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  • Cnam : une transformation numérique « bien engagée » mais à « amplifier » (Cour des comptes)

    « La transformation numérique de la relation de service des caisses de sécurité sociale avec les assurés est bien engagée mais n’a pas bouleversé leurs rapports habituels avec ces derniers. » C’est ce qu’affirme la Cour des Comptes dans son rapport annuel sur « l’application des lois de financement de la Sécurité sociale », publié le 8 octobre 2019. Après une enquête réalisée auprès des caisses nationales et de 9 caisses locales, la haute juridiction relève que les démarches en ligne « demeurent souvent lourdes et complexes » et que les gains d’efficience liés au numérique sont souvent « limités aux fonctions d’accueil ». Elle demande d’engager « une stratégie plus active » afin d’exploiter « l’ensemble des potentialités du numérique ».
     
    La Cour des Comptes demande aux caisses de simplifier les démarches des assurés :
    • « en généralisant les formalités réalisables sur leurs espaces personnels des sites Caf.fr, Ameli.fr et Lassuranceretraite.fr » ;
    • « en proposant des téléservices communs aux branches pour déclarer les événements de la vie (grossesse, naissance, séparation, départ à la retraite, perte d’un conjoint) ;
    • en développant les téléservices utilisant France Connect, « par lequel les assurés autorisent le recueil et l’utilisation de leurs données individuelles auprès des administrations qui en sont à l’origine ».

    La Cour recommande de fixer aux branches du régime général de Sécurité sociale « des objectifs nouveaux ou plus ambitieux de qualité du service rendu aux assurés », en matière notamment :
    • de « qualité des réponses apportées aux appels téléphoniques et aux courriels »;
    • de « développement d’échanges à distance sur rendez-vous » ;
    • d’ « accompagnement à l’utilisation des outils numériques de la sphère sociale » (ministère chargé de la Sécurité sociale, caisses nationales) ;

    Des avancées indéniables

    Le Cour des comptes salue dans son rapport la « place croissante des téléservices » dans l’offre des caisses du régime général, qui couvrent déjà « la demande de prestations, la simulation de droits, la gestion du dossier de l’assure, le suivi des démarches engagées et la messagerie ». Elle souligne que « fin 2018, on dénombrait près de 29,6 millions de comptes personnels Ameli contre 20 millions fin 2015 » et que « la très forte croissance des connexions a fait du compte personnel numérique le premier mode d’entrée en contact des assurés avec leur caisse ».

    La Cour constate que « les effectifs affectés aux fonctions d’accueil ont notablement diminué dans les trois branches », sous l’effet du développement des téléservices et de la réduction des flux de visites et d’appels téléphoniques, « non seulement en valeur absolue, mais aussi en part relative de leurs effectifs globaux, eux-mêmes en réduction ». La Cnam estime les gains potentiels résultant du développement des téléservices « assurés » a environ 200 ETP (équivalents temps plein) sur la période couverte par la COG (Convention d’objectifs et de gestion) 2018-2022, pour les services suivants : commande de la carte Vitale, délivrance d’une attestation de droit et d’un relevé d’indemnités journalières, et transmission d’une déclaration de ressources.

    Des progrès supplémentaires attendus de MaSanté 2022

    L’offre de téléservices reste cependant « incomplète » selon la Cour : cette dernière regrette que l’offre de service en santé accessible via le compte Ameli soit « encore limitée a la prévention et a des conseils en santé individualisés » mais rappelle qu’elle est appelée à s’enrichir substantiellement dans les années a venir, avec la création de l’ESN (espace numérique de santé personnel) par la loi santé du 24 juillet 2019.

    Il est notamment relevé dans le rapport que dans les 3 branches, « le suivi en ligne des dossiers en cours ne leur permet pas de connaître précisément l’état d’avancement de l’instruction » car l’ancienneté des applications de gestion des prestations « rend difficile la remontée d’informations ».

    Des effets de substitution moindres que prévu

    « L’usage des téléservices progresse à un rythme rapide mais la forte croissance des contacts suggère que les téléservices se sont pour partie juxtaposés plutôt que substitués aux modes traditionnels de contact, commente la Cour des Comptes. Les caisses ne sont pas encore parvenues a orienter les assurés vers les téléservices pour toutes les opérations simples. Si les CPAM disposent d’un système d’information de gestion de la relation-client « intégrant la quasi-totalité des canaux de contacts et un référentiel des motifs de contacts commun aux différents canaux », elles «exploitent encore insuffisamment les potentialités de cet outil », note la haute juridiction.

    La Cour constate que les modes de contact traditionnels (courriers papier, visites aux accueils et appels téléphoniques) « restent très utilisés » même s’ils ont reflué : alors que les feuilles de soins sont actuellement télétransmises à 95 %, les caisses ont reçu en 2018 51,2 millions de feuilles de soins papier (10,5 millions de moins que deux ans plus tôt). Parallèlement, « le téléphone reste le mode de contact préféré pour l’Assurance maladie » et « les visites en accueil sont fréquentes en cas d’enjeu financier », est-il noté dans le rapport.

    La juridiction relève enfin que « la télétransmission des données n’implique pas nécessairement un raccourcissement de leurs délais de traitement, ainsi « le délai pour attribuer la CMU-C est d’environ un mois, que la demande soit adressée par courrier ou télédéclarée ». Elle précise que « dans de nombreux cas », c’est « l’existence de multiples opérations manuelles de traitement des données » qui « explique la longueur de ces délais ».

  • La SFTéléméd et FormaticSanté deviennent la SFSD et lancent l’Université de la médecine digitale

    « La Société française de télémédecine (SFTéléméd) et FormaticSanté ont décidé de joindre leurs forces pour créer la Société française de santé digitale (SFSD), présidée par le Pr Nathalie Salles », chef de pôle de gérontologie clinique au CHU de Bordeaux et jusqu’alors présidente de la SFTéléméd. C’est ce qu’indique l’organisation dans un communiqué publié le 8 octobre 2019 à l’issue de son assemblée générale. La SFSD est présentée comme « l’organisme légitime de la conception et de la diffusion des leviers permettant d’accélérer le virage numérique en santé en France » et se donne pour objectif de « promouvoir un usage humaniste et responsable de la télémédecine dans tous ses champs » (« téléconsultation, télé-expertise et télésurveillance aujourd’hui, télésoin demain »).

