Parcours

  • Replik.care : des IA entraînées sur les travaux de spécialistes, à interroger comme un confrère

    La start-up française Replik.care propose aux professionnels de santé d’interroger, sur abonnement, des « avatars » de spécialistes reconnus : des assistants IA entraînés sur les publications, cours et conférences d’un expert, qui restituent sa façon de raisonner face à un cas. La plateforme a été lancée début septembre 2026 dans le secteur dentaire. Fondée par la Dre Solène Vo Quang, chirurgienne-stomatologue libérale à Paris, la société a présenté ce lancement dans un communiqué du 18 septembre 2026. Une vingtaine de médecins auraient déjà créé leur avatar, avec 30 spécialistes et 60 abonnés.

    @Replik.care : extrait du site web

    Un accès au raisonnement de l’expert, en amont de l’avis formel

    Le point de départ est organisationnel. Face à un cas complexe, le praticien sait souvent quel confrère il aimerait consulter, mais celui-ci n’est pas joignable, et les délais d’accès aux spécialistes allongent la prise en charge.

    La plateforme fournit une grille de raisonnement. L’avatar restitue la méthode de l’expert : les éléments qu’il examine en premier, les questions qu’il se pose, la manière dont il présente son raisonnement. Chaque réponse citerait les sources de l’expert, et l’avatar devrait signaler lorsqu’il ne dispose pas de l’information. Pour le praticien, l’intérêt serait double : structurer sa propre réflexion et formuler une demande d’avis plus précise auprès d’un confrère.

    Deux fonctions touchent directement à la coordination entre disciplines. La première est la transversalité visée : un chirurgien-dentiste pourrait obtenir l’éclairage d’un cardiologue pour un patient à risque, à l’interface entre deux spécialités où l’information circule mal. La seconde, baptisée « War Room », permet de poser la même question à plusieurs avatars.

    Le dispositif crée enfin une boucle de retour vers l’expert. Celui-ci est alerté lorsque son avatar est sollicité, consulte les questions posées et accède à celles restées sans réponse pour combler les manques.

    @Replik.care : extrait du site web (tarifs)

    L’avatar n’engage pas l’expert : la décision reste celle du praticien, et l’expert ne relit pas chaque réponse en temps réel. L’avatar s’appuie en priorité sur le corpus de l’expert, complété si besoin par d’autres sources scientifiques.

    L’accès à l’avis d’un spécialiste reste un point de blocage des parcours. En rendant le raisonnement d’un expert consultable à toute heure, Replik.care propose un appui à la réflexion du praticien.

    Source : Replik.care, communiqué de presse du 18 septembre 2026 – fiabilité : déclarative

     

  • Sommeil : un oxymètre couplé à une IA décrit la nuit à la seconde près, selon l’Inserm

    L’Inserm a présenté, le 24 septembre 2026, une étude publiée dans la revue Pulmonology, par l’équipe de Jean-Louis Pépin (chaire Sleep-IA, université Grenoble Alpes). Selon l’institut, un oxymètre placé au bout du doigt, couplé à un algorithme d’apprentissage, permettrait de décrire une nuit de sommeil « à la seconde près« , avec une performance comparable à celle de l’électroencéphalogramme.

    L’équipe grenobloise part d’un constat : l’oxymètre ne mesure pas seulement l’oxygène du sang. Il capte les variations du flux sanguin, qui diffèrent selon que l’on est éveillé, en sommeil profond ou en train de rêver. L’algorithme a été entraîné à rapprocher ce signal de l’électroencéphalogramme afin d’estimer à chaque instant la probabilité de chaque stade de sommeil.

    Un examen du sommeil réalisable à domicile, en amont du laboratoire

    Les centres du sommeil saturent et les délais s’allongent. Un examen réalisable à domicile avec un capteur courant pourrait réserver la polysomnographie (examen de référence) aux cas complexes. Au-delà du tri, c’est l’organisation du travail clinique qui serait concernée.

    • Le parcours d’abord : un enregistrement à domicile sur plusieurs nuits pourrait précéder la consultation spécialisée, qui s’appuierait sur des données déjà disponibles.
    • La répartition des tâches : la pose d’un oxymètre ne demandant pas de plateau technique, le temps des équipes spécialisées se recentrerait sur l’interprétation et les cas complexes.
    • La lecture : le médecin n’examinerait plus un tracé découpé en périodes de 30 secondes, mais un diagramme de probabilités, ce qui suppose des repères communs. L’équipe grenobloise cherche justement à établir des diagrammes types pour chaque trouble.

