression dissuasive sur les projets exploratoires. Ce fonctionnement est perçu comme “inéquitable” et “peu compatible” avec les exigences d’une recherche innovante.

    60 % des scientifiques estiment que la France perd du terrain

    Plus de 60 % des personnes interrogées estiment que la France perd du terrain, notamment dans les sciences de la vie, la chimie et la médecine. Ce recul s’observe aussi bien sur le plan national — avec une crise des vocations — qu’à l’échelle internationale, où la visibilité des travaux français se réduit, tandis que certains chercheurs quittent le pays.

    Les critiques visent également l’absence de pilotage stratégique. Le système est décrit comme fortement administré, mais sans vision claire à long terme. Les chercheurs alertent sur la méconnaissance des enjeux scientifiques par les responsables politiques et sur une sous-estimation de l’apport de la recherche publique dans les transformations sociétales.

    Enfin, la surcharge administrative, la complexité des procédures et l’incertitude sur les financements affectent les conditions de travail. Les répondants signalent une perte de sens et des impacts sur la santé mentale liés à la pression constante.

    Budget, recrutements, reconnaissance : 6 propositions pour une recherche plus durable

    Malgré le constat sévère, la communauté scientifique formule des recommandations :

    • Atteindre 1 % du PIB pour la recherche publique, conformément aux objectifs européens.
    • Accroître significativement les financements récurrents (au moins 50 % hors salaires permanents).
    • Recruter davantage de personnels permanents de recherche et d’appui.
    • Simplifier les procédures de gestion administrative.
    • Améliorer les taux de succès des appels à projets.
    • Reconnaître les apports sociétaux de la recherche, au-delà de sa seule rentabilité économique.

    Les résultats complets sont accessibles en ligne : societes-savantes.fr/enquete-2025-sur-le-financement-de-la-recherche-publique

  • Withings lance une nouvelle Scanwatch 2 capable de détecter les premiers signes de maladie

    Withings introduit un suivi prédictif de la santé nocturne

    À l’occasion du salon IFA de Berlin, Withings a présenté une nouvelle version de sa montre connectée de santé, la Scanwatch 2, deux ans après la sortie de la première génération. Bien que le design et les capteurs restent similaires, la nouveauté repose sur un nouveau système d’exploitation embarqué, baptisé HealthSense 4, qui introduit des algorithmes d’analyse physiologique. L’objectif est de passer d’un suivi passif à une logique prédictive en analysant plusieurs variables nocturnes comme la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC) ou les fluctuations de température cutanée. Ces données permettent à la montre d’émettre des notifications lorsque des signes précoces de maladie sont détectés, ou lorsqu’un cycle menstruel s’annonce, y compris en cas d’irrégularité.

    Un indicateur de vitalité basé sur la VFC, le sommeil et la température corporelle

    Parmi les nouveautés, Withings introduit également un algorithme de vitalité, conçu pour estimer quotidiennement le niveau d’énergie de l’utilisateur à partir de paramètres combinés : VFC, activité physique, température corporelle et qualité du sommeil. La précision des reconnaissances d’activités sportives et du comptage de pas a également été revue. L’autonomie passe désormais à 35 jours (contre 30 précédemment), sans modification des capteurs ou des fonctions historiques (ECG, SpO₂, suivi du sommeil, etc.).

    La ScanWatch 2 disponible en France à 349,95 €, avec HealthSense 4 exclusif

    La nouvelle Scanwatch 2 est disponible dès maintenant en France, au tarif de 349,95 €, incluant trois mois d’abonnement à Withings+. Le nouveau système HealthSense 4 reste exclusif à ce modèle : les précédentes Scanwatch 2 ne bénéficieront pas des fonctionnalités logicielles prédictives par mise à jour.

  • AAP : L’UE mobilise près de 57 M€ pour neuf nouveaux projets en santé dans le cadre d’EU4Health 2025

    Neuf appels à projets lancés pour EU4Health 2025, avec un budget global de 56,8 M€

    EU4Health est le quatrième programme de santé de l’Union européenne et le plus doté à ce jour. Il répond aux défis post-COVID-19 mais soutient également la résilience des systèmes de santé européens. Le programme finance des actions portées par des autorités nationales, organismes de santé et autres acteurs via des subventions et des marchés publics. HaDEA en assure la gestion opérationnelle.

    L’Agence exécutive européenne pour la santé et le numérique (HaDEA), agissant pour le compte de la Commission européenne, a publié le 23 septembre neuf nouveaux appels à projets dans le cadre du programme de travail 2025 d’EU4Health. Ces appels s’inscrivent dans les priorités stratégiques de la DG SANTE et sont dotés d’un budget global indicatif de 56 816 810 €.

