Nabil

  • Mayotte : lancement d’un médicobus qui fait de la téléconsultation

    Des examens médicaux et de la téléconsultation

    Porté par l’association Ensemble pour votre santé (EPVS) et en partenariat avec l’association de santé communautaire Nariké M’Sada, ce dispositif se distingue par son caractère connecté, ce qui en fait un “e-médicobus”. Il offre aux patients la possibilité de consulter un médecin à distance via une téléconsultation, tout en étant accompagnés par un professionnel de santé sur place. Cela garantit que l’usager est assisté tout au long de la séance.

    Outre les téléconsultations avec des médecins généralistes, le véhicule propose également des examens complémentaires, tels que l’électrocardiogramme et le fond d’œil. Le e-médicobus est adapté à la prise en charge des patients souffrant d’affections de longue durée (ALD).

    Une région en tension :

    Territoire ultramarin français, Mayotte est confrontée à des défis sanitaires importants en raison d’une dégradation des conditions de vie (habitat insalubre, pollution de l’air, difficulté d’accès à l’eau courante). Ces problèmes ont des conséquences directes pour la santé des habitants, et les pathologies chroniques progressent. Mayotte compte 89 médecins pour 100 000 habitants, contre 888 à Paris et une moyenne nationale d’environ 300 médecins.

    Déjà plusieurs dizaines de médicobus en service

    Lancé en juin 2023, le plan « France ruralités » inclut le médicobus, un bus médical itinérant visant à améliorer l’accès aux soins dans les zones rurales sous-desservies. Il permet de proposer des consultations de médecine générale et spécialisée aux personnes éloignées des soins ou sans médecin traitant. En plus de renforcer l’offre médicale locale, le Médicobus cherche à maintenir durablement les professionnels de santé dans ces territoires. Il s’agit d’une solution temporaire, complémentaire à l’offre de soins existante, pour réinsérer les patients dans un parcours de soins, notamment dans les zones à faible densité médicale.

    En France, de nombreux bus de ce type existent. La Normandie fut la première région à accueillir ce véhicule en 2020. Des médecins généralistes volontaires ou retraités assuraient des consultations cinq jours sur sept. Sans surprise, ces médicobus concernent prioritairement les zones rurales, avec des délais élevés d’obtention de rendez-vous, le tout au bénéfice d’une population âgée et souffrant d’ALD. Au-delà de prodiguer des soins, le gouvernement espère que, grâce à un premier contact dans ces territoires, des médecins puissent s’installer durablement. Dernièrement cet été, un médicobus a été déployé dans la Drôme.

     

  • 95 bases de données de santé répertoriées dans le Datalogue

    Un nouveau moteur de recherche pour les données de santé

    Cet outil de recherche et d’informations sur les données de santé est à destination des agents des agences régionales de santé (ARS), de leurs partenaires et plus largement des utilisateurs des données de santé (chercheurs, professionnels de santé et décideurs). Développé par les équipes du département « Données et études en santé » (DES) de la Direction de la recherche et de l’innovation (Dirnov), Datalogue est conçu pour répondre à la demande croissante d’utilisation des données de santé. On retrouve par exemple la plateforme Bruitparif qui centralise les cartes stratégiques de bruit et les plans de prévention du bruit dans l’environnement pour l’Île-de-France. Ou encore Airparif, sur la qualité de l’air en Île-de-France.

    2 objectifs principaux : simplicité et collaboration

    Intuitif, le menu de Datalogue permet d’effectuer des recherches précises sur les données de santé visées. Les utilisateurs ont ainsi la possibilité d’effectuer les actions suivantes :

    • rechercher des sources de données de santé : les utilisateurs peuvent trouver des sources en utilisant des critères spécifiques ;
    • obtenir des informations détaillées : les fiches fournissent des descriptions des sources de données, y compris l’échelle géographique, les modalités d’accès et les personnes référentes à l’ARS Ile-de-France ;
    • faciliter la réalisation de diagnostics : les informations fournies aident à ajuster et définir les politiques publiques ;
    • et promouvoir l’utilisation des données : Datalogue encourage l’utilisation des données de santé produites par l’ARS et d’autres producteurs régionaux ou nationaux.

    Un module est disponible pour effectuer des recherches de données de santé. Par exemple, le thème « état de santé » combiné au sous-thème « prévention » nous donne comme résultats :

    • l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) ;
    • le Panorama statistique jeunesse sport et cohésion sociale (Drees) ;
    • et les profils socio-sanitaires des communes (ORS-IF).

    Pour garantir une mise à jour régulière et une amélioration continue, Datalogue se veut collaboratif. Les utilisateurs peuvent proposer de nouvelles sources de données et signaler les erreurs et les anomalies.

    👉 Datalogue représente une avancée pour l’accessibilité et l’utilisation des données de santé en France, offrant une plateforme dynamique et participative. Accessible via ce lien.

