François JEANNE-BEYLOT

  • Note aux abonnés : Journée mondiale du mot de passe (06/05)

    Lorsque l’on parle de données, la question de l’accès aux données et de la sécurisation de celui-ci se pose rapidement. Une des premières réponses à émerger est le mot de passe. En France, selon la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), environ 60 % des notifications qu’elle reçoit sont liées à du piratage, et un grand nombre pourrait être évité par le respect de bonnes pratiques en matière de mots de passe. Pour ce faire, la Cnil a publié en 2022 des recommandations qui sont mises à jour régulièrement.

    Chez Care Insight, il ne vous aura pas échappé que nous avons récemment mis à jour notre plateforme Health & Tech Intelligence. Lors de cette migration de plateforme, nous avons conservé vos identifiants mais, pour des raisons évidentes de confidentialité et de respect de la loi, nous n’avons pas pu conserver votre mot de passe. Si la majeure partie de nos abonnés ont bien renouvelé leur clé d’entrée, certains ne l’ont pas encore fait et ne peuvent donc pas se connecter et accéder à nos contenus. Si vous en faites partie, cette journée mondiale est l’occasion de vous le rappeler.

    Pour les autres, nous vous invitons à changer régulièrement vos mots de passe ici et ailleurs – et pourquoi pas aujourd’hui ?

     

    L’équipe Health & Tech Intelligence

     

  • Jumeaux numériques : un projet (24 M€) pour la construction d’une plateforme européenne

    Mieux simuler les modèles de jumeaux numériques

    Alors que l’Union européenne a fait des soins personnalisés une priorité fondamentale en matière de santé, les jumeaux numériques permettent, grâce à la reproduction de l’anatomie humaine, de tester des thérapies et évaluer leur réaction sur l’organisme avant leurs essais cliniques et leur commercialisation. Ces tests numériques permettent donc de faciliter la personnalisation des soins et peuvent même conduire à la découverte de nouveaux médicaments à moindre coût.

    Pour bénéficier du plein potentiel des jumeaux numériques, la Commission européenne a lancé le 16 avril 2024 un appel d’offres nommé “European Virtual Human Twins” qui a pour objectif de faire construire par un tiers la meilleure plateforme possible de jumeaux numériques en vue de son acquisition par l’Union européenne. La Commission européenne a spécifié que cette plateforme permettra de “la modélisation à toutes les échelles de l’anatomie humaine et soutiendra l’émergence de la prochaine génération de modèles de jumeaux humains virtuels, dans le plein respect des valeurs et des règles de l’UE”.

    Cet appel d’offres s’inscrit dans le cadre de l’initiative européenne sur les jumeaux numériques qui entend renforcer les capacités avancées de calcul intensif et d’intelligence artificielle pour faciliter la recherche collaborative et le développement technologique des jumeaux numériques, afin notamment de “développer, d’exécuter et de mieux simuler les modèles d’une manière auparavant impossible”.

    Un financement global de 24 M€

    La Commission européenne invite les opérateurs économiques intéressés par ce marché a mettre en place une plateforme distribuée mettant à la disposition des utilisateurs un référentiel fédéré de ressources liées aux jumeaux numériques, un ensemble combiné de boîtes à outils logicielles open source et un accès à des services informatiques, leur permettant de développer, de tester et d’intégrer des modèles de jumeaux numériques.

    L’opérateur qui remportera l’appel d’offres bénéficiera d’un contrat d’un maximum de 48 mois au cours desquels il devra mettre en place la plateforme et bénéficiera d’un financement pouvant aller jusqu’à 24 millions d’euros.

    👉 Les opérateurs économiques intéressés sont invités à déposer leur candidature sur la page dédiée du site de la Commission européenne avant le 29 avril à 16:00.

    🚩 Toutes les informations nécessaires aux opérateurs sont à retrouver en suivant ce lien.