    Trois appels sont spécifiquement dédiés au dépistage organisé du cancer, dans une logique de test et de mise en œuvre à l’échelle européenne :

    • Cancer gastrique (référence EU4H-2026-SANTE-PJ-01)
    • Cancer du poumon (EU4H-2026-SANTE-PJ-02)
    • Cancer de la prostate (EU4H-2026-SANTE-PJ-03)

    Santé cardiovasculaire et maladies non transmissibles : prévention, IA et personnalisation

    Deux appels visent la prévention des maladies cardiovasculaires et chroniques :

    • Un projet-phare européen intégrant l’intelligence artificielle et les données de santé pour la prédiction, la prévention, le traitement personnalisé et la réadaptation (EU4H-2026-SANTE-PJ-04)
    • Un appel centré sur la prévention tout au long de la vie avec un accent particulier sur les maladies cardiovasculaires (EU4H-2026-SANTE-PJ-05)

    Accès aux médicaments, dispositifs médicaux orphelins, données de santé et événements

    Quatre autres appels couvrent d’autres thématiques :

    • Suivi des prix, remboursement et accès aux médicaments, à travers l’amélioration de la base EURIPID (EU4H-2026-SANTE-PJ-06)
    • Dispositifs médicaux orphelins, en particulier pour la population pédiatrique (EU4H-2026-SANTE-PJ-07)
    • Exploitation des données de santé pour stimuler l’innovation biotech via l’Espace européen des données de santé (EU4H-2026-SANTE-PJ-08)
    • Organisation de conférences en santé (EU4H-2026-SANTE-PJ-09)

    Candidatures ouvertes jusqu’au 6 janvier 2026

    Les organisations intéressées peuvent déposer leur candidature via le Portail des financements et appels d’offres de l’UE, jusqu’au 6 janvier 2026.

    Un webinaire d’information destiné aux candidats et parties prenantes aura lieu le 9 octobre 2025, de 10h à 15h30 (CET). Il portera sur les modalités de soumission des projets et les spécificités de chaque appel. L’inscription est ouverte via la Plateforme de politique de santé de l’UE, et les questions peuvent être soumises en amont via Slido (code : #EU4H2025).

  • Une enquête menée dans 43 pays révèle que seuls 42 % des patients font confiance à l’IA pour estimer la réponse aux traitements

    57,6 % des patients favorables à l’IA en santé, mais 73 % veulent que la décision reste médicale

    Une étude internationale publiée dans JAMA Network Open a interrogé 13 806 patients hospitaliers sur leurs attitudes vis-à-vis de l’intelligence artificielle (IA) dans les soins et le diagnostic. Réalisée dans 74 hôpitaux répartis sur 6 continents, l’étude visait à comprendre la confiance, les préférences et les inquiétudes des patients à l’égard de l’IA, tout en analysant les facteurs sociodémographiques associés à ces perceptions.

    Globalement, 57,6 % des répondants expriment une opinion favorable à l’usage de l’IA en santé, et 70 % déclarent préférer des systèmes d’IA « explicables ». Toutefois, la confiance varie fortement selon les domaines d’application. Moins de la moitié des participants (41,8 %) font confiance à l’IA pour fournir des informations sur la réponse aux traitements. De plus, près de 73 % souhaitent que les décisions médicales restent sous la supervision d’un médecin, quitte à sacrifier une légère part de précision.

    La confiance varie selon l’état de santé, le genre et l’usage des technologies

    29 % des patients en mauvaise santé ont une opinion négative, contre 5 % en très bonne santé

    Les résultats révèlent des différences marquées selon le sexe, l’état de santé et la familiarité avec la technologie. Les femmes ont une attitude moins favorable à l’IA que les hommes (55,6 % vs 59,1 %). Les patients en moins bon état de santé sont également plus réticents. Par exemple, 29,2 % des patients se déclarant en mauvaise santé ont une vision négative de l’IA, contre seulement 5,3 % parmi ceux en très bonne santé. À l’inverse, une meilleure connaissance de l’IA et un usage fréquent des outils technologiques sont associés à des attitudes plus positives. L’étude identifie ainsi un lien fort entre littératie numérique et acceptabilité de l’IA.

