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  • Tiers payant : 3Pay rachète MoneyTrack pour vérifier la couverture de l’assuré avant le paiement

    La fintech lyonnaise 3Pay, qui propose une carte de paiement réservée aux dépenses de santé, a repris les actifs et les neuf salariés de MoneyTrack, spécialiste du contrôle des paiements, selon Maddyness le 16 octobre 2026. L’opération, dont le montant n’est pas communiqué, s’accompagne d’une levée de fonds de 1,5 M€, la deuxième de l’entreprise.

    Supprimer l’avance de frais

    Fondée en 2020 par Jérémy Benhaïm, 3Pay vise les paiements entre assurés, professionnels de santé et assureurs. Sa carte, adossée au réseau Mastercard, s’utilise chez les soignants équipés d’un terminal de paiement : le patient règle sa consultation ou ses soins sans avancer la part prise en charge par son assurance.

    MoneyTrack, fondée en 2018 par Christophe Doré avec le soutien de Truffle Capital, a développé une technologie qui vérifie des conditions avant qu’un paiement soit débloqué. Selon l’article, elle travaille avec quatre mutuelles, dont elle traite les données de plus de 300 000 bénéficiaires. Avec cette technologie, 3Pay veut vérifier en temps réel les garanties de l’assuré avant chaque paiement et repérer les anomalies ou actes fictifs avant tout versement.

    Au-delà de la santé

    3Pay lance Tyris, une offre destinée à l’assurance automobile et habitation, et vise l’Espagne, l’Italie, la Belgique et le Luxembourg. Les investisseurs cités sont Truffle Capital, Accurafy et Side Angels.

    Pour les complémentaires santé, le contrôle avant paiement devient un argument antifraude autant qu’un service à l’assuré.

    Source : Maddyness, article du 16 octobre 2026 – fiabilité : presse

  • Parallel rachète Methodim et étend son IA de codage au SMR, à l’HAD et à la psychiatrie

    Parallel, fondée en 2025 par Paul Lafforgue et Chris Rydahl, a d’abord automatisé le codage en MCO (médecine, chirurgie, obstétrique), directement dans les logiciels hospitaliers. Elle avait levé 20 M€ en mars 2026 et équipé le DIM du CHRU de Tours en septembre. Avec Methodim, elle couvre aussi les soins médicaux et de réadaptation (SMR), l’hospitalisation à domicile (HAD) et la psychiatrie, dont les règles de codage diffèrent. La récente réforme du financement des SMR a modifié la façon dont ces séjours sont codés et payés.

    Methodim a été fondée en 2017 par Florence Perret, médecin DIM (département d’information médicale, service chargé du codage), et Jean-Christophe Pellevoizin, ancien directeur des systèmes d’information. Elle n’a jamais levé de fonds. Son équipe rejoint Parallel.

    Deux produits annoncés

    PRODIM reste disponible pour les clients actuels. Les deux équipes préparent un outil d’optimisation du codage SMR fondé sur l’IA générative et un assistant destiné aux équipes DIM et aux directions pour analyser et piloter l’activité. Aucun calendrier n’est donné. « Derrière chaque séjour codé, il y a un patient et un parcours de soins qui doivent être décrits fidèlement », déclare Paul Lafforgue, cofondateur et directeur général de Parallel, pour qui les médecins DIM pourront se concentrer sur l’expertise médicale et l’accompagnement des équipes soignantes.

    Pour les DIM hors MCO, l’IA de codage arrive par un outil qu’une partie d’entre eux utilise déjà.

    Source : Parallel, communication du 19 octobre 2026 – fiabilité : déclarative

  • Wandercraft rachète l’américain Ekso Bionics, pionnier des exosquelettes de rééducation

    Le nouvel ensemble réunit quatre exosquelettes. Atalante X (Wandercraft) et EksoNR (Ekso) équipent des centres de rééducation ; Eve (Wandercraft) et Indego Personal (Ekso) visent l’usage personnel. Les deux premiers sont utilisés dans plus de 700 centres dans le monde et disposent d’autorisations de la FDA et du marquage CE pour les suites d’AVC, les lésions de la moelle épinière, la sclérose en plaques et les lésions cérébrales acquises. Wandercraft indique vouloir maintenir les quatre produits.

    Une tête de pont aux États-Unis

    L’acquisition suit de près l’autorisation par la FDA, en août, d’Eve, exosquelette auto-équilibré qui se passe de béquilles, commercialisé aux États-Unis depuis la mi-septembre. Medicare rembourse les exosquelettes personnels éligibles au titre des orthèses, sous le code HCPCS K1007, précise le communiqué. Wandercraft a ouvert un centre de rééducation à New York, où des patients s’entraînent déjà sur ses appareils.