     

  • OMS/Europe : 53 États mobilisés en faveur de l’innovation en santé numérique

    Une “taskforce” composée de 4 groupes spécialisés

    Ce plan, lancé à Copenhague le 13 juin 2024, vise à transformer les systèmes de santé grâce aux technologies numériques, notamment pour en faire bénéficier le plus grand nombre, aussi bien le personnel médical que les patients. Accessibilité et sécurité sont donc les maîtres mots. Le sujet de la confiance est effectivement central. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : « les patients et les professionnels de santé signalent un faible niveau de confiance dans les solutions numériques, avec des préoccupations liées à la protection de la vie privée et à la sécurité. »

    IA, prévention, interopérabilité et santé mentale :

    Les travaux de l’OMS se doivent, par ailleurs, de garder une cohérence avec les priorités des États, les feuilles de route définies et la stratégie mondiale 2020-2025 de l’OMS en santé numérique. Pour ce faire, quatre groupes de travail (GT) seront constitués et travailleront à l’atteinte des objectifs suivants :

    • optimiser les capacités et l’accès aux soins de santé par le biais de la numérisation et de l’intelligence artificielle (IA) responsable ;
    • exploiter les données et les technologies numériques pour intégrer les soins de santé et la prévention au sein des foyers ;
    • promouvoir une approche écosystémique des normes et de l’interopérabilité dans le domaine des soins de santé ;
    • et enfin renforcer la santé publique avec un focus particulier sur la santé mentale et le soutien au personnel de santé.

    Le financement, principal obstacle

    Toutefois, des défis subsistent, notamment en matière d’interopérabilité des données et de financement pour certaines régions. En effet, dans certains pays, seulement 2 % du budget national total de la santé sont alloués à la transformation numérique. Ces obstacles n’entachent en rien la volonté de l’OMS/Europe de mobiliser un réseau constitué de 100 représentants d’États membres, gouvernementaux ou non, des acteurs privés et publics, en faveur du numérique en santé.

    Le docteur Natasha Azzopardi-Muscat, directrice de la division des politiques et systèmes de santé des pays à l’OMS/Europe, déclare « qu’aujourd’hui commence un périple véritablement transformateur. »

  • IA : le CHU de Montpellier collabore avec Praxysanté pour évaluer l’ambient listening

    Pertinence des informations, gain de temps et relation patients médecins

    Le CHU de Montpellier, le centre Erios et la start-up Praxysanté initient une expérimentation en intelligence artificielle (IA), plus particulièrement sur la génération automatique de comptes-rendus médicaux à partir d’une technologie d’ambient listening. Cette technologie de reconnaissance vocale est utilisée lors consultations pour générer automatiquement des notes cliniques à partir de ce qui a été dit. Elle s’appuie sur de l’intelligence artificielle pour augmenter et clarifier les sons environnants et un moteur de traitement du langage naturel (NLP).

    L’ambition de cette collaboration, d’une durée d’un an, est d’évaluer l’apport de la technologie de reconnaissance des conversations humaines au regard des usages hospitaliers. L’expérimentation a pour objectif d’évaluer quatre critères :

    ✔️ La qualité de la transformation des documents médicaux en données structurées.

    ✔️ La pertinence de ces données dans le cadre du suivi thérapeutique.

    ✔️ Le gain de temps obtenu compte tenu de la réduction des charges administratives.

    ✔️ L’amélioration de la relation entre les patients et les professionnels de santé.

    Au programme, des phases d’observation et des entretiens

    Pour mener cette étude, le protocole inclut des dizaines de professionnels de santé aux spécialités diverses, ainsi que des attachés de recherche technologiques d’Erios. Ils ont pour mission :

    • d’évaluer la pertinence des informations transmises par la solution d’intelligence artificielle Praxysanté.
    • et de mener des phases d’observation ainsi que des entretiens directs avec les praticiens et les patients.

    Au-delà du compte-rendu, l’enjeu du diagnostic pertinent :

    La diminution des tâches administratives et l’amélioration de l’accès à l’information ne constituent pas les seuls bénéfices apportés par l’intelligence artificielle. La collecte de ces données apporte un support au diagnostic, comme un meilleur repérage des maladies rares, ou bien une analyse fine des critères d’inclusion ou d’exclusion de patients pour des études cliniques.

    Une collaboration qui s’inscrit dans la continuité des missions d’Erios :

    Ce programme d’évaluation rentre naturellement dans le champ d’action du centre d’expérimentation Erios. Créé en octobre 2022 et subventionné dans le cadre du plan France 2030, Erios évalue et développe des cas d’usage dans lesquels la technologie apporte une réponse satisfaisante aux enjeux médicaux. Les premiers chantiers du centre furent par exemple la mise en place de tableaux de bord pour superviser les traitements (anticoagulant, immunosuppresseurs), ou bien l’aide à la saisie des comptes-rendus opératoires.

     

  • Santé numérique et institutions : bilan des faits marquants de l’été 2024

    En France, malgré un climat politique incertain, et ses conséquences sur la vie institutionnelle (attente des nominations ministérielles, ralentissement du PLFSS), la production de rapports et les annonces continuent d’alimenter les acteurs de la santé en recommandations. Le rapport de la Fédération Hospitalière de France, par exemple, met en avant la notion de « responsabilité populationnelle » et les spécificités territoriales en faveur de la santé publique. Les sénateurs Anne Ventalon et Christian Redon-Sarrazy soulignent, dans un rapport dédié à l’intelligence artificielle, la nécessité de renforcer l’IA dans le secteur de la santé, notamment en rendant accessibles les données pour la recherche. Du côté des levées de fonds, 57 millions d’euros ont été investis dans les startups de santé numérique, avec 47 millions d’euros levés par TRiCares pour développer une valve tricuspide.