    La SFSD annonce par ailleurs le lancement de l’Université de la médecine digitale (UMD), qui a pour vocation d’offrir dès 2020 « une offre complète » de formation aux professionnels médicaux, paramédicaux, pharmaceutiques et aux usagers, grâce à une équipe pédagogique pluriprofessionnelle (santé et « hors santé »). L’UMD aura pour mission :
    • d’accompagner les nouvelles pratiques professionnelles ;
    • d’éclairer les citoyens sur l’intérêt lié la mise en place de la télémédecine et du télésoin ;
    • de préparer le système à l’installation de l’intelligence artificielle dans les pratiques quotidiennes.

    Par « la mobilisation et la formation des acteurs par des experts du domaine », l’organisation ambitionne d’accompagner le « développement extrêmement rapide » de la e-santé, qui va selon elle de pair avec « une hétérogénéité des connaissances et des pratiques chez les professionnels », et « une absence de repères pour les patients ». Elle souhaite ainsi remédier à « la difficulté pour chacun de percevoir les enjeux, les opportunités et les dangers des différents projets e-santé en France ».

  • Médipolis Nouvelle-Aquitaine : la chirurgie du futur, l’IoT, l’IA et la 3D au programme (4-8/11/19)

    Une journée sur la thématique « Pour la chirurgie du futur » (4 novembre) est organisée au cours de l’événement Médipolis Nouvelle-Aquitaine, une semaine dédiée à la santé pour laquelle se sont mobilisés 7 structures de la Région, dont Bordeaux Métropole et le Conseil régional. Dans ce cadre, 2 300 participants, 110 intervenants et 100 exposants sont attendus du 4 au 8 novembre 2019 à Bordeaux, avec au total 1 000 rendez-vous prévus.

    À noter également du côté de la e-santé les journées suivantes :

    • « Regards croisés sur l’innovation en santé » (le 5 novembre) : avec notamment une keynote sur les données de santé en vie réelle par Bernard Begaud, professeur de pharmacologie à l’université de Bordeaux et membre de l’unité de recherche Inserm U657 « Pharmaco-épidémiologie et évaluation de l’impact des produits de santé sur les populations » ;

    • « La grande jonction, les technologies de la e-santé au service des entreprises » (le 6 novembre) : parmi les sujets abordés figurent la santé mobile et les objets connectée, l’intelligence artificielle, la biotech, l’impression 3D et la robotique en santé ainsi que la télémédecine à l’ère de la 5G.

    Des rencontres, des conférences scientifiques et des tables rondes ainsi que des rendez-vous d’affaires et des regards croisés sur l’innovation rythmeront cette semaine.

    Les inscriptions doivent être réalisées par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

    Programme

    Lundi 4 novembre : « Pour la chirurgie du futur – des dispositifs médicaux innovants au service du bloc opératoire »

    Le Centre technique des industries mécaniques (Cetim) et la Fédération des industries mécaniques (FIM), en partenariat avec le Snitem, l’Agence de développement et d’innovation (ADI) Nouvelle-Aquitaine et le Réseau du dispositif médical en Nouvelle-Aquitaine (RDM-NA), organisent une rencontre/démonstration/débat avec les acteurs régionaux du dispositif médical, autour des dernières innovations produit/process au service des usages du bloc opératoire de demain.

    Les intervenants du Cetim et les industriels régionaux parties prenantes de la filière échangeront notamment sur la fonctionnalisation des matériaux et surfaces, le contrôle produit/process, la chaîne numérique de la conception à la fabrication du dispositif…

    Pour la médecine du futur :

    • Anticiper les évolutions numériques, technologiques et réglementaires ;
    • Combiner chaînes physique et numérique au service du patient : planification de l’intervention, implants personnalisés, assistance aux gestes et ancillaires instrumentés.

    Le tout avec les technologies associées de la société Steris, qui accueille l’événement. Elle mettra à disposition son bloc opératoire de démonstration pour exposer les dispositifs médicaux régionaux.

    6 entreprises régionaux y exposeront leur produits : 

    • ​B. Braun Médical ;
    • Selenium Medical ;
    • Ehtrace ;
    • I.Ceram ;
    • inheart ;
    • SimForHealth ;
    • Steris.

    Déroulé de la journée :

    • 13h30-14h15 Accueil
    • 13h30-14h00 Accueil café dans le showroom
    • 14h00-14h15 Accueil des participants
      • Daniel Rigoudy, directeur général, Steris France
      • Suzanne Poitou, chargée de mission santé – dispositif médicaux ADI
      • Michel Mousset, responsable territorial au Cetim
    • 14h15-14h45 Enjeux de la filière médicale associés à l’industrie du futur
      • Panorama des évolutions dans la filière médicale pour conjuguer les enjeux sociétaux (besoins et usages), économiques (maîtrise des coûts), professionnels (pratiques / risques), techniques (personnalisées, optimisées)…
      • Défis de la chirurgie du futur étroitement liés au manufacturing :
      • Approche Produit-Process de l’usine du futur au service des usages de la salle d’opération du futur : environnement d’un bloc (mobilier, éclairage…) et conditions opératoires (matériel d’intervention, dispositifs médicaux…)

    Avec Saadia Berrada, présidente du Réseau du dispositif médical en Nouvelle-Aquitaine (RDM-NA) et Florent Surugue, directeur PME, ETI & Développement Economique du Snitem

    • 15h40-16h00 Intervention d’entreprises du secteur des dispositifs médicaux
      • B. Braun Medical
      • Ehtrace
      • I.Ceram
      • inHeart
      • Selenium Medical
      • SimForHealth
      • SterisS
    • 14h45-15h40 L’évolution des dispositifs médicaux implantables et ancillaires associés
      • Intégration de la chaîne de valeur en partant du chirurgien et de son équipe (usages) en associant les concepteurs et fabricants de matériels médicochirurgicaux (Manufacturing).
      • Nouveaux procédés (Fabrication Contrôle) et fonctionnalisation des matériaux et surfaces (propreté, principes actifs, …) en répondant aux exigences attendues (biocompatibilité, personnalisation, durabilité, …).
      • Maîtrise des processus, de la conception à la production avec caractérisation des performances pour la mise sur le marché, tout en intégrant la réglementation.