    Scott Davis, directeur général d’Ekso Bionics, met en avant « deux décennies » de recherche et de preuves cliniques. Matthieu Masselin, PDG et cofondateur de Wandercraft, dit vouloir réunir « nos produits, nos équipes et nos relations cliniques des deux côtés de l’Atlantique ». Wandercraft figurait parmi les cinq levées de fonds de 2025 retenues par HTI. Le communiqué ne détaille ni l’intégration des équipes ni le devenir du site de San Rafael.

    Source : Wandercraft, communiqué (01/10/2026) · fiabilité : déclarative ; Clubic (02/10/2026) · presse

  • Resilience Care rachète le berlinois Recovery Cat, utilisé dans près de 20 hôpitaux et cabinets

    Le 24 septembre 2026, Resilience Care, spécialiste français de la télésurveillance médicale en oncologie, gastroentérologie et psychiatrie, a racheté la jeune entreprise berlinoise Recovery Cat.

    Issue de travaux menés à la Charité – Universitätsmedizin Berlin, sa plateforme de suivi psychiatrique est utilisée dans près de 20 hôpitaux et cabinets. Ce que l’opération apporte de nouveau à Resilience : un contrat avec la Techniker Krankenkasse, caisse de 12,5 millions d’assurés, qui rend l’outil gratuit pour les assurés entrant dans le parcours et permet de rémunérer les soignants participants.

    Un contrat de caisse finance le parcours, la voie DiGA finance l’application

    En Allemagne, la voie la plus connue pour faire rembourser une application de santé est celle des DiGA, les applications de santé numérique délivrées sur ordonnance. Les caisses publiques leur ont consacré 42 millions d’euros en 2025 pour les troubles psychiques, soit près d’un quart de leurs dépenses DiGA. Recovery Cat suit un autre circuit : son accord avec TK rémunère un parcours auquel participent des soignants. La différence compte pour la télésurveillance, dont le modèle repose sur le temps que les équipes passent à examiner les données des patients. TK range ce dispositif parmi ses contrats de soins intégrés.

    Le suivi n’a d’effet que si le circuit d’alerte est organisé

    La plateforme permet au patient de renseigner symptômes, effets secondaires et ressources personnelles, puis d’en examiner l’évolution avec ses soignants. Repérer un signe de dégradation ne suffit pas : il faut qu’une personne soit chargée d’y répondre. C’est pourquoi le parcours présenté par TK prévoit un premier échange avec une structure participante, la définition d’objectifs thérapeutiques et d’un plan de crise, puis des rendez-vous réguliers. Ce suivi suppose aussi de définir qui reçoit les informations, à quelle fréquence elles sont examinées et quelle équipe intervient en cas de crise.

    Les périmètres cliniques des deux solutions ne se recouvrent pas entièrement

    La solution psychiatrique de Resilience, Edra PRO, sert au suivi d’adultes traités pour un épisode dépressif ou maniaque, hors situations d’urgence. Le périmètre de Recovery Cat est plus large : schizophrénie, manie, troubles bipolaires, dépressions modérées ou sévères et certains troubles de la personnalité et du comportement. Une migration vers un outil unique devrait préciser le parcours proposé aux patients suivis pour ces autres troubles, et garantir aux soignants la continuité des données cliniques et des pratiques de suivi.

    Source : Resilience Care, communiqué de presse, (24/09/2026) – fiabilité : déclarative

  • Telix annonce le rachat d’ITM pour 1,65 milliard de dollars

    Telix a annoncé le 21 septembre 2026 un accord pour acquérir 100 % des actions d’ITM Isotope Technologies Munich SE (ITM), producteur de radio-isotopes et développeur de produits radiopharmaceutiques.

    Le prix initial est de 1,65 milliard de dollars américains, dont environ 1,25 milliard versé en actions Telix ; un complément pouvant atteindre 700 millions de dollars dépendra de l’approbation et des ventes du candidat ITM-11. L’opération réunirait dans un même groupe la production d’isotopes et le développement de traitements, avec une finalisation prévue d’ici la fin de l’exercice 2026.

    Selon le communiqué, ITM fournit le lutétium-177 de traitements déjà commercialisés, dont les fabricants deviendraient des concurrents de sa maison mère.

    La consolidation du secteur s’étend à la production d’isotopes

    La fusion place le groupe « à l’avant-garde de la consolidation qui accompagne la maturation du secteur » (Christian Behrenbruch, directeur général de Telix).

    La cible est d’abord un industriel de l’isotope, c’est-à-dire de l’élément radioactif qui entre dans la composition des traitements. Cette activité a généré 273 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2025, avec une croissance annuelle moyenne de 40 % entre 2021 et 2025.

    Lilly a racheté Point Biopharma pour 1,4 milliard de dollars, AstraZeneca a acquis Fusion pour 2,4 milliards et Bristol Myers Squibb a repris RayzeBio pour 4,1 milliards, selon Fierce Pharma. Dans ces trois cas, un grand laboratoire entrait dans le secteur en achetant une société qui développe des traitements. Ici, un spécialiste achète son fournisseur pour maîtriser la chaîne, de l’isotope au médicament. Selon le communiqué, l’activité d’ITM serait « rentable et génératrice de trésorerie », et elle « sécuriserait les isotopes » nécessaires au portefeuille de traitements de Telix.

