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  • France-Allemagne : Lifen et iOMEDICO s’allient pour des études de vie réelle en oncologie

    Les deux partenaires promettent un interlocuteur unique et une méthodologie commune pour chaque projet. Les premiers projets doivent d’ailleurs être identifiés dans les prochains mois, avec une feuille de route européenne en oncologie et en hématologie.

    Le communiqué situe l’annonce dans le cadre de l’évaluation clinique commune européenne (JCA, joint clinical assessment), qui s’applique depuis janvier 2025 aux nouveaux médicaments anticancéreux. Cette procédure réunit les questions de tous les États membres, tandis que les agences nationales d’évaluation des technologies de santé (HTA) continuent d’exiger des données reflétant les pratiques de leur pays. Les projets conjoints viseront les standards de soins, les séquences de traitement, la prévalence de biomarqueurs, les bras de contrôle externes et les données après mise sur le marché.

    Registres prospectifs allemands et comptes rendus hospitaliers français

    iOMEDICO, fondée en 1996, pilote des registres prospectifs couvrant plus de 60 000 patients, alimentés par plus de 900 centres investigateurs allemands. Ces registres sont cités depuis 2012 dans près d’un quart des dossiers allemands d’évaluation du bénéfice en oncologie (procédure AMNOG), selon le communiqué. Lifen construit ses cohortes à partir des comptes rendus médicaux de près de 1 000 hôpitaux, dont son IA extrait les données cliniques, soit plus de 60 millions de documents par an. Sa méthode hybride, IA puis relecture par des experts, a été publiée dans Annals of Oncology en 2025. Avec Gustave Roussy, Lifen a lancé des cohortes nationales dans les cancers du poumon et de la prostate ; la cohorte poumon LUCC a été référencée par la HAS en septembre 2026.

    « Les essais contrôlés randomisés restent la méthode de référence, mais il est indispensable d’évaluer les traitements en vie réelle », déclare Jean-Frédéric Petit-Nivard, vice-président de Lifen Research. Pour le Dr Patrick Marschner, directeur médical d’iOMEDICO, le partenariat permet de répondre à ces questions « à l’échelle européenne, avec des données reconnues par les agences HTA ». Les deux entreprises disent vouloir étendre l’offre à d’autres pays européens. Aucun montant ni calendrier d’étude n’est communiqué.

    Source : Lifen et iOMEDICO, communiqué de presse (08/10/2026, PDF en anglais) · fiabilité : déclarative

  • UK : une IA autonome a trié seule 8 391 patients suspects de cancer cutané dans deux hôpitaux

    Le 30 septembre 2026, au congrès de l’Académie européenne de dermatologie et de vénéréologie (EADV), l’équipe de la Dre Lucy Thomas (Chelsea & Westminster Hospital) a présenté une étude en vie réelle sur 8 391 patients adressés en urgence pour suspicion de cancer cutané dans deux hôpitaux britanniques. Une IA marquée CE comme dispositif médical de classe III y clôturait seule le dossier des lésions bénignes, sans relecture par un clinicien. Selon les auteurs, c’est le premier jeu de données à grande échelle issu du déploiement prospectif d’une IA autonome dans un parcours de cancérologie.

    Pourquoi cela compte : l’étude chiffre, en conditions réelles, le temps médical qu’une IA décidant seule pourrait libérer : 2 851 heures, soit plus de 8 500 consultations en 16 mois. Ce gain reste une estimation, issue d’un communiqué de congrès. Tout projet comparable suppose donc de vérifier le niveau de preuve et d’organiser une surveillance continue du dispositif.

    Un parcours à étages qui réserve le présentiel aux cas à risque

    Le parcours a couvert 94 % des adressages urgents des deux sites. Des photos cliniques et dermoscopiques sont prises au smartphone, puis l’IA classe la lésion : elle clôt le dossier des cas bénins et transmet les autres à un télédermatologue.

    Après exclusions, l’IA a sorti du parcours 31 % et 25 % des patients, et les télédermatologues 24 % et 25 % de plus. Environ un patient sur deux n’a donc pas eu besoin de consultation en présentiel.

