Bernard

  • IA et e-télépharmacie en Indonésie : la plateforme SETIA testée en milieu hospitalier

    Interactions médicamenteuses : un risque documenté en Indonésie

    Les interactions médicamenteuses potentielles (pDDI – potential drug-drug interactions) représentent un enjeu de sécurité pharmacothérapeutique hospitalière en Indonésie.

    Dans ce contexte, les systèmes classiques de prescription électronique restent souvent hétérogènes et insuffisamment intégrés aux outils d’aide à la décision clinique (CDSS).

    SETIA : une plateforme d’e-télépharmacie intégrée

    Développée par l’Université privée Pancasila, la plateforme SETIA (Pharmacist E-Telepharmacy System) combine intelligence artificielle et règles expertes pour améliorer le suivi thérapeutique hospitalier. Elle s’appuie sur des bases pharmacologiques internationales telles que Lexicomp, Micromedex et The Renal Drug Handbook.

    Le système automatise notamment :

    • la détection des interactions médicamenteuses ;
    • l’ajustement posologique selon la clairance de la créatinine ;
    • le calcul de l’IMC, du poids idéal et du débit de filtration glomérulaire.

    Une validation clinique prospective

    Une étude observationnelle prospective menée de juillet à septembre 2025 avec l’équipe de  l’hopital public national Rumah Sakit Umum Pusat Fatmawatil  auprès de 30 patients hospitalisés, publiée dans l’Asian Journal of Healthy and Science, a évalué la performance du système.

    • Concordance des interactions médicamenteuses : 53,3 %
    • Concordance des mécanismes pharmacologiques : 76,7 %
    • Concordance des recommandations posologiques : 86,7 %

    Les analyses statistiques (test de Student indépendant) n’ont montré aucune différence significative pour l’IMC, le poids idéal et la clairance rénale (p > 0,05).

    Perspectives de la santé numérique en Asie

    Le déploiement futur de SETIA prévoit des études longitudinales d’impact clinique, l’intégration d’algorithmes de machine learning et l’extension aux populations pédiatriques et gériatriques. La plateforme illustre la montée en puissance, en Asie, des solutions d’e-santé centrées sur la sécurité médicamenteuse et l’aide à la décision clinique.

     

  • Tests rapides CRAB et Candida auris : la FDA distingue l’innovation de NG Biotech

    Un fardeau mondial chiffré

    La résistance aux antimicrobiens (RAM) constitue une menace sanitaire majeure. Selon l’Organisation mondiale de la santé :

    • 1,14 million de décès directement attribuables à la RAM en 2021
    • • 4,71 millions de décès associés la même année

    À cela s’ajoutent :

    Les méthodes conventionnelles, telles que la culture, le PCR, ou la spectrométrie MALDI-TOF, requièrent 24 à 72 h et des infrastructures spécialisées, limitant la réactivité en contexte épidémique.

    Deux tests LFIA distingués par la FDA

    La Food and Drug Administration (FDA) a attribué la désignation « Breakthrough Device » aux tests NG-TEST® Candida auris et NG-TEST® Acineto-5®, développés par NG Biotech.

    Ces dispositifs à flux latéral reposent sur des anticorps monoclonaux spécifiques, sans amplification génique ni instrumentation dédiée.

    Ces tests possèdent plusieurs caractéristiques clés tels que :
    • Détection en 15 minutes à partir d’isolats cultivés
    • Identification de 5 familles de carbapénémases (OXA-23-like, OXA-24/143-like, OXA-58-like, VIM, NDM)
    • Lecture visuelle simple, adaptée au dépistage rapide

    Une validation analytique publiée :

    Une étude multicentrique in vitro publiée dans Frontiers in Microbiology rapporte une concordance de 100 % avec les méthodes de référence pour C. auris, confirmant la robustesse analytique du test. Distribués aux États-Unis à usage recherche, ces dispositifs visent la surveillance hospitalière et le contrôle des infections, dans l’attente d’une évaluation réglementaire complète.

