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  • Généralisation de la e-prescription : les pharmacies britanniques noyées sous le papier

    Un mois après la généralisation des prescriptions électroniques au Royaume-Uni, la quantité de papier à gérer par les pharmaciens d’officine explose.

    C’est ce que révèle The Pharmaceutical Journal, journal officiel de la Royal Pharmaceutical Society, dans un article* daté du 6 décembre 2019 intitulé « Paperless NHS ignores community pharmacy » (« Le NHS sans papier ignore la pharmacie d’officine »). La Royal Pharmaceutical Society est l’organisme responsable du leadership et du soutien de la profession de pharmacien en Angleterre, en Écosse et au Pays de Galles.

    Pour expliquer cette forte recrudescence paradoxale du support papier à l’officine, The Pharmaceutical Journal pointe en particulier :
    • des financements insuffisants menant le National Health Service (NHS) à délaisser l’officine ;
    • un déplacement de la masse de papier qui pesait sur les prescripteurs et en premier lieu sur les médecins généralistes vers les pharmaciens d’officine ;
    • une application insuffisante de certaines exemptions permettant aux établissements de santé de dispenser les pharmaciens d’imprimer certains documents.

    Une volonté de réduire la dépendance au papier à 78 millions de livres (91 M€)

    La volonté de réduire la dépendance au papier au sein du NHS s’est exprimée le 1er novembre 2019 par un certain nombre de mesures censées généraliser le recours à la prescription électronique d’ici 2024. Selon Matthew Hancock, secrétaire britannique à la Santé, ce passage à la e-prescription devait, en réduisant le recours à « des prescriptions papier archaïques », :

    • améliorer les soins ;
    • permettre aux patients de gagner du temps ;
    • faciliter le travail des professionnels de la santé ;
    • promouvoir un exercice coordonné entre les différentes spécialités à l’hôpital et en ville.

    Le tout afin de réduire de 50 % les erreurs médicamenteuses potentiellement mortelles.

    Pour réaliser ce passage à la prescription électronique, 78 millions de livres sterling (soit 91,2 millions d’euros) ont été débloqués. Selon The Pharmaceutical Journal, ce montant n’est pas approprié : pour réduire la quantité de papier que l’intégralité des professionnels de santé ont à gérer au quotidien, il aurait fallu un financement plus important et mieux réparti entre les différents corps de métier de l’écosystème de la santé.

    Déplacement du papier des prescripteurs vers les dispensateurs

    En effet, si les mesures permises par le NHS pour inciter les professionnels de la santé à passer à la prescription électronique ont conduit à une diminution de la quantité de papier à gérer par les médecins, elles ont mené à une forte augmentation de la masse de papier produite à l’officine.

    « C’est que plus de 6000 cabinets de médecine générale pouvant télécharger des ordonnances par voie numérique, la médecine générale est la spécialité qui émet le plus de prescriptions électronique », indique le journal de la Royal Pharmaceutical Society. Les hôpitaux et les cabinets de spécialistes de ville abandonnant également progressivement leurs blocs d’ordonnances, la quantité de papier à gérer par les prescripteurs en général semble effectivement s’être effondrée au cours du mois de novembre 2019.

    Cependant, la prescription électronique n’a fait que transférer la charge de papier – et son coût – qui pesait sur les prescripteurs vers les dispensateurs de produits de santé tels que les pharmaciens d’officine. « Car là où les prescriptions papier étaient autrefois imprimées, signées et remises au patient par le médecin généraliste, les QR codes support des prescriptions électroniques sont désormais transmis numériquement au pharmacien qui doit souvent imprimer seul les prescriptions correspondant à ces QR codes », explique The Pharmaceutical Journal : le fardeau du papier, jadis partagé entre les médecins et les pharmaciens, est aujourd’hui seulement porté par les pharmaciens.

    Mauvaise application des exemptions d’impression prévues par les réglementations

    Afin de diminuer la quantité de prescriptions électroniques à imprimer par les pharmaciens, une liste d’exemptions a été publiée par le NHS dès février 2019. Cependant, ces exemptions sont rarement appliquées « dans un soucis de préserver a sécurité des patients dans le processus de vérification des traitements », précise le journal de la Royal Pharmaceutical Society.

