Nabil

  • AAP de la DNS pour les maternités : 1,2 M€ pour expérimenter le partage des données de périnatalité

    Alimenter Mon espace santé dès la naissance

    La délégation au numérique en santé (DNS) a lancé un appel à projets, doté de 1,2 million d’euros, pour soutenir les établissements de santé dans la dématérialisation et la transmission des données de périnatalité produites en maternité, en particulier celles relatives au certificat de santé du 8e jour (CS8). Ce certificat est actuellement renseigné à 98 % à l’hôpital, mais majoritairement sur support papier. L’objectif est de préfigurer une organisation pérenne du partage de ces données pour une alimentation sécurisée de Mon espace santé dès la naissance.

    Ce projet s’inscrit donc dans une perspective de dématérialisation du carnet de santé de l’enfant. L’appel à projets vise des actions listées :

    • Qualification de l’identité nationale de santé (INS) des nouveau-nés.
    • Activation de Mon espace santé des parents et des enfants.
    • Production structurée du CS8 au format CDA N3 et envoi sécurisé vers la plateforme nationale.
    • Alimentation automatisée des données dans l’espace numérique personnel de santé.
    • Accompagnement des parents dans l’usage de ce service.

    La DNS élargit la dématérialisation aux certificats de santé de l’enfant dans le cadre du Ségur numérique

    Le dispositif est également articulé avec la vague 2 du Ségur du numérique en santé, qui entend équiper plusieurs acteurs de la filière, notamment les maternités, la médecine de ville, la santé scolaire, les pédiatres et le secteur médico-social, pour généraliser le partage des données de santé. En parallèle, la DNS mène des travaux sur la dématérialisation des trois certificats de santé de l’enfant (CSE), avec pour objectif de produire des données structurées, exploitables à la fois par les services de protection maternelle et infantile (PMI) pour leurs actions de prévention, et pour les suivis épidémiologiques.

    Jusqu’à 120.000 € par établissement, candidatures ouvertes jusqu’au 10 octobre

    Le financement de l’appel à projets, prévu dans le cadre de l’aide à la contractualisation de l’Ondam, prévoit un soutien plafonné à 120.000 € par établissement, qui couvre: Les coûts internes de pilotage, coordination, formation. Et les coûts externes de développement, déploiement, support.

    Les dépenses de développement logiciel sont limitées à 50 % du financement total. Les développements communs à plusieurs établissements ne seront financés qu’une seule fois, tandis que les frais liés au déploiement resteront spécifiques à chaque structure. Les établissements ont jusqu’au 10 octobre pour déposer leur candidature. Les projets retenus seront annoncés au plus tard le 27 octobre.

    Note d’information n° DNS/PNU/2025/138 du 19 septembre 2025 relative à l’appel à projets « Partage numérique des données de périnatalité de maternité »

  • Des centres de commandement à l’orchestration prédictive : une nouvelle génération d’outils hospitaliers (rapport Signify Research)

    Opérations hospitalières : les systèmes d’orchestration prennent le relais des DME

    Vers une orchestration des flux en temps réel à l’échelle du réseau

    À l’origine déployés comme centres de commandement centralisés, les systèmes d’orchestration hospitaliers ont désormais évolué vers des plateformes d’analyse opérationnelle d’entreprise. Interrogeant plusieurs établissements nord-américains et canadiens, Signify Research observe une généralisation de ces solutions pour piloter les ressources, optimiser les flux de patients, anticiper les besoins et fluidifier les décisions, aussi bien au niveau central qu’en unités de soins. Ces plateformes ne se substituent pas aux dossiers médicaux électroniques (DME), mais comblent leurs lacunes : car les DME ne permettent ni une vision en temps réel des opérations à l’échelle d’un réseau, ni une anticipation des goulets d’étranglement. Les systèmes d’orchestration s’appuient sur des données hétérogènes (planning du bloc, gestion des lits, services d’imagerie, transport interne, etc.), les unifient, et les rendent exploitables pour différents profils utilisateurs : direction, infirmiers de coordination, ou encore services logistiques.

    Réduction des séjours, gains financiers, transferts facilités : quatre hôpitaux partagent leurs résultats

    Jusqu’à 40 M$ d’économies et 2 000 patients supplémentaires : les résultats chiffrés de l’orchestration hospitalière

    Cas 1 – Hôpital régional (États-Unis) :

    • Réduction de 1,07 jour de séjour en moyenne, sans ajout de lits.
    • 20 M$ d’économies en un an, réinvestis pour soigner davantage de patients.
    • Diminution de 63,9 % du temps d’attente aux urgences.
    • +22 % de transferts acceptés dans l’État.

    Cas 2 – CHU (États-Unis) :

    • Baisse de 66 % du temps entre la demande de lit et l’admission.
    • 40 M$ économisés grâce à une réduction de moitié du recours à l’intérim.
    • Meilleur regroupement des patients par équipe soignante.

    Cas 3 – Réseau hospitalier (Canada) :

    • -52 % de jours d’hospitalisation en médecine aiguë évitables.
    • -34 % de délai pour placement des patients depuis les urgences.
    • -76 % de retard pour les évaluations en soins de support.
    • Suppression du recours aux infirmières intérimaires.

    Cas 4 – Réseau multi-sites (États-Unis) :

    • +2 000 patients accueillis chaque année.
    • +11 transferts inter-établissements par jour.
    • Répartition plus pertinente des lits et du personnel.

    Alignement, adhésion, accessibilité, les clés d’une mise en œuvre réussie

    • Alignement stratégique : la capacité à intégrer ces solutions dans une logique d’investissement avec des indicateurs mesurables.
    • Implication du terrain : engagement des équipes dès la conception pour limiter les freins liés à la surveillance perçue.
    • Accessibilité de l’information : adaptation des interfaces et des données aux rôles et lieux d’utilisation pour une action rapide.

    Vers des systèmes d’orchestration prescriptifs, étendus à l’ensemble du parcours de soins

    L’évolution attendue de ces systèmes repose sur l’intégration d’IA prescriptive : au-delà de prévoir les afflux ou les goulots, il s’agira de proposer des actions (réaffectation de ressources, planification de sorties, redirection de patients). L’enjeu est aussi d’élargir cette intelligence à l’ambulatoire, au domicile, ou aux soins post-aigus. Pour Signify Research, ces systèmes deviennent un standard dans un contexte de pénurie de ressources et de montée des attentes. Les établissements qui investissent dès maintenant renforceront leur capacité d’adaptation, la qualité des soins et la performance globale.

  • ARS IDF : sept projets retenus pour expérimenter de nouvelles organisations de soins appuyées par le numérique

    Réanimation, EHPAD, santé mentale, urgences : 92 candidatures pour 6 lauréats 

    L’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France a dévoilé les lauréats 2025 de son appel à projets annuel dédié aux innovations organisationnelles intégrant des solutions numériques ou technologiques. Cette initiative, pilotée par sa Direction de l’Innovation, de la Recherche et de la Transformation Numérique (DIRNOV), vise à soutenir des expérimentations permettant d’améliorer les conditions d’exercice des professionnels et les parcours de soins.