    C’est ce filtrage qui produit le gain : les auteurs estiment à 2 851 heures le temps clinique économisé par rapport au parcours présentiel, soit environ 62 % de capacité supplémentaire. Le taux de biopsie s’établit à 27 %, contre 43 % en présentiel.

    Six faux négatifs repérés par la surveillance après commercialisation

    Dans un jeu de données national incluant les deux sites, la sensibilité, c’est-à-dire la part de cancers repérés, dépasse 98 % pour le mélanome invasif, le carcinome épidermoïde et le carcinome basocellulaire. La spécificité est de 72,1 % : une partie des lésions bénignes reste donc orientée vers un médecin.
    Six cancers ont néanmoins été écartés à tort : cinq carcinomes basocellulaires et un mélanome in situ. La surveillance après commercialisation les a identifiés, sans conséquence défavorable constatée sur le suivi disponible. Selon la Dre Thomas, il faut donc surveiller l’IA en continu, analyser ses erreurs et indiquer aux patients les signes d’alerte. Enfin, 86 % des patients ont consenti à la décision autonome.

    Une pénurie comparable en France, mais une organisation différente

    En Angleterre, les adressages urgents pour suspicion de cancer cutané ont presque triplé depuis 2009, alors qu’environ 6 % aboutissent à un diagnostic de cancer. Près d’un poste de dermatologue sur quatre est vacant au Royaume-Uni.

    La France connaît une tension similaire : la Société française de dermatologie recense 2 928 dermatologues, soit près de 1 000 de moins en moins de dix ans.

    Le modèle n’est pourtant pas directement transposable : il repose sur une filière d’adressage urgent propre au NHS, qui rend possible un tri centralisé. Un territoire français devrait d’abord définir où les photos sont prises, qui adresse le patient et comment l’acte est financé.

    Un niveau de preuve encore intermédiaire

    • Ces résultats appellent trois réserves. Ils proviennent d’un communiqué de congrès, et non d’un article évalué par les pairs.
    • Le gain de capacité est une estimation, calculée par rapport au présentiel et non à la télédermatologie seule.
    • Les performances diagnostiques sont issues d’un jeu de données national, et non des deux seuls sites.

    La Dre Thomas conditionne elle-même la portée des résultats à leur réplication. Au Royaume-Uni, l’agence d’évaluation NICE ne recommande d’ailleurs l’IA DERM, de Skin Analytics, qu’à titre conditionnel, pour trois ans

    Un seul acteur positionné sur la décision autonome

    Le communiqué ne nomme pas le dispositif utilisé. Or Skin Analytics présente son IA, DERM, comme le seul dispositif marqué CE de classe III pour la détection autonome du cancer cutané. Si cette position se confirmait, elle constituerait une barrière à l’entrée : un concurrent devrait obtenir la même certification et produire des données en vie réelle comparables.

    Source : EADV, communiqué de presse du congrès 2026 – (30 septembre 2026) – fiabilité : déclarative.

  • Le CHU de Besançon Franche-Comté met en service son entrepôt de données de santé

    Le projet est piloté par Arthur Goudard, directeur adjoint chargé des affaires médicales, de la recherche et des relations avec l’Université. « Avec l’entrepôt des données de santé, nous créons un cadre où il est possible de croiser ces données à des fins de pilotage pour l’établissement, de recherche médicale et d’amélioration des pratiques », a-t-il déclaré à L’Est Républicain. L’établissement cite la qualité et la sécurité des soins comme premiers axes de recherche sur données massives.

    Les données sont hébergées exclusivement en France, dans des environnements certifiés. L’exploitation suit le référentiel de la CNIL sur les entrepôts de données de santé, sous la supervision d’un comité scientifique et éthique constitué à cet effet. Les patients peuvent s’opposer à l’utilisation de leurs données à tout moment auprès du délégué à la protection des données du CHU. Le projet est soutenu par Bpifrance, l’ARS Bourgogne-Franche-Comté et la Région.

    Centre de recours de la Franche-Comté, le CHU prend en charge plusieurs centaines de milliers de patients par an, en hospitalisation ou en consultation. Il rejoint les CHU dotés d’un EDS, un mouvement engagé il y a une dizaine d’années par l’AP-HP et les hôpitaux de l’Ouest.