     

  • Gouvernement : la santé concernée par le plan d’action de « simplification »

    Faciliter les procédures

    La loi Pacte et la loi de programmation pour la recherche (LPR) ont apporté des changements pour simplifier l’implication des chercheurs dans les projets d’innovation et de valorisation de la recherche publique, notamment dans le domaine de la santé. Malgré ces avancées, des freins persistent à l’innovation, tels que certaines réglementations entravant l’innovation issue de la recherche. Le problème persiste également dans la valorisation des innovations et la mobilité des chercheurs, qui demeurent trop limitées par rapport au potentiel de la recherche publique française.

    Pour remédier à ces obstacles et exploiter pleinement ce potentiel, le Gouvernement souhaite mettre en œuvre de manière plus efficace les dispositions introduites par les lois Pacte et LPR, ainsi que d’identifier et de lever les freins persistants à l’innovation issue de la recherche. Afin d’y parvenir, deux actions sont proposées :

    • réaliser un état des lieux des démarches de mobilité et de valorisation des innovations par les chercheurs ;
    • faciliter les procédures actuellement limitantes pour la valorisation et la mobilité.

     

    La simplification de ces procédures devrait permettre :

    • d’accélérer le transfert des technologies issues de la recherche vers le marché ;
    • de favoriser la création d’entreprises innovantes ;
    • de renforcer l’attractivité de la recherche française pour les chercheurs ;
    • et de contribuer à relever les grands défis sociétaux.

     

    Accélérer la réutilisation des données de santé

    La recherche en santé est confrontée à des obstacles administratifs, notamment des délais de collecte de données trop longs, incompatibles avec les cycles rapides d’innovation malgré la centralisation du système de santé. Les possibilités limitées de recherche par simple déclaration et les procédures d’autorisation complexes entravent la flexibilité et la réactivité des chercheurs. Par ailleurs, les obstacles au transfert d’échantillons biologiques, nécessitant des autorisations spécifiques, retardent également le début des travaux de recherche.

    La prise en compte de l’innovation dans la régulation de la donnée sera intégrée dans le mandat de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), permettant de l’inclure dans ses missions. L’implantation des centres de données sera favorisée, notamment avec les data centers développant de l’intelligence artificielle (IA), qui pourront être identifiés en tant que projets d’intérêt national majeur (PINM).

    3 mesures phares envisagées :

    Afin de lever ces freins et d’accélérer la réutilisation des données de santé, le “Plan d’action :
    simplification !” préconise :

    • la simplification du processus d’autorisation : l’avis du Comité d’éthique et scientifique pour la recherche et l’évaluation en santé (Cesrees) ne sera plus nécessaire pour les recherches, études et évaluations dans le domaine de la santé lorsqu’un avis favorable sera émis par un comité local d’éthique ;
    • la mise en place de méthodologies de référence : la Cnil et les acteurs de la recherche en santé élaboreront un ensemble de nouvelles « méthodologies de référence », permettant aux chercheurs de mener des recherches par déclaration à la Cnil, sans procédure d’autorisation complexe ;
    • et la facilitation du transfert d’échantillons biologiques : les promoteurs de recherches et les gestionnaires de bio-banques dûment autorisés pourront importer ou exporter des échantillons biologiques sans formalité supplémentaire. L’autorisation de mener la recherche vaudra autorisation pour l’importation et l’exportation des échantillons biologiques.

     

  • Grands prix check up santé BFM Business : Klinéo, Presage et Synapse parmi les 8 lauréats

    8 catégories de prix

    Chacun des huit lauréats qui ont été primés dans le cadre des “Grands prix check up santé” porte un projet dans un domaine spécifique du secteur : de la biologie médicale à la e-santé, en passant notamment par la silver économie, les dispositifs médicaux (DM). Les catégories désignées sont :

    • initiative santé ;
    • projet e-santé ;
    • biologie médicale ;
    • action Silver économie ;
    • dispositif médical ;
    • start up santé ;
    • avancée thérapeutique ;
    • et personnalité de l’année.