    Pour faire le point sur ces actualités estivales, Health & Tech revient sur les principales annonces (nominations, rapports, partenariats, levées de fonds) qui ont eu lieu entre juillet et août 2024 :

    Le rachat de Sanoïa par le groupe Astek, qui renforce sa position sur le marché de la recherche clinique, Ospi, qui devient un acteur majeur de la donnée à l’hôpital en France après le rachat d’Alicante… Health and Tech Intelligence synthétise dans cet article les éléments clés des principales opérations identifiées sur le marché français au cours de l’été 2024.

    Yann Bubien à la tête de l’ARS Paca, Nicolas Scotté pressenti pour être le futur directeur de l’Institut national du cancer (Inca), Sophie Boissard reconduite à la direction générale du groupe Clariane… Cet été 2024, beaucoup de nominations ont eu lieu tant dans le secteur privé que dans le secteur public de la santé : Health and Tech Intelligence dresse le bilan de ce mercato estival.

    FHF, CNAM, Sénat, l’été 2024 a été marqué par la publication de rapports essentiels pour le secteur de la santé français. Alors que la CNAM annonce un déficit prévisionnel de 11,4 milliards d’euros, ces publications proposent des éclairages aux acteurs politiques pour améliorer le système de santé en matière de prévention, d’accès aux soins et d’innovation.

    Entrée en vigueur de « l’AI Act », ouverture des candidatures HOP’EN 2, autorisations de la FDA, Health and Tech revient sur les annonces notables des institutions de santé qui ont eu lieu cet été en France, en Europe et aux USA.

    L’été 2024 est marqué par une série de partenariats stratégiques dans le secteur de la santé, avec des collaborations visant à moderniser les services médicaux, améliorer la sécurité des prescriptions et étendre l’accès à des soins innovants. Des initiatives comme “Ma Pharmacie en France” ou le partenariat entre C2N Diagnostics et Unilabs témoignent d’un effort global pour répondre aux défis.

    57 millions d’euros, c’est le montant des levées de fonds entre juillet et août dans l’univers de la santé numérique. Au total, ce sont 8 opérations qui ont été recensées. Avec en tête, 47 millions d’euros pour TRiCares, une start-up spécialisée dans les dispositifs médicaux et les valves cardiaques.

    Un téléservice pour simplifier les démarches, la création du dossier médical partagé pour les détenus, et la télémédecine dans les territoires ultramarins. Voici un point sur les textes clés publiés au Journal officiel durant l’été 2024.

     

  • Lancement de la Vague 2 du Ségur de la santé : simplification du mode AIR et du DMP

    Un accompagnement pour les éditeurs et établissements de santé

    Le 23 avril dernier, l’Agence du numérique en santé (ANS) a donné le coup d’envoi de la Vague 2 du Ségur de la santé, marquant une nouvelle phase dans la modernisation des systèmes d’information en santé (SIS). Après une première vague qui a posé les bases de la transformation numérique, ce deuxième volet se concentre sur l’intégration de nouvelles fonctionnalités visant à renforcer l’efficacité et la sécurité des échanges d’informations entre patients et professionnels de santé.

    Lancé en 2020, le Ségur de la santé a pour objectif de réformer en profondeur le système de santé français, en mettant un accent particulier sur le numérique. La Vague 1, déjà en place depuis plusieurs mois, a permis de lancer des initiatives telles que :

    • la généralisation du DMP ;
    • l’amélioration de la Messagerie sécurisée (MSSanté) ;
    • et l’optimisation des outils de télémédecine.

    Ces premières mesures ont préparé le terrain pour la Vague 2.

    Cette dernière introduit de nouvelles fonctionnalités, parmi lesquelles la simplification du mode AIR, qui vise à rendre plus accessible et sécurisé l’accès aux données de santé. Lors de ses webinaires, l’ANS a notamment évoqué les deux points : “découvrir le contenu fonctionnel” et “mettre en visibilité les points d’attention à anticiper”.

    1 434 personnes ont suivi les derniers webinaires

    L’ANS a mis en place un dispositif d’accompagnement pour les éditeurs de logiciels, les établissements de santé, et les agences régionales (ARS, Grades et réseau de l’Assurance maladie). Ce soutien s’illustre notamment par une série de webinaires : des sessions d’information qui ont réuni de nombreux participants, offrant une plateforme d’échanges directe avec des experts pour répondre à leurs questions pratiques et techniques. A ce jour, 1 434 personnes ont suivi les webinaires, “en se concentrant sur la découverte des fonctionnalités de la Vague 2 et les cas d’usage plutôt que sur la technique pure”.

    Pour les éditeurs, ces rendez-vous réguliers sont l’occasion de clarifier les exigences techniques liées à l’interopérabilité des systèmes, tandis que les établissements de santé accèdent à une vue d’ensemble sur les nouveaux usages à anticiper.

    Un cycle 2 de webinaires est prévu dès le 10 septembre. L’objectif étant de garantir une adoption réussie des innovations apportées par la Vague 2 et d’assurer une transition fluide pour l’ensemble des acteurs du système de santé.

     

  • Conformité Ségur : prolongation pour les éditeurs de logiciels du médico-social

    Une nouvelle opportunité depuis le 29 juillet

    L’Agence du numérique en santé (ANS) a récemment annoncé l’ouverture d’une nouvelle session de référencement pour les éditeurs de logiciels dans le secteur social et médico-social. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts du Ségur de la santé pour moderniser les systèmes d’information en santé (SIS), en étendant ses exigences de conformité aux logiciels utilisés par les établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS).

