Health & Tech Intelligence revient cette semaine sur l’actualité de l’été 2018. Aujourd’hui, retrouvez les informations de l’innovation en santé dans les domaines « acteurs » et « écosystème ».
L’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) a publié le 27 juillet 2018 un guide présentant « un cadre commun de mise en œuvre » des dispositifs de e-santé pour le télésuivi des patients sous anticancéreux oraux (lien ci-contre).
Le document se base sur sept retours d’expériences de centres hospitaliers et de centres de lutte contre le cancer (CLCC) ayant intégré de tels outils, analysés par un groupe de travail pluridisciplinaire dans l’optique de mieux comprendre « en quoi et comment le virage numérique peut faciliter la prise en charge coordonnée de [ces patients] ».
« La (…) publication s’attache (…) à identifier les freins et les leviers de réussite pour déployer des dispositifs de e-santé », précise l’Anap.
L’agence constate une « éclosion d’initiatives innovantes » reposant sur des dispositifs de e-santé, tels que des plateformes web et des jeux éducatifs, visant à connecter patients et professionnels de santé et assurer le suivi à distance des traitements. Cependant, elle note que le développement de ces outils pose diverses questions au niveau organisationnel, du pilotage et de la conduite de projets mais aussi technique et territorial.
Une analyse des dispositifs de télésuivi déjà mis en place
Parmi les retours d’expérience analysés par l’Anap figurent celui :
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du Centre Jean Bernard du Mans, qui a mis en place l’application Moovcare (Sivan Innovation) ;
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du Centre hospitalier privé de l’Europe (Port-Marly, Yvelines) : serious game ChimiOrale ;
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du CLCC Léon-Bérard à Lyon : portail patients MyCLB ;
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de l’Institut Paoli-Calmettes à Marseille et de l’Institut Sainte-Catherine à Avignon : pilulier connecté Thess.
Pour chacun des programmes de télésuivi, l’Anap détaille dans sa publication les enseignements identifiés au niveau organisationnel et technique, du pilotage et de la conduite du projet, et présente une évaluation des outils de e-santé déployés.
Elle estime que la mise en place de tels dispositifs pour le suivi des patients sous anticancéreux oraux « doit impérativement conjuguer deux volets indissociables » : la performance technique du dispositif et la coordination des acteurs.
Un modèle organisationnel comme cible à atteindre
L’Anap propose un « modèle organisationnel cible », à atteindre en vue de faciliter la circulation de l’information entre les patients et les professionnels de santé ville-hôpital, indiquant que le télésuivi doit s’inscrire « dans la complémentarité des recommandations professionnelles d’une prise en charge standard », qui comprend une primo-consultation longue par l’oncologue ou l’hématologue, une consultation infirmière et une consultation pharmaceutique.
Le modèle organisationnel de l’agence présente l’articulation entre les composantes du parcours de soins du patient et les fonctions attendues de l’outil de e-santé. Parmi ces fonctions, elle cite :
- le reporting des symptômes et des effets indésirables par les patients ;
- la possibilité de poser des questions et de recevoir des commentaires personnalisés sur la gestion des symptômes ;
- l’accès à des fiches d’information sur les médicaments ;
- la possibilité de recevoir des précisions sur la conduite à adopter en cas d’oubli du médicament ;
- l’accès à des sites d’information référencés et validés ;
- l’enregistrement des données de suivi du traitement et le stockage des informations du dossier patient ;
- l’accès à un plan de traitement personnalisé ;
- une option de rappel de prise du médicament ;
- l’accès au calendrier des rendez-vous médicaux et à l’annuaire des professionnels de santé à contacter.
Faciliter le suivi des patients grâce à un algorithme d’aide à la décision
Côté professionnels de santé, l’Anap indique que le dispositif de e-santé à pour but de « faciliter le [suivi] par les équipes soignantes à l’aide d’un algorithme d’aide à la décision validé [qui] doit permettre une gradation de la réponse au patient selon le grade de toxicité de sa thérapie orale ».
Les professionnels de santé libéraux (médecins traitants, infirmiers libéraux, pharmaciens d’officine) doivent aussi avoir accès à des fiches d’information sur les anticancéreux oraux, à des protocoles de conduite à tenir en cas d’effets indésirables, aux coordonnées des équipes hospitalières et à un système de reporting vers les soignants hospitaliers.