    Pour les équipes de recherche et les industriels, un EDS conforme au référentiel de la CNIL constitue un point d’entrée pour des études en données de vie réelle en Bourgogne-Franche-Comté. Les modalités d’accès pour des partenaires externes n’ont pas été précisées.

    Source : CHU Besançon Franche-Comté, actualité du site (septembre 2026) ; L’Est Républicain, 28 septembre 2026 ; macommune.info, 23 septembre 2026 – fiabilité : officielle pour le dispositif, presse pour les déclarations.

     

  • Évaluation de l’IA : l’Inria lance un programme France 2030 de 13,5 M€

    L’Inria a lancé le 22 septembre 2026, au Centre Inria de Paris, le programme Évaluation de l’IA, financé à hauteur de 13,5 millions d’euros par France 2030. Porté par l’Inria au titre de sa mission d’Agence de programmes dans le numérique et dirigé par Jean-Michel Loubes, il constitue la feuille de route scientifique de l’Institut national pour l’évaluation et la sécurité de l’IA (INESIA), piloté conjointement par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et la Direction générale des entreprises (DGE).

    Le programme couvre la recherche fondamentale, le développement de technologies logicielles et leur transfert. Il doit produire des méthodes pour caractériser le comportement des systèmes d’IA, identifier leurs vulnérabilités et anticiper leurs risques, au-delà de la mesure des performances.

    Les recherches portent sur trois axes :

    • Les risques systémiques liés aux capacités et aux comportements des systèmes d’IA et à leurs effets à grande échelle.
    • La sûreté de l’IA, soit les vulnérabilités et menaces propres à ces systèmes.
    • Et des méthodologies d’évaluation fiables, robustes et reproductibles.

    EVA, une plateforme pour des évaluations à grande échelle

    Le programme prévoit une plateforme, nommée EVA, pour orchestrer et suivre des expériences d’évaluation sur différents systèmes et scénarios. Selon une offre de recrutement d’Inria, la plateforme d’évaluation vise en particulier les systèmes fondés sur des grands modèles de langage (LLM), pour des campagnes de tests comparatifs (benchmarks) et des exercices d’attaque simulée (red teaming).

    Créé en 2025, l’INESIA réunit l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Inria, le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) et le Pôle d’expertise de la régulation numérique (PEReN). Sa feuille de route 2026-2027 s’articule autour de trois pôles : l’appui à la régulation de l’IA, les risques systémiques, et la performance et la fiabilité.

    Le programme n’est pas spécifique à la santé. Dans ce secteur, l’évaluation des IA médicales repose sur la normalisation, le marquage CE, l’expérimentation hospitalière et l’évaluation de la HAS.

    Sources : Inria, communiqué du 22 septembre 2026, mis à jour le 23 septembre ; SGDSN, page INESIA ; Inria, offre 2026-09968 (fiabilité : officielle).

  • [Décryptage] Apnée du sommeil : l’appareil de PPC pourrait repérer les signes d’une maladie cardiaque

    Selon une étude française présentée par le Dr Arnaud Prigent (clinique Saint-Laurent, Rennes) au congrès de l’European Respiratory Society (ERS), début septembre à Barcelone, l’apparition, détectée par télésuivi, d’une respiration de Cheyne-Stokes chez des patients traités par pression positive continue (PPC) pour des apnées obstructives du sommeil est associée à un risque accru d’événements cardiovasculaires.

    Ces travaux prolongent l‘étude AlertApnée, publiée par la même équipe dans la revue Respirology.

    Pourquoi cela compte : les appareils de PPC déjà installés à domicile pourraient servir de système d’alerte cardiaque précoce, sans matériel supplémentaire. Pour les prestataires et les établissements, l’enjeu est d’organiser le tri des alertes et l’orientation des patients, en gardant à l’esprit que le bénéfice clinique n’est pas encore démontré.

    Un signal déjà enregistré par les appareils à domicile

    La PPC maintient les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil grâce à de l’air sous pression. Selon le Dr Prigent, la plupart des appareils transmettent l’observance, les fuites et l’indice d’apnées-hypopnées (IAH) résiduel, soit le nombre de pauses respiratoires par heure. Ils sont aussi capables de détecter une respiration de Cheyne-Stokes : un rythme anormal alternant hyperventilation et pauses respiratoires « centrales », dues à la commande cérébrale et non à une obstruction. Selon de précédentes études citées, ce rythme apparaît précocement avant une décompensation d’insuffisance cardiaque et disparaît avec l’amélioration clinique. D’où son intérêt comme signal d’alerte.