    Lancé en avril 2025, cet appel à projets impose aux porteurs de constituer un groupement associant une ou plusieurs structures expérimentatrices franciliennes avec un fournisseur de solution numérique ou technologique. Les projets devaient s’aligner sur les orientations stratégiques régionales, notamment en matière d’accès aux soins, de coordination entre professionnels, de prévention, de formation ou encore d’implication des usagers. Parmi les objectifs attendus :

    • Faciliter l’accès aux parcours de santé.
    • Répondre aux tensions d’accès aux soins.
    • Soutenir les coopérations interprofessionnelles.
    • Ou encore favoriser les innovations organisationnelles territorialisées.

    Du neuro-monitoring à l’anamnèse multilingue : six projets financés pour réorganiser les pratiques en santé

    Sur les 92 candidatures reçues, six projets ont été retenus pour bénéficier d’un soutien financier sur deux ans. Les projets sélectionnés couvrent un large spectre d’usages numériques au service de nouvelles pratiques professionnelles, en lien direct avec la feuille de route du numérique en santé et le Projet régional de santé de l’ARS Île-de-France.

    • ORSOM – Optimiser le sommeil des patients en réanimation : Ce projet réorganise les soins en unités de réanimation pour préserver les cycles de sommeil des patients. Il s’appuie sur un dispositif de neuro-monitoring non invasif et une application numérique intégrée à la planification des soins, instaurant un modèle ajusté à l’état du patient plutôt qu’à des horaires fixes.
    • RTT-TCA – Détection autonome des troubles alimentaires : La plateforme développée propose un dépistage précoce et une orientation vers des thérapies cognitivo-comportementales semi-autonomes et personnalisées. Elle vise tous les âges et intervient avant l’apparition de troubles syndromiques, facilitant un accès aux soins en amont.
    • Bien vieillir connect – Mutualisation des données en EHPAD : Ce projet déploie une plateforme logicielle qui agrège et centralise les données issues de différents dispositifs connectés en EHPAD. Il permet un suivi intelligent des résidents (télérelève des constantes, détection des chutes), interfacé avec les logiciels de soins, pour optimiser la gestion quotidienne.
    • La Maison virtuelle – Prise en charge numérique du refus scolaire anxieux : Un univers virtuel, inspiré du jeu vidéo, permet aux soignants et adolescents souffrant de refus scolaire anxieux d’interagir via avatars. Ce dispositif hybride d’intervention vise une prise en charge précoce et accessible, avant toute approche présentielle.
    • Prévention en CPTS – Parcours numériques pour publics fragiles : Une plateforme facilite l’accès aux soins pour des publics sans suivi médical. Elle propose des parcours de prévention activables par les professionnels de santé, avec génération automatique de rapports, envois de questionnaires, relances et rappels.
    • Anamnèse multilingue aux urgences pédiatriques : Une application web et mobile permet aux familles de remplir une anamnèse structurée en amont de leur venue aux urgences. Le dispositif standardise les informations recueillies, réduit le temps de consultation et facilite le triage à l’arrivée des patients.

    La diversité des thématiques traitées – de la réanimation au médico-social, de la santé mentale à la pédiatrie – illustre l’appropriation des outils numériques par des acteurs variés, dans une logique de transformation organisationnelle. Comme pour les éditions précédentes, la qualité des projets reçus souligne le potentiel d’innovation porté par les établissements de santé franciliens. L’ensemble des expérimentations fera l’objet d’un suivi par l’ARS sur la période 2025-2027.

  • EarlyTracks et Use&Share fusionnent pour créer EMS Health, un groupe européen dédié aux données cliniques

    Un nouveau groupe pour la valorisation des données de santé en Europe

    EarlyTracks (Belgique) et Use&Share (France) annoncent (le 24 septembre) la création d’EMS Health, un groupe dédié à l’amélioration de la qualité et à la valorisation des données de santé à l’échelle européenne. Leur objectif est de transformer les données cliniques fragmentées en informations exploitables, fiables et conformes aux standards internationaux. EarlyTracks est présent dans plus de 30 établissements de santé en Belgique et développe des solutions en traitement automatique du langage (NLP) et en modèles de langage larges (LLM) appliqués au secteur médical. Use&Share intervient en France dans la gestion des terminologies médicales auprès d’hôpitaux, d’agences publiques et d’éditeurs de logiciels, dans le cadre de projets tels que ceux du Health Data Hub ou de Vidal.

    EMS Health veut structurer une filière indépendante autour des données cliniques interopérables

    EMS Health souhaite structurer une filière indépendante des dispositifs existants, tels que les dossiers patients informatisés, les entrepôts de données de santé ou les outils d’aide à la décision. Le groupe inscrit sa démarche dans le projet de l’Espace Européen des Données de Santé (EHDS), qui vise à rendre les données accessibles, sécurisées et interopérables dans toute l’Union européenne. Anne Maheust, pharmacien hospitalier et CEO de Use&Share, souligne l’intérêt de rapprocher les infrastructures techniques et les usages métiers pour replacer l’humain au centre des pratiques de soins. De son côté, Antoine Praet, co-dirigeant d’EMS Health, affirme que l’enjeu consiste à fournir “des outils concrets pour produire des données cliniques propres, structurées et interopérables”.

    La direction d’EMS Health regroupe Anne Maheust, Antoine Praet et Brice de Behault, Administrateur-Délégué d’EarlyTracks. Ensemble ils supervisent les projets stratégiques et assurent le développement commercial du groupe. EMS Health collabore avec une diversité d’acteurs du secteur, parmi lesquels des hôpitaux, des professionnels de santé, des agences publiques et des éditeurs de logiciels. En réunissant une vingtaine d’experts médicaux et technologiques, le groupe entend jouer un rôle dans la professionnalisation et l’intégration européenne de la donnée de santé.

  • US : Face aux dérives de GPT-5, des experts appellent à encadrer l’usage des IA grand public en santé mentale

    700 millions d’usagers et l’émergence d’un usage détourné des IA en santé mentale

    Avec près de 700 millions d’utilisateurs hebdomadaires, ChatGPT est devenu pour beaucoup un interlocuteur régulier, y compris dans des moments de stress, de solitude ou de souffrance psychique. Le lancement de GPT-5, perçu comme plus froid et impersonnel, a provoqué une vague de réactions négatives sur Reddit et d’autres forums. Pour certains utilisateurs, cette mise à jour a été vécue non comme une simple évolution technique, mais comme la perte d’un soutien émotionnel. Cet épisode met en lumière un phénomène plus large : l’usage croissant de chatbots généralistes comme substituts aux professionnels de santé mentale, dans un contexte où les systèmes de soins restent inaccessibles pour une large partie de la population.

    IA et santé mentale : le risque d’un soutien sans discernement

    Sam Altman : « ChatGPT n’est pas un thérapeute »

    Si OpenAI a rapidement ajusté le ton de GPT-5 pour le rendre « plus chaleureux » et intégré des recommandations de pauses en cas d’utilisation prolongée, la structure même de ces IA reste problématique. Conçus pour maximiser l’engagement, ces agents virtuels tendent à valider les propos de l’utilisateur sans discernement, renforçant parfois des croyances délirantes ou des logiques d’évitement. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a lui-même rappelé que ChatGPT ne devait pas être utilisé comme un thérapeute. Le consensus parmi les professionnels du secteur est clair : sans encadrement clinique, l’usage de ces outils peut nuire à la santé mentale, en renforçant la dépendance, en retardant le recours à un accompagnement qualifié, voire en alimentant des formes de psychose induites par l’IA.