  • Suivi numérique post-infarctus en Corée : l’appli mobile contre l’insuffisance cardiaque

    Progression de l’insuffisance cardiaque en Corée

    Selon l’American College of Cardiology, l’ischémie coronarienne demeure une cause majeure de morbidité cardiovasculaire mondiale. En Corée, la charge de l’insuffisance cardiaque s’alourdit avec le vieillissement de la population.

    • La prévalence de l’insuffisance cardiaque a triplé en vingt ans pour atteindre 3,41 % en 2023.
    • Environ 1,75 million de patients étaient concernés la même année.

    Après infarctus du myocarde, l’adhésion thérapeutique et les changements durables du mode de vie restent difficiles à maintenir avec les programmes de réadaptation conventionnels.

    Une application basée sur le modèle IMB

    Soutenue par la National Research Foundation of Korea, l’équipe du College of Nursing de l’Hanyang University a développé l’application Android With you Heart, fondée sur le modèle Information–Motivation–Behavioral Skills (IMB).

    L’application propose :

    • Une check-list hebdomadaire de 11 à 13 questions sur médicaments, symptômes, activité physique, alimentation, tabac, tension et poids.
    • Des messages personnalisés, animations infirmières et environ 80 scénarios de rétroaction adaptative.

    Essai randomisé à un an

    Publié dans Asian Nursing Research, l’essai randomisé à un an à simple insu a inclus 68 hommes après angioplastie.

    • Trente-cinq participants ont utilisé l’application avec auto-suivi hebdomadaire et counseling infirmier trimestriel.
    • Les comportements de santé, la résilience et la dépression ont été évalués à 0, 3, 6 et 12 mois selon la méthode statistique d’analyse de la variance ANOVA.

    Perspective clinique

    Cette application de santé numérique pourrait compléter le suivi ambulatoire des patients à risque d’insuffisance cardiaque. L’intégration future de biomarqueurs, de données issues des objets connectés et de la télésurveillance interactive renforcerait la prévention secondaire cardiovasculaire en Asie.

     

  • PCR portable au point de soin : Co-Diagnostics élargit l’accès aux analyses moléculaires

    PCR en temps réel : les limites du modèle centralisé

    Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les maladies infectieuses demeurent un enjeu de santé publique :

    Face à ces données, l’accès à un diagnostic moléculaire rapide constitue un impératif. La PCR en temps réel reste la référence analytique pour la détection des agents pathogènes. Toutefois, les plateformes conventionnelles exigent infrastructures spécialisées, personnel qualifié et logistique centralisée, limitant leur déploiement dans les environnements à ressources contraintes.

    Une plateforme PCR portable intégrée

    La société américaine Co-Diagnostics, Inc. a dévoilé au WHX Labs Dubai 2026 une solution de PCR en temps réel portable dédiée au point of care (PoC). Le dispositif associe :

    • Une technologie PCR propriétaire brevetée
    •  Une application mobile de pilotage et d’interprétation
    • Des tests moléculaires dédiés

    L’objectif est d’atteindre des performances analytiques comparables aux systèmes de laboratoire, avec un rendu des résultats en environ 30 minutes et une utilisation possible en laboratoire décentralisé, en cabinet ou à domicile.

    Déploiement régional et perspectives réglementaires

    Actuellement en études cliniques aux États-Unis, la plateforme est en attente d’évaluation réglementaire. Le développement de la PCR décentralisée s’inscrit dans une stratégie d’élargissement de l’accès au diagnostic in vitro et de renforcement des capacités de surveillance épidémiologique.

    • Mise en place d’une coentreprise, CoMira Diagnostics, avec Arabian Eagle Manufacturing pour structurer une production régionale
    • Déploiement industriel ciblant 19 pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA), afin de soutenir l’approvisionnement local en solutions de PCR au point de soin

     

  • MICI : la Chine accélère la télésanté face à une incidence en hausse

    Chine : une incidence presque doublée depuis 1990

    Selon le Global Burden of Disease, la charge des  maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), qui regroupae la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), progresse de façon continue en Asie de l’Est. En Chine, 168 077 patients vivaient avec une MICI en 2021 et 24 941 nouveaux cas ont été recensés, pour une incidence standardisée d’environ 1,4/100 000 habitants.