    En France, le télésuivi des PPC est déjà largement organisé, car la prise en charge du traitement est liée à l’observance mesurée à distance. Le capteur est donc déjà au domicile : tout se joue dans l’usage du signal. Dans l’étude AlertApnée, toute hausse brutale de l’IAH déclenchait une alerte chez le prestataire de santé à domicile (PSAD), qui vérifiait les données de l’appareil ; une consultation était programmée si le rythme anormal était confirmé.

    Un patient sur cinq avec ce signal a eu un événement cardiaque grave

    Sur 555 adultes suivis pendant un an (412 hommes, 57 % avec des comorbidités cardiovasculaires connues), 78 épisodes ont été détectés chez 74 patients. Causes identifiées : insuffisance cardiaque (30,8 %), instabilité ventilatoire (26,9 %), fuites (16,7 %), médicaments (9,0 %), troubles du rythme (7,7 %) et insuffisance rénale (2,6 %). Au total, 15 patients, soit 20,3 % de ceux qui présentaient ce signal, ont eu un événement cardiaque grave confirmé.

    Deux enseignements en découlent.

    • D’abord, selon les auteurs, l’alerte permettrait une détection précoce, y compris chez des patients sans maladie cardiaque connue.
    • Ensuite, plus de 40 % des épisodes relevaient d’une instabilité ventilatoire ou de fuites, qui n’appellent pas de consultation de cardiologie.

    La valeur du dispositif dépend donc du tri : qui reçoit l’alerte, qui l’interprète, et dans quel délai le patient est orienté. Un rapprochement avec la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque, entrée dans le droit commun en 2023, pourrait offrir un cadre à ce circuit.

    Un signal qui renseigne aussi sur les traitements

    L’étude montre que certains médicaments connus pour favoriser les apnées centrales (baclofène, ticagrélor, opioïdes) expliquaient 9,0 % des épisodes. L’appareil de PPC ne renseigne donc pas seulement sur l’apnée : il devient un point d’observation continu de l’état cardio-respiratoire du patient et, indirectement, de la tolérance de certains traitements. Interpréter une alerte suppose donc de connaître les traitements en cours, et de partager l’information entre prescripteurs, pharmaciens et prestataires.

    Vers une lecture algorithmique de l’évolution du signal

    Le protocole AlertApnée repose sur un seuil simple, suivi d’une vérification humaine. Des travaux plus récents cherchent à analyser l’évolution du signal jour après jour. Une étude japonaise rétrospective portant sur 1 265 patients déclare avoir repéré 92 % des événements cardiovasculaires dans les 28 jours qui les précédaient, avec une avance médiane de 12 jours, tout en réduisant de 94,9 % le nombre d’alertes grâce à un filtrage hiérarchique. Limiter les fausses alertes est décisif pour un déploiement à grande échelle, et fait de l’historique des données de télésuivi un actif.

    Un niveau de preuve encore en construction

    L’étude AlertApnée est monocentrique et observationnelle : elle établit une association entre le signal et le risque, mais ne démontre pas qu’agir sur ce signal améliore l’état des patients. Selon les auteurs, un épisode de respiration de Cheyne-Stokes multipliait par 13,8 le risque d’événement cardiaque grave en analyse simple ; ce rapport des cotes était de 5,7 (intervalle de confiance : 2,0 à 16,8) après ajustement sur les autres facteurs. La population était majoritairement masculine, et l’étude a été en partie financée par VitalAire, prestataire de santé à domicile qui emploie l’une des coautrices. Une revue systématique publiée en 2026 ne recense que cinq études observationnelles sur le sujet et souligne le risque de faux positifs. Seul un essai comparatif pourrait établir un bénéfice clinique.

    Source : Prigent A, Texereau JB, Schmitz C, Ropars C, Degreef JM, Teulier M, et al. Real-world telemonitoring and remote support for home non-invasive ventilation to improve therapy effectiveness: the exploratory, multicentre randomised eVENT study. Thorax. 2025 Oct;80(10):720.