    Cette phase de référencement concerne spécifiquement les logiciels de DUI utilisés par des établissements œuvrant dans les domaines :

    • des personnes âgées ;
    • des personnes en situation de handicap ;
    • des acteurs du domicile :
    • de la protection de l’enfance ;
    • et des personnes en difficulté spécifique.

    L’objectif de ce guichet de référencement, ouvert dès le 29 juillet 2024, est de garantir que ces logiciels respectent les standards d’interopérabilité, de sécurité et d’ergonomie définis par les pouvoirs publics.

    Sans financement SONS

    La prolongation du recensement n’est pas accompagnée d’un financement SONS (système ouvert et non sélectif) par le Ségur du numérique en santé. Aussi, les standards requis ont été optimisés par rapport à la vague 1 de 2023.

    Les éditeurs sont cependant encouragés à soumettre leurs logiciels pour ce processus de référencement, car bien que non financé, il leur permet de rester conformes aux “exigences techniques, fonctionnelles et ergonomiques”. Ce référencement est important pour les établissements utilisateurs, qui peuvent ainsi s’assurer d’utiliser des outils répondant aux standards de qualité qui facilitent l’interopérabilité et la coordination des soins.

     

  • Les annonces institutionnelles de cet été : l’OMS lance un projet collaboratif en faveur des données de santé

    En Europe : entrée en vigueur de l’AI Act

    Le 1er août 2024, l’Union européenne a marqué une étape majeure avec l’entrée en vigueur de l’AI Act, première législation européenne dédiée à la régulation de l’intelligence artificielle. Ce texte, issu de deux ans de négociations, établit un cadre juridique visant à encadrer le développement et l’utilisation de l’IA au sein des États membres tout en préservant les droits des citoyens.

    L’AI Act adopte une approche basée sur les risques, classant les systèmes d’IA en plusieurs catégories. Les systèmes à “risque minimal”, comme les filtres anti-spam, sont exemptés de contraintes spécifiques. Les systèmes à “haut risque”, tels que les dispositifs médicaux alimentés par l’IA ou les outils de recrutement, devront se conformer à des exigences strictes, incluant la gestion des risques et la supervision humaine. Les systèmes d’IA jugés “inacceptables”, qui pourraient porter atteinte aux droits fondamentaux, sont interdits.

    Pour l’UE, est qualifié d’IA « tous les systèmes basés sur une machine, conçus pour fonctionner avec différents niveaux d’autonomie. À partir de données qu’on lui transmet, cette machine génère des prédictions ou des recommandations, prend des décisions, crée des contenus, qui peuvent influencer des environnements physiques ou virtuels ». Ainsi, les organisations qui utilisent l’IA devront déclarer les systèmes qu’elles utilisent auprès de la Commission européenne.

    Cette législation, inspirée du RGPD pour son application extraterritoriale, s’impose à toutes les entreprises dont les systèmes d’IA ou les produits résultant de l’IA sont utilisés dans l’UE. Les sanctions pour non-conformité peuvent atteindre 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise.

    Niveau calendrier, les IA présentant des dangers inacceptables seront bannies au 2 février 2025. Le 2 août 2025, les règles s’appliqueront aux IA d’usage général, comme GPT-4, avec la mise en place des autorités nationales. Le 2 août 2026, l’ensemble des dispositions pour les IA à haut risque, notamment dans la biométrie et l’éducation, deviendront effectives. Certains systèmes, comme les dispositifs médicaux, auront jusqu’au 2 août 2027 pour se mettre en conformité.

    En parallèle, la Commission européenne travaille à l’élaboration d’un code de bonne conduite pour les modèles d’IA à usage général, dont la publication est prévue pour avril 2025. Ce code visera à assurer la transparence et la gestion des risques, tout en favorisant une innovation responsable.

    Europe : seuls 35 % des États membres ont une politique sur l’usage des mégadonnées en santé

    L’OMS/Europe a inauguré l’Initiative des partenaires stratégiques pour les données et la santé numérique, un projet collaboratif réunissant les 53 États membres de la région. Ce réseau, lancé à Copenhague le 13 juin 2024, vise à transformer les systèmes de santé en intégrant des technologies numériques accessibles à tous, sécurisées et centrées sur la personne. « Notre objectif commun, qui nous réunit aujourd’hui, est d’engager un nouveau dialogue avec les bonnes parties prenantes autour des sujets les plus importants. Aucune entité ne peut à elle seule libérer tout le potentiel de la santé numérique et des données. Mais grâce aux connaissances et à la compréhension favorisées par cette plateforme, nous pouvons travailler ensemble pour veiller à ce que les valeurs d’équité et de droits humains soient au cœur des systèmes de santé à l’ère numérique », déclare le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe.

    Toutefois, des défis subsistent, notamment en matière d’interopérabilité des données et de financement pour certaines régions. Pour y répondre, quatre groupes de travail ont été constitués, axés sur l’IA, la santé publique, et l’harmonisation des normes, dans le cadre des priorités régionales et mondiales de l’OMS.

    En France : l’ARS IDF ouvre l’accès à Datalogue

    Mi-juillet, l’Agence régionale de santé Île-de-France Île-de-France a élargi l’accès à Datalogue, un outil de recherche sur les données de santé, désormais accessible à tous. Initialement conçu pour ses collaborateurs, Datalogue recense les sources de données produites par l’ARS et d’autres acteurs nationaux et régionaux. Cet outil permet de rechercher des informations sur les données de santé, en fournissant des détails sur leur origine, leur accessibilité et leurs responsables à l’ARS. L’agence souligne l’importance de ces données pour affiner les politiques publiques et encourage les utilisateurs à mettre à jour la plateforme et à signaler de nouvelles sources ou anomalies.