    Des expérimentations intéressantes en pharmacie

    Afin de trouver des façons de réduire fardeau du papier qui augmente alors que la e-prescription est de plus en plus adoptée par les prescripteurs, plusieurs pharmaciens lancent dans leur officine quelques expérimentations.

    En particulier, 2 pharmacies du Nord de l’Angleterre « testent actuellement l’utilisation des iPads pour accéder aux dossiers de soins des patients », note The Pharmaceutical Journal et, à terme, visualiser directement sur tablette le contenu des prescriptions électroniques des patients.

    Malgré ces quelques initiatives bienvenues qui montrent le désir des pharmaciens de digitaliser également leurs services, le journal conclut que « l’avenir sans papier du NHS n’est pas prêt d’être réalisé ».  « Malgré les discussions du gouvernement sur un NHS sans papier remontant à 2013, le NHS Digital semble ne pas encore avoir de plans pour une pharmacie libérée du papier », ajoute-t-il.

  • AO Cnam : évaluation de l’expérimentation art. 51 « paiement à l’épisode de soins » en chirurgie

    La Cnam lance un appel d’offres (AO) avec pour objet « la mise en œuvre de l’évaluation de projets dans le cadre de l’innovation en santé (article 51 LFSS) ». Il concerne l’évaluation de l’expérimentation « paiement à l’épisode de soins sur des prises en charge chirurgicales ».

    Cette expérimentation vise à proposer un montant forfaitaire pour rémunérer un ensemble d’acteurs mobilisés au cours d’une même prise en charge, à la différence du paiement à l’acte ou à l’activité qui prévaut dans le droit commun.

    La consultation est passée par AO en application des articles R2161-2 à R2161-5 du Code de la commande publique. Le marché est conclu pour une durée de 5 ans à compter de sa date de notification.

    La date limite de réception des offres est fixée au 28 janvier 2020 à 16 heures. Les réponses doivent être transmises sur le site Achatpublic.com, accessible via ce lien.

    Objectifs de l’évaluation de l’expérimentation

    Selon l’appel d’offres, l’évaluation doit permettre de déterminer si l’expérimentation répond aux grands objectifs qui lui ont été assignés. Il s’agira ainsi :

    • de vérifier la faisabilité technique et opérationnelle du modèle de paiement forfaitaire constitué ;
    • d’évaluer le caractère incitatif de ce type de financement, ses effets sur l’émergence de nouvelles formes d’organisations, sur les modifications des pratiques et notamment le développement de coopérations ;
    • de tenter de mesurer l’impact sur la qualité du service rendu au patient, sur les résultats de santé et sur l’efficience des prises en charge ;
    • d’apporter les éléments d’analyse permettant de se prononcer sur l’intérêt d’une généralisation de ce mode de paiement à une échelle géographique plus large ou son extension à d’autres processus de soins ;
    • de suggérer les modalités opérationnelles et les conditions nécessaires associées à ce déploiement.

    L’expérimentation « paiement à l’épisode de soins sur des prises en charge chirurgicales »

    L’expérimentation « paiement à l’épisode de soins sur des prises en charge chirurgicales » a été lancée le 17 juillet 2019. Elle concerne 3 prises en charge chirurgicales : 

    • colectomie programmée pour cancer du côlon ;
    • prothèse totale de hanche programmée (PTH) ;
    • prothèse totale de genou programmée (PTG) ;

    Pour chacun des 3 « épisode de soins », il a été défini une liste fermée de soins et de prestations pouvant être potentiellement dispensés durant une période prédéfinie englobant les phases pré-, per- et post chirurgicales de la prise en charge. Ces soins sont couverts financièrement par un forfait qui est lui-même ajusté en fonction des caractéristiques connues du patient à l’entrée du séjour de l’intervention chirurgicale (i.e. « ajustement au risque »).

    La mise en place d’un montant forfaitaire pour financer l’ensemble des prestations définies dans un épisode de soins, vise à faire émerger de nouvelles organisations pour améliorer :

    • la fluidité de la prise en charge et la coordination des acteurs intra- et extra-hospitaliers dans le cadre d’une organisation intégrée et s’appuyant sur les bonnes pratiques de prise en charge ;
    • la qualité, la pertinence, la sécurité des soins ;
    • l’état de santé et la satisfaction des patients ;
    • l’efficience des soins en favorisant une utilisation optimale des moyens.
  • Doctrine technique du numérique en santé : huit nouveaux chapitres sont en ligne

    « Huit nouveaux chapitres de la doctrine » technique sont à présent publiés et « appellent aux contributions et réactions des acteurs de l’écosystème jusqu’au 19 janvier 2020 ». C’est ce qu’annonce l’Agence du numérique en santé (ex-Asip Santé)dans un communiqué daté du 23 décembre 2019.