  • Rapport GenR : la santé comme politique de puissance, pas comme ligne de dépense

    Rapport GenR : la santé comme politique de puissance, pas comme ligne de dépense

    GenR, coalition de treize cofondateurs dont cinq industriels, a présenté le 16 septembre 2026 à l’Académie nationale de médecine un rapport sur l’innovation en santé. Il décrit une chaîne rompue en quatre points, de la découverte au patient. Il propose une loi de programmation quinquennale, un pilotage depuis Matignon et un accès accéléré au SNDS.

    Pourquoi cela compte : le rapport déplace le débat du niveau de la dépense de santé vers son allocation. Ses propositions sur le SNDS et la Plateforme des données de santé visent directement les acteurs de la donnée et de l’IA. La présence de cinq industriels parmi les fondateurs donne la grille de lecture.

    Une chaîne de l’innovation « interrompue »

    La France ne manque pas d’atouts. Les entreprises de santé y représentent près de 100 000 emplois, plus de 60 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 300 sites de production et 4 milliards d’euros d’excédent commercial (mission sur la régulation des produits de santé, 2023, citée par GenR). Pour les auteurs, le défi est pourtant « de transformation, non de talent » : la chaîne qui va de la découverte au patient est rompue en quatre points.

    520 jours d’attente en moyenne pour les patients français :

    Le symbole de cette rupture est le délai d’accès. Un patient français attend en médiane 520 jours après l’autorisation européenne pour accéder à un traitement, contre 56 en Allemagne et 282 au Royaume-Uni (Sénat, 2026). Une nuance est souvent éludée : l’accès précoce, lui, fonctionne, avec un délai de 72 jours et 140 000 patients concernés (Sénat, 2026). C’est donc le droit commun qu’il faut réformer, en reconnaissant l’innovation incrémentale, organisationnelle et diagnostique, notamment via une ASMR conditionnelle (reconnaissance provisoire de l’amélioration du service médical rendu).

    La souveraineté se joue dans les essais et les données

    L’Espagne participe à près des deux tiers des nouvelles études cliniques européennes, contre environ la moitié pour la France (Sénat, 2026). Sur les 488 médicaments autorisés en Europe entre 2016 et 2021, seuls 42 sont produits en France, contre 112 en Allemagne (Rexecode, 2023). L’Asie capte désormais 63 % des essais industriels mondiaux, l’Europe 12 % (Sénat, 2026).

    Le SNDS, un trésor sous-exploité :

    Le SNDS couvre plus de 65 millions de personnes, un actif sans équivalent pour l’IA médicale. Pourtant, un chercheur français attend six mois des données que son homologue britannique obtient en six semaines (GenR). Le rapport propose trois mesures :

    • un accès accéléré au SNDS « sur le modèle de l’accès précoce » ;
    • une Plateforme des données de santé renforcée ;
    • un cadre juridique unifié, piloté par la Cnil, d’ici 18 mois.

    Face à des capacités de calcul et à des modèles largement extra-européens, il met aussi en garde contre la tentation de « confondre souveraineté et autarcie ».

    Un État stratège, piloté depuis Matignon

    GenR pense que la jeune DGRINES (Direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé) ne peut pas arbitrer entre la santé, l’industrie et les finances et propose donc :

    • un Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) présidé par le Premier ministre ;
    • un secrétariat général de 8 à 10 ETP, financé par redéploiement ;
    • le rattachement de la présidence du CEPS (Comité économique des produits de santé) à Matignon, par simple décret dans les cent premiers jours.

    La loi de programmation, « clé de voûte » :

    Sur le modèle de la programmation militaire, une loi quinquennale de l’innovation en santé donnerait de la visibilité à des cycles de R&D de dix à quinze ans. Elle serait adossée à un fonds souverain prolongeant France 2030. L’argument central tient en deux chiffres : la France consacre 11,5 % de son PIB à la santé (Insee, d’après l’OCDE), mais la part du médicament dans l’Ondam est passée de 11,6 % à 8,9 % entre 2010 et 2023 (Leem). Pour GenR, le problème n’est donc pas le niveau de l’effort, mais son allocation.