    La valeur se déplace du capteur vers le logiciel d’analyse

    L’oxymètre est un capteur répandu à l’hôpital. Ce n’est donc pas le matériel qui distingue cette approche, mais l’algorithme qui interprète le signal. L’apport propre des travaux grenoblois serait la « lecture à la seconde« . La méthode classique découpe la nuit en périodes de 30 secondes et attribue chacune au stade majoritaire. « Avec cette approche, on peut repérer des microévènements qui disparaissent lorsque l’on qualifie une période de 30 secondes selon l’évènement majoritaire observé », souligne Jean-Louis Pépin (praticien hospitalier, chercheur et professeur à l’université Grenoble Alpes).

    Une validation encore limitée aux patients apnéiques

    Ces résultats restent une preuve de concept. L’algorithme est « pour l’instant validé sur une cohorte principalement constituée de personnes atteintes d’apnées du sommeil ». Sa fiabilité pour d’autres troubles, comme la narcolepsie, reste donc à établir.

    Ce que cela change pour les centres du sommeil : aucune modification des parcours n’est justifiée à ce stade. Il est en revanche utile de mesurer ses délais et la part d’examens qui pourraient relever d’un premier tri à domicile, afin d’être prêt si l’outil se confirme.

    À surveiller

    Les résultats de la validation chez des sujets sains, en cours selon l’Inserm (date non précisée).
    L’extension à d’autres troubles du sommeil, annoncée comme l’étape suivante.
    L’annonce éventuelle d’un partenaire industriel ou d’une démarche de marquage CE, non mentionnée à ce jour.

    Source : communication de l’Inserm (24/09/2026), d’après M. Rusanen et coll., Pulmonology, doi : 10.1080/25310429.2026.2683326 – fiabilité : publication évaluée par les pairs, relayée par une source officielle.

  • Chirurgie : l’Académie veut recentrer 209 établissements sous 3 000 séjours par an

    Un seuil de 3 000 séjours chirurgicaux par an

    Selon le rapport, 20 % des établissements ont des volumes d’activité insuffisants, avec des équipes instables et une perte de compétences. L’Académie retient le seuil de 3 000 séjours par an et par structure proposé en juin 2021 par le Haut Conseil de la santé publique. Les 209 établissements situés en dessous devraient se spécialiser dans une seule discipline ou passer au tout ambulatoire ; à défaut, le rapport juge leur activité chirurgicale « à terme condamnée ». La méthode a été testée sur quatre départements : l’Eure, la Dordogne, la Haute-Marne et le Vaucluse.

    Registres et données en vie réelle

    Le rapport note que les CHU réalisent 15 % des actes chirurgicaux alors que 60 % des chirurgiens exercent hors CHU. Il demande que ces praticiens transmettent leurs données en vie réelle par des registres et des comptes rendus opératoires standardisés, avec des logiciels normés et une incitation financière. L’Académie y voit la condition d’une IA « de qualité et souveraine », d’une comparaison des résultats entre pairs et du suivi des résultats rapportés par les patients (PROMs).

    Le rapport n’a pas de valeur normative, les autorisations d’activité chirurgicale relèvent des agences régionales de santé.

    Source : Académie nationale de chirurgie, « La chirurgie en 2035 : constats et propositions » (rapport, juillet 2026) – fiabilité : déclarative (rapport d’une société savante).

  • Longévité : l’Institut Montaigne propose des parcours territoriaux et un financement de la coordination

    Organiser la réponse après le repérage

    L’Institut Montaigne propose un parcours en quatre étapes : prévention chez les personnes autonomes, évaluation approfondie après une alerte, plan personnalisé pour une fragilité confirmée, puis accompagnement renforcé lorsque la perte d’autonomie est installée. Médecins traitants, équipes de soins primaires, établissements de soins médicaux et de réadaptation et hôpitaux de proximité assureraient l’évaluation. Services à domicile, centres de ressources territoriaux (CRT) et établissements d’hébergement accompagneraient les personnes dont la perte d’autonomie est installée.

    Le service public départemental de l’autonomie serait renforcé comme guichet unique, sans nouvelle strate administrative. Il élaborerait avec l’agence régionale de santé un projet territorial recensant les ressources disponibles et fixant les règles d’orientation. Le suivi porterait notamment sur les délais d’évaluation après une alerte, la mise en œuvre des plans personnalisés et les hospitalisations évitables.