     

    Les 8 lauréats et leurs projets

    📌 Prix “Projet E-santé de l’année” : Klinéo

    La solution Klineo s’appuie sur une équipe fondatrice pluridisciplinaire composée d’un oncologue médical de l’Institut Gustave Roussy et de deux ingénieurs polytechniciens. Klineo souhaite mettre au service des patients les progrès technologiques afin d’accélérer l’inclusion des patients dans les essais cliniques, avec pour but de favoriser le développement clinique de nouvelles thérapies et de réduire les disparités d’accès aux nouveaux traitements pour tous les patients, qu’ils soient suivis dans un centre expert ou non.

    📌 Prix “Silver économie de l’année” : Presage

    Présage Care est le 1er Dispositif Médical basé sur l’IA qui prédit les passages en urgence avec 7 à 14 jours d’avance et renforce les relations aidants-aidé. Marqué CE. , Présage Care est également un système e-santé (hébergeur de données de santé ISO 27001), interopérable avec les logiciels e-Parcours (Terr-eSanté en Ile-deFrance), qui permet de recueillir l’Identifiant National de Santé (INS), autorise un usage avec les cartes CPS / eCPS pour les professionnels de santé tout en facilitant les échanges d’informations importantes directement via la MSS.

    📌 Prix “Avancée thérapeutique de l’année” : Synapse Medecine

    Alliant expertise en pharmacologie et en datascience, les équipes de Synapse Medicine ont développé une base de connaissance globale sur le médicament, en constante évolution. Cette base de connaissance constitue le socle technologique fondamental pour le développement d’une suite de composants d’aide à la décision, s’appuyant notamment sur les dernières avancées en IA. Celles-ci sont directement intégrables dans les logiciels métiers, permettant aux médecins de mieux prescrire, aux pharmaciens de mieux dispenser et aux patients de mieux utiliser les médicaments.

    📌 Prix “Dispositif médical de l’année” : Archeon Medical

    Archeon Medical développe à ce jour son concept innovant de monitoring de la ventilation manuelle à travers une nouvelle génération de moniteurs qui permettra de garantir une ventilation protectrice et efficace chez les patients. EOlife est le premier dispositif de monitoring de la ventilation manuelle qui mesure les paramètres ventilatoires et donne au secouriste un retour en temps réel sur la qualité de la ventilation prodiguée au patient.

    📌 Prix “Start up de l’année” : Artha France

    Artha France développe un dispositif offrant une autonomie aux personnes déficientes visuelles, leur donnant les moyens de développer une perception tout à fait nouvelle de leur environnement. Il s’agit d’une mini-caméra, clipsable sur des lunettes, qui envoie l’environnement 3D de la personne en langage haptique. Elle est connectée à une ceinture lombaire qui reproduit tactilement ces images dans le dos grâce à une intelligence artificielle intégrée.

    📌 Prix “Personnalité santé de l’année” : Florent Chapel et Samuel Le Bihan, pour l’association Autisme Info Services

    Engagés pour accompagner les personnes atteintes d’autisme et leurs aidants, Florent Chapel et Samuel Le Bihan ont créé en 2019 Autisme Info Service, le premier dispositif gratuit et national, d’écoute et d’information par téléphone et par courriel permettant d’aider et d’orienter les personnes autistes, leur entourage et les professionnels intervenant à leurs côtés, sur les interrogations relatives à ce handicap.

    📌 Prix “Meilleure initiative santé de l’année” : Imagine for Margo

    L’association Imagine for Margo a 4 missions fondamentales : financer la recherche en oncologie pédiatrique au niveau français et européen, fédérer et mobilier tous les acteurs impliqués, sensibiliser le grand public aux cancers de l’enfant et financer des actions de bien-être pour les enfants et leur famille. Toutes les actions sont financées par de nombreux évènements, dont les courses Enfants sans Cancer, qui cette année, sont parrainées par le ministère des Sports dans le cadre de la grande cause nationale.

    📌 Prix “Biologie Médicale” : Alcediag

    ALCEDIAG a développé une plateforme translationnelle unique alliant la biologie moléculaire, l’intelligence artificielle et les neurosciences pour découvrir, valider et appliquer en clinique des biomarqueurs propriétaires basés sur l’édition d’ARN et analysés grâce à l’IA. Objectif : améliorer la prise en charge des troubles de santé mentale, grâce à des solutions de diagnostic sanguin fiables et rapides.