    Avec Arnaud Germaneau, enseignant-chercheur à l’Institut Pprime ; Marilys Blanchy, chef de projets R&D à Rescoll ; Clément Muhle, président d’Addidream ; Bruno Davier, chargé de la filière dispositifs médicaux au Cetim et Maximilien Chollet, responsable du laboratoire de biomécanique au Cetim.

    • 16h00-16h45 Convergence entre le physique et le numérique au bloc (« phygital »)

    Développement de la chaîne numérique associée aux processus de conception et d’industrialisation jusqu’à l’exploitation au bloc (capteurs, monitoring, …) sur les phases d’intervention : diagnostic, planification, assistance aux gestes, surveillance et précision…

    Solutions pour évoluer vers le bloc opératoire 4.0 : IIOT, Robotique Collaborative, Réalité Virtuelle et Réalité Augmentée, afin de garantir les objectifs : navigation, traçabilité, …

    Avec Sylvie Muraz, directrice France Healthcare, Steris ; Renan Fontaine, chef de produits marketing, Steris et Sébastien Salas, directeur du programme Cap’tronic.

    • 16h45-17h00 Conclusion
      • Françoise Jeanson, conseillère régionale – déléguée santé et silver économie
    • 17h00-19h00 Visite du showroom et cocktail

    Exposition des dispositifs médicaux de fabricants régionaux pour le déploiement du « Bloc du futur » et possibilité de visiter le process industrielde l’entreprise STERIS (sur demande et sous réserve d’acceptation)

    • B. Braun Medical
    • Ehtrace
    • I.Ceram
    • inHeart
    • Selenium Medical
    • SimForHealth
    • STERIS

    Mardi 5 novembre : « Regards croisés sur l’innovation en santé – une journée dédiée à la filière santé et à ses acteurs »

    Une session concernera la structuration de la filière et la création du cluster ALLIS-NA. 

    Le programme détaillé de cette journée est accessible via ce lien.

    Mercredi 6 novembre : « La grande jonction – les technologies de l’e-santé au service des entreprises »

    Le programme détaillé de cette journée est accessible via ce lien

    Mercredi 6 novembre : « Rencontres du réseau BIPSA Bio-Imagerie Photonique et Santé en Nouvelle-Aquitaine »

    Le programme détaillé de cette journée est accessible via ce lien.

    Mercredi 6 novembre : « Convention d’affaires – les rendez-vous B2B de la santé en Nouvelle-Aquitaine

    Le programme détaillé de cette journée est accessible via ce lien. 

    Du jeudi 7 au vendredi 8 novembre : Journées des infirmiers de Nouvelle-Aquitaine »

    Le programme détaillé de ces journées est accessible via ce lien.

  • La DGOS lance un nouvel AAP sur la convergence des SI des GHT (14 M€) – deadline le 18/11/19

    La DGOS lance un appel à projets (AAP) pour « soutenir la traduction opérationnelle » de la convergence des systèmes d’information (SI) des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Dans une instruction datée du 6 septembre 2019 sont définis la répartition de l’enveloppe de 14 millions d’euros (2019-2020) entre les différentes régions, les thématiques éligibles, les montants forfaitaires pour chaque thématique, le calendrier de mise en œuvre de l’AAP et les modalités de gestion par les agences régionales de santé (ARS). Cette instruction est publiée en complément des mesures prises dans le cadre du programme Hop’en, précise la DGOS.

    Sont éligibles à l’accompagnement financier national 2019-2020 les opérations de convergence des SI hospitaliers suivantes :
    • la mise en place d’une équipe commune chargée des SI du GHT (thématique n°1) ;
    • l’outillage des fonctions support mises en commun au sein du GHT (thématique n°2) ;
    • la mise en place d’un socle technologique commun (thématique n°3).

    Le barème forfaitaire national par thématique est détaillé en annexe 1 de l’instruction.

    L’enveloppe sera déléguée en 2 temps : « 50 % dès 2019 de délégation des financements « aides à la contractualisation » et les sommes complémentaires lors des circulaires budgétaires de délégation des financements « aides à la contractualisation » (…), au regard de l’avancement des projets accompagnés. Les sommes non consommées pourront être réallouées à d’autres régions », est-il expliqué dans l’instruction.

    Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 18 novembre 2019. Les GHT peuvent répondre à l’appel en ligne (modalités précisées dans l’instruction). Les notifications seront adressées aux GHT le 2 décembre. Si leur candidature est retenue, « la première partie des financements (50 %) leur sera allouée dans les jours qui suivront, avant la fin de l’année », indique la DGOS.

    Des projets de convergence des SI des GHT sont menés depuis 2016

    Des projets de convergence des SI des établissements appartenant au groupement sont menés depuis 2016 dans le cadre de la mise en place des GHT.

    Pour rappel, le programme Hop’en succède au programme « Hôpital numérique », qui a dédié 400 millions d’euros à la modernisation des systèmes d’information hospitaliers (SIH) de 2012 à 2017.

    Ce programme est doté d’une enveloppe de 420 millions d’euros dans le cadre du grand plan d’investissement (GPI), notamment pour accélérer la transformation numérique des établissements de santé publics et privés. Pour les établissements publics, ces financements peuvent être alloués à un groupement hospitalier de territoire (GHT) ou à une partie des établissements (un ou plusieurs) du groupement.