    Ce qu’exige un usage responsable de l’IA en santé mentale

    Pour répondre à ces enjeux, plusieurs recommandations sont portées par des experts issus des champs technologique, clinique et éthique :

    • Étiquetage transparent distinguant les outils généralistes des solutions conçues pour la santé mentale.
    • Consentement éclairé, avec une information compréhensible sur les limites et les usages des données.
    • Participation de cliniciens à la conception des produits, avec des cadres fondés sur des approches validées (TCC, entretien motivationnel…).
    • Supervision humaine continue, avec audits réguliers des réponses générées.
    • Protocoles d’escalade pour orienter les utilisateurs vers des professionnels en cas de besoin.
    • Sécurité des données et conformité aux réglementations (HIPAA, RGPD…).

    Ces éléments ne constituent pas des options, mais un socle minimal pour tout déploiement de l’IA en contexte de vulnérabilité psychique.

    Un appui émotionnel et non un traitement thérapeutique ? Une piste à explorer

    Dans l’immédiat, les experts s’accordent à dire que le potentiel de l’IA se situe surtout dans l’accompagnement subclinique. Ces outils peuvent aider les personnes qui ne relèvent pas d’un diagnostic formel mais ont besoin d’un soutien quotidien. Offrir un espace d’expression, aider à prendre du recul ou faciliter la reconnaissance émotionnelle sont autant d’usages utiles, à condition d’être cadrés. Par ailleurs, l’IA peut aussi contribuer à désengorger le système de soins, en automatisant certaines tâches administratives lourdes (facturation, codage, remboursement), ce qui permettrait aux professionnels de se concentrer sur la relation thérapeutique.

    Vers une régulation nationale de l’IA en santé mentale

    L’absence de distinctions claires entre chatbot, thérapeute et compagnon virtuel alimente la confusion et la défiance. Pour y remédier, des standards nationaux sont jugés nécessaires, afin de définir les rôles, poser des limites et sécuriser l’expérience utilisateur. GPT-5 illustre les risques de concevoir des IA sans tenir compte de leur usage réel. Pour que ces outils soutiennent réellement la santé mentale, ils doivent être pensés dès l’origine avec des principes de design centrés sur l’humain, en intégrant les apports conjoints des cliniciens, ingénieurs, patients, chercheurs et décideurs publics.

  • Etude : les failles du suivi des dispositifs médicaux à base d’IA mises à jour (Jama)

    IA médicale : 950 dispositifs autorisés par la FDA, mais quelles preuves ?

    Les dispositifs médicaux utilisant l’intelligence artificielle et le machine learning se multiplient dans les hôpitaux et les cabinets, que ce soit pour analyser des images médicales, aider au diagnostic ou guider des décisions thérapeutiques. Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a déjà autorisé près de 950 de ces produits. La grande majorité ont été validés via une procédure dite 510(k), qui consiste à prouver qu’un nouveau dispositif est « équivalent » à un autre déjà sur le marché. Mais ce système soulève une question : les preuves fournies sont-elles vraiment suffisantes pour garantir la sécurité et l’efficacité de ces outils ?

    Pour répondre à cette question, des chercheurs de plusieurs universités américaines (Pennsylvania, Stanford, Harvard…) ont analysé 691 dispositifs IA/ML autorisés par la FDA entre 1995 et 2023. Ils ont examiné les documents remis par les fabricants lors de l’autorisation, ainsi que les données disponibles après la mise sur le marché : signalements d’incidents et rappels. L’idée était simple : vérifier dans quelle mesure les bénéfices et les risques de ces dispositifs sont réellement décrits et suivis.

    Résultats : une évaluation manquant de rigueur

    • Tous les dispositifs classés en risque modéré (classe II) ; 96,7 % autorisés via la procédure 510(k).
    • 46,7 % seulement mentionnaient la taille de l’échantillon, 53,3 % le design de l’étude, 39,4 % avaient fait l’objet d’une publication scientifique, 0,4 % rapportaient de vrais résultats cliniques sur les patients.
    • La sensibilité était fournie pour 24 % des dispositifs, la spécificité pour 22 %.
    • Aucun résultat de sécurité dans 71,8 % des cas, pas d’évaluation des biais dans 91,3 %, risques potentiels mentionnés pour seulement 6,1 %.
    • 36 dispositifs (5,2 %) liés à 489 incidents (dont 30 blessures et 1 décès), 40 dispositifs (5,8 %) rappelés (113 rappels au total). Les dispositifs signalés pour des incidents étaient dix fois plus souvent rappelés (38,9 % contre 4 %).

    Des indicateurs non standardisés, des risques mal suivis

    Cette étude met en évidence un manque de transparence et de rigueur dans l’évaluation des dispositifs médicaux basés sur l’IA. Le recours massif à la procédure 510(k), qui n’exige pas de preuves cliniques solides, fait craindre que des failles se répètent et s’amplifient d’une génération de dispositifs à l’autre. Les auteurs rappellent aussi que, contrairement aux médicaments, il n’existe pas de standards prédéfinis pour démontrer l’efficacité ou la sécurité des dispositifs IA. Chaque fabricant choisit ses propres indicateurs, rendant les comparaisons difficiles et limitant la confiance des cliniciens. Le suivi post-marché pose également problème : la base de signalements d’incidents repose largement sur des déclarations volontaires, ce qui suggère que les chiffres publiés sont probablement en deçà de la réalité.

    Des obligations plus strictes en Europe

    Si aux États-Unis, la tendance est à l’assouplissement réglementaire au nom de l’innovation, en Europe, le AI Act, entré en vigueur en août 2024, prévoit des exigences renforcées pour les systèmes d’IA jugés à « haut risque », dont les dispositifs médicaux. Ces obligations (documentation technique, évaluation de la sécurité, transparence accrue) seront toutefois mises en place progressivement, avec des délais pouvant aller jusqu’à 2027 pour les fabricants. Les auteurs de l’étude appellent donc à l’instauration de « standards plus stricts de reporting » et à un « renforcement de la surveillance post-commercialisation » afin de garantir la confiance des praticiens et des patients.

    * Benefit-Risk Reporting for FDA-Cleared Artificial Intelligence−Enabled Medical Devices. Lin JC, Jain B, Iyer JM, et al. JAMA Health Forum. 2025;6(9):e253351. doi:10.1001/jamahealthforum.2025.3351

    https://jamanetwork.com/journals/jama-health-forum/fullarticle/2839236

     

  • Vieillissement de la population : en 2050, un Français sur six aura plus de 75 ans, quelles réponses de santé ?