    À l’échelle régionale, prévalence et incidence ont été multipliées par plus de trois depuis 1990.

    • 168 077 cas prévalents en Chine
      • 24 941 nouveaux diagnostics annuels
      • Incidence standardisée : 1,4/100 000

    mHealth : suivi connecté et personnalisé

    Les modèles conventionnels, consultations espacées, endoscopie, biomarqueurs,  peinent à capter la variabilité quotidienne des symptômes. Une équipe de spécialités en soins infirmiers et en gastroentérologie de l’université de Zhejiang, au sud de Shanghai, a analysé les interventions de santé mobile (applications, télémédecine, objets connectés, IA), montrant leur potentiel pour un suivi longitudinal centré sur l’autogestion et l’analyse de données cliniques.

    Jusqu’à 15 % de consultations évitées et suivi renforcé

    Publié début 2026 dans le Journal of Multidisciplinary Healthcare, leur travail montre :

    • Les applications de mHealth permettent un enregistrement en temps réel des symptômes digestifs, de l’observance et de l’alimentation, avec retour clinique à distance
      • Des plateformes comme MyIBDcoach réduisent de 15 % les consultations en présentiel, tout en améliorant la satisfaction et l’engagement
      • Un programme de thérapie cognitivo-comportementale mobile a réduit les scores d’anxiété de 35 % et amélioré la qualité de vie de 20 %

    Ces données confirment que mHealth, télémédecine et IA transforment le suivi, optimisent l’adhésion, préviennent les poussées et soutiennent le bien-être psychologique.

    Vers une intégration au diagnostic in vitro

    La prochaine étape repose sur des études pragmatiques, l’interopérabilité avec les dossiers médicaux électroniques et la standardisation des parcours numériques. Ces solutions s’inscrivent dans la dynamique du diagnostic in vitro, où le monitoring à distance et la stratification moléculaire deviennent stratégiques pour une gastroentérologie de précision.

  • Biologie médicale : Cerba et Outscale déploient un cloud souverain IA à l’échelle européenne

    Interopérabilité et performance : les limites des SI traditionnels

    Le diagnostic in vitro (DIV) oriente près de 70 % des décisions médicales. Les maladies chroniques représentent 74 % des décès mondiaux, selon l’OMS. En Europe, plus de 3,5 milliards d’analyses sont réalisées chaque année. Cette volumétrie, couplée à l’essor du séquençage génomique rapide et des techniques de biologie moléculaire, impose une gestion industrialisée, sécurisée et interopérable des données.

    Les systèmes d’information de laboratoire (LIS), l’immunodiagnostic et la PCR (réaction de polymérisation en chaîne) génèrent des flux hétérogènes, souvent cloisonnés. Il en résulte :

    • Des délais d’intégration des résultats.
    • Des catalogues d’analyses fragmentés.
    • Des coûts d’infrastructure croissants.

    Ces architectures limitent la rapidité d’accès aux comptes rendus et la continuité numérique du parcours patient.

    Une infrastructure souveraine certifiée HDS et SecNumCloud

    La plateforme développée par Cerba et OUTSCALE s’appuie sur un cloud certifié Hébergement de Données de Santé (HDS) et SecNumCloud, référentiel de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) garantissant un haut niveau de sécurité. Elle intègre :

    • Une IA de structuration et d’harmonisation des données biologiques.
    • Un catalogue d’analyses unifié.
    • Une architecture scalable, interopérable avec les systèmes existants.

    Validation multicentrique en conditions réelles à l’échelle européenne

    Une étude multicentrique conduite en conditions réelles au sein du réseau Cerba HealthCare (plus de 650 laboratoires en Europe) montre :

    • Une réduction de 25 % du temps administratif.
    • Une disponibilité supérieure à 99,9 %.
    • Une capacité de traitement de 100 000 patients par jour.

    Vers la médecine prédictive, les jumeaux numériques et le dépistage distribué

    La feuille de route prévoit l’analyse prédictive, les jumeaux numériques de patients et des passerelles vers la recherche clinique. Les usages ciblent la médecine préventive, l’optimisation des flux et le dépistage distribué, soit la réalisation d’analyses au plus près des patients, connectées en temps réel au système centralisé.