     

  • Etude : quelle efficacité de l’IA dans l’optimisation des alertes médicamenteuses à l’hôpital ?

    Une fatigue liée aux alertes chez les professionnels de santé

    Cette étude met en lumière l’importance de la prévention des événements indésirables liés aux médicaments, en particulier dans le contexte hospitalier, où ils sont fréquents et souvent évitables. Les systèmes d’aide à la décision clinique sont largement utilisés pour prévenir les événements indésirables, mais les alertes qu’ils génèrent entraînent souvent une fatigue due à leur nombre élevé, ce qui peut compromettre la sécurité des patients.

    Pour améliorer la pertinence et la valeur clinique des alertes médicamenteuses, diverses interventions ont été proposées, telles que l’inactivation des alertes, la reclassification de la gravité des alertes, l’utilisation de l’information contextuelle, etc. Cependant, le manque de spécificité des alertes poussent les acteurs de la pharmacie hospitalière à chercher des alternatives plus efficaces.

    L’IA pour améliorer les systèmes d’aide à la décision :

    Dans un tel contexte, l’IA se présente comme une solution potentielle. Elle promet d’optimiser davantage les alertes médicamenteuses. En effet, les méthodes d’apprentissage automatique, ou machine learning (ML), d’apprentissage profond, ou deep learning (DL), et de traitement du langage naturel (NLP), ont la capacité :

    • d’analyser des quantités importantes de données médicales ;
    • de reconnaître des schémas complexes ;
    • et de fournir des prédictions individualisées.

     

    Leur utilisation pourrait ainsi réduire la fatigue liée aux alertes en les priorisant en fonction de leur pertinence et de leur utilité, tout en améliorant la détection des événements indésirables liés aux médicaments.

    Seulement 10 études identifiés entre 2013 et 2022

    Cette scoping review (ou étude de la portée) a démarré sur un total de 7 553 citations identifiées. Après la suppression des doublons et des citations non pertinentes, 64 études ont été retenues, parmi lesquelles seulement 10 répondaient aux critères des chercheurs et ont été incluses pour l’analyse des données.

    Les 10 études incluses présentaient les caractéristiques suivantes :

    • elles ont toutes été publiées entre 2013 et 2022 ;
    • 9 d’entre elles ont été menées dans un hôpital universitaire ;
    • 4 études ont précisé la spécialité médicale étudiée (médecine interne, pédiatrie, prescriptions d’antimicrobiens (inappropriées), gynécologie-obstétrique, chirurgie, oncologie…).

     

    Résultats :

    Dans un environnement hospitalier, les outils d’IA peuvent aider à optimiser les alertes médicamenteuses générées par des systèmes d’aide à la décision clinique, augmentant ainsi leur valeur et réduisant la fatigue des professionnels de santé liées à ces alertes. Selon cette revue publiée dans le Jamia :

    • les alertes optimisées par l’IA entraînent une réduction de la charge d’alerte, une meilleure identification des prescriptions inappropriées ou atypiques et permettent de prédire les réponses des utilisateurs ;
    • 30 % des études rapportent des performances statistiques à la fois et des résultats cliniques, avec notamment une valeur prédictive positive, allant de 9 % à 100 % ;
    • seulement 2 études rapportent que les alertes basées sur l’IA ont été mises en œuvre dans la pratique hospitalière ;
    • et aucune des études n’a été soumise à une validation externe.

     

    Les méthodes basées sur l’IA peuvent être utilisées pour optimiser les alertes médicamenteuses dans un environnement hospitalier. Cependant, il convient d’améliorer le compte-rendu du développement et de la validation des modèles. Les auteurs précisent, par ailleurs, que la validation externe ainsi que la mise en œuvre dans la pratique hospitalière devraient être encouragées.

    Une validation plus rigoureuse des études est nécessaire

    Alors que le potentiel de l’IA dans la réduction de la charge d’alerte et l’identification des erreurs de prescription est avéré, les auteurs de cette revue soulignent que les études démontrant de son efficacité sont souvent réalisées sur des ensembles de données relativement petits. Ils appellent, en outre, à l’adoption de protocoles de validation plus formelle des modèles d’IA et à leur mise en œuvre dans la pratique hospitalière.