    Ce raisonnement appelle une lecture attentive. La coalition compte cinq industriels parmi ses treize cofondateurs. Le rapport reconnaît aussi laisser de côté la démographie médicale et l’accès aux soins de premier recours, dont dépend pourtant l’effet réel de ses propositions.

    Source : GenR, 16 septembre 2026, évènement à l’académie nationale de médecine

  • Aphasie primaire progressive : une analyse vocale de 1 à 2 minutes distingue les sous-types

    Des chercheurs de l’University of California San Francisco (UCSF) ont publié en août 2026 dans JAMA Neurology les résultats d’une étude sur l’analyse automatisée de la parole chez des patients atteints d’aphasie primaire progressive. À partir d’enregistrements vocaux de une à deux minutes, au cours desquels les patients décrivaient un dessin, l’algorithme a généré des profils de phrasé distincts pour les trois formes cliniques de la maladie : non-fluente/agrammatique, sémantique et logopénique. Les auteurs concluent que cette méthode produit des profils interprétables, pouvant servir d’aide au diagnostic différentiel et au suivi clinique.

    Pourquoi cela compte : cette étude s’attaque à un vrai goulot d’étranglement clinique. Le diagnostic différentiel des trois sous-types d’APP repose aujourd’hui sur des évaluations d’experts (neurologues du langage, orthophonistes spécialisés en troubles cognitivo-linguistiques) qui prennent du temps et restent concentrées dans un nombre restreint de centres. Hors de ces centres experts, l’accès à une classification fiable est limité, ce qui retarde la prise en charge et l’orientation thérapeutique des patients.

    Le protocole testé par l’équipe de l’UCSF tranche avec cette lourdeur : une à deux minutes d’enregistrement vocal, obtenues à partir d’un exercice simple de description d’image, suffisent à alimenter l’algorithme. Comparée à une évaluation neuropsychologique complète, qui mobilise plusieurs heures de passation et de cotation par un professionnel formé, cette approche constitue un protocole frugal, standardisable et duplicable à grande échelle.

    Cette frugalité illustre un mouvement plus large de l’IA appliquée à la santé : le passage d’une IA diagnostique « lourde », fondée sur l’imagerie cérébrale ou les biomarqueurs biologiques (liquide céphalo-rachidien, imagerie TEP), à une IA « légère », peu coûteuse et facilement embarquable dans des outils du quotidien, une téléconsultation, un cabinet de ville, voire un suivi à domicile. Un tel outil vocal ne nécessite ni équipement lourd ni déplacement du patient vers un centre spécialisé, ce qui ouvre la voie à un usage en dépistage de première ligne, avant orientation vers l’expertise neurologique.

    Cette étude reste néanmoins une preuve de concept : elle démontre la faisabilité de générer des profils distincts, mais ne constitue pas une validation clinique en conditions réelles ni une comparaison chiffrée à la classification experte de référence. Sa transposition à une patientèle francophone, dont les marqueurs prosodiques et lexicaux diffèrent de l’anglais, reste également à démontrer.

    Source : JAMA Neurology – Automated Speech Analysis to Identify Clinical, Anatomical, and Pathological Variants of Primary Progressive Aphasia – Août 2026 – fiabilité : publication évaluée par les pairs.

  • « Biomarkers days » rencontres technologiques & business à Montpellier – 14 & 15 juin 2017

    Les « Biomarkers days », rencontres scientifiques, technologiques et business des biomarqueurs en Occitanie auront lieu les 14 et 15 juin 2017 à Montpellier.

    Organisées par le pôle BioSanté Rabelais, Eurobiomed et l’Agence Régionale de l’Innovation Transferts dans le cadre de la stratégie régionale d’innovation (3S-SRI), ces deux journées visent à favoriser les collaborations entre chercheurs, cliniciens et entreprises.

    Elles s’articuleront autour de deux thèmes principaux :
    • les solutions technologiques au service du développement des biomarqueurs,
    • Cerveau et Biomarqueurs – Avancées et Perspectives.

    L’objectif de cet événement réside entre autres dans le fait de découvrir les derniers progrès réalisés en termes de biomarqueurs des maladies neurodégénératives et psychiatriques.

    Vous pouvez consulter le programme complet via le lien ci-contre : Programme
    Vous pouvez vous inscrire gratuitement via le lien ci-contre : Inscription