    Les nouveaux chapitres consultables sur la plateforme de concertation (https://participez.esante.gouv.fr) sont ceux portant sur l’ «éthique », l’ «outil convergence », le « référentiel d’acteurs pour les personnes physiques », le « référentiel d’acteurs pour les personnes morales », l’ «offre de santé », l’ «Identité numérique des acteurs de santé et du médico-social », la Certification hébergement HDS et les Structures 3.0.

    L’agence souligne que la mise en concertation de quatorze chapitres de la doctrine technique « ont déjà permis de récolter près d’une centaine de retours ».

    Éthique

    Ce chapitre propose de définir et d’assurer « le portage d’un cadre » éthique qui intègre :

    – la totalité des dimensions de l’éthique

    – l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la e-santé, que ce soit les citoyens, les professionnels de santé, ou les industriels.

    Il présente les actions d’ores et déjà lancées (référentiel de labellisation ou de certification éthique des outils numériques, sensibilisation du grand public…)

    Il est lié à l’action 2 de la feuille de route : Relance du « Conseil du numérique en santé » en tant qu’instance de concertation sur le virage numérique en santé, et création d’une cellule d’éthique du numérique en santé.

    Synthèse des actions-clé:

    Outil Convergence

    Cet outil assure le respect de conformité et de convergence à la doctrine e-santé. Le chapitre correspondant précise le périmètre de l’outil, et son industrialisation

    Il propose de mettre en œuvre un observatoire de la convergence. 

    Ce chapitre est lié à l’action 8 de la feuille de route : Lancement d’une étude relative à l’opposabilité des référentiels de sécurité et d’interopérabilité, et renforcement des dispositifs de contrôle de conformité pour les systèmes d’information en santé financés sur fonds publics.

    Synthèse des actions-clé:

    Référentiel d’acteurs pour les personnes physiques

    Ce référentiel national contient les données d’identification des professionnels qui ont besoin d’accéder, d’échanger ou de partager des données de santé. 

    Le chapitre correspondant en précise l’objectif, le périmètre, la trajectoire de peuplement et de mise en qualité. Il est lié à l’action 4 de la feuille de route : Généralisation de l’identification numérique des acteurs du système de santé.

    Synthèse des actions-clé:

    Référentiel d’acteurs pour les personnes morales

    Ce référentiel contient les données d’identification des personnes morales du secteur santé (sanitaire et social).

    Le chapitre correspondant en précise le périmètre et la trajectoire d’évolution. Il est également lié à l’action 4 de la feuille de route.

    Synthèse des actions-clé:

    Offre de santé (Répertoire opérationnel des ressources – ROR)

     Ce chapitre porte sur le référentiel de données de description de l’offre de santé commun aux secteurs sanitaire et médicosocial.

    Il invite à consolider le périmètre de description de l’offre de santé, à sécuriser l’accès au ROR et à améliorer le niveau de service du ROR en faisant évoluer son architecture.

    Synthèse des actions-clé:

    Identité numérique des acteurs de santé et du médico-social

    Ce chapitre porte sur les mécanismes d’authentification publique et privée permettant l’accès aux services numériques de santé. 

    Il est lié à l’action 5 de la feuille de route : Mise à disposition de la e-CPS assortie d’un fournisseur national d’identité sectoriel dit « pro santé connect » pour l’authentification numérique des acteurs de santé.

    Synthèse des actions-clé:

    Certification hébergement HDS

     L’activité d’hébergement de données de santé sur support numérique est encadrée.

    Le chapitre correspondant explique son objet et les extensions nécessaires à la procédure pour sécuriser l’hébergement des données de santé sur l’ensemble de la chaîne de traitement.

    Ce chapitre est lié à l’action 8 de la feuille de route : Lancement d’une étude relative à l’opposabilité des référentiels de sécurité et d’interopérabilité, et renforcement des dispositifs de contrôle de conformité pour les systèmes d’information en santé financés sur fonds publics.