    A l’avenir, les auteurs insistent sur le besoin, pour les études des méthodes basées sur l’IA, de se référer et suivre des lignes directrices de reporting telles que l’initiative Tripod (Transparent Reporting of a multivariable prediction model for Individual Prognosis Or Diagnosis) qui a développé “un ensemble de recommandations pour le reporting des études développant, validant ou mettant à jour un modèle de prédiction, que ce soit à des fins diagnostiques ou pronostiques”.

     

     

    *  The use of artificial intelligence to optimize medication alerts generated by clinical decision support systems: a scoping review

    Jetske Graafsma, Rachel M Murphy, Ewoudt M W van de Garde, Fatma Karapinar-Çarkit, Hieronymus J Derijks, Rien H L Hoge, Joanna E Klopotowska, Patricia M L A van den Bemt,

    Journal of the American Medical Informatics Association, 2024;, ocae076, https://doi.org/10.1093/jamia/ocae076

  • Silver tech : le MedTechLab, lauréat de l’appel à projet Tiers lieu d’expérimentation

    MedtechLab est un living lab créé en 2021, consacré à tester de nouveaux produits ou services qui intègrent des technologies innovantes pour améliorer la santé et l’autonomie des personnes âgées.

    Un vecteur d’accélération du numérique en santé

    Destiné à financer des tiers lieux pour répondre au manque de terrains d’expérimentation de la filière numérique en santé, cet appel à projet dispose de 63 M€ sur 4 ans. Les 25 projets retenus sont généralement portés par des hôpitaux ou des structures à vocation sanitaire.

    Des terrains adaptés et un consortium réunissant différents acteurs :

    Le MedTechLab est porté par un groupe mutualiste, gérant des établissements sanitaires et médicaux sociaux, et par une école d’ingénieurs. Il dispose donc de terrains d’expérimentations adaptés aux innovations en faveur des personnes âgées ainsi que de compétences scientifiques nécessaires à l’évaluation.

    Le MedTechLab a également développé une capacité à réunir différents acteurs au sein d’un consortium, dont Mines Saint-Etienne et Aésio. Ce groupement permet de mutualiser diverses compétences (chercheurs, ingénieurs, professionnels de santé, etc.) et d’impliquer les usagers, seniors et aidants professionnels ou personnels.

    Une démarche de coconstruction basée sur l’Open Innovation et le Design Thinking :

    Cette démarche permet aux usagers de tester les services et produits grandeur nature dans le living lab ou dans des établissements partenaires. Des séances de Design Thinking centrées sur l’usager permettent d’identifier ses besoins et de coconstruire avec lui les futures innovations.

    1,2 M€ pour financer deux projets

    Dans ce cadre, le MedTechLab sera doté d’un financement de 1,2 million d’€ pour pérenniser le living lab, développer ses activités et financer deux sous-projets spécifiques :

    Le projet ANA :

    Mené en collaboration avec la start-up Dynseo, le projet vise à repérer les troubles cognitifs des seniors au stade précoce via un serious game qui permet de réaliser de façon ludique les tests habituellement utilisés lors d’une consultation mémoire. Cette innovation permettra de faciliter l’accès à un repérage précoce et de proposer une prise en charge adaptée dans les territoires où la démographie médicale est en difficulté.

    Le projet ESSLIB :

    Mené en partenariat avec les Ateliers du Haut Forez, le projet permet d’évaluer l’efficacité du sommeil des seniors grâce à un lit intelligent équipé d’un capteur ballistocardiographique (BCG). L’étude évalue l’efficacité du capteur BCG sur un lit médicalisé pour analyser le sommeil, comparé au polysomnographe (considéré comme test de référence), transformant le lit en système d’analyse du sommeil non invasif.