    Une 1er AAP lancé en 2017 pour accompagner la mise en œuvre opérationnelle des projets médico-soignants partagés des GHT

    Fin 2017, la DGOS avait lancé un premier appel à projets (AAP) pour accompagner la mise en œuvre opérationnelle des projets médico-soignants partagés des GHT.

    Doté de 25 millions d’euros, il était réparti en 16 thématiques, dont 4 portaient sur les SI des GHT.

    Un appel à projet géré par chaque ARS

    Le présent AAP est géré par les ARS. Chacun d’entre elles dispose d’une enveloppe régionale disponible jusqu’à fin 2019 pour l’amorçage et fin 2020 pour l’usage. Cette enveloppe est calculée en fonction du volume d’activité des établissements publics de santé parties aux différents GHT (annexe 2).

    Chaque ARS « est chargée d’instruire les candidatures reçues et de sélectionner les projets qui seront accompagnés dans le respect des critères d’éligibilité, des conditions de financements présentées et selon ses propres procédures », indique la DGOS.

    Lors du processus de sélection, chaque ARS devra associer et informer les représentants locaux des établissements éligibles. Chaque agence est également chargée d’assurer le suivi des projets et de valider le paiement des tranches supplémentaires pour que les sommes afférentes puissent être déléguées, est-il précisé.

    La DGOS assure de son côté le suivi des délégations financières et le calendrier global de l’AAP. Elle est est ainsi responsable :

    • de la mise à disposition d’une plateforme permettant le dépôt et le suivi des dossiers ;
    • de la consolidation des éléments remontés par les ARS ;
    • du suivi du respect des enveloppes régionales par les ARS.

    Une enveloppe déléguée en 2 temps

    • Pour chaque projet (un même GHT peut être accompagné au titre de plusieurs projets), un financement d’amorçage est attribué dès la sélection du projet : ce premier financement forfaitaire s’élève à 50 % des sommes totales.
    • Les sommes restantes seront attribuées à mesure que les GHT concernés présenteront les éléments de preuve de l’atteinte de paliers définis. Ce sont les ARS qui définissent les modalités de suivi des projets et de vérification de l’atteinte des paliers en question.

    Modalités de candidature

    Les candidatures peuvent être envoyées jusqu’au 18 novembre 2019. Chaque GHT doit candidater auprès de l’ARS de laquelle relève son établissement support.

    Chaque GHT peut candidater pour plusieurs projets :

    • il peut s’agir de plusieurs projets relevant de la même thématique : par exemple, un GHT qui souhaite mettre en place à la fois un réseau de téléphonie commun mais aussi homogénéiser ses référentiels et nomenclatures, peut déposer 2 projets au titre de la thématique n° 1 ;
    • il peut s’agir de plusieurs projets correspondant à différentes thématiques.

    Le nombre de projets auxquels candidate chaque GHT, n’est pas limité.

    Critères d’éligibilité :

    Pour candidater, les GHT doivent remplir les critères d’éligibilité suivants et les justifier dans leur dossier de candidature sur l’outil de dépôt et/ou sur l’observatoire des systèmes d’information de santé (oSIS) selon les conditions :

    • le projet médical partagé et le projet de soins partagé ont été approuvés (la décision d’approbation des avenants concernés, par l’ARS concernée, peut par exemple être jointe au dossier) ou, à défaut, ont été transmis à l’ARS et fait l’objet d’un premier dialogue de gestion ;
    • le DSI de GHT est nommé (la décision de nomination de ce responsable peut par exemple être jointe au dossier) ;
    • l’ensemble des indicateurs des 3 onglets de la convergence GHT doivent être remplis sur oSIS ;
    • le schéma directeur des systèmes d’information du GHT a été validé, conforme aux objectifs du projet médical partagé.
      • Ce schéma directeur doit reprendre a minima les éléments de la fiche pratique 2 du guide méthodologique « Stratégie, optimisation et gestion commune d’un système d’information convergent d’un GHT » et présente en annexe 4 (cette fiche présente les éléments suivants : introduction au SDSI, état des lieux des différents SI, objectifs, le système d’information cible, les projets du schéma directeur, évaluation, pilotage du système d’information) et doit être déposé par l’établissement support sur l’oSIS dans l’espace dédié.

    « Chaque ARS peut définir, au regard de ces critères et d’éléments complémentaires définis régionalement en cohérence avec la politique nationale du numérique en santé, un cadre de candidature plus précis (notamment quant au contenu du dossier de candidature) », note la DGOS.

    Candidater :

    Les dossiers de candidatures doivent être déposés sur l’espace de candidature en ligne disponible pour sa région sur le site démarches-simplifiées (voir annexe 5). « Afin de pouvoir accéder à cet espace et remplir le formulaire de candidature, chaque GHT doit désigner le référent du projet qui pourra demander la création d’un compte usager directement sur le site », est-il indiqué.

    Les éléments complémentaires régionaux et les modalités de sélection des projets formalisés doivent être transmises par chaque ARS au bureau PF5 de la DGOS (dgos-si-ght@sante.gouv.fr) pour adaptation du formulaire de candidature à la région concernée.

    Modalités de sélection :

    Lors du processus de sélection, les ARS devront prêter une attention particulière :

    • à la robustesse et au réalisme des projets déposés ;
    • à la soutenabilité du projet, au terme de son financement par le présent dispositif (au regard notamment des dépenses pérennes et récurrentes induites) ;
    • à l’articulation avec d’autres modalités de financement ou d’accompagnement déjà octroyées ou envisagées, notamment du précédent appel à projet GHT.
  • AAP Grand Ouest « études sur données massives » : 4 projets (CHU d’Angers/Nantes/Rennes) lauréats

    4 initiatives portées par 3 CHU (2 d’Angers, 1 de Nantes et 1 de Rennes) remportent l’appel à projets (AAP) du Girci Grand Ouest sur « l’exploitation multicentrique des gisements de données cliniques » produites au sein des établissements du GCS  Hugo (Hôpitaux universitaire du Grand Ouest). L’objectif de l’AAP, ouvert le 10 septembre 2019 et doté d’une enveloppe de 600 000 euros, est de lancer les premières études menées par les investigateurs médicaux du Grand Ouest à partir des données de l’entrepôt interrégional de données de santé Hugo, précise le Girci dans un communiqué daté du 1er octobre.