    Une dotation fixe, une part variable et des investissements

    Le rapport envisage une dotation fixe pour la coordination, la fonction ressource, la continuité de service et les moyens mutualisés. Une part variable dépendrait du nombre de personnes effectivement accompagnées, de leur perte d’autonomie et de l’intensité des interventions. Une enveloppe d’investissement couvrirait notamment les locaux, les transports, les équipements, la cybersécurité et l’interopérabilité numérique.

    Le déploiement passerait par des territoires pilotes, une contractualisation des financements et une évaluation indépendante. Le coût national serait calculé à partir des dépenses réellement observées. Les économies liées aux hospitalisations évitables ou au report de la perte d’autonomie resteraient à mesurer sur plusieurs années : elles ne peuvent pas financer d’emblée le lancement.

    Source : Institut Montaigne, « Longévité en santé : prévenir pour mieux vieillir », septembre 2026, p. 144–153. Fiabilité : officielle (rapport original).

  • 6 dispositifs innovants dédiés au suivi ambulatoire en oncologie disponibles en France

    « L’accélération du virage ambulatoire » est au cœur de la stratégie nationale de santé 2018-2022. Health&Tech Intelligence vous propose un panorama des applications de suivi permettant de suivre les patients atteints de cancer à domicile en pré et post-prise en charge dans les services d’oncologie. Cet indicateur détaille les caractéristiques des produits, les types de cancer auxquels ils sont dédiés et les établissements ou clients utilisateurs.

    De nombreuses start-ups et grands groupes travaillent actuellement sur le développement de tels outils mais seule une poignée sont, au 9 mai 2018, disponibles et en fonctionnement en France. H&TI a choisi de ne traiter que les applis qui sont uniquement dédiées à l’oncologie et non au suivi ambulatoire d’autres pathologies.

  • « L’accès facilité à une dialyse à domicile devra encore attendre » (fédération des PSAD)

    « L’accès facilité à une dialyse à domicile, sécurisée et respectueuse du mode de vie des patients devra encore attendre», déclare la fédération des PSAD dans un communiqué daté du 7 juin 2016. Ce communiqué fait suite à la publication de l’ arrêté du 17 mai 2016 fixant la liste des régions concernées par les expérimentations tendant à améliorer le parcours de soins des personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique, les orientations nationales pour l’élaboration des cahiers des charges régionaux et la charte des professionnels (la disposition d’expérimentation régionale avait été votée en 2013 par les députés, NDLR).

    La disposition autorisait le libre choix par les patients de leurs modalités de dialyse et l’innovation technologique et organisationnelle pour le traitement des malades chroniques.

    La fédération des PSAD déplore que:
    • il n’y ait plus de mention de l’expérimentation des modalités de dispensation des dialysats par les prestataires
    • les PSAD soient tout juste autorisés à « contribuer à la mise en œuvre de la partie logistique des soins de dialyse péritonéale et l’hémodialyse à domicile dans le cadre d’un conventionnement avec une structure autorisée à la dialyse à domicile »
    • «aucun objectif de nombre et de types de projets à évaluer in fine pour les différents segments des expérimentations».

    Les prestataires se plaignent de n’avoir « jamais été officiellement consultés en trois ans » malgré la réitération de leur demande et le fait que l’Assurance maladie les ait impliqués dans son rapport Charges et Produits pour 2015.

    « Le gouvernement a même repoussé des amendements soutenant l’implication des PSAD dans le déploiement de la dialyse à domicile sous prétexte que l’expérimentation était en cours », selon la Fédération.

    Elle regrette aussi que les PSAD soient uniquement autorisés à « contribuer à la mise en œuvre de la partie logistique des soins de dialyse péritonéale et l’hémodialyse à domicile dans le cadre d’un conventionnement avec une structure autorisée à la dialyse à domicile ».

    La fédération fait savoir qu’elle compte bien continuer à travailler sur de vraies solutions de déploiement à grande échelle de dialyse à domicile, en associant les savoirs faire de chacun : néphrologues, structures hospitalières de repli, infirmiers libéraux et fabricants de technologie.

    Elle évoque également son souhait de dialogue avec les pouvoirs publics quant à la mise en place d’une réelle généralisation passant par l’instauration d’une prestation spécifique à la LPP et des dispositions législatives pour renforcer le rôle des PSAD.