    • 🔍En 2050, un Français sur six aura plus de 75 ans, contre un sur dix aujourd’hui. La fragilité concerne 10 à 13 % des plus de 55 ans, selon la HAS, et augmente fortement avec l’âge.
    • 🎯Adapter l’offre de soins à une population multimorbide, où les pathologies chroniques deviennent la norme.
    • 🎯Repenser les équilibres démographiques, avec un ratio de dépendance qui mettra sous pression le modèle social dès 2040.
    • 🔍Le surcoût lié au vieillissement de la population atteindrait 46 milliards d’euros pour la santé en 2050.
    • 🎯Intensifier la prévention de la perte d’autonomie, avec un repérage systématique de la fragilité dès 70 ans.
    • 🔍69 % des Français estiment que les actions publiques pour les EHPAD sont insuffisantes (Ifop/Synerpa 2024). 81 % des Français préfèrent le maintien à domicile
    • 🎯Organiser le virage domiciliaire face à la préférence des Français pour le maintien à domicile malgré sa complexité.
    • 🎯Améliorer l’accessibilité financière des parcours de soins et de l’hébergement, alors que seuls 6 % des Français pensent pouvoir assumer un EHPAD.
    • 🔍La Caisse des dépôts a récemment annoncé vouloir investir 25 milliards d’euros d’ici 2030 pour soutenir les politiques liées à la santé et au grand âge.
    • 🎯Investir dans les innovations numériques efficaces pour la santé, la prévention, l’autonomie et le lien social.

    🧓En 2050, un Français sur six aura plus de 75 ans

    En parallèle d’une stagnation démographique, la part des 75 ans ou plus passera de 10,4 % à 16,4 % d’ici 2050, selon l’Insee. Le ratio de dépendance démographique atteindrait 51 seniors pour 100 actifs dès 2040. Si la population a globalement crû depuis 1945, elle est désormais marquée par un vieillissement progressif lié à l’allongement de l’espérance de vie et au vieillissement des générations du baby-boom. Les personnes de 60 ans ou plus représentent 27,7 % de la population, contre 19,6 % en 1994. Elles sont désormais plus nombreuses que les moins de 20 ans (23,3 %).

    Le poids croissant des plus de 75 ans

    Les 75 ans ou plus représentent 10,4 % de la population début 2024. Cette tranche d’âge a augmenté de 1,6 point depuis 2010, et devrait atteindre 16,4 % en 2050, à égalité avec celle des 60-74 ans. Sur la même période, la proportion des 65 ans et plus a progressé de 5,3 points, tandis que celle des jeunes de moins de 20 ans a reculé de 2,1 points. Selon l’Insee, la population française atteindrait un pic en 2044 (69,3 millions), avant de décroître légèrement pour atteindre 68,1 millions d’habitants en 2070. Cette relative stabilité masque une transformation de la structure par âge. Le nombre de personnes âgées de 60 à 74 ans resterait stable, tandis que celui des 75 ans ou plus augmenterait de 5,7 millions. À l’inverse, les moins de 60 ans perdraient 5 millions d’individus. La part des 65 ans ou plus passerait de 21 % à 29 % de la population totale.

    Un seuil critique dès 2040

    Le ratio de dépendance démographique – nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus rapporté aux 20-64 ans – s’établissait à 38,6 % en France en 2021, soit 6 points au-dessus de la moyenne européenne (32,5 %). Ce ratio devrait atteindre 51 % en 2040, contre 37 % en 2021. À l’échelle européenne, les projections des Nations Unies indiquent un ratio moyen de 66,6 % en 2100, contre 72,6 % pour la France. Les niveaux les plus élevés sont attendus en Italie, en Espagne et au Portugal, où le seuil des 70 % serait franchi dès 2050.

    🏠Fragilité, multimorbidité, dépendance : 1,4 million de seniors dépendants vivent à domicile

    Cette tendance démographique s’accompagne d’une projection préoccupante : le nombre de personnes âgées dépendantes pourrait passer de 1,2 million en 2012 à 2,3 millions en 2060. Actuellement, la moitié d’entre elles vit en institution, et plus de 1,4 million de seniors dépendants vivent à domicile. Les pathologies cardio-neurovasculaires, les troubles neurocognitifs (dont Alzheimer), les maladies respiratoires chroniques, le diabète et certains cancers (notamment du poumon) figurent parmi les maladies les plus fréquentes et les plus invalidantes. Le vieillissement accroît la prévalence de la multimorbidité, résultant de l’accumulation de facteurs de risque au fil du temps. La fragilité, concept central pour évaluer la vulnérabilité des seniors, touche entre 10 et 13 % des plus de 55 ans. Elle progresse fortement avec l’âge, touche davantage les femmes et révèle d’importantes inégalités sociales. Depuis 2013, la HAS recommande son repérage chez les plus de 70 ans, en raison du lien avec la perte d’autonomie et le risque d’événements graves, comme les chutes.

    💶+ 46 milliards d’euros attendu en 2050 pour le système de santé

    Selon une estimation de Clariane et Asterès, cette transition démographique entraînera une hausse mécanique des dépenses de santé : à structure de soins inchangée, le seul vieillissement de la population pourrait générer un surcoût de 16 milliards d’euros en 2030, 32 milliards en 2040 et 41 milliards en 2050. En intégrant la croissance démographique, ces montants grimperaient à 18, 38 et 46 milliards. Les dépenses hospitalières seraient impactées (+16 % en 2050). Face à une dépendance difficilement réversible, la stratégie nationale privilégie la prévention. Santé publique France souligne l’importance d’identifier les individus à risque le plus tôt possible, en amont de l’apparition des premières incapacités. Le vieillissement biologique, les comportements de santé à risque et la progression des maladies chroniques en constituent les principaux déterminants. Des études observationnelles associent un vieillissement en bonne santé à des comportements favorables : activité physique régulière, faible consommation de tabac et d’alcool, ainsi qu’un bon contrôle des facteurs de risque cardio-métaboliques (hypertension, diabète). Bien que les études d’intervention restent limitées, leurs résultats soutiennent une action dès la mi-vie.

    🧑69 % des Français jugent insuffisantes les actions publiques en faveur des EHPAD (Baromètre Ifop/Synerpa 2024)

    Anticipation tardive, méconnaissance des outils de financement et des solutions encore peu convaincantes

    Interrogés sur la prise en charge de leurs proches âgés, 81 % des répondants souhaitent les voir vieillir à domicile, loin devant l’hébergement en établissement spécialisé. Toutefois, en cas de perte d’autonomie liée à la maladie d’Alzheimer, seuls 31 % envisagent que la personne reste chez elle, illustrant le décalage entre idéal et faisabilité. Une majorité de Français (63 %) plébiscite un modèle mixte combinant offre publique et privée pour accompagner le grand âge, un chiffre en hausse de 4 points par rapport à 2022. Dans le même temps, près de 7 personnes sur 10 (69 %) estiment que les pouvoirs publics n’ont pas encore pris les mesures nécessaires pour améliorer la situation dans les EHPAD.

    Si la peur du vieillissement concerne 63 % des Français, seuls les plus de 50 ans anticipent réellement cette période. Trois sondés sur cinq ont entendu parler de l’assurance perte d’autonomie, mais seulement 22 % en connaissent les modalités, et 15 % y ont souscrit. L’inquiétude est également financière : seuls 6 % des Français se disent certains de pouvoir assumer les coûts d’un EHPAD, un chiffre qui atteint à peine 15 % parmi les plus aisés. Parmi les alternatives évoquées, la vente du logement pour financer l’entrée en établissement est envisageable pour un peu plus de la moitié des sondés (51 %), mais les autres solutions immobilières peinent à convaincre.