    Synthèse des actions-clé:

    Structures 3.0

    Cette action a pour objectif de faire émerger un réseau de structures pilotes prêts :

    – à expérimenter de nouveaux usages du numérique dans leurs services,

    -à partager leurs apprentissages,

    – à accompagner d’autres établissements à faire de même.

    Ce chapitre est lié à l’action 23 de la feuille de route : Création d’un réseau national de structures de santé dites « 3.0 », véritables locomotives de la e-santé en France, dont le rôle sera d’expérimenter et d’évaluer en « conditions réelles » de nouvelles solutions et de nouveaux usages en matière de e-santé.

    Synthèse des actions-clé:

  • En Allemagne, les pharmaciens décidés à devenir des acteurs du remboursement des applis de mHealth

    Les pharmaciens doivent s’engager dans la sélection des applications de santé mobile éligibles au remboursement, insistent les responsables d’organisations de pharmaciens allemands qui se préparent au prochain remboursement des applis de mHealth.

    Le 10 décembre 2019, soit quelques semaines après l’annonce par Jens Spahn, ministre de la Santé allemand, du remboursement des applis de santé mobile prévu par sa loi de digitalisation de la santé, la Chambre des pharmaciens de Basse-Saxe s’est réunie à Hanovre dans le cadre d’une « Conférence numérique » afin de discuter des opportunités offertes aux pharmaciens par le remboursement des applis de santé mobile.

    Les membres de cette Chambre ont convenu que si ces applications pourraient d’abord permettre aux pharmaciens de contrôler et d’optimiser les traitements de leurs patients à distance, garantissant ainsi une prise en charge médicamenteuse de haute qualité, leur remboursement pourrait également donner aux pharmaciens l’occasion de s’affirmer comme des experts des dispositifs médicaux. D’après la Chambre des pharmaciens de Basse-Saxe, les pharmaciens doivent donc s’organiser en groupes de travail afin de proposer leur expertise aux autorités impliquées dans le remboursement des applications mobiles.

    En tant que spécialistes de l’aspect économique des prises en charge, les pharmaciens doivent par ailleurs pouvoir compter dans les négociations du prix des applis mobiles potentiellement remboursables.

    Solutions de santé mobile concernées

    Les applications de santé mobiles concernées par la « loi pour une meilleure prise en charge par la digitalisation et l’innovation » du ministre de la Santé Jens Spahn (CDU), loi approuvée par le Bundestag en novembre 2019 et qui entrera en vigueur en 2020, sont des applis et solutions numériques classées comme dispositifs médicaux. Le remboursement ne pourra donc être possible que pour des applications servant directement des fins médicales.

    Les applications éligibles au remboursement devront également être certifiées par un organisme notifié.

    Enfin, seules les applications considérées comme des dispositifs médicaux de classe I et IIa pourront être remboursées, les solutions-accessoires accompagnant l’utilisation d’un autre dispositif médical principal relevant de la même classification que ce dispositif principal.

    Participer à la définition des conditions d’enregistrement des applications

    Si un produit répond aux conditions de remboursement définies par la nouvelle loi, l’étape la plus importante vers son remboursement est son enregistrement dans un registre nouvellement créé par le BfArM (Bundesinstitut für Arzneimittel und Medizinprodukte ou Institut fédéral des médicaments et des dispositifs médicaux). Pour être inscrite sur ce registre, les fabricants doivent joindre à leur demande un ensemble preuves de la conformité de leur solution à plusieurs exigences en particulier de sécurité, de fonctionnalité et de qualité.

    Les fabricants devront par ailleurs, dans le cadre de l’inscription de leur solution à ce registre, montrer l’impact positif de leur produit sur la prestation des soins de santé, cet « impact positif » n’ayant pas encore été précisément défini par le ministère fédéral de la Santé. Afin de faciliter la preuve de cet impact positif, une inscription préalable au registre sera possible pour 12 mois reconductibles pendant que la solution sera testée.

    D’après les membres de la Chambre des pharmaciens de Basse-Saxe, les pharmaciens doivent s’impliquer dans l’inscription des applis mobiles et solutions numériques au registre du BfArM. En effet, ils peuvent intervenir :

    • dans la définition des critères de qualité, de sécurité et de fonctionnalité requis : les pharmaciens pourraient réaliser un travail de bibliographie scientifique et juridique important afin de proposer une liste d’exigences à remplir par les applications ;
    • dans la définition encore floue de cet « impact positif ».

