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  • Annonce d’un diagnostic par une IA : moins de stress, moins de mémorisation, selon Heidelberg

    Des chercheurs de l’université de Heidelberg ont publié le 29 juillet 2026, dans npj Digital Medicine, une étude comparant quatre façons d’annoncer un diagnostic grave :

    • Un médecin en présentiel.
    • Un médecin en visioconférence.
    • Un agent conversationnel écrit.
    • Et un avatar parlant.

    Ces deux derniers étant présentés comme une intelligence artificielle. Les 163 volontaires sains exposés à l’« IA » ont déclaré moins de stress que ceux reçus par un médecin, et leur taux de cortisol, l’hormone du stress, a baissé plus vite. En revanche, l’agent conversationnel écrit est le format où l’information a été la moins bien mémorisée.

    Pourquoi cela compte : un agent conversationnel peut rendre un échange moins pesant sans pour autant mieux informer le patient. Pour les établissements et les éditeurs qui envisagent ces outils dans les parcours, l’enjeu est de choisir le format selon ce que le patient doit retenir, et de mesurer sa compréhension, pas seulement sa satisfaction.

    Un protocole qui mesure la perception de l’IA, pas l’IA elle-même

    L’expérience a été menée de mai à octobre 2022. Chaque participant, dans le rôle d’un patient, recevait en deux entretiens un résultat génétique fictif positif pour la maladie de Huntington, une affection neurodégénérative rare. Cette maladie pouvant être détectée des décennies avant les premiers symptômes, l’annonce reste plausible pour une personne en bonne santé. Le contenu de l’annonce était identique dans les quatre conditions.

    Dans les deux conditions « IA », aucune intelligence artificielle n’intervenait réellement. Selon la méthode dite du « magicien d’Oz », un chercheur produisait les réponses en coulisse, à partir d’un script. Ce dispositif permet d’isoler un seul facteur : la croyance d’avoir affaire à une machine. Les écarts observés reflètent donc la perception des participants, et non les performances d’un système réel. Ce point compte d’autant plus que le règlement européen sur l’IA impose, depuis le 2 août 2026, d’informer les personnes qu’elles échangent avec une IA. Les effets liés à la perception d’une IA concerneront donc tout déploiement.

    Moins de stress face à l’« IA », mais une information moins bien retenue par écrit

    Conditions humaines et « IA » regroupées, le stress déclaré atteint en moyenne 63,50 sur 100 avec un médecin, contre 52,05 avec l’« IA ». Le taux de cortisol, mesuré dans la salive à cinq reprises, diminue dans tous les groupes, mais plus nettement dans les conditions « IA ». Selon les auteurs, le participant se sentirait moins jugé face à une machine, ce qui réduirait la pression sociale de l’échange.

    Ce stress plus faible ne s’est toutefois pas traduit par une meilleure mémorisation. Aux questions fermées sur le contenu de l’annonce, les participants de la condition écrite obtiennent des scores significativement inférieurs à ceux de la visioconférence et de l’avatar. Selon les auteurs, un texte lu dans un moment chargé d’émotion solliciterait fortement la mémoire de travail, sans l’appui de la voix ou de l’image qui aide à fixer l’information.

    La visioconférence ne pénalise pas la mémorisation

    La consultation humaine en visioconférence produit un stress comparable au présentiel et obtient les meilleurs scores de mémoire visuelle, devant le présentiel et l’agent conversationnel écrit. Les auteurs notent que ce résultat contredit une étude antérieure : il invite à ne pas tenir la visioconférence pour un format dégradé par principe, sans trancher la question.

    Un argument pour répartir les rôles entre humain et IA

    Les auteurs n’en concluent pas que l’IA devrait annoncer les diagnostics. Ils estiment au contraire que son usage doit être soigneusement pesé pour les communications médicales critiques. Ils voient en revanche un intérêt à un agent conversationnel proposé après la consultation, comme relais facile d’accès pour les patients qui hésitent à recontacter leur médecin ou qui peinent à le joindre.

    Évaluer la compréhension, pas seulement l’acceptabilité

    Selon les auteurs, les technologies conversationnelles ne devraient pas être jugées sur leur seule faisabilité technique ou sur leur acceptation par les usagers, mais aussi sur leurs effets psychologiques. Le cas de l’agent conversationnel écrit le montre : un format moins stressant peut laisser le patient moins bien informé.

    Ce que cela change

    Éditeurs et HealthTech. Pour des contenus à fort enjeu, un agent conversationnel purement écrit apparaît comme le format le moins adapté. La voix, un support visuel ou un récapitulatif consultable ensuite sont des pistes à tester, avec des mesures de compréhension dès les pilotes.