    Un fournisseur de lutétium-177 intégré à un développeur de traitements

    ITM approvisionne des laboratoires tiers. Parmi eux figure Novartis, pour son traitement Pluvicto, en vertu d’un contrat conclu en 2020. Après la fusion, ces clients achèteraient leur matière première à la filiale d’un concurrent. Pour le moment, aucune modification des contrats n’a été mentionnée. La situation soulève toutefois trois questions pratiques : la priorité d’allocation si les volumes se tendent, l’évolution des prix et la durée des engagements.

    ITM-11 : une phase 3 achevée, une autorisation américaine à obtenir

    Selon le communiqué, ITM-11, candidat contre les tumeurs neuroendocrines gastro-entéro-pancréatiques, a achevé un essai de phase 3 (COMPETE). L’analyse intermédiaire d’un second essai (COMPOSE) est attendue au premier semestre 2027. Le 7 août 2026, la FDA a indiqué à ITM ne pas pouvoir approuver le dossier en l’état. D’après ITM, les réserves porteraient sur la fabrication, les contrôles et un site de production tiers, et non sur les données cliniques.

    Source : Telix Pharmaceuticals et ITM Isotope Technologies Munich SE, communiqué (21 septembre 2026) · fiabilité : déclarative.

  • IQVIA rachète l’exploitant pharmaceutique Intsel Chimos

    L’Autorité de la concurrence a validé le rachat intégral d’Intsel Chimos par IQVIA Holdings, formalisé par un accord de cession d’actions. La filiale française d’IQVIA a finalisé l’acquisition fin juillet. Youssef Saker, qui pilotait déjà les opérations stratégiques et les fusions-acquisitions au comité exécutif d’IQVIA France, a été nommé directeur général d’Intsel Chimos, comme il l’a annoncé sur LinkedIn la semaine dernière.

    Le mouvement de marché

    IQVIA n’achète pas un fournisseur de données ou un prestataire d’essais cliniques, ses deux métiers historiques, mais un statut réglementaire. Intsel Chimos est un exploitant pharmaceutique au sens du code de la santé publique : il porte juridiquement la responsabilité de la pharmacovigilance, de la distribution et de la mise à disposition de plus de 80 médicaments, notamment via l’accès compassionnel et l’accès précoce. Ce rachat suit de cinq mois celui d’actifs de découverte de médicaments cédés par Charles River Laboratories, en février 2026 : IQVIA construit, acquisition après acquisition, une chaîne intégrée qui va désormais de la découverte à la commercialisation.

    Ce que cela signifie

    Un prestataire de services aux laboratoires devient lui-même porteur d’autorisations de mise sur le marché. La frontière entre sous-traitant et exploitant, jusqu’ici étanche dans l’écosystème pharmaceutique français, s’efface pour un acteur mondial déjà présent sur la quasi-totalité de la chaîne de valeur du médicament.

    Qui gagne, qui perd

    IQVIA gagne une capacité qu’il ne pouvait auparavant proposer qu’en s’appuyant sur des exploitants tiers, un guichet unique pour les laboratoires étrangers, biotechs américaines ou asiatiques notamment, souhaitant introduire un traitement innovant en France sans y créer de filiale. Ces mêmes biotechs, clientes potentielles, gagnent un raccourci d’accès au marché français. À l’inverse, les exploitants indépendants et les sociétés de commercialisation spécialisées perdent un partenaire neutre et risquent de voir IQVIA les concurrencer directement. Intsel Chimos, enfin, perd son indépendance : cet acteur français de niche, positionné sur les maladies rares et l’impasse thérapeutique, rejoint un groupe coté aux États-Unis.

    Ce que cela change en Europe

    L’opération, sous le seuil de compétence de l’Union européenne, a été traitée au niveau strictement national. Elle n’en dessine pas moins une tendance transposable ailleurs en Europe : les grands prestataires de recherche clinique, sous pression sur leurs marges historiques, cherchent à sécuriser des positions réglementaires locales plutôt que de rester de simples sous-traitants. Si le mouvement se confirme, des concurrents d’IQVIA pourraient être tentés de répliquer ce modèle dans d’autres pays européens, redessinant la carte des exploitants pharmaceutiques nationaux.

    Pourquoi cela compte : c’est la preuve qu’un acteur de la donnée et des essais cliniques peut désormais porter, seul, l’accès au marché d’un médicament jusqu’au patient. Pour les établissements et les décideurs publics, cela signale une concentration croissante, sur un segment sensible, entre celui qui identifie les patients par la donnée et celui qui leur délivre le traitement.

    Source : Autorité de la concurrence, décision n° 26-DCC-141 (juillet 2026) · fiabilité : officielle.