    Ségur de la santé : accompagner les hôpitaux pour la Vague 2

    Le 23 avril, l’Agence du Numérique en Santé (ANS) a lancé la Vague 2 du Ségur de la Santé, marquant une nouvelle étape dans la modernisation des systèmes d’information en santé (SIS). Après une première phase axée sur la mise en place de bases numériques solides, cette seconde vague se concentre sur l’intégration de nouvelles fonctionnalités pour améliorer la sécurité et l’efficacité des échanges entre professionnels de santé et patients. L’ANS accompagne les éditeurs de logiciels et les établissements de santé via des webinaires, rassemblant déjà 1 434 participants, pour faciliter l’adoption de ces innovations. Un second cycle de sessions débute le 10 septembre.

    Conformité “Ségur” : prolongation pour les éditeurs de logiciels du médico-social

    L’Agence du Numérique en Santé prolonge le référencement Ségur pour les éditeurs de logiciels du secteur médico-social. Ce guichet, ouvert depuis le 29 juillet 2024, concerne les logiciels de dossier usager informatisé (DUI). Cette initiative, en ligne avec les objectifs du Ségur de la Santé, vise à garantir que les logiciels de Dossier Usager Informatisé (DUI) utilisés par les établissements sociaux respectent les normes d’interopérabilité, de sécurité et d’ergonomie.

    Téléconsultation : baisse des usages et défis des prescriptions, la CNAM appelle à des “assises”

    À la suite du rapport charges et produits 2024, la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM) appelle à lancer “des assises de la téléconsultation en concertation avec l’ensemble des acteurs“. Le rapport 2025 pointe une baisse des téléconsultations (post-Covid) et la nécessité de renforcer leur cadre de régulation. En cause, la question des prescriptions, plus particulièrement celles des antibiotiques, est majeure. Le rapport cite : “Parmi elles (les consultations), 9,6 % ont donné lieu à une prescription d’antibiotique (contre 7 % à la suite d’une téléconsultation avec un médecin généraliste libéral)”. La CNAM appelle à “renforcer la qualité et la pertinence des prescriptions réalisées en téléconsultation”.

    Sept lauréats 2024 pour favoriser les “innovations organisationnelles”

    Promouvoir les innovations organisationnelles en santé, c’est l’objectif de la 3ème édition de l’appel à projets lancé en mars 2024 par la Direction de l’Innovation, de la Recherche et de la Transformation Numérique (DIRNOV). Parmi les 92 candidatures, sept ont été sélectionnées. Ces projets, portés par des partenariats entre structures franciliennes et fournisseurs de solutions numériques, viseront à renforcer l’accès aux soins, améliorer la coordination entre acteurs de santé, et favoriser l’innovation numérique sur le territoire. La liste des sept lauréats :

    • OPTALIM : Le projet optimise la prise en charge nutritionnelle des patients atteints de maladies rénales chroniques avancées grâce à un analyseur d’urines connecté utilisant l’intelligence artificielle.
    • La pair-aidance : Ce projet développe des services de pair aidance pour améliorer le parcours de soins des patients via des échanges sécurisés avec des pairs aidants formés.
    • DermInConnect : Le projet propose une solution de télésuivi pour les patients atteints de dermatoses inflammatoires, combinant suivi à l’hôpital et à distance pour une prise en charge continue.
    • Diagnostic en ophtalmologie : Ce projet offre un parcours rapide et non fragmenté en ophtalmologie grâce à une solution automatisée utilisant l’IA pour un diagnostic exhaustif en quelques minutes.
    • Immer-soin : Le projet utilise un cube de réalité virtuelle pour habituer les enfants avec des handicaps psychiques ou intellectuels à différents environnements, réduisant leur anxiété.
    • AUTONOMIE AVC : Ce projet propose un espace d’auto-rééducation accessible en continu pour les patients post-AVC, favorisant la rééducation motrice et cognitive avec le soutien de technologies innovantes.
    • VERTI-GO : Le projet améliore la prise en charge des troubles de l’équilibre en coordonnant les soins via une application numérique, réduisant les délais et facilitant la communication entre patients et soignants.

    HOP’EN2 : ouverture des candidatures et 8 objectifs

    Renforcer la structuration, l’exploitation et le partage des données hospitalières, c’est l’ambition du programme HOP’EN pour un “hôpital numérique ouvert sur son environnement”. Inscrit dans la politique du numérique en santé, le programme continue avec la phase deux (parue dans une note d’instruction du 23 juillet), HOP’EN 2 qui prend le relais sur HOP’EN et SUN-ES.  Public, privé, EBNL, le programme s’adresse à tous les établissements de santé et permettra notamment un meilleur usage des documents de santé dans le profil “Mon espace santé” du patient et de la messagerie avec les professionnels de santé.

    Les 8 objectifs de la phase 1 :

    1. Développer la qualification de l’Identité Nationale de Santé (INS)
    2. Partager les documents de sortie du séjour dans Mon espace santé
    3. Partager les comptes-rendus opératoires dans Mon espace santé
    4. Partager les comptes-rendus de consultation dans Mon espace santé
    5. Partager les comptes-rendus de biologie médicale dans Mon espace santé
    6. Partager les comptes-rendus d’imagerie dans Mon espace santé
    7. Échanger des documents de santé par MSSanté professionnelle
    8. Échanger des messages aux patients via la messagerie de Mon espace santé

    Les établissements peuvent déposer leur candidature jusqu’au 4 octobre 2024.