    Établissements de santé. Avant tout déploiement, ils peuvent cartographier les moments de communication d’un parcours (annonce, explication, suivi, questions courantes) et décider, pour chacun, s’il relève de l’humain, de l’IA ou des deux. L’information sur l’usage de l’IA gagne à être conçue comme une étape de l’expérience patient, non comme une simple mention légale.

    Plateformes de téléconsultation. L’étude n’apporte pas d’argument contre la visioconférence pour transmettre une information importante, à condition de soigner les supports partagés à l’écran.

    Source : Mayer C. J. et al., université de Heidelberg, « Perceptions of simulated artificial intelligence in medical consultations: associations with stress, memory, and perceived credibility », npj Digital Medicine, vol. 9, art. 586 (29 juillet 2026) · fiabilité : publication évaluée par les pairs.

  • Apnées du sommeil : cinq IA grand public testées face à des patients qui minimisent leurs symptômes

    Selon une étude de simulation britannique présentée début septembre 2026 au congrès de l’European Respiratory Society (ERS) à Barcelone, des agents conversationnels grand public pourraient abonder dans le sens de patients qui minimisent leurs symptômes d’apnées obstructives du sommeil. L’équipe du Dr Deeban Ratneswaran (Guy’s & St Thomas’ NHS Foundation Trust, Londres) a testé cinq modèles sur sept vignettes cliniques. Ces outils sont de plus en plus utilisés par les particuliers pour chercher un diagnostic.

    Pourquoi cela compte : un outil qui rassure à tort peut retarder une consultation, alors que cette maladie est déjà insuffisamment diagnostiquée. Avant tout déploiement, éditeurs et acheteurs gagneraient à tester les IA face à des utilisateurs qui contestent leurs conseils.

    Tester les IA face aux patients réticents

    Les chercheurs évoquent une tendance à la flagornerie, c’est-à-dire à donner raison à l’utilisateur. Selon l’ERS, sur 700 conversations simulées, les IA orientent correctement tous les patients coopératifs, mais 64 % seulement de ceux qui minimisent leurs symptômes. Un test avec un patient docile ne révèle donc pas ce défaut. Ce constat compte car un patient réticent est justement celui qui a le plus besoin d’être orienté.

    Les particuliers utilisent déjà des agents gratuits pour obtenir des conseils. Des outils de triage conçus pour maintenir l’orientation vers le soin, et dont la robustesse serait documentée, pourraient se différencier des IA généralistes.

    Responsabilité et cadre applicable

    Les agents testés sont des outils grand public, gratuits. Savoir qui répond d’un conseil de santé erroné reste une question ouverte. Selon l’usage revendiqué, le règlement européen sur l’IA et celui sur les dispositifs médicaux pourraient s’appliquer.

    Ce que cela change

    Éditeurs et HealthTech : ajouter des scénarios de patient réticent aux tests de validation.
    Soignants : demander au patient ce que l’IA lui a répondu.

    Source : European Respiratory Society (ERS), communiqué « In a third of cases, AI chatbots wrongly reassure sleep apnoea patients their symptoms aren’t serious » (6 septembre 2026) – fiabilité : Etude scientifique.

  • Rapport GenR : la santé comme politique de puissance, pas comme ligne de dépense

    Rapport GenR : la santé comme politique de puissance, pas comme ligne de dépense

    GenR, coalition de treize cofondateurs dont cinq industriels, a présenté le 16 septembre 2026 à l’Académie nationale de médecine un rapport sur l’innovation en santé. Il décrit une chaîne rompue en quatre points, de la découverte au patient. Il propose une loi de programmation quinquennale, un pilotage depuis Matignon et un accès accéléré au SNDS.

    Pourquoi cela compte : le rapport déplace le débat du niveau de la dépense de santé vers son allocation. Ses propositions sur le SNDS et la Plateforme des données de santé visent directement les acteurs de la donnée et de l’IA. La présence de cinq industriels parmi les fondateurs donne la grille de lecture.

    Une chaîne de l’innovation « interrompue »

    La France ne manque pas d’atouts. Les entreprises de santé y représentent près de 100 000 emplois, plus de 60 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 300 sites de production et 4 milliards d’euros d’excédent commercial (mission sur la régulation des produits de santé, 2023, citée par GenR). Pour les auteurs, le défi est pourtant « de transformation, non de talent » : la chaîne qui va de la découverte au patient est rompue en quatre points.