    Les 4 lauréats sélectionnés sont les suivants :
    • le Pr Jérôme Boursier, du service d’Hépato-Gastroentérologie du CHU d’Angers, : pour le projet TATOoINE portant sur « l’impact et la prédiction des complications hépatiques dans la maladie dysmétabolique » ;
    • le Pr Cédric Annweiler, du service de gériatrie du CHU d’Angers : pour l’étude Vivaldi qui vise à connaître « le nombre de patients hospitalisés atteints d’une carence en vitamine C et les facteurs qui accompagnent cette carence » ;
    • le Dr Matthieu Wargny, du service d’endocrinologie, maladies métaboliques et nutrition du CHU de Nantes, : pour le projet Gavroche qui a pour objectif d’évaluer « l’intérêt pronostique de la variabilité glycémique à la phase aiguë de l’insuffisance cardiaque ».
    • le Dr Marie de Tayrac, du service de génétique moléculaire et génomique du CHU de Rennes, pour le projet Hugo-RD qui porte sur « un diagnostic innovant des maladies rares à partir des comptes rendus des consultations de génétique clinique ».

    Ces 4 projets de recherche s’appuieront sur l’expertise et les services des centres de données cliniques (CDC) et leur réseau (Ri-CDC). Tous impliquent l’ensemble des CHU du GCS HUGO (Angers, Brest, Nantes, Rennes et Tours), et pour l’un d’entre eux l’Institut de cancérologie du Grand Ouest.

    Les 4 projets sélectionnés en détail :

    TATOoINE – « l’impact et la prédiction des complications hépatiques dans la maladie dysmétabolique » :

    • Pr Jérôme Boursier, du service d’Hépato-Gastroentérologie du CHU d’Angers.

    Ce projet vise « le développement d’équations de risque individuel » hépatique sur modèle de celles utilisées en pratique clinique pour prédire le risque cardiovasculaire, grâce à la possibilité d’interroger les données de grandes populations de patients.  L’objectif est de « mieux cibler le sous-groupe de patients dans lequel des procédures de dépistage pourront être envisagées ».  

    Vivaldi – étude qui vise à connaitre « le nombre de patients hospitalisés atteints d’une carence en vitamine C et les facteurs qui accompagnent cette carence :

    • Pr Cédric Annweiler, du service de gériatrie du CHU d’Angers.

    « Étudier l’hypovitaminose D au sein de l’ensemble des patients adultes hospitalisés dans HUGO » pourrait « favoriser la prise de conscience par les cliniciens et les décideurs de santé de la fréquence et de la gravité de cette carence facilement évitable » et améliorer sa prise en charge, surtout en cas de « confirmation à grande échelle de l’existence d’un lien entre l’hypovitaminose D et la prolongation des durées d’hospitalisation et/ou le risque de décès intra-hospitalier », est-il précisé (communiqué). 

    Gavroche – pour évaluer « l’intérêt pronostique de la variabilité glycémique à la phase aiguë de l’insuffisance cardiaque » :

    • Dr Matthieu Wargny, du service d’endocrinologie, maladies métaboliques et nutrition du CHU de Nantes.

    « Si l’étude est négative pour tout ou partie, les résultats permettront une rationalisation de la mesure de la glycémie[, qui] ne sera nécessaire qu’à l’admission tout au plus », est-il explique. A contrario, si l’étude confirme l’hypothèse et « permet de confirmer le caractère péjoratif de la variabilité glycémique », alors la mesure de la glycémie sera utilisée avec un objectif clair d’évaluation pronostique.  

    Hugo-RD – « un diagnostic innovant des maladies rares à partir des comptes rendus des consultations de génétique clinique » :

    • Dr Marie de Tayrac, du service de génétique moléculaire et génomique du CHU de Rennes.

    Le projet propose « un système de structuration, d’intégration et d’exploitation des données issues des consultations de génétique » : comptes rendus, phénotypes, ontologie, pour « faciliter et améliorer le diagnostic génétique des maladies mendéliennes rares », « définir les contours d’une future plateforme FMG2025 » et « positionner le Grand Ouest sur cette thématique » .  

  • Conseil du numérique en santé : deuxième réunion le 20 février 2020

    Le Conseil du numérique en santé (CNS) se réunira pour la deuxième fois le 20 février 2020 à Paris. Au cours de cette session seront notamment présentées les propositions des 4 groupes de travail qui vont être constitués au cours du mois d’octobre 2019 sur les domaines suivants : formation, fracture numérique, évaluation, développement économique en France et à l’international des entreprises françaises.

    Dans le cadre de ces groupes, l’Asip Santé appelle les acteurs à candidater en tant que pilotes ou contributeurs. Les candidatures peuvent être adressées jusqu’au 18 octobre 2019 à Pascale Sauvage, directrice adjointe de l’Agence (pascale.sauvage@sante.gouv.fr).

    Les inscriptions pour assister à cette deuxième réunion seront prochainement ouvertes.

    Instauré le 25 avril 2019 par la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn à l’occasion du lancement de la feuille de route « Accélérer le virage numérique », le CNS est un organisme de concertation sur la transformation numérique du secteur. Il s’agit plus précisément d’une « relance » de l’ancien Conseil stratégique du numérique en santé (CSNS), qui avait été créé dans le cadre de la stratégie « e-santé 2020 » présentée par l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine. Le CSNS n’avait plus organisé de réunion depuis octobre 2017. Il est prévu que le nouveau CNS se réunisse une fois par semestre.

    Pour rappel, la première réunion du conseil avait eu lieu en juin 2019.