    Une offre de service étoffée et des études cliniques à venir 

    Jusqu’ici, le MedTechLab produisait des concepts, des études de faisabilité technique et scientifique ainsi que des études d’usage. Grâce aux financements obtenus, le laboratoire proposera également des études cliniques, des analyses médico-économiques et des études de marché, jusqu’au développement d’un produit minimum viable. Pour acquérir les compétences nécessaires à ce développement, MedTechLab créera 5 emplois d’ici l’été 2024.

    Le living lab espère de cette reconnaissance nationale une meilleure visibilité auprès des acteurs publics et privés qu’il pourrait accompagner, de la conceptualisation à la réalisation d’un produit viable.

    En outre, des formations pour les décideurs de l’industrie de la santé seront créées en 2024. Le MedTechLab  sera, par exemple, l’un des lieux d’expérimentation du projet européen CoDEMO 5.0 (Co-Creative Decision-Makers for 5.0 Organizations), qui a l’ambition de créer la formation des managers de la santé du futur.

     

  • HAS : les résultats nationaux de la campagne 2023 de recueil des IQSS globalement satisfaisants

    Elle réalise ainsi tous les ans une campagne de recueil des indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS), dans les établissements publics et privés. Les résultats nationaux de la campagne 2023 ont été rendus publics le 14 février 2024.

    La HAS publie tous ces résultats (de certification et d’indicateurs) par établissement de santé, sur le service en ligne accessible à tous, Qualiscope.

    Contexte de la campagne 2023

    Les campagnes de recueil des IQSS ont un intérêt multiple :

    • pour les professionnels, c’est l’occasion d’analyser leurs forces et leurs points faibles et mettre en place des actions d’amélioration ;
    • pour les institutionnels ces dispositifs permettent de réguler par la qualité ;
    • et pour les patients hospitalisés et leur entourage, ils permettent de mieux appréhender la qualité des hôpitaux et cliniques où ils sont susceptibles d’être hospitalisés.

    En 2023, 34 indicateurs ont été mesurés :

    Les indicateurs mesurés sont développés avec des professionnels de santé et des patients. La HAS a pu les calculer à partir des bases de données :

    • rapportés par les patients – dispositif e-Satis ;
    • issus des données du dossier patient (DPI) ;
    • et issus des données du PMSI.

    5 rapports présentent ces résultats 2023 :

    Ces IQSS explorent la prise en charge clinique, la coordination entre professionnels et la prévention des infections associées aux soins. Les résultats obtenus, qui sont transmis aux professionnels concernés pour leur permettre d’optimiser leurs pratiques, sont présentés dans 5 rapports dédiés respectivement :

    • au champ de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), dont la chirurgie ambulatoire ;
    • aux soins médicaux et de réadaptation (SMR) ;
    • à l’hospitalisation à domicile (HAD) ;
    • à la psychiatrie (PSY) ;
    • et, plus spécifiquement, aux infections associées aux soins.

    Une implication importante des patients et des professionnels

    La participation des patients dans cette campagne est active et en hausse. En 2023, 1,2 millions de patients hospitalisés en court ou long séjour ont répondu aux enquêtes en ligne e-Satis. En 2016, au lancement d’e-Satis, ils étaient un peu plus de 50 000.

    Des patients globalement satisfaits :

    La satisfaction et l’expérience des patients ne cessent de progresser depuis que la HAS les mesure annuellement :

    • en MCO, la note nationale est passé de 72,9 à 74,3 sur 100 en 7 ans ;
    • en chirurgie ambulatoire, plus précisément, le score est de 78,9 sur 100 (de presque 1 point supérieur à celui de 2022) ;
    • et en SMR, le score gagne 0,9 point par rapport à 2022, atteignant 75,7 sur 100.

    En MCO, les détails du score réalisé sont variables selon les dimensions mesurées :

    • la satisfaction est bonne concernant la prise en charge par les médecins, chirurgiens, sage-femmes et infirmières avec un score de 82/100 ;
    • mais elle est plus faible concernant la chambre et les repas (68) et l’organisation de la sortie (65).