    Négocier le prix des applications et le montant du remboursement

    La loi prévoit un remboursement intégral des applications sur la base du prix choisi par les fabricants des applications inscrites au registre du BfArM. Des plafonds de remboursement pourraient cependant être rapidement décidés, et le prix des applications devra être négocié avec les autorités selon des éléments permettant de juger de la performance des applications.

    Les pharmaciens ont donc un rôle à jouer dans la définition de ces critères de performance constituant la base des négociations.

  • Un décret crée un délégué ministériel au numérique en santé et précise ses attributions

    « Il est institué, auprès des ministres chargés de la santé, de l’action sociale et de la sécurité sociale, un délégué ministériel au numérique en santé ». C’est ce qu’annonce le décret n° 2019-1412 du 20 décembre 2019 « portant diverses dispositions relatives à l’administration centrale des ministères chargés des affaires sociales », publié au Journal officiel du 21 décembre. Ce délégué est chargé, conformément à la « feuille de route» « Accélérer le virage numérique » présentée le 25 avril 2019 (Action 1) « de définir et de mettre en œuvre la stratégie du numérique en santé ». Le poste devrait être confié à Laura Létourneau, actuelle déléguée opérationnelle au numérique en Santé.

    Le même décret « transforme la direction des systèmes d’information » des ministères sociaux en « direction du numérique » . Le directeur des systèmes d’information en fonction à la date d’entrée en vigueur du décret, à savoir Hélène Brisset, ex-directeure de cabinet de Mounir Mahjoubi au secrétariat d’État au Numérique, « exerce les fonctions de directeur du numérique ».

    Missions du délégué ministériel au numérique en santé

    Selon le décret, le nouveau délégué ministériel a pour missions :

    • De « proposer les orientations de la politique du numérique en santé et les actions permettant d’en garantir la cohérence et d’en assurer la promotion auprès de l’ensemble des acteurs concernés » ;
    • De « proposer annuellement une feuille de route et d’identifier les moyens nécessaires à sa réalisation » ;
    • D’assurer ou de superviser « le pilotage des chantiers de transformation numérique en santé » ;
    • D’assurer ou de veiller à « la coordination des actions » des services de l’État, des agences régionales de santé, des organismes nationaux d’assurance maladie, des agences, autorités et organismes publics « intervenant dans le domaine du numérique en santé », ainsi que des services et des établissements de santé, des services et établissements médico-sociaux et de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie « en vue de la mise en œuvre de la politique nationale du numérique en santé » ;
    • De s’assurer, à chaque étape de la conduite des chantiers de transformation numérique en santé , de « la mise en œuvre d’une concertation ou d’une information adaptée des acteurs nationaux et territoriaux » et des acteurs du numérique en santé ;
    • De représenter l’État au sein de l’Agence du numérique en santé ;
    • D’orienter et de coordonner l’action à l’échelle européenne et internationale des services et des organismes placés sous l’autorité des ministres sociaux « dans les domaines des technologies numériques et des systèmes d’information » ;
    • D’exercer la responsabilité de la ministre chargée de la santé dans le service public de l’information en santé.
    • De reprendre les missions auparavant assumées par la délégation à la stratégie des systèmes d’information en santé (DSSIS) du secrétariat général des ministères sociaux.

  • Hacking Health Camp 2020 : du 20 au 22 mars 2020 à Strasbourg

    La 7e édition du Hacking Health Camp se déroulera du 20 au 22 mars 2020 à l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif (Ircad) et à la faculté de médecine de Strasbourg. 

    Ces 3 jours seront rythmés par des conférences axées sur les millennials et la santé, des formations sur le plan légal, médical, technologique, design et entrepreneurial ainsi que par un hackathon d’envergure mondiale, soit un concours de 50 heures pour transformer des idées en prototypes. 

    Ce challenge s’adresse aux porteurs de projets ou aux professionnels de santé, patients, développeurs, ingénieurs, designers et entrepreneurs souhaitant mettre à disposition leur savoir-faire et ainsi contribuer à la création de solutions innovantes en santé.

    Les inscriptions sont à réaliser en ligne via ce lien.

    Programme

    Vendredi matin à l’Ircad

    • CONFÉRENCES : « Les Millennials et la santé », des personnalités partagent leur vision du futur de la santé
      • Le programme détaillé ici.