    🏛️Bien vieillir : une stratégie nationale coordonnée par l’État et la CNSA depuis 2023

    Présentée en novembre 2023, la stratégie nationale du bien vieillir mobilise l’ensemble des institutions publiques et certains acteurs privés, avec pour objectif de soutenir l’autonomie, renforcer les solidarités intergénérationnelles et adapter les politiques sociales aux besoins croissants des personnes âgées. La mise en œuvre s’appuie sur une coordination entre le ministère des Solidarités, de l’Autonomie et de l’Égalité entre les femmes et les hommes, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), la Haute Autorité de Santé (HAS) et les Agences Régionales de Santé (ARS). Depuis la création en 2020 de la cinquième branche de la Sécurité sociale, dédiée à la perte d’autonomie, la CNSA assure le financement des services médico-sociaux et le pilotage du virage domiciliaire.

    L’État articule sa stratégie autour du logement, de la prévention et du lien social

    La stratégie repose sur quatre axes : prise en compte des besoins des seniors, liberté de choix du lieu de vie, renforcement des solidarités entre générations et garantie des droits des citoyens âgés. Elle prévoit notamment :

    • Des campagnes de prévention (activité physique, alimentation, dépistage des maladies chroniques).
    • La généralisation d’aides comme “Ma Prime Adapt” pour adapter les logements au vieillissement.
    • Le développement de formules alternatives d’hébergement (accueil familial, résidences autonomie).
    • La mise en place de programmes de mentorat et de jumelages intergénérationnels (EHPAD/écoles).
    • La lutte contre l’isolement et la maltraitance des personnes âgées.
    • L’amélioration de l’inclusion sociale et culturelle des seniors.

    13 000 proches aidants indemnisés depuis la réforme de 2020

    Depuis 2020, plusieurs dispositifs ont été déployés : création de 4 000 places supplémentaires de SSIAD, indemnisation du congé de proche aidant (13 000 bénéficiaires), programme antichute, mise en place des Centres de ressources territoriaux (CRT) en zones rurales, et lancement du programme ICOPE (OMS) pour retarder la dépendance. En 2023, l’État a investi 21 milliards d’euros, dont 75 millions pour le médico-social et 2 milliards pour la rénovation, la transformation numérique et les équipements paramédicaux. Le virage domiciliaire est soutenu par un budget d’1 milliard d’euros, destiné à créer des Services autonomie à domicile (SAD), guichets uniques pour la coordination de l’aide.

    ⚖️Une loi pour encadrer les politiques locales et programmer les financements jusqu’en 2029

    La loi du 8 avril 2024 encadre juridiquement la stratégie. Les financements seront organisés via des conférences départementales sur l’autonomie. Elle repose sur quatre piliers :

    • Prévention : une conférence nationale triennale définira les orientations majeures.
    • Lutte contre la maltraitance : des procédures de signalement seront renforcées localement.
    • Soutien aux aidants et professionnels : amélioration des conditions de travail, VAE, formation renforcée.
    • Habitat et services : inclusion dans les politiques départementales d’autonomie et adaptation des logements.

    💶2 milliards d’euros pour le numérique

    Sur les 21 milliards d’euros investis en 2023 dans le secteur, 2 milliards sont dédiés à la rénovation, la transformation et l’équipement, dont les outils numériques. Parmi les priorités annoncées :

    • Mise en accessibilité des sites internet pour les personnes âgées et handicapées.
    • Déploiement de conseillers numériques via les Maisons France Services entre 2023 et 2027.
    • Création d’un service numérique pour la gestion des cartes mobilité inclusion.
    • Informatisation des établissements pour personnes âgées (dossiers médicaux électroniques).
    • Soutien au développement de dispositifs médicaux numériques via France 2030 (ex. bracelets connectés de surveillance des signes vitaux).

    🧎‍♂️Prévention des chutes, maintien à domicile : les bénéfices documentés des outils numériques

    Les outils numériques sont de plus en plus utilisés pour aider les personnes âgées à bien vieillir. Ils servent à surveiller la santé, prévenir les risques, garder le lien social et aider les proches. Des études récentes montrent qu’ils sont efficaces, notamment pour réduire les chutes et l’isolement.

    • Télésurveillance :  Capteurs connectés, montres intelligentes, applications de santé : les technologies numériques permettent aux personnes âgées de surveiller leur santé à distance. Une étude menée dès 2013 (Pecina et al.) soulignait déjà les effets positifs de la télésurveillance sur la qualité de vie et la diminution des hospitalisations chez les personnes atteintes de maladies chroniques. Plus récemment, Jahromi et al. (2023) ont démontré que la télémédecine améliore la sécurité, le maintien à domicile, et renforce l’indépendance des seniors.
    • Prévention des chutes : En Australie, l’étude StandingTall (Delbaere et al., 2021) a mesuré l’impact d’un programme d’exercices d’équilibre basé sur une application mobile. Résultat : une baisse de 16 % du taux global de chutes, et de 20 % des chutes avec blessures sur deux ans.
    • Qualité des soins et littératie numérique : Les plateformes de gestion des traitements, les rappels de prise de médicaments et les téléconsultations participent à une meilleure qualité des soins. Selon Ienca et al. (2021), ces technologies favorisent le maintien à domicile en sécurité, mais nécessitent une bonne adaptation aux capacités numériques des utilisateurs.
    • Lutte contre l’isolement : un levier contre la démence, le recours aux appels vidéo, aux messageries ou aux réseaux sociaux permet de maintenir les liens sociaux et de réduire le sentiment de solitude. Une étude de Johns Hopkins University (Alison et al., 2023) montre que ces outils permettent de diminuer de 31 % le risque d’isolement, un facteur identifié de développement de la démence.
    • Soulager les aidants, outiller les professionnels : Les technologies numériques allègent la charge des aidants familiaux, en facilitant la surveillance à distance et l’accès à l’information en temps réel sur l’état de santé des proches. L’étude de Chen et al. (2023) décrit également comment les outils numériques de formation renforcent les compétences des aidants face aux troubles cognitifs, tout en améliorant leur bien-être.
    • Maintien des capacités cognitives : Des applications de stimulation cérébrale, des jeux interactifs ou des outils de rééducation cognitive sont mobilisés pour ralentir le déclin cognitif. D’après Dequanter et al. (2021), ces solutions numériques permettent une meilleure qualité de vie, réduisent les symptômes dépressifs et soutiennent l’engagement cognitif chez les personnes âgées isolées.

    💻Quels usages du numérique pour le grand âge : ce qui fonctionne, ce qui bloque, ce qu’il faut améliorer ?