    Enseignements généraux de 2023

    Malgré les améliorations, des points critiques persistent, notamment au niveau des liens ville-hôpital :

    📌 Globalement, les indicateurs ont progressé de façon satisfaisante :

    • L’évaluation et la prise en charge de la douleur :
      • une progression est enregistrée dans de nombreux services hospitaliers (MCO et SMR) et en HAD, avec d’excellentes moyennes comprises entre 84 et 89 % de conformité ;
      • en revanche, malgré une progression de presque 5 points en un an, l’indicateur reste insuffisant pour l’hospitalisation en psychiatrie, avec une moyenne de 63 %.
    • La prise en charge des escarres en HAD :
      • l’évaluation du risque d’escarre en hospitalisation à domicile atteint 85 %, soit une hausse de 4,8 points par rapport au dernier recueil sur cet indicateur (2021).

    📌 Mais, des progrès restent à faire sur différents axes, et en particulier sur ceux qui crééent le lien entre l’établissement et la ville :

    • La transmission et la qualité de la lettre de liaison à la sortie d’hospitalisation :
      • surtout en MCO et en psychiatrie, les éléments de la lettre de sortie restent globalement à améliorer ;
      • en SMR, la qualité de la lettre de liaison à la sortie est satisfaisante avec un score de 80/100, mais en MCO, le résultat à 59/100 reste insuffisant (37 % des établissements atteignent un niveau satisfaisant).
    • Les réhospitalisations dans un délai de 3 jours après une chirurgie ambulatoire :
      • parmi les plus de 700 établissements évalués, si environ 95 % présentent des résultats proches de ce qui est attendu, 33 établissements présentent des résultats significativement moins bons que prévus pour une intervention, un chiffre en augmentation puisqu’ils étaient 21 dans ce cas en 2021.
    • La consommation des produits hydroalcooliques :
      • elle permet de mesurer indirectement la mise en œuvre effective de l’hygiène des mains ;
      • cet indicateur est en baisse de plus de 11 points par rapport à 2021, à un niveau relativement faible (83 %) ;
      • seuls 33 % des établissements ont atteint ou dépassé leur objectif personnalisé.
    • La vaccination antigrippale des personnels hospitaliers.
    • La santé mentale.

    Différentes actions d’améliorations à venir

    Ces mesures externes de la qualité des soins constituent un point de départ incontournable à la mise en œuvre d’actions d’amélioration. Ainsi différents travaux sont en cours, par exemple dans le secteur MCO :

    • le dispositif e-Satis : l’analyse conjointe par les établissements de leurs résultats chiffrés et des commentaires de leur patient permet d’aller plus loin pour améliorer l’environnement de soins – la HAS développe un outil pour tous les établissements de santé, attendu pour fin 2024 pour aider les établissements dans cette démarche ;
    • une mise en place de nouveaux indicateurs : la HAS poursuit ses travaux de développement des IQSS à partir des bases de données existantes tout en garantissant une mesure fiable :
      • en explorant l’utilisation des entrepôts de données hospitaliers (EDS) ;
      • et en poursuivant le développement d’IQSS à partir du PMSI et du SNDS :
        • mesure de la mortalité à 30 jours post-infarctus du myocarde,
        • mesure de la récupération de 5 complications post-opératoires,
        • et mesure des hémorragies du post-partum.

    En 2024, la thématique des urgences intégrera le programme de travail pour des mesures restant à définir à partir de l’expérience du patient et des bases médicoadministratives.

    Exemples d’indicateurs et leurs résultats en détails (MCO)

    Les évaluations sont réalisées par le patient et à partir de son dossier, ainsi que des données des dossiers médicaux et du PMSI. Les scores nationaux sont rapportés sur une échelle de 100 points, et l’évolution par rapport à 2022 ou 2021. Plusieurs axes sont ainsi explorés :

    • satisfaction et expérience des patients hospitalisés pour plus de 48h en MCO (dispositif e-Satis) ;
    • qualité de la lettre de liaison à la sortie d’une hospitalisation de plus de 24h en MCO ;
    • évaluation et prise en charge de la douleur lors d’une hospitalisation de plus de 24h en MCO ;
    • prise en charge initiale de l’accident vasculaire cérébral (AVC) :
      • imagerie cérébrale diagnostique ;
      • accès à une évaluation neuro-vasculaire ;
      • prévention des pneumopathies d’inhalation ;
      • accès à une prise en charge rééducative ;
      • et planification du suivi post-AVC.