  • Santé au travail : le Sénat prône le recours à la télémédecine et au DMP

    « Le potentiel d’innovation en santé au travail [est] considérable[, notamment] en matière de modalités du suivi médical, en recourant à des techniques innovantes comme la télémédecine. » C’est ce qu’affirment les sénateurs Stéphane Artano (RDSE, St-Pierre-et-Miquelon) et Pascale Gruny (Les Républicains, Aisne), dans leur rapport d’information « Pour un service universel de santé au travail », présenté le 3 octobre 2019 au nom de la commission des Affaires sociales du Sénat.

    • La proposition n°29 prévoit d’ « autoriser l’accès, partiel ou total, du médecin du travail au DMP sous réserve du consentement explicite du travailleur » afin de « poursuivre le renforcement de la collaboration entre la médecine du travail et la médecine de ville ». Les rapporteurs relèvent que l’article 51 de la loi Santé du 24 juillet 2019, s’il « met fin à l’interdiction absolue d’accès de la médecine du travail au DMP », « n’autorise pour l’heure le médecin du travail qu’à verser dans le DMP des documents, comme par exemple des fiches d’exposition ». Les sénateurs estiment qu’«une meilleure compréhension par les médecins du travail du parcours de soins et des traitements des personnes souffrant de maladies chroniques », notamment les patients atteints de cancer, leur permettra d’« anticiper les aménagements nécessaires au maintien en emploi des personnes concernées ».   

    • La proposition n° 30 envisage d’« autoriser, avec le consentement du patient, des téléconsultations entre le médecin du travail et le médecin traitant » également avec l’objectif que « les éventuelles contraintes du parcours de soins du patient soient prises en compte dans l’aménagement de ses conditions de travail ». Stéphane Artano a justifié cette disposition lors de l’examen en commission du rapport en estimant que « la politique de santé au travail doit devenir une politique de santé publique ». Le sénateur René-Paul Savary (Les Républicains, Marne), médecin de profession, a estimé en commission que « les salariés pourraient d’ores et déjà obtenir un diagnostic via des cabines connectées », une innovation au point aujourd’hui qui permettrait selon lui de « distinguer les salariés qui ont véritablement besoin d’un suivi au sein d’un SST (Service de santé au travail) des autres » et de « répondre au moins en partie aux difficultés d’embauche des médecins du travail ». La rapporteure Pascale Gruny a souligné dans sa réponse qu’en médecine du travail, « c’est bien la connaissance de l’entreprise qui prime ». 

    • Pour mettre en œuvre ces innovations, la proposition n° 9 du rapport lance l’idée d’« instituer un dispositif d’expérimentations en santé au travail […] analogue aux expérimentations de l’article 51 de la LFSS pour 2018 », financé par une enveloppe dédiée au sein du FNPAT (Fonds national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles ) et une partie des crédits du programme 111 de la mission « Travail et emploi ». « Une évaluation de chaque expérimentation » permettrait, au sein d’un conseil stratégique des innovations en santé au travail placé auprès de l’ANST (Agence nationale de santé au travail), d’«examiner l’opportunité de sa généralisation au niveau national ou à d’autres régions » et, le cas échéant, « les modifications réglementaires qui s’imposeraient ».

  • Les entreprises de la télémédecine (LET) invitent à co-construire le futur de la téléconsultation

    L’association LET (Les entreprises de la télémédecine) invite à co-contruire avec la Cnam et le gouvernement le futur de la téléconsultation. Selon François Lescure (président de MédecinDirect) et le Dr. Alexandre Maisonneuve (directeur médical de Qare), co-fondateurs de l’association, il existe un décalage entre les textes de loi (avenant n°6) et la pratique sur le terrain, également avec les pratiques à l’étranger.

    Dans le cadre d’une matinale organisée fin septembre 2019 par Techtomed sur le bilan de la téléconsultation, 1 an après son entrée dans le droit commun, François Lescure et le Dr. Alexandre Maisonneuve ont présenté un état des lieux du marché, en témoignant de leur expérience en tant qu’industriels et en partageant leur opinion sur l’évolution de la pratique.

    Le Dr. Alexandre Maisonneuve décrit notamment l’avenant n°1, « assez restrictif » selon lui, comme une version n°1 du déploiement de la téléconsulation. Il perçoit par ailleurs des associations possibles entre les groupements de pharmacies et les sociétés de téléconsultation par le biais de l’avenant n°15.

    Environ 60 000 téléconsultations ont été remboursées par l’Assurance maladie entre septembre 2018 et septembre 2019 ; on dénombre par ailleurs environ 500 000 actes non remboursés parmi les 450 millions d’actes annuels, rappellent les 2 fondateurs de LET, précisant qu’il existe actuellement une vingtaine d’acteurs sur ce marché, avec des modèles économiques différents : BtoBtoC (une mutuelle fait l’intermédiaire entre le médecin et le patient tel que MédecinDirect) ; BtoC (sans intermédiaire, comme Qare ou Livi).

    Un moyen de désengorger les urgences et de réaliser des économiques

    Selon le Dr Alexandre Maisonneuve (Qare), les médecins se disent prêts pour la téléconsultation : ils y consacrent actuellement une consultation sur 4 (25 %) ; dans le futur, ils devraient y consacrer 1 consultation sur 2 (50 %), estime-t-il.

    François Lescure (MédecinDirect) souligne de son côté que 15 à 20 % des patients seraient allés aux urgences s’ils n’avaient pas téléconsulté. Au vu du coût d’une consultation (en moyenne 190 € au total), des économies substantielles sont déjà réalisées pour le système de santé afin notamment de désengorger les urgences, avance-t-il.

    La difficulté de faire changer les mentalités

    Le Dr Alexandre Maisonneuve revient sur le cadre initial de la téléconsultation mis en place par la Cnam et les syndicats de médecins. Au début, l’acte avait pour but de desservir les zones sous-denses pour les personnes âgées de plus de 75 ans. Le directeur médical de Qare soulève un décalage avec la réalité puisque cette cible « est peu digitalisée », souligne-t-il.