  • Japon, une IA conversationnelle pour la communication vaccinale HPV

    HPV et défiance vaccinale au Japon

    Le papillomavirus humain (HPV) est responsable de la quasi-totalité des cancers du col de l’utérus. Selon GLOBOCAN-OMS 2022 :

    • 662 044 nouveaux cas/an.
    • 348 709 décès/an.
    • 95 % des cancers du col liés au HPV.

    Au Japon, la suspension de la recommandation vaccinale entre 2013 et 2021 a fait chuter la couverture sous 1 %. Les campagnes publiques et le dépistage cytologique restent limités face à la désinformation numérique.

    Consortium et innovation technologique

    L’étude est coordonnée par la Graduate School of Medicine de l’Université de Kyoto et associe l’Université de Tokyo, l’Université de Waterloo (Canada), l’Université Texas Tech (Etats Unis d’Amérique, et l’Université des sciences et technologies de Chine (USTC). Le système repose sur une architecture RAG intégrant publications scientifiques, documents de l’OMS et du ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales, ainsi que médias et réseaux sociaux.

    • Chatbot médical RAG.
    • Analyse de sentiment.
    • Génération de rapports institutionnels.

    Étude expérimentale de validation

    L’étude a porté sur une cohorte de 53 conversations simulées soit 209 échanges avec 139 questions réponses analysées, avec une évaluation LLM + validation par 3 experts sur une échelle : 0 à 5. Les résultats de l’étude Prépublié dans arXiv montre que :

    • Sore global : 4,80/5
    • Cohérence conversationnelle : 5,00/5
    • Validité des références : 5,00/5

    L’architecture pourrait être adaptée à d’autres programmes vaccinaux (COVID-19, grippe, hépatite B) et à la communication hospitalière en santé publique.

     

  • bioMérieux acquiert Accellix pour industrialiser le contrôle qualité des thérapies cellulaires

    Une cytométrie en flux miniaturisée et automatisée

    Les thérapies cellulaires et géniques ciblent cancers hématologiques et maladies rares, exigeant un contrôle qualité microbiologique et immunologique strict. Selon l’OMS :

    • 20 millions nouveaux cas de cancer/an (2022).
    • 9,7 millions décès/an.
    • 1 000 essais cliniques en cours.

    La cytométrie en flux conventionnelle reste longue, coûteuse et opérateur-dépendante. Accellix (San José/Jérusalem), acquise après partenariat depuis 2020, développe un système fermé miniaturisant la cytométrie en flux pour analyses rapides en production :

    • Automatisation complète du workflow.
    • Standardisation multi-sites via logiciels.

    Des performances validées en conditions industrielles

    L’étude multicentrique auprès de fabricants de thérapies cellulaires, publiée dans Cell & Gene Therapy Insights, montre :

    • Concordance : corrélation 0,90-0,96 avec cytométrie classique (marqueurs clés).
    • Régularité : variabilité inter-opérateurs <5% (automatisation).
    • Rapidité : 35 min vs >3 h (gain x4-5).

    Une intégration stratégique dans le diagnostic pharmaceutique

    bioMérieux intègre la plateforme pour 35 millions d’euros dans son portefeuille diagnostic pharmaceutique, avec déploiement progressif. Deux axes stratégiques sont poursuivis :

    • Usages prioritaires : Production CAR-T, médecine personnalisée, biothérapies en environnements contraints.
    • Positionnement clé : Convergence diagnostic-bioproduction-thérapies avancées, accélérant l’accès aux traitements.

     

  • Singapour prédit la récupération neurologique post-arrêt cardiaque grâce à un nouvel outil d’IA

    Selon l’OMS, les maladies cardiovasculaires, incluant les arrêts cardiaques extrahospitaliers, causent 18,8 millions de décès annuels (2022), dont plus de 75% dans les pays à revenu faible ou intermédiaire (LMIC). Les outils conventionnels comme les scores cliniques et l’imagerie (IRM cardiaque, TDM cérébrale) manquent de sensibilité (50-70%) pour les pays à revenu faible et intermédiaire, en raison de :

    • Sensibilité insuffisante dans ces contextes : 50-70% seulement.
    • Coûts élevés : IRM : 424-1 695 €/scan.
    • Délais importants : 2-6 semaines pour IRM en Asie du Sud-Est.