    520 jours d’attente en moyenne pour les patients français :

    Le symbole de cette rupture est le délai d’accès. Un patient français attend en médiane 520 jours après l’autorisation européenne pour accéder à un traitement, contre 56 en Allemagne et 282 au Royaume-Uni (Sénat, 2026). Une nuance est souvent éludée : l’accès précoce, lui, fonctionne, avec un délai de 72 jours et 140 000 patients concernés (Sénat, 2026). C’est donc le droit commun qu’il faut réformer, en reconnaissant l’innovation incrémentale, organisationnelle et diagnostique, notamment via une ASMR conditionnelle (reconnaissance provisoire de l’amélioration du service médical rendu).

    La souveraineté se joue dans les essais et les données

    L’Espagne participe à près des deux tiers des nouvelles études cliniques européennes, contre environ la moitié pour la France (Sénat, 2026). Sur les 488 médicaments autorisés en Europe entre 2016 et 2021, seuls 42 sont produits en France, contre 112 en Allemagne (Rexecode, 2023). L’Asie capte désormais 63 % des essais industriels mondiaux, l’Europe 12 % (Sénat, 2026).

    Le SNDS, un trésor sous-exploité :

    Le SNDS couvre plus de 65 millions de personnes, un actif sans équivalent pour l’IA médicale. Pourtant, un chercheur français attend six mois des données que son homologue britannique obtient en six semaines (GenR). Le rapport propose trois mesures :

    • un accès accéléré au SNDS « sur le modèle de l’accès précoce » ;
    • une Plateforme des données de santé renforcée ;
    • un cadre juridique unifié, piloté par la Cnil, d’ici 18 mois.

    Face à des capacités de calcul et à des modèles largement extra-européens, il met aussi en garde contre la tentation de « confondre souveraineté et autarcie ».

    Un État stratège, piloté depuis Matignon

    GenR pense que la jeune DGRINES (Direction générale de la recherche, de l’innovation et du numérique en santé) ne peut pas arbitrer entre la santé, l’industrie et les finances et propose donc :

    • un Conseil stratégique des industries de santé (CSIS) présidé par le Premier ministre ;
    • un secrétariat général de 8 à 10 ETP, financé par redéploiement ;
    • le rattachement de la présidence du CEPS (Comité économique des produits de santé) à Matignon, par simple décret dans les cent premiers jours.

    La loi de programmation, « clé de voûte » :

    Sur le modèle de la programmation militaire, une loi quinquennale de l’innovation en santé donnerait de la visibilité à des cycles de R&D de dix à quinze ans. Elle serait adossée à un fonds souverain prolongeant France 2030. L’argument central tient en deux chiffres : la France consacre 11,5 % de son PIB à la santé (Insee, d’après l’OCDE), mais la part du médicament dans l’Ondam est passée de 11,6 % à 8,9 % entre 2010 et 2023 (Leem). Pour GenR, le problème n’est donc pas le niveau de l’effort, mais son allocation.

    Ce raisonnement appelle une lecture attentive. La coalition compte cinq industriels parmi ses treize cofondateurs. Le rapport reconnaît aussi laisser de côté la démographie médicale et l’accès aux soins de premier recours, dont dépend pourtant l’effet réel de ses propositions.

    Source : GenR, 16 septembre 2026, évènement à l’académie nationale de médecine

  • « E-santé en action » : journée pour le dépistage et le suivi des maladies chroniques (28/09/2017)

    En partenariat avec l’Agence Régionale de Santé Grand Est et la Région Grand Est, Télésanté Lorraine, groupement de coopération sanitaire, organise à l’Abbaye des Prémontrés de Pont-à-Mousson le 28 septembre une manifestation intitulée « E-santé en actions » sur les apports de la e-santé dans le repérage, le suivi et la prise en charge des maladies chroniques.

    Cette journée sera l’occasion pour les professionnels de la santé, le grand public mais également les industriels d’assister à des ateliers et des tables rondes qui donneront lieu ensuite à des échanges avec les participants.
    L’événement sera l’occasion de traiter les thématiques suivantes: téléexpertise, télémédecine, télédiagnostic au service du patient atteint de maladie chronique et mise en place pratique du répertoire opérationnel des ressources (ROR). Le grand public pourra s’informer sur l’offre de soin lors d’ateliers.

    L’offre de soins innovante, la mise en place d’avis à distance et le suivi des maladies grâce aux ressources numériques seront traités à l’occasion de tables rondes sur la thématique « E-santé et maladie chronique ».