    Initialement, il y a également eu des craintes d’explosion des téléconsultations sur le nombre d’actes à rembourser, d’une forme d’uberisation de l’acte, avec l’arrivée potentielle d’acteurs étrangers et, enfin, de voir cette pratique remplacer la médecine classique. Le Dr Alexandre Maisonneuve souligne la difficulté de faire changer les mentalités ; les syndicats sont encore aujourd’hui très réticents à ce type d’évolution.

    L’avenant n°6 : une « version 1 » de la téléconsultation car assez restrictif

    Actuellement, l’avenant n°6 prévoit, pour que la consultation soit remboursée, que le médecin doit avoir vu le patient dans les 12 derniers mois, ce qui induit une notion de connaissance préalable du dossier médical de la personne. Cette situation est rare et parfois la téléconsultation se fait dans des déserts médicaux, où les patients n’ont plus de médecin traitant.

    L’avenant n°6 interdit actuellement l’usage du téléphone et du chat. L’usage est donc restrictif. Le Dr Alexandre Maisonneuve évoque cet avenant comme « une version n°1 » de la téléconsultation.

    Vers des associations entre les groupements de pharmacie et les sociétés de téléconsultation ?

    Par ailleurs, l’avenant n°15 va permettre aux pharmaciens de réaliser des téléconsultations, un acte très attendu par les patients et la profession. Le directeur médical de Qare entrevoit dans ce cadre des associations entre les groupements de pharmacie et les sociétés de téléconsultation.

    « Les régions expriment un besoin de territorialité »

    François Lescure ajoute que « les régions expriment un besoin de territorialité », notamment avec la création de CPTS.

    Le Dr Alexandre Maisonneuve complète en indiquant que ces structures faciliteront l’information et la mise en réseau. Les CPTS vont organiser la téléconsultation grâce à la mise en commun des disponibilités et des agendas entre professionnels de santé pour un meilleur accès aux soins. Nicolas Revel, directeur général de la Cnam, se dit favorable à ce déploiement.

  • La T2A a redirigé des actes chirurgicaux du privé vers le public sans en créer davantage (Insee)

    La tarification à l’activité (T2A) a redirigé des séjours chirurgicaux des cliniques privées vers les hôpitaux publics sans augmenter l’activité totale. C’est ce qui ressort d’une étude menée par l’Insee, publiée le 2 octobre 2019 dans le n°47 de la revue Insee Analyses. L’Institut précise que la T2A « aurait bénéficié aux patients en permettant d’améliorer l’attractivité des hôpitaux publics », ajoutant cependant que cette amélioration « aurait entraîné une augmentation substantielle de l’effort des établissements en direction de leurs patients, pouvant occasionner des coûts financiers ou non financiers ».

    La tarification à l’activité (T2A) a été introduite de manière graduelle entre 2004 et 2008 dans les établissements de soins publics ; « elle était déjà en vigueur dans les cliniques privées », rappellent les auteurs de l’étude. Une augmentation de l’activité de 8,6 % est observée entre 2005 et 2008 dans les établissements concernés par la réforme. Cependant, « il reste à savoir si cette hausse a résulté d’une augmentation de l’activité globale du secteur ou si l’activité a été redirigée des cliniques privées vers les hôpitaux publics », contextualise l’Insee. Les résultats de l’enquête menée par l’institut penchent en faveur de la deuxième option.

    Cette étude sur la T2A se concentre sur la chirurgie entre 2005 et 2008, « une période qui permet une évaluation de la réforme », note l’Insee. « Elle simule la situation qui aurait prévalu en 2005 si les incitations tarifaires liées à la T2A avaient été intégralement mises en place afin de pouvoir la comparer à la situation observée et d’en inférer l’impact causal de la T2A, explique l’institut. La reconstitution de cette situation contrefactuelle nécessite en particulier de neutraliser les évolutions, observables ou non, inhérentes à la patientèle et à l’offre de soins. »

    Constat : hausse de l’activité chirurgicale de 8,6 % dans les hôpitaux publics (2005-2008)

    • « Déployée progressivement entre 2004 et 2008, la réforme relative à la tarification à l’activité (T2A) a assis les budgets des hôpitaux publics directement sur leur activité, indiquent les auteurs de l’étude. Cette période permet d’évaluer la réforme, le mode de financement du secteur privé étant resté par ailleurs globalement inchangé ».
    • La répartition des capacités en chirurgie entre hôpitaux publics et cliniques privées est stable sur la période.
    • Entre 2004 et 2008, l’activité a augmenté graduellement dans les hôpitaux publics, et davantage dans les zones où ils sont confrontés à une concurrence importante des cliniques privées*.
    • « Sur le champ de l’étude, l’activité a ainsi augmenté de 8,6 % dans les hôpitaux publics, tout en diminuant de 0,7 % dans les cliniques privées », synthétise l’Insee.

    L’objectif de ces travaux était de déterminer dans quelle mesure ces évolutions de l’activité chirurgicale étaient imputables à la mise en place de la T2A.

    Évolution de l’activité chirurgicale entre 2005 et 2008

    Impact de la T2A sur l’activité : une redirection des patients, sans augmentation de l’activité totale

    « La comparaison entre la situation contrefactuelle, dans laquelle les incitations tarifaires liées à la T2A auraient été intégralement mises en place, et la situation observée en 2005, dans laquelle ces incitations n’étaient que partiellement mises en place, conduit à la conclusion suivante », notent les auteurs des travaux :

    • la T2A a redirigé les actes existants des cliniques privées vers les hôpitaux publics  ;
    • les incitations tarifaires générées par la T2A s’accompagnent d’un transfert de patients entre les secteurs sans variation du volume global d’activité.

    Impact de la T2A sur l’activité :

    « Des effets opposés sur les patients et sur les hôpitaux »

    L’amélioration de l’attractivité des établissements de soins, notamment des hôpitaux publics mais aussi des cliniques privées en concurrence avec les précédents, « aurait bénéficié aux patients », observe l’Insee.