    Qui ? Bénéfices Freins Axes d’amélioration
    Seniors
    • Plus d’autonomie
    • Se sentir en sécurité
    • Moins d’isolement
    • Activité et stimulation mentale
    • Aide au quotidien
    • Outils (parfois) compliqués à utiliser
    • Difficultés avec le numérique
    • Prix (parfois) élevé
    • Inquiétudes sur les données personnelles
    • Outils plus simples et lisibles
    • Formations faciles et régulières
    • Aides financières
    • Pédagogie sur la sécurité des données
    Professionnels de santé
    • Suivi à distance des patients
    • Aide à l’organisation des soins
    • Pas assez de formation
    • Doutes sur la fiabilité des outils
    • Formations continues
    • Mieux intégrer les outils dans le travail quotidien
    Aidants
    • Moins de stress
    • Mieux suivre la santé d’un proche
    • Outils parfois difficiles à prendre en main
    • Prix (parfois) élevé
    • Aide technique simple
    • Solutions accessibles financièrement
    • Explications claires sur les outils

    📈Un marché de 130 milliards d’euros en 2030

    Selon les projections, le marché de la silver économie pourrait représenter jusqu’à 130 milliards d’euros en France à l’horizon 2030. Il englobe un large champ d’activités allant de la santé connectée à la domotique, en passant par la mobilité, les loisirs, l’alimentation, les services à la personne ou encore la prévention de la perte d’autonomie. Depuis 2013, la filière bénéficie d’une structuration nationale portée par le Conseil national de la silver économie, avec le soutien de politiques publiques, de dispositifs de financement comme ceux de Bpifrance, et d’écosystèmes territoriaux mobilisés. Mais si le potentiel est important, la complexité du marché impose rigueur et préparation aux entrepreneurs. La silver économie est régie par des normes spécifiques, et les utilisateurs qu’elle cible sont loin d’être homogènes. Du senior actif à la personne dépendante, les attentes diffèrent en matière d’ergonomie, de prix, de canaux d’accès ou de niveau de technicité. Pour y répondre, les entreprises doivent s’appuyer sur des études de marché fines, travailler en lien avec des experts du vieillissement, et tester leurs solutions auprès des publics concernés. Si les solutions innovantes se multiplient, leur adoption dépend de leur simplicité d’usage, de leur accessibilité et du soutien mis en place pour leur prise en main. Dans cette logique, des dispositifs de formation ou des partenariats avec les structures locales deviennent nécessaires.

    💶 La Caisse des dépôts mobilise 25 milliards d’euros sur cinq ans

    Récemment, la Caisse des dépôts prévoit d’investir 25 milliards d’euros d’ici à 2030 pour accompagner les transformations liées au vieillissement de la population et au financement des acteurs de la santé. Cette enveloppe soutiendra à la fois les innovations, les établissements de soin et les politiques locales d’autonomie. À elle seule, la Banque des Territoires contribuera à hauteur de 4,5 milliards d’euros à cette stratégie. Antoine Saintoyant a rappelé que la Banque constitue aujourd’hui le principal financeur des collectivités au sein du groupe, et que « la santé et le grand âge sont devenus l’un des principaux sujets de préoccupation pour l’ensemble des élus ».

    Soutien aux projets hospitaliers et à l’offre de proximité

    Les financements prévus visent notamment à appuyer les grands chantiers de restructuration hospitalière : construction de nouveaux CHU, rénovation thermique des bâtiments, ou encore développement d’équipements territoriaux. La Banque des Territoires prévoit également d’accompagner les collectivités dans le déploiement des 5 000 maisons France santé, annoncées par le gouvernement, en cohérence avec la feuille de route autonomie et santé.

    📕Références bibliographiques :

    Rapports et études :

    Publications scientifiques :

    • Pecina JL, Hanson GJ, Van Houten H, et al. Impact of telemonitoring on older adults’ health-related quality of life : the Tele-ERA study. Qual Life Res. 2013;22:2315–21. doi:10.1007/s11136-013-0361-5
    • Eslami Jahromi M, Ayatollahi H. Impact of telecare interventions on quality of life in older adults: a systematic review. Aging Clin Exp Res. 2023;35:9–21. doi:10.1007/s40520-022-02294-7
    • Delbaere K, Valenzuela T, Lord SR, Clemson L, Zijlstra GAR, Close JCT, et al. E-health StandingTall balance exercise for fall prevention in older people: results of a two-year randomised controlled trial. BMJ. 2021 Apr 6;373:n740. doi:10.1136/bmj.n740. Erratum in: BMJ. 2021 Aug 17;374:n1908. PMID: 33824131; PMCID: PMC8022322
    • Ienca M, Schneble C, Kressig RW, et al. Digital health interventions for healthy ageing: a qualitative user evaluation and ethical assessment. BMC Geriatr. 2021;21:412. doi:10.1186/s12877-021-02338-z
    • Huang AR, Roth DL, Cidav T, Chung S-E, Amjad H, Thorpe RJ Jr, et al. Social isolation and 9-year dementia risk in community-dwelling Medicare beneficiaries in the United States. Alzheimers Dement. 2023 Jan 11. [Epub ahead of print]
    • Chen H, Levkoff SE, Kort H, McCollum QA, Ory MG. Technological innovations to address social isolation and loneliness in older adults. Front Public Health. 2023 Feb 6;11:1111442. doi:10.3389/fpubh.2023.1111442
    • Dequanter S, Gagnon M-P, Ndiaye M-A, Gorus E, Fobelets M, Giguère A, et al. The effectiveness of e-Health solutions for ageing with cognitive impairment: a systematic review. Gerontologist. 2021;61(3):e373–94. doi:10.1093/geront/gnaa065
    • Pirhonen, J., Lolich, L., Tuominen, K., Jolanki, O., Timonen, V. (2018). “These devices have not been made for older people’s needs” – Older adults’ perceptions of digital technologies in Finland and Ireland. Technology in Society, 62.
    • Takano, E.; Maruyama, H.; Takahashi, T.; Mori, K.; Nishiyori, K.; Morita, Y.; Fukuda, T.; Kondo, I.; Ishibashi, Y. User Experience of Older People While Using Digital Health Technologies: A Systematic Review. Appl. Sci. 2023, 13
    • Ienca, M., Schneble, C., Kressig, R.W. et al. Digital health interventions for healthy ageing: a qualitative user evaluation and ethical assessment. BMC Geriatr 21, 412

  • Le Pôle Santé Bergère déploie Integratome : une IA médicale pour démocratiser les bilans de santé personnalisés

    Du cadre dirigeant au salarié : le Pôle Santé Bergère élargit son offre de bilans de santé

    Le Pôle Santé Bergère, centre parisien dédié à la prévention médicale, structure son offre autour d’un double objectif : rendre les bilans de santé accessibles à un public plus large – salariés, indépendants, professions libérales – et améliorer la qualité du suivi médical grâce à l’innovation technologique. En partenariat stratégique avec Integratome, la plateforme française de jumeau numérique de santé, l’établissement devient le premier à intégrer cet outil dans ses parcours de soins préventifs. Les bilans, jusqu’ici centrés sur les cadres dirigeants, sont désormais proposés à tous les niveaux de l’entreprise. L’offre est segmentée selon l’âge, le risque et le profil professionnel, avec une gamme de prestations tarifées entre 650 et 2 300 euros, intégrant examens cliniques, biologiques et consultations pluridisciplinaires.

    Une IA supervisée pour détecter 57 pathologies chroniques en un seul bilan

    25 ans de recherche pour un bilan médical complet

    La plateforme Integratome repose sur 25 ans de travaux en modélisation médicale. Elle synthétise les données de santé du patient sous la forme d’un jumeau numérique, structuré par des algorithmes et une IA supervisée. L’outil est alimenté par des sources publiques, des recommandations de sociétés savantes, et un comité médical transdisciplinaire assurant sa robustesse scientifique.

