Partenariat

  • NVIDIA entre au capital de Doctolib pour accélérer ses modèles d’IA en santé

    Le fabricant américain de puces NVIDIA va entrer au capital de Doctolib avec une participation minoritaire, sans siège au conseil d’administration, a annoncé son PDG, Jensen Huang, le 13 octobre 2026 à Paris. Selon Doctolib, cet apport financera des recrutements en IA et donnera accès aux experts de NVIDIA pour entraîner ses modèles en Europe. Ni le montant ni la valorisation retenue n’ont été communiqués ; la dernière valorisation connue, 3,6 milliards d’euros, a été établie en avril 2026 lors d’une cession d’actions sur le marché secondaire, contre 5,8 milliards lors de la levée de 2022.

    Documentation clinique : un usage à grande échelle, des résultats encore déclaratifs

    Selon Doctolib, son assistant de consultation aurait déjà permis de documenter plus de 12 millions de consultations. Il repose sur un modèle de reconnaissance de la parole développé en interne et spécialisé en français médical. Ce volume fait de la rédaction automatisée des comptes rendus un usage courant en médecine de ville, et non plus un pilote. L’entreprise étend cette logique à la codification, à la facturation, au secrétariat, et prépare des assistants d’aide à la décision clinique.

    Des modèles construits sur des briques ouvertes et hébergés en Europe

    Doctolib veut accélérer la construction de modèles fondés sur des modèles ouverts (open weight et open source). Elle entend spécialiser des modèles aux paramètres publics, plutôt que de dépendre des modèles fermés d’OpenAI ou d’Anthropic. Elle veut ainsi garder la main sur ses modèles et sur les données, qu’elle dit héberger en Europe sous son seul contrôle. Aux États-Unis, NVIDIA est déjà actionnaire, par son fonds NVentures depuis 2024, d’Abridge, spécialiste de la documentation clinique.

    La gouvernance des données, condition de la confiance

    L’accès de NVIDIA aux données est la question centrale, car Doctolib dispose des rendez-vous, des parcours de soins et de données saisies par les médecins. Un statut d’actionnaire minoritaire sans siège au conseil limite l’influence sur la gouvernance, mais ne fixe pas à lui seul les règles d’accès aux données. Le sujet est sensible : Doctolib a lancé en août un programme de recherche sur les données de ses 50 millions d’utilisateurs. Selon Doctolib, ce programme s’inscrit dans la méthodologie de référence MR-004 de la CNIL, qui prévoit un droit d’opposition plutôt qu’un consentement préalable.

    Un assistant patient ouvert à tous en 2027

    Doctolib prévoit de rendre accessible à tous en 2027 un assistant IA personnel, déjà utilisé par 400 000 Français, qui répond aux questions de santé et oriente dans le parcours. La plateforme privée deviendrait le premier point de contact avant le soignant. Selon ses fonctions, un tel outil pourrait relever des dispositifs médicaux ou des systèmes d’IA à haut risque du règlement européen sur l’IA, dont les obligations s’appliqueraient au 2 décembre 2027 ou au 2 août 2028.

    Source : Doctolib, communiqué de presse (13 octobre 2026) ; valorisation : Maddyness (7 avril 2026) ; programme de recherche : Le Monde (26 juillet 2026) ; Abridge : communiqué Abridge (19 mars 2024) – fiabilité : déclarative.

  • Téléradiologie : Docaposte Santé relie son RIS au réseau de 350 radiologues de Medin+

    Depuis M-RIS, le centre demandeur transmet sa demande à CONNECT’IN avec les informations nécessaires, sans ressaisie par le secrétariat, le manipulateur ou le médecin. Medin+ choisit le radiologue adapté dans son réseau. Celui-ci interprète les images à distance, et le compte rendu revient dans l’environnement de travail du centre. CONNECT’IN couvre la téléradiologie d’urgence ou programmée, la médecine nucléaire à distance et la téléophtalmologie.

    L’intégration est proposée sans surcoût ; seules des prestations d’installation restent à la charge des établissements. Docaposte Santé équipe des centres publics et privés avec M-RIS, M-PACS (archivage et diffusion des images) et M-Viewer (visualisation).

    Un réseau qui multiplie les intégrations

    Les deux partenaires justifient l’accord par la démographie tendue des radiologues, les exigences de la permanence des soins et le besoin de surspécialisation. Medin+ avait déjà conclu en 2024 un partenariat avec Milvue, éditeur d’IA en radiologie.

    Pour les plateaux d’imagerie équipés de M-RIS, le recours à la téléradiologie devient une fonction du logiciel existant plutôt qu’un projet d’interface à financer.

    Source : Docaposte Santé, communiqué (7 octobre 2026) – fiabilité : déclarative.

  • France-Allemagne : Lifen et iOMEDICO s’allient pour des études de vie réelle en oncologie

    Les deux partenaires promettent un interlocuteur unique et une méthodologie commune pour chaque projet. Les premiers projets doivent d’ailleurs être identifiés dans les prochains mois, avec une feuille de route européenne en oncologie et en hématologie.

    Le communiqué situe l’annonce dans le cadre de l’évaluation clinique commune européenne (JCA, joint clinical assessment), qui s’applique depuis janvier 2025 aux nouveaux médicaments anticancéreux. Cette procédure réunit les questions de tous les États membres, tandis que les agences nationales d’évaluation des technologies de santé (HTA) continuent d’exiger des données reflétant les pratiques de leur pays. Les projets conjoints viseront les standards de soins, les séquences de traitement, la prévalence de biomarqueurs, les bras de contrôle externes et les données après mise sur le marché.