    L’augmentation de la qualité perçue est exprimée en un gain équivalent de temps de trajet entre domicile et hôpital. « Tout se passe comme si la distance domicile-hôpital, à service égal, avait été réduite », expliquent les auteurs de l’étude, indiquant par exemple qu’en orthopédie, ce gain de temps équivalent aurait été d’au moins 2,6 % dans la moitié des communes de résidence. 

    Impact de la T2A sur les patients : comparaison avec la situation contrefactuelle :

    « En revanche, si l’effet direct de la T2A sur les recettes totales des établissements a pu être limité par l’évolution concomitante de la part fixe (celle-ci diminuant chaque année entre 2005 et 2008 de manière à compenser approximativement les ressources supplémentaires générées par l’activité), la T2A a entraîné une hausse substantielle de l’effort de ces établissements en direction de leurs patients, pouvant occasionner des coûts financiers ou non financiers », ajoute l’Insee.

    Cet effort supplémentaire peut être estimé, en moyenne annuelle sur la période 2005-2008, entre 4,4 % et 9,1 % des revenus d’activité d’une année pleine.

    Impact de la T2A sur les hôpitaux : comparaison avec la situation contrefactuelle

    Limites de l’étude : un champ restreint à la chirurgie, pas de conclusion sur les effets à long terme

    • Le champ est restreint à la chirurgie, « ce qui permet de raisonner à structure de marché constante », commente l’Insee.
      • Ce n’est pas le cas en obstétrique notamment : les cliniques privées se sont retirées en partie de cette activité parce qu’elle est devenue moins rentable ;
      • de plus, un mouvement amorcé dans les années 1970 pour rendre l’accouchement plus sûr a entraîné la fermeture de nombreuses petites maternités, appartenant souvent au secteur privé.
    • L’étude n’établit par de conclusion sur les effets de long terme de la T2A : elle est centrée sur les effets de court à moyen terme.
    • Les coûts des établissements de soins ne sont pas observés.
    • L’étude ne comporte pas de préconisation normative.
  • Dreem : les projets de Harvard/MIT et des universités de Californie et d’Ottawa remportent l’AAP

    3 projets – 2 portés par des universités américaines et 1 par une université canadienne – remportent le premier appel à projets (AAP) mondial lancé par Dreem, une société française qui développe un bandeau visant à lutter contre les troubles du sommeil. Les lauréats ont été dévoilés à l’occasion du World Sleep Congress, qui se déroulait du 20 au 25 septembre 2019 à Vancouver (Canada).

    « L’objectif de notre initiative est d’accompagner des projets de recherche qui seraient impossible de mener sans un appareil de mesure du sommeil tel que Dreem. Nous permettons ainsi à des chercheurs d’utiliser notre solution pour réaliser des études à grande échelle qui seraient impossibles avec la PSG (polysomnographie) », explique Eden Debellemanière membre de l’équipe de recherche de Dreem, dans un communiqué publié le 1er octobre.

    Les 3 lauréats sont les suivants :

    • Jerome Siegel, de l’université de Californie à Los Angeles (États-Unis) : recevra 20 bandeaux pour son projet sur les déterminants environnementaux du sommeil humain, une étude sur les chasseurs-cueilleurs de San, Hadza et Tsimane ;
    • Rebecca Robillard, de l’université d’Ottawa (Canada) : recevra 40 bandeaux pour son projet sur la surveillance multisystémique des patients insomniaques et la potentialisation des oscillations lentes durant le sommeil chez ces patients ;
    • Richa Saxena, Joyita Dutta et Dimitrios Pantazis, de la faculté de médecine de Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (États-Unis) : recevront 20 bandeaux pour le développement de biomarqueurs basés sur le sommeil pour le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer.

    Dreem propose ses bandeaux à 3 autres projets (UK et USA)

    « Compte tenu du nombre considérable de candidatures de grande qualité, Dreem a également attribué des bandeaux à trois autres projets particulièrement prometteurs », indique la société.

    Ces projets sont les suivants :  

    • Katherine Sharkey et ses collaborateurs de l’Alpert Medical School of Brown University et de la Brown University School for Public Health (États-Unis) : recevront 15 bandeaux pour leur travail sur l’étude longitudinale du sommeil des femmes pendant la grossesse et le post-partum ;
    • Elizabeth Coulthard et ses collaborateurs de l’université de Bristol (Royaume-Uni) : recevront 10 bandeaux pour leurs travaux sur la compréhension du sommeil, des rythmes circadiens et de la dopamine dans les maladies neurodégénératives ;
    • Zanna Voysey, Alpar Lazar et Roger Barker de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) : recevront 5 bandeaux pour leur travail pilote sur les enregistrements longitudinaux et l’amélioration du sommeil chez les patients atteints de la maladie de Huntington.

    Des candidatures de « grande qualité »

    L’ensemble des candidatures de l’appel ont été examinées par le comité scientifique de Dreem, qui s’est basé sur des critères de sélection comme la justification et l’importance du projet, l’innovation, l’approche, l’environnement scientifiques et la chronologie.

    La « grande qualité » des dossiers a rendu complexe la décision finale, commente Raphaël Heinzer, membre du jury et directeur du Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil de Lausanne.

    Troubles du sommeil : Dreem souhaite devenir « le leader mondial »

    L’objectif de Dreem est de fournir « un accompagnement efficace » aux patients souffrant de trouble du sommeil ainsi qu’aux prestataires de soins suivant ces personnes, explique la société (communiqué), ajoutant que « sa mission est de devenir le leader mondial du dépistage, du diagnostic et du traitement des troubles du sommeil ».

    60 millions $ (55 M€) recueillis

    Depuis sa création en 2014, Dreem a levé 60 millions de dollars US (environ 55 M€) auprès de divers investisseurs, dont Johnson & Johnson. L’entreprise emploie actuellement 90 personnes réparties entre New York, Paris et Taipei (Taïwan).