    Première enquête mondiale sur l’acceptabilité de l’IA médicale : 13 800 patients interrogés, 26 langues, 6 continents

    Coordonnée par le consortium COMFORT et pilotée par la Charité – Universitätsmedizin Berlin, cette étude est la première à cette échelle mondiale à interroger directement les patients hospitaliers sur leur perception de l’IA. Elle a été conduite selon les standards méthodologiques STROBE, avec un questionnaire validé psychométriquement, disponible en 26 langues. Les auteurs insistent sur la nécessité d’une implémentation différenciée de l’IA en santé, tenant compte des préférences individuelles et du contexte local. En d’autres termes, l’adhésion des patients à l’IA dépendra de la capacité des systèmes de santé à intégrer leurs attentes dans les déploiements technologiques.

    Busch, F., Hoffmann, L., Xu, L., Zhang, L. J., Hu, B., García-Juárez, I., Toapanta-Yanchapaxi, L. N., Gorelik, N., Gorelik, V., Rodriguez-Granillo, G. A., Ferrarotti, C., Cuong, N. N., Thi, C. A. P., Tuncel, M., Kaya, G., Solis-Barquero, S. M., Mendez Avila, M. C., Ivanova, N. G., Kitamura, F. C., … COMFORT consortium. (2025). Multinational attitudes toward AI in health care and diagnostics among hospital patients. JAMA Network Open, 8(6), e2514452.

  • Rapport Capgemini : une adoption multipliée par 5 en deux ans pour la GenAI

    30 % des entreprises ont déjà déployé la GenAI, contre 6 % en 2023

    Le Capgemini Research Institute vient de publier la troisième édition de son rapport annuel sur l’intelligence artificielle générative (“Harnessing the value of AI: Unlocking scalable advantage“), réalisé auprès de 1 100 dirigeants dans le monde. Il révèle une nette accélération de l’adoption de la GenAI dans les entreprises : 30 % d’entre elles ont aujourd’hui déployé ces technologies à l’échelle (partiellement ou entièrement), contre 6 % en 2023. Près de 93 % des organisations interrogées expérimentent au moins un cas d’usage. Les secteurs les plus avancés sont les télécommunications, les biens de consommation, ainsi que l’aérospatiale et la défense. Les fonctions les plus concernées restent le service client, le marketing, la gestion des risques et l’informatique.

    Systèmes multi-agents : 45 % des entreprises testent déjà ces environnements d’IA collaborative

    L’étude révèle également une intégration plus directe de l’IA dans les équipes. En 2025, 44 % des entreprises considéraient déjà l’IA comme un acteur intégré dans les processus. Ce chiffre pourrait atteindre 60 % dans les 12 prochains mois, certaines organisations envisageant même de confier des rôles de supervision à ces agents sur d’autres IA. Les agents d’IA, capables d’orchestrer des processus de bout en bout, s’imposent progressivement. 88 % des cadres de la R&D, du marketing ou des ventes estiment qu’ils auront un impact significatif sur leurs activités d’ici trois à cinq ans. En parallèle, les systèmes multi-agents se développent : 45 % des entreprises en testent déjà, et 38 % anticipent l’arrivée prochaine d’agents dotés de capacités d’auto-apprentissage avec supervision humaine minimale.

    88 % des entreprises ont augmenté leur budget GenAI, mais les coûts cloud freinent l’élan

    L’enthousiasme se reflète dans les budgets : 88 % des entreprises ont augmenté leurs investissements en GenAI au cours des douze derniers mois, avec une progression moyenne de 9 %. En 2025, la GenAI capte désormais 12 % des budgets informatiques. Et la dynamique devrait se poursuivre, 61 % des organisations prévoyant d’augmenter encore leur budget en 2026. Mais cet investissement s’accompagne de dépenses imprévues, notamment liées à la consommation de services cloud. Plus de la moitié des entreprises interrogées évoquent des “factures surprises”, poussant certaines à se tourner vers des modèles de langage plus compacts, jugés plus rentables.

    71 % des entreprises ne sont pas prêtes à confier une autonomie complète aux agents IA

    Malgré cette accélération, la confiance dans les systèmes autonomes reste limitée. 71 % des entreprises se disent non prêtes à confier une autonomie complète aux agents IA, en raison de politiques de gouvernance encore incomplètes. Moins de la moitié (46 %) des organisations déclarent avoir mis en place des politiques formelles de gouvernance, mais leur application reste hétérogène et souvent non systématique. Le rapport souligne enfin que deux tiers des entreprises identifient la nécessité de restructurer leurs équipes pour optimiser la collaboration entre humains et IA. L’adoption à grande échelle ne pourra selon Capgemini se faire qu’au prix d’un réalignement des modèles d’organisation, associant données, sécurité, conformité et coopération homme-machine.