    Ce jumeau numérique offre “une vision à 360°” de la santé, couvrant 57 pathologies chroniques. Il identifie les risques immédiats et à cinq ans, suggère des priorités d’action et oriente les examens complémentaires. Les médecins disposent d’une synthèse immédiatement exploitable, améliorant la pertinence des recommandations et la qualité des échanges avec le patient. Le parcours reste encadré : chaque bilan se conclut par une consultation d’au moins 30 minutes avec un médecin.

    Le Pôle Santé Bergère propose un ROI mesurable pour la prévention santé en entreprise

    L’offre du Pôle Santé Bergère s’adresse aux entreprises de toutes tailles. Elle intègre des solutions de dépistage en entreprise (cardiologie, dermatologie, gynécologie, santé mentale) ainsi qu’un accompagnement spécifique sur le handicap via le programme Handi’care. L’objectif est aussi économique : réduire l’absentéisme, soutenir le maintien dans l’emploi après 55 ans, améliorer l’attractivité employeur. Des statistiques anonymisées peuvent être fournies aux DRH pour piloter leur stratégie de prévention.

    Le partenariat permet en outre de modéliser un retour sur investissement (ROI) des programmes de prévention santé, grâce aux données collectées dans le cadre des bilans et au suivi proposé. Plusieurs groupes ont déjà contractualisé (ex. : Française des Jeux), et des discussions sont en cours dans l’automobile, l’assurance ou le bâtiment.

    Un maillage de 55 partenaires pour déployer les bilans santé en région

    Si le centre de gravité reste parisien, avec un immeuble structuré par pôles spécialisés (santé des femmes, dermatologie, cardiologie, etc.), le Pôle Santé Bergère s’appuie sur un réseau national de 55 partenaires médicaux (cliniques, centres de santé, CHU) pour déployer ses offres en régions. Tous les praticiens du Pôle sont libéraux, partenaires de la structure, et intégrés dans une logique de parcours coordonné, facilitant la prise en charge pluridisciplinaire. Des partenariats avec des réseaux d’ergothérapeutes, des psychologues et des acteurs de la prévention des risques psychosociaux sont également en place. Le modèle d’Integratome est strictement encadré par le corps médical. Les données du patient ne sont pas collectées par la plateforme. Celles-ci sont anonymisées, non persistantes, et uniquement utilisées par les équipes médicales du Pôle Santé Bergère. Cette approche permet de réduire le temps médical consacré au traitement des données, en augmentant celui dédié à l’échange clinique.

  • Moins de 1 % des entreprises ont mis en œuvre une gouvernance responsable de l’IA (rapport du WEF et d’Accenture)

    • 📉 81 % des entreprises sont en retard sur la mise en œuvre de l’IA responsable (niveaux 1 ou 2 de maturité sur 4).
    • 🔍 Moins de 1 % ont atteint une gouvernance IA anticipative et opérationnelle à grande échelle.
    • 🧭 Le guide repose sur 9 recommandations, structurées en trois axes : stratégie, gouvernance, développement.
    • 🏢 L’alignement implique un engagement fort des dirigeants, des principes clairs et des responsables IA désignés.
    • 📊 Les entreprises sont invitées à nommer des référents IA, mettre en place des comités transverses et formaliser le traitement des incidents.
    • 📑 Le rapport recommande d’utiliser des référentiels existants (ex. : NIST AI RMF, ISO/IEC 42001).
    • 🗂️ Le rapport souligne l’urgence de partager les données via des modèles comme les data trusts, clean rooms ou écosystèmes fédérés.
    • 🔄 Il promeut l’automatisation des contrôles, la transparence des pratiques et l’intégration du design responsable par défaut.

    81 % des entreprises sont en retard sur la mise en œuvre de l’IA responsable selon une enquête 2025

    Le Forum économique mondial, en collaboration avec Accenture, publie en septembre 2025 un playbook pour combler le déficit d’implémentation de l’IA responsable dans les entreprises. Malgré une prise de conscience, moins de 1 % des organisations ont atteint un niveau avancé d’intégration des pratiques responsables dans leurs systèmes d’IA. Ce retard constitue un frein à l’innovation, affaiblit la confiance du public et augmente les risques réglementaires, juridiques et réputationnels.

    D’après une enquête menée auprès de 1 500 entreprises en 2025, 81 % d’entre elles se situent aux deux premiers niveaux de maturité sur une échelle de quatre. Seules 19 % atteignent le stade 3 — caractérisé par une adoption systématique, mais encore partielle — et moins de 1 % opèrent avec une gouvernance pleinement anticipative et collaborative. Ce constat est valable tous secteurs et régions confondus, y compris en santé et en services publics.

    Le rapport identifie neuf axes d’action structurés en trois dimensions : stratégie, gouvernance et usages. Sur le plan stratégique, il recommande aux entreprises d’ancrer l’IA responsable dans leur feuille de route globale. Cela suppose un engagement fort du comité exécutif, des principes clairs alignés sur les valeurs internes, et la désignation de responsables dédiés. Des exemples comme ceux de Mastercard ou Telefónica illustrent comment intégrer des contrôles techniques et éthiques à chaque étape du cycle de vie des systèmes d’IA.

    • Mastercard mise sur l’intégration systématique : Chez Mastercard, la gouvernance de l’IA repose sur une intégration systématique des contrôles dans l’ensemble des processus métiers. L’entreprise a déployé des outils d’évaluation et de vérification qui encadrent chaque utilisation d’un système d’IA. Ces dispositifs permettent d’ancrer la responsabilité dès la phase de conception, en combinant exigences techniques et normes internes. L’objectif est de garantir une évaluation continue des usages, en intégrant la gestion des risques de manière transversale. L’IA responsable n’est pas un ajout, mais une composante intégrée du fonctionnement opérationnel.
    • Telefónica mise sur l’expertise interne et les relais opérationnels : De son côté, Telefónica s’appuie sur un modèle de gouvernance de l’IA adossé à ses dispositifs existants en matière de confidentialité et de gestion des risques. Le groupe a structuré une démarche multipartite avec la création d’un bureau dédié à l’IA, d’un groupe d’experts en éthique et d’un réseau de « champions IA responsable » chargés d’accompagner les équipes. L’approche inclut également des formations internes et des outils d’évaluation des produits, articulés autour d’un cadre unifié combinant conformité réglementaire et critères éthiques.

    Référentiels, labels et reporting pour encadrer les pratiques des organisations

    Les organisations sont invitées à nommer des responsables IA, mettre en place des comités transverses, et formaliser les processus de remontée des incidents. Le rapport recommande également de s’appuyer sur des référentiels existants, tels que le NIST AI Risk Management Framework ou le modèle ISO/IEC 42001. Côté États, plusieurs instruments sont cités, comme le “Dubai AI Seal” ou le code de conduite du processus d’Hiroshima porté par le G7.