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    En MCO, chirurgie ambulatoire :

    Les indicateurs sont dans ce domaine groupés en deux axes :

    • dispositif e-Satis : satisfaction et expérience des patients hospitalisés en chirurgie ambulatoire ;
    • complications postopératoires : réhospitalisations dans les 3 jours après une chirurgie ambulatoire pour 6 actes.
  • Etude / France : le premier e-questionnaire PREMs dédié au diabète validé

    Ces PREMs ont montré de bonnes propriétés psychométriques. Les résultats, publiés dans la dernière édition de la revue Diabetes Epidemiology and Management*, prouvent que les patients ont globalement une expérience positive de leurs parcours de soin.

    DREMs : évaluer l’expérience de soins du diabète

    Replacer les patients au cœur du système de soins… Pour que cela ne reste pas qu’une formule, encore faut-il demander aux patients leur avis. D’où l’intérêt des PREMs (Patient-Reported Experience Measures), ces questionnaires qui – comme leur nom l’indique – mesurent l’expérience des soins vécus par les patients. En outre, plusieurs études ont montré l’impact favorable des PREMs sur les résultats de santé des malades. Tout particulièrement dans le diabète. Pourtant, aucun PREM spécifique à cette pathologie n’a été identifié par les autorités sanitaires françaises, jusque-là.

    C’est pourquoi le Diabète LAB de la Fédération française des diabétiques a réalisé l’étude DREMS (Diabetes Reported Experience MeasureS). Ce premier questionnaire électronique en français vise à évaluer 5 facteurs :

    • la relation avec le médecin ;
    • l’expérience de la prise en charge ;
    • la capacité de gestion de la maladie ;
    • la consultation ;
    • et la structure de prise en charge.

    Un questionnaire validé par des tests statistiques

    Dans un premier temps, pas moins de 54 questions ont été rédigées puis leur nombre a été réduit à 18. Les 2 513 répondants (dont 942 souffrant de DT1 et 571 de DT2) devaient leur affecter une note de 1 à 5, allant de “pas du tout d’accord” ou “pas du tout satisfait” à “tout à fait d’accord” ou “très satisfait”.

    Plusieurs tests statistiques ont été conduits afin d’évaluer la qualité du questionnaire et notamment de s’assurer que le contenu des questions était pertinent, bien compris par les malades, et que les questions étaient « stables » dans le temps permettant ainsi de répéter le test, etc.

    Les résultats de l’étude DREMs ont été publiés dans l’édition janvier-mars de la revue Diabetes Epidemiology and Management.

    Résultats : le parcours de soins noté à 8/10

    • Le questionnaire présentait de bonnes propriétés psychométriques.
    • Les malades sont globalement satisfaits de la relation avec leur diabétologue, tout particulièrement ceux souffrant de DT1.
    • Ils estiment que les règles hygiéno-diététiques et l’impact psychologique de la maladie sont peu abordés lors des consultations.
    • La connaissance de la maladie et des traitements est globalement bonne.
    • La qualité de la consultation (prise de rendez-vous, respect des horaires…) est plus appréciée par les patients atteints de DT1 que par ceux atteints de DT2.
    • L’expérience du parcours de soins obtient une note de 8/10 dans le DT1 et de 7,9/10 dans le DT2.

    Les résultats obtenus par le premier e-questionnaire spécifique au diabète et validé en français font dire aux auteurs de l’étude qu’il pourrait être « un outil de communication utile entre les patients et les professionnels de santé », mais aussi « aider les autorités sanitaires et les services sanitaires à évaluer les facteurs organisationnels » dans la prise en charge du diabète.

    Afin d’améliorer encore ce questionnaire, les chercheurs suggèrent d’« explorer les facteurs potentiels contribuant aux différences de fiabilité entre les 2 populations, tels que les fonctions cognitives liées à l’âge. »