    Transfer learning : réduction massive des données nécessaires

    L’équipe du Centre for Biomedical Data Science (Duke-NUS) a repris le modèle japonais Lasso, entraîné sur 46 918 patients japonais en arrêt cardiaque extra hospitalier. Les chercheurs ont :

    • Adapté le modèle Trans-Lasso sur 243 patients vietnamiens (PAROS).
    • Ajusté les coefficients Lasso en quelques heures.

    Ce qui a permis de réalisée une économie majeure de temps (der heures vs des mois)  en évitant la reconstruction complète tout en préservant les variables clés telles que : l’âge, le rythme initial, et la durée de la réanimation cardiopulmonaire. Ce code R est open-source sur GitlHub

    Validation à Singapour : 95,5% de précision sur 15 916 patients

    Les chercheurs ont testé le modèle sur 15 916 patients singapouriens (cohorte PAROS). Résultats publiés dans npj Digital Medicine :

    • Précision: 80% bons résultats neurologiques (vs 46% modèle japonais original)
    • Discrimination globale (AUROC 0,955) : identifie correctement 955 patients sur 1 000 (soit 10 de plus qu’avant)
    • Fiabilité des alertes (AUPRC 0,885) : quand l’IA dit “récupération possible”, elle a raison dans 88,5% des cas (+36% vs original)

    En conclusion, sur 1 000 patients en salle d’urgence, cette IA évite 10 diagnostiques erronées et identifie sûrement 88 patients à soigner intensivement. Ce triage ultra-rapide par intelligence artificielle, favorisant l’équité diagnostique en Asie-Pacifique, est potentiellement applicable au traumatisme, au sepsis, à l’accident vasculaire cérébral et à l’insuffisance cardiaque dans les pays à faibles ressources.

     

  • Une IA au service du diagnostic in vitro du mycétome

    864 images pour standardiser la microscopie

    Classé par l’Organisation mondiale de la santé parmi les maladies tropicales négligées, le mycétome est une infection chronique et destructrice du tissu sous-cutané, souvent détectée tardivement. Son diagnostic repose sur l’examen histopathologique et la culture des grains, une méthode exigeante nécessitant une expertise limitée dans les zones rurales endémiques. Le projet MyData, conduit par le Mycetoma Research Centre (université de Khartoum), en collaboration avec l’Inserm, le CNRS et l’université de Tours, établit la première base ouverte d’images histologiques du mycétome. Annotée selon des protocoles standardisés, elle constitue un support de référence pour la formation des algorithmes de diagnostic in vitro :

    • 864 images microscopiques consolidées dans une base ouverte ;
    • Annotation pixel par pixel des grains fongiques et bactériens ;
    • Standardisation des critères d’analyse pour le diagnostic différentiel et la reproductibilité.

    Un modèle d’IA validé pour le diagnostic in vitro

    À partir de cette base, les chercheurs ont élaboré un modèle de classification combinant radiomique et apprentissage automatique. Publiée dans Machine Learning for Biomedical Imaging (Melba), l’étude rétrospective, menée sur 142 patients collectés sur cinq ans, confirme la performance du diagnostic in vitro assisté par IA :

    • Exactitude diagnostique : 91,9 %, démontrant la fiabilité du modèle ;
    • Classification binaire validée, différenciant l’eumycétome de l’actinomycétome ;
    • Validation croisée sur données multicritères, assurant la robustesse des prédictions.

    Vers un diagnostic in vitro assisté par IA

    Projet pionnier en pathologie numérique tropicale, MyData constitue une brique essentielle pour les futurs outils de diagnostic in vitro pilotés par intelligence artificielle. Ses applications s’étendent du télédiagnostic à la décision clinique, favorisant un accès équitable à l’expertise histopathologique dans les environnements à faibles ressources.