    Registres prospectifs allemands et comptes rendus hospitaliers français

    iOMEDICO, fondée en 1996, pilote des registres prospectifs couvrant plus de 60 000 patients, alimentés par plus de 900 centres investigateurs allemands. Ces registres sont cités depuis 2012 dans près d’un quart des dossiers allemands d’évaluation du bénéfice en oncologie (procédure AMNOG), selon le communiqué. Lifen construit ses cohortes à partir des comptes rendus médicaux de près de 1 000 hôpitaux, dont son IA extrait les données cliniques, soit plus de 60 millions de documents par an. Sa méthode hybride, IA puis relecture par des experts, a été publiée dans Annals of Oncology en 2025. Avec Gustave Roussy, Lifen a lancé des cohortes nationales dans les cancers du poumon et de la prostate ; la cohorte poumon LUCC a été référencée par la HAS en septembre 2026.

    « Les essais contrôlés randomisés restent la méthode de référence, mais il est indispensable d’évaluer les traitements en vie réelle », déclare Jean-Frédéric Petit-Nivard, vice-président de Lifen Research. Pour le Dr Patrick Marschner, directeur médical d’iOMEDICO, le partenariat permet de répondre à ces questions « à l’échelle européenne, avec des données reconnues par les agences HTA ». Les deux entreprises disent vouloir étendre l’offre à d’autres pays européens. Aucun montant ni calendrier d’étude n’est communiqué.

    Source : Lifen et iOMEDICO, communiqué de presse (08/10/2026, PDF en anglais) · fiabilité : déclarative

  • Oncologie : AstraZeneca investit 2 milliards de dollars dans l’américain Summit Therapeutics

    Les termes de l’investissement

    AstraZeneca souscrit environ 108 955 actions de préférence nouvelles, convertibles en actions ordinaires à raison de 1 pour 1 000, soit un prix implicite de 18,36 dollars par action. Ce prix correspond à la moyenne pondérée des cinq séances précédentes majorée de 10 %. AstraZeneca détiendra l’équivalent d’environ 12 % du capital ordinaire, 10,6 % sur une base entièrement diluée. La clôture était attendue sous une semaine. La conversion future reste soumise aux autorisations réglementaires.

    Deux molécules, chacune gardant ses droits

    L’ivonescimab, conçu par le chinois Akeso, associe dans une même molécule le blocage de PD-1 et celui du VEGF. Summit en détient les droits dans les principaux territoires hors de Chine. Le produit est autorisé en Chine dans certains cancers du poumon non à petites cellules ; une demande d’autorisation est en cours d’examen par la FDA pour la forme avec mutation EGFR.

    Le Sone-Ve cible la protéine CLDN18.2. Les essais, financés conjointement et promus par AstraZeneca, doivent démarrer prochainement ; chaque entreprise conserve les droits sur sa molécule. Un protocole d’accord non contraignant prévoit un programme plus large associant l’ivonescimab à d’autres traitements d’AstraZeneca. Les résultats de l’essai CLARITY-Gastric01 sur le Sone-Ve doivent être présentés à l’ESMO 2026.

    Les deux communiqués ne donnent aucun calendrier de demande d’autorisation de l’ivonescimab en Europe.

    Source : AstraZeneca, communiqué (28 septembre 2026) ; Summit Therapeutics, communiqué (28 septembre 2026) – fiabilité : déclarative.

  • Biosimilaires : Sandoz et mAbxience s’allient sur un candidat émicizumab contre l’hémophilie A

    Aux termes de l’accord, mAbxience assure le développement et la production dans ses sites certifiés BPF d’Espagne et d’Argentine. Sandoz détient les droits exclusifs de commercialisation dans le monde, à l’exception de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay. Les conditions financières restent confidentielles. Le candidat est en phase précoce de développement ; aucune donnée clinique n’a été communiquée.

    Pour Sandoz, l’émicizumab est le premier médicament de l’hémophilie de son portefeuille de biosimilaires, porté à 40 actifs. Le groupe bâlois cite ses accords antérieurs avec Henlius (jusqu’à dix actifs) et Samsung Bioepis (jusqu’à cinq). Les deux entreprises indiquent que l’accord servira de base pour évaluer d’autres collaborations.

    mAbxience, détenue majoritairement par Fresenius et en partie par Insud Pharma, élargit son portefeuille aux maladies rares, après les maladies osseuses, l’oncologie et l’immunologie. Son directeur général, Jurgen Van Broeck, présente l’accord comme une reconnaissance de sa plateforme de développement et de fabrication, à l’approche de l’expiration de l’exclusivité de nombreux médicaments biologiques.

    L’hémophilie A est une maladie génétique rare due à un déficit en facteur VIII. Elle représente environ 80 % des cas d’hémophilie et plus de la moitié des patients présentent une forme sévère, selon Sandoz.

    Pour les acheteurs hospitaliers et les payeurs européens, l’arrivée d’un biosimilaire de l’émicizumab dépendra du calendrier de développement et de la protection du produit de référence, que les deux entreprises n’ont pas précisés.

    Source : Sandoz, communiqué du 18 septembre 2026 ; mAbxience, communiqué du 18 septembre 2026 (PR Newswire) – fiabilité : déclarative.