    Diabète gestationnel, le dispositif MyDiabby obtient un avis favorable pour le remboursement en télésurveillance

    La commission nationale d’évaluation des dispositifs médicaux (Cnedimts) a émis un avis favorable pour le remboursement du dispositif numérique MyDiabby Healthcare (MDHC) en télésurveillance du diabète gestationnel non traité par insuline. Ce logiciel collecte les résultats glycémiques et émet des alertes. Cette approbation élargit son utilisation à toutes les patientes atteintes de diabète gestationnel.

    Aux États-Unis : rendre accessible et moins coûteux le système de soins

    Dans un contexte de campagne présidentielle, le camp démocrate a dévoilé son programme en santé en promettant d’élargir les réformes de santé initiées par le président Joe Biden, notamment les négociations de Medicare et un plafonnement des coûts à la charge des patients.

    “Je réduirai le coût de l’insuline et des médicaments sur ordonnance pour tout le monde, pas seulement pour nos seniors, et j’exigerai de la transparence de la part des intermédiaires qui opèrent entre Big Pharma et les compagnies d’assurance, qui utilisent des pratiques opaques pour augmenter le prix de vos médicaments et tirer profit de votre besoin de soins » a déclaré Kamala Harris. La candidate a également souligné que les fabricants de médicaments qui augmentent les prix plus rapidement que l’inflation doivent désormais payer un remboursement à Medicare.

    Un autre point marquant des engagements de campagne est le plan visant à annuler des milliards de dollars de dettes médicales. Le plan impliquerait l’utilisation de fonds fédéraux pour acheter des dettes médicales auprès des prestataires de soins de santé, puis de les annuler. Côté Trump, ce dernier déclare ne pas vouloir abroger la loi Medicare, mais y apporter des changements.

    (FDA) Un comité consultatif sur la santé numérique

    La FDA a lancé un Comité consultatif sur la santé numérique (DHAC) pour évaluer les technologies numériques en santé, telles que l’IA générative, les appareils portables, et la réalité virtuelle. Composé d’experts techniques, de représentants de l’industrie et d’un représentant des consommateurs, le comité fournira des recommandations sur l’évaluation, les risques, et les résultats cliniques liés à ces technologies. Le DHAC se penchera également sur les questions de cybersécurité, les essais cliniques décentralisés et l’utilisation des données réelles. Sa première réunion en novembre abordera l’impact de l’IA générative sur la sécurité et l’efficacité des dispositifs médicaux.

    La liste des membres.

    La FDA autorise SleepioRx : un traitement numérique innovant pour l’insomnie 

    La Food and Drug Administration (FDA) vient d’accorder son autorisation à SleepioRx, un traitement numérique révolutionnaire conçu pour combattre l’insomnie. Dix ans de recherche et de collaboration furent nécessaires pour y arriver. Cette autorisation arrive peu après que les Centers for Medicare & Medicaid Services (CMS) ont proposé de nouveaux codes de remboursement pour les traitements numériques de santé mentale approuvés par la FDA. Ce qui pourrait faciliter l’accès à des millions d’Américains qui souffrent d’insomnie.

     

  • Bilan de l’été 2024 des études et rapports institutionnels : un premier rapport sénatorial pour l’IA en santé

    Accès aux soins, financement des dépenses, développement de l’innovation

    Le secteur de la santé fait face à des défis majeurs. Terra Nova a publié le 3 juillet dernier un rapport intitulé « IA et Santé : pourquoi l’action publique ne peut plus attendre », dans lequel le think tank progressiste appelle les pouvoirs publics à prendre « dès maintenant toute leur part avec les instruments qui sont les leurs ».

    Malgré un contexte politique incertain et le ralentissement de certains projets de loi comme le PLFSS, la production de rapports continue d’alimenter le secteur de la santé en pistes de réflexion. Voici un tour d’horizon des derniers rapports notables publiés pendant l’été.

    Le rapport charges et produits (CNAM) : économie et prévention

    Publié le 19 juillet, le rapport commence par faire un bilan du déficit de l’Assurance maladie et mentionne le chiffre prévisionnel de – 11,4 milliards d’euros pour 2024. Le rapport axe ses recommandations en faveur des économies (déremboursement, lutte contre la fraude) et de la prévention (dépistage précoce). Parmi les mesures phares figure celle de « ne plus rembourser les prescriptions d’un médecin libéral ayant choisi de ne pas se conventionner avec l’Assurance maladie ». Les prescriptions médicales sont également dans le viseur du rapport, qui invite à éviter les prescriptions jugées « inutiles » en matière de soins, d’arrêts maladie, de transports sanitaires ou encore d’imagerie médicale, secteur qui sera soumis à plus de contrôles. Concernant la santé populationnelle, le rapport met l’accent sur la santé mentale des jeunes, en formant les médecins généralistes au repérage des troubles mentaux et à la prescription de psychotropes. Pour finir, la CNAM insiste sur la prévention et le dépistage des maladies chroniques (cardiovasculaires et rénales) et la santé des femmes (cancer du sein et endométriose) grâce au dispositif Mon Bilan Prévention.