    Programme

     

    14h : LES ATELIERS

    Trois séries d’ateliers sont organisées et les participants peuvent en sélectionner une parmi les choix  suivants :

    Série n°1

    • La télémédecine au service des patients en situation d’addiction

    • Répertoire Opérationnel des Ressources (ROR) et information grand public sur l’offre de soins : le cas des maladies chroniques

    Série n°2

    • Projet de télé-expertise Carmélia et Hotline à destination des patients atteints de Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin

    • L’activité physique adaptée (APA) à distance : une innovation sociale pour les patients atteints de maladies chroniques

    Série n°3

    • Télédiagnostic EEG et ECG : l’exemple du centre de santé de l’OHS de Lorraine

    • De nouveaux outils à l’officine pour améliorer l’observance médicamenteuse des patients

     

    16h15 : TABLES RONDES ET ÉCHANGES

    • Introduction

    Véronique Guillotin, Vice-Présidente du Conseil Régional Grand Est en charge de la Santé, de la Sécurité et du Handicap 

    • E-santé, maladies chroniques : détection et repérage

    – Repérage de l’insuffisance rénale grâce aux analyses biologiques

    – Le dépistage de la rétinopathie diabétique à distance

    • La e-santé au service d’un suivi régulier et d’une meilleure coordination autour des maladies chroniques

    – Utilisation du dossier médical informatisé « Prévenir » dans le suivi des patients insu sants réseaux chroniques

    • Programmes d’Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) et utilisation du service Ligo ETP

    – Une nouvelle forme de coordination : les PTA (plateformes territoriales d’appui) au service des maladies chroniques ?

    • E-santé, maladies chroniques, offres de soins innovantes et avis à distance

    – Téléconsultations en insuffisance rénale et télésurveillance à domicile

    – L’utilisation de la e-RCP au service des maladies chroniques

    – Transmission d’images radiologiques dans le cadre des dons d’organes : des usages lorrains au projet national »

    • Conclusion

    Christophe Lannelongue, Directeur Général de l’Agence Régionale de Santé Grand Est

    Inscription

    Date limite d’inscription: 21 septembre 2017.

    Le lien vers le formulaire d’inscription est disponible sur la 1ère page du site www.sante-lorraine.fr ou bien à l’adresse suivante.

  • « L’accès facilité à une dialyse à domicile devra encore attendre » (fédération des PSAD)

    « L’accès facilité à une dialyse à domicile, sécurisée et respectueuse du mode de vie des patients devra encore attendre», déclare la fédération des PSAD dans un communiqué daté du 7 juin 2016. Ce communiqué fait suite à la publication de l’ arrêté du 17 mai 2016 fixant la liste des régions concernées par les expérimentations tendant à améliorer le parcours de soins des personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique, les orientations nationales pour l’élaboration des cahiers des charges régionaux et la charte des professionnels (la disposition d’expérimentation régionale avait été votée en 2013 par les députés, NDLR).

    La disposition autorisait le libre choix par les patients de leurs modalités de dialyse et l’innovation technologique et organisationnelle pour le traitement des malades chroniques.

    La fédération des PSAD déplore que:
    • il n’y ait plus de mention de l’expérimentation des modalités de dispensation des dialysats par les prestataires
    • les PSAD soient tout juste autorisés à « contribuer à la mise en œuvre de la partie logistique des soins de dialyse péritonéale et l’hémodialyse à domicile dans le cadre d’un conventionnement avec une structure autorisée à la dialyse à domicile »
    • «aucun objectif de nombre et de types de projets à évaluer in fine pour les différents segments des expérimentations».

    Les prestataires se plaignent de n’avoir « jamais été officiellement consultés en trois ans » malgré la réitération de leur demande et le fait que l’Assurance maladie les ait impliqués dans son rapport Charges et Produits pour 2015.

    « Le gouvernement a même repoussé des amendements soutenant l’implication des PSAD dans le déploiement de la dialyse à domicile sous prétexte que l’expérimentation était en cours », selon la Fédération.

    Elle regrette aussi que les PSAD soient uniquement autorisés à « contribuer à la mise en œuvre de la partie logistique des soins de dialyse péritonéale et l’hémodialyse à domicile dans le cadre d’un conventionnement avec une structure autorisée à la dialyse à domicile ».

    La fédération fait savoir qu’elle compte bien continuer à travailler sur de vraies solutions de déploiement à grande échelle de dialyse à domicile, en associant les savoirs faire de chacun : néphrologues, structures hospitalières de repli, infirmiers libéraux et fabricants de technologie.

    Elle évoque également son souhait de dialogue avec les pouvoirs publics quant à la mise en place d’une réelle généralisation passant par l’instauration d’une prestation spécifique à la LPP et des dispositions législatives pour renforcer le rôle des PSAD.