     Vendredi après-midi à la Faculté de médecine

    • FORMATIONS : l’innovation en santé
      • Le programme détaillé ici.

    Du vendredi soir au dimanche soir à la Faculté de médecine

    • HACKATHON : 50 heures pour transformer des idées en prototypes.
      • Le déroulé du hackathon ici.
  • Pertinence des soins : « Le bon soin au bon patient au bon endroit », selon la VBHC (S. Benzaken, PACA)

    « Ma définition de la pertinence est d’avoir le bon soin au bon patient au bon endroit au lieu d’avoir une démarche purement quantitative et économique. C’est en cela qu’elle est inspirée par le principe de la value-based health care (VBHC), » déclare le Dr Sylvia Benzaken, praticien hospitalier, vice-présidente de la commission médicale d’établissement (CME) du CHU de Nice et présidente de l’Instance régionale d’amélioration de la pertinence des soins (Iraps) de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA).

    Alors que l’ARS Paca communique sur sa politique en faveur de la pertinence des soins, Sylvia Benzaken détaille à Health & Tech Intelligence les initiatives de l’Iraps, qu’elle préside depuis bientôt quatre ans, selon une conception de la pertinence des soins inspirée par le principe de la VBHC, avec le souci de bénéficier à la fois au patient, aux soignants et à la collectivité. Elle donne en exemple le programme PacO (PACA Obésité), une expérimentation « article 51 » lancée en direction des candidats à la chirurgie bariatrique dans la région. Dans ce cadre, l’Iraps travaille notamment sur une application permettant aux patients de gérer leur agenda et d’échanger avec l’équipe de soins.

    « La vraie raison d’être de la pertinence des soins, c’est la qualité et la sécurité des patients »

    Pourquoi avoir décidé de travailler sur la pertinence des soins en PACA ?

    Dr Sylvia Benzaken : La région PACA se caractérise par un taux de recours à la chirurgie supérieur au taux national, sur 70 % du périmètre des actes surveillés par les pouvoirs publics, alors que les actions de prévention sont en deçà des moyennes nationales. Ainsi, pour le cancer colorectal, le taux de participation au dépistage via un test immunologique est trop faible (28 %) et seulement 18 % des coloscopies sont réalisées après un test positif.

    C’est la raison pour laquelle l’ARS et l’Iraps ont engagé des actions visant à rendre plus pertinente tout au long du parcours de soins la prise en charge des patients qui bénéficient d’angioplasties, de chirurgie bariatrique, d’endoscopies digestives et de prothèses du genou.

    Quelle est votre conception de la pertinence des soins ?

    Ma définition de la pertinence est d’avoir le bon soin au bon patient au bon endroit, au lieu d’avoir une démarche purement quantitative et économique. C’est en cela qu’elle est inspirée par le principe de la value-based health care (VBHC).

    Il faut souligner que la vraie raison d’être de la pertinence des soins, c’est la qualité et la sécurité des patients, car des soins inutiles peuvent faire courir des risques aux patients : c’est vrai pour les traitements médicamenteux comme pour des actes interventionnels.

    Quelle est la plus-value de la pertinence des soins pour les différentes parties prenantes ?

    La pertinence des soins permet d’intégrer des indicateurs mesurés par le patient, du point de vue notamment de sa qualité de vie : est-ce qu’avec une prothèse de genou, il peut monter un escalier ? Aller chercher ses enfants à l’école ? Etc. Ce sont les indicateurs PROMs, déployés largement à l’international mais pas en France à ce jour.

    La plus-value pour les professionnels de santé, c’est l’évaluation des résultats cliniques des prises en charge mais aussi la coordination entre professionnels sur des actes isolés et sur des parcours, comme dans le cadre de la prévention du cancer du côlon, depuis le test jusqu’à la coloscopie. On est ainsi au cœur de la définition de la valeur en santé (VBHC), l’efficience pour la collectivité et le résultat pour l’individu.

    La pertinence intégrée au PRS « comme levier de la qualité et de la sécurité »

    Quel bilan faites-vous de l’Iraps après presque quatre ans d’existence ?

    La pertinence a montré qu’elle méritait d’être intégrée au PRS, comme levier de la qualité et de la sécurité des soins. La spécificité de l’Iraps est d’être tripartite : ARS, Assurance maladie et acteurs de santé (professionnels et représentants de patients). Son rôle est de promouvoir