    Rapport de la direction générale de la santé : une approche intersectionnelle et « One Health »

    Le projet stratégique 2024-2026 s’articule avec la Stratégie nationale de santé (SNS), ainsi qu’avec la feuille de route ministérielle et les projets stratégiques des différentes entités. Le plan est conçu pour répondre aux défis actuels de la santé publique en France : la gestion des crises sanitaires, l’amélioration de la prévention et la lutte contre les inégalités de santé, tout en intégrant des innovations technologiques et des approches écologiques. La Direction générale de la santé mise sur quatre axes : anticiper l’action, agir pour la santé de chacun, agir pour la santé des plus vulnérables, et agir ensemble.

    Pour anticiper les crises sanitaires, la DGS prévoit de relocaliser la production de médicaments essentiels pour éviter les pénuries, comme lors de la crise du COVID-19, et d’utiliser des sources de données et des modèles de modélisation pour anticiper les crises. En matière de prévention, un programme national de lutte contre le tabagisme sera renforcé, avec des actions ciblées dans les écoles et une campagne anti-tabac massive. Pour réduire les inégalités de santé, des unités mobiles de santé seront déployées dans les zones rurales et ultra-marines, comme en Seine-Saint-Denis, pour faciliter l’accès aux soins. Enfin, la DGS s’engage à réduire l’empreinte carbone du secteur sanitaire en promouvant l’utilisation d’équipements médicaux plus écologiques et en développant des politiques de santé durable, notamment par l’intégration de la prévention environnementale dans les établissements de santé. Le rapport précise qu’il s’agit « d’un programme de travail en tant que tel » mais qu’il « permet de fixer un cap » pour les trois prochaines années.

    Santé Publique France : exploiter les données hospitalières

    Prévention des maladies chroniques, prise en charge de la santé mentale des jeunes, encouragement de l’activité physique, lutte contre le tabagisme, amélioration de l’accès au traitement, notamment dans les territoires : ce sont quelques-uns des constats émis par Santé Publique France dans son rapport d’activité 2023. Constats partagés par d’autres rapports institutionnels sur les enjeux de santé en France. Intitulé « Éclairer », le document préconise de renforcer la surveillance épidémiologique, notamment à travers les entrepôts de données en santé hospitalière et le projet Orchidée. Ce dispositif récemment soumis à la Commission européenne exploite l’intelligence artificielle pour analyser de vastes volumes de données de santé, permettant ainsi d’anticiper les risques et de réagir plus rapidement aux événements sanitaires. L’objectif principal d’Orchidée est de renforcer la capacité de Santé Publique France à détecter précocement les signaux sanitaires et à coordonner les réponses à l’échelle nationale en combinant l’IA et les données hospitalières.

    Rapport de la FHF : pour une territorialisation de la santé populationnelle

    Mettre les territoires et la responsabilité au service de la santé populationnelle, c’est la thèse défendue par le livre blanc de la Fédération Hospitalière de France pour garantir un haut niveau de soin.

    Ce document met en avant la Responsabilité Populationnelle (RP) comme axe stratégique pour transformer le système de santé en France. Le modèle vise à coordonner tous les acteurs de santé d’un territoire pour mieux répondre aux besoins de la population, en mettant l’accent sur la prévention des maladies chroniques comme le diabète et l’insuffisance cardiaque. Des exemples concrets montrent déjà des résultats prometteurs : en Haute-Saône, la refonte des parcours de soins a réduit les hospitalisations d’urgence pour le diabète et augmenté les prises en charge en ambulatoire. La durée moyenne de séjour aux urgences des patients diabétiques y est 50 % inférieure à la moyenne nationale. La RP passe par une refonte du parcours de soins et une meilleure coordination entre les services de santé. La FHF recommande d’étendre cette approche à d’autres territoires pour améliorer la santé publique tout en optimisant les ressources. Les initiatives incluent également l’usage de la télémédecine et des outils numériques pour renforcer la coordination entre les hôpitaux et les professionnels de santé de ville.

    Côté médicaments, le LEEM publie 12 propositions pour en améliorer l’accès précoce.

    Le point de vigilance de ce livre blanc porte sur le recueil de données de vie réelle. Il met en évidence des obstacles au bon déroulement du recueil de données pour l’accès précoce aux médicaments innovants. Par exemple, les professionnels de santé ont souvent du mal à comprendre pleinement les objectifs du recueil de données, recueil souvent chronophage. Le manque de transparence est également un problème, illustré par l’opacité des conventions de dédommagement entre les industriels et les établissements de santé, ce qui peut freiner la collaboration nécessaire pour une collecte efficace des données. Dans certains établissements, notamment les plus petits ou les plus éloignés des grandes métropoles, le manque de personnel qualifié, comme les attachés de recherche clinique, complique encore davantage la tâche, créant des inégalités territoriales dans la qualité des données recueillies. De plus, la fragmentation des plateformes numériques utilisées pour la collecte des données entraîne une duplication des efforts et des incohérences, rendant le processus encore plus lourd pour les équipes de santé.

    Pour répondre à ces points, le Leem propose de simplifier et centraliser le recueil de données pour les médicaments innovants, notamment via une plateforme unique et l’utilisation de l’intelligence artificielle. Il recommande de graduer les exigences selon les capacités des établissements et d’améliorer la transparence des conventions de dédommagement. Le document insiste aussi sur l’importance d’impliquer les patients et de former les professionnels de santé, tout en instaurant un entretien systématique entre patient et médecin pour garantir la qualité des données recueillies.