    • À Dubaï, le Dubai Centre for Artificial Intelligence a mis en place le Dubai AI Seal, un dispositif d’évaluation destiné à certifier les solutions présentées comme reposant sur l’intelligence artificielle. Ce label vise à prévenir les pratiques de type “AI washing”, consistant à exagérer les capacités réelles des systèmes. Les entreprises sont évaluées sur plusieurs critères, dont le nombre de projets IA déployés, les compétences internes mobilisées et les partenariats technologiques engagés.
    • Porté par le G7 sous présidence japonaise en 2023, le processus d’Hiroshima a abouti à l’adoption d’un code de conduite international pour les organisations développant des systèmes d’IA avancés. Ce texte a été complété en 2025 par un cadre de reporting commun élaboré avec l’OCDE. Les premiers retours montrent toutefois une hétérogénéité marquée dans la qualité et la lisibilité des rapports déposés. Pour renforcer l’efficacité du dispositif, la présidence canadienne du G7 explore désormais des mécanismes incitatifs supplémentaires. Un groupe élargi de pays, le “Hiroshima AI Process Friends Group”, rassemble à ce jour 56 États et régions engagés dans la promotion d’une gouvernance partagée de l’IA.

    Data trusts, clean rooms, fédération : les modèles soutenus pour un partage des données

    L’accès à des données de qualité, représentatives et sécurisées est un prérequis essentiel à une IA fiable. Le rapport souligne les tensions actuelles dues à l’absence de standards partagés, aux cloisonnements organisationnels, ou encore aux incertitudes juridiques sur l’usage des données. Il encourage les pouvoirs publics à soutenir des modèles comme les “data trusts”, les environnements fédérés ou les salles blanches, à l’image de certaines initiatives européennes ou américaines.

    Les recommandations incluent également le renforcement de la transparence, l’adoption du design responsable par défaut, l’automatisation des contrôles via des plateformes technologiques, et le développement de la littératie IA au sein des équipes. À ce titre, l’initiative d’Accenture pour intégrer un “Trusted Agent Huddle” dans ses processus de marketing illustre l’émergence de nouvelles formes de supervision technologique collaborative.

    Les 9 recommandations pour une IA responsable 

     STRATÉGIE 

    • Définir une stratégie IA responsable à long terme : Aligner IA et gouvernance avec la vision d’entreprise, sous pilotage du top management.
    • Mettre en place une gouvernance des données fiable : Améliorer la qualité, l’interopérabilité et le partage sécurisé des données.
    • Concevoir des processus IA résilients : Anticiper les évolutions réglementaires et technologiques, et adapter les pratiques.

    GOUVERNANCE 

    • Nommer des responsables IA : Structurer une gouvernance dédiée et interdisciplinaire, avec des référents clairs.
    • Gérer les risques de façon systémique et contextuelle : Adapter les cadres existants (ex. : NIST, ISO) aux spécificités métiers et secteurs.
    • Assurer la transparence sur les pratiques et incidents : Documenter, signaler et publier les usages, limites et incidents liés à l’IA.

    DÉVELOPPEMENT 

    • Intégrer la responsabilité dès la conception : Adopter le design éthique par défaut et impliquer les utilisateurs.
    • Industrialiser l’IA responsable avec des outils technologiques : Automatiser le suivi des risques, intégrer les contrôles dans les systèmes.
    • Former et accompagner les équipes : Renforcer la littératie IA, préparer les transitions métiers, outiller tous les profils.

    Advancing Responsible AI Innovation: A Playbook

     

  • La fonction d’infirmier coordinateur en Ehpad désormais reconnue

    La reconnaissance d’un rôle propre et en coordination. 

    La loi du 27 juin 2025 répond à une demande ancienne de la profession ( plus de 600 000 infirmiers en France) et consacre pour la première fois un statut de l’infirmier, modifiant pour cela plusieurs articles du Code de la santé publique et du Code de la sécurité sociale. Elle donne une base légale à des fonctions spécifiques exercées par ces professionnels. Un décret du 4 septembre vise les fonctions de coordination en Ehpad. 

    La loi pose d’emblée que « l’infirmier exerce son activité dans le respect du code de déontologie, dans le cadre de son rôle propre ou sur prescription et en coordination avec les autres professionnels de santé ». Sont ensuite énumérées les nombreuses missions de l’infirmier, en propre ou avec d’autres professionnels de santé, allant de la prévention aux soins, à la coordination, à la permanence des soins ou à la recherche.  

    La consultation infirmière est reconnue explicitement, ce qui valide également le diagnostic infirmier. Les patients pourront donc consulter un infirmier en première intention. L’infirmier peut ainsi, comme les professions médicales, prescrire de manière autonome certains produits de santé et examens, sans prescription médicale préalable. La liste de ces produits et actes sera fixée par arrêté ministériel, sur avis de la Haute autorité de santé (HAS) et de l’Académie de médecine, afin d’éviter les conflits de compétence et de respecter le parcours de soin. 

    Un décret sur les activités et compétences infirmières, actuellement en préparation, est destiné à donner à la profession les moyens d’appliquer ces nouvelles dispositions. Le projet présenté par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) fait l’objet de critiques de la part de l’Ordre national des infirmiers :  absence de financement pour l’accès direct, autonomie de prescription et rôle coordination très restreints. 

    Le rôle de l’infirmier et du médecin coordinateurs en Ehpad 

    Une des missions listées à l’article 1 de la loi est de « contribuer à l’orientation de la personne ainsi qu’à la coordination et à la mise en œuvre de son parcours de santé ». L’article 2 de la loi cite expressément l’infirmier de coordination (IDEC) parmi les membres de l’équipe pluridisciplinaire en Ehpad, telle qu’elle est définie à l’article 312-155-0 du Code de l’action sociale et des familles (CASF). Il est indiqué que l’IDEC exerce sa mission « en collaboration avec le médecin coordonnateur et en lien avec l’encadrement administratif et soignant de l’établissement ». Des mesures réglementaires devront préciser les modalités de nomination, les compétences et les moyens. 

    Un décret du 4 septembre a d’ores et déjà défini les conditions d’exercice du couple formé par le médecin et l’infirmier coordonnateur. L’IDEC est placé « sous la responsabilité et l’autorité administratives du responsable de l’établissement » et du cadre de santé le cas échéant. 

    Ses missions sont ainsi décrites :  

    • L’IDEC « participe à la coordination de l’équipe paramédicale, à l’organisation et à la qualité des soins paramédicaux réalisés par l’équipe soignante » ; 
    • Il « contribue aux projets d’amélioration continue de la qualité des soins » ; 
    • Il « participe à la coordination de l’équipe paramédicale, à l’organisation et à la qualité des soins paramédicaux réalisés par l’équipe soignante ». 

    Plus globalement, il « concourt à l’exercice des missions des médecins coordonnateurs ». Le décret donne désormais à ces derniers la possibilité d’assurer le suivi médical des résidents qui le souhaitent. Leur contrat avec l’Ehpad précisera le nombre de patients concernés, ainsi que le temps de présence du médecin. Le recours  à la télécoordination est admis à titre temporaire. 

    Ces premières évolutions dans l’exercice de la profession d’infirmier sont de nature à favoriser la prévention, à optimiser les soins des personnes dépendantes, tant à domicile qu’en Ehpad. 

    Loi 2024-581 du 27 juin 2025 sur la profession d’infirmier :
    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051806032 

    Décret du 4 septembre 2025-897 relatif aux missions et conditions d’exercice des médecins et infirmiers coordonnateurs en Ehpad :
    https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGIARTI000052202606/2025-09-07#:~:text=Circulaires%20et%20instructions-,Décret%20n°%202025%2D897%20du%204%20septembre%202025%20relatif,pour%20personnes%20âgées%20dépendantes%20(EHPAD)