    Rapport sénatorial pour développer l’IA en santé

    « En France, il existe un délai moyen de 18 mois entre le lancement d’un projet de recherche et l’accès effectif aux données de santé, alors que dans d’autres pays comme les États-Unis, Israël ou Singapour, les délais sont bien plus courts », cite le rapport porté par les sénateurs Anne Ventalon et Christian Redon-Sarrazy.

    Ce rapport sur l’intelligence artificielle en santé souligne son potentiel pour améliorer les soins, notamment en réduisant les événements indésirables et en automatisant certaines tâches. L’IA, bien qu’encore expérimentale, montre des avancées significatives dans des domaines comme l’imagerie médicale, où elle améliore la qualité et l’interprétation des images, ainsi qu’en ophtalmologie et cancérologie pour le dépistage précoce. Plusieurs obstacles freinent son adoption généralisée, notamment la méfiance des professionnels de santé et des patients, les incertitudes réglementaires, et la nécessité d’un cadre éthique robuste. Les sénateurs recommandent de renforcer la formation des soignants, d’accélérer l’accès aux données de santé pour la recherche, de construire un cadre éthique solide et de trouver des financements pour rester compétitif dans la course à l’IA.

    Les récentes publications de l’été 2024 mettent en lumière les défis connus auxquels le secteur de la santé doit faire face, allant de l’accès aux soins à l’intégration de l’intelligence artificielle. Les divers rapports partagent bien souvent les mêmes constats concernant les sujets de santé du moment et soulignent la nécessité de renforcer la prévention, d’identifier le cadre éthique et réglementaire, et de coordonner les acteurs de la santé.

     

  • FMIS 2024 : une enveloppe de 747,5 M€ pour moderniser la santé

    Dans la trajectoire du Ségur de la santé

    Créé en janvier 2021 par le gouvernement français, le fonds pour la modernisation et l’investissement en santé (FMIS) vise à moderniser les équipements et les infrastructures, digitaliser les services de santé, former le personnel aux nouvelles technologies et financer des projets de recherche médicale.

    Les objectifs du FMIS sont définis par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). Plus globalement, ils s’intègrent dans les politiques de santé publique. Le budget annuel s’inscrit dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS).

    Une enveloppe en augmentation

    En 2023, le montant des crédits s’élevait à 724 millions d’euros. En 2024, c’est une enveloppe de 747,5 millions d’euros qui a été allouée pour la deuxième répartition des crédits. Parue au Bulletin officiel le lundi 17 juillet, la circulaire vise à « consolider les actions initiées en 2021 ».

    Sur l’ensemble du montant, 579 millions d’euros sont octroyés au titre des crédits du Ségur de la santé, notamment pour les investissements numériques. Hors Ségur, c’est la somme de 168,2 millions d’euros qui est accordée pour des projets plus spécifiques comme la création de nouvelles facultés d’odontologie et de quatre nouvelles unités cognitivo- comportementales (UCC).

    Ces dotations s’inscrivent dans plusieurs plans comme la stratégie décennale de lutte contre le cancer, le Ségur du numérique, ou encore le plan national pour la greffe d’organes et de tissus 2022-2026.

    579 M€ répartis dans le cadre du Ségur de la santé :

    • 303,4 millions d’euros : pour les « projets d’investissement prioritaires » issus de la circulaire du 10 mars 2021 relative à la relance de l’investissement dans le système de santé.
    • 200 millions d’euros : pour les investissements du quotidien des établissements de santé (dans la continuité des années précédentes) comme les travaux de rénovation, la ventilation, ou l’acquisition d’équipements médicaux.
    • 79,9 millions d’euros : d’investissement numérique dans le secteur médico-social.
    • 15 millions d’euros : pour les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP).
    • 2,9 millions d’euros : Ségur du numérique en établissement de santé.

    168,2 M€ répartis hors Ségur :

    • 68 millions d’euros : projet de reconstruction au CHU de Guadeloupe.
    • 32,8 millions d’euros : création de nouvelles facultés d’odontologie.
    • 31,1 millions d’euros : réforme des autorisations.
    • 16,7 millions d’euros : pour la numérisation de l’anatomocytopathologie (stratégie décennale de lutte contre le cancer).
    • 5,9 millions d’euros : raccordement IP des service d’aide médicale urgente (Samu) : migration voix sur IP.
    • 5,25 millions d’euros : renforcement des services d’accès aux soins.
    • 3,1 millions d’euros : aide à l’investissement pour l’offre de soins des personnes détenues.
    • 2,04 millions d’euros : modernisation des systèmes d’information des Samu.
    • 1,08 millions d’euros : dotation de jumelles de vision nocturne aux équipages d’hélismur.
    • 800 000 euros : création de quatre nouvelles unités cognitivo-comportementales (UCC) dans le Grand Est, Pays de la Loire, Occitanie et Normandie.
    • 81 000 euros : construction de la plateforme d’échange European Chemicals Agency (ECHA) confiée au CHU de Nancy.
    • 138 000 euros : pour 12 machines à perfusion rénale (plan national pour la greffe d’organes et de tissus 2022-2026).

    L’élargissement du périmètre du FMIS fait augmenter le financement annuel, passant de 716 millions d’euros en 2021 à 747,5 millions d’euros en 2024. Tous les établissements de santé, publics ou privés, sont éligibles à ces crédits. La répartition de cette enveloppe se fera sous la responsabilité des agences régionales de santé (ARS). Une enquête sera faite « au plus tard en 2025 » sur l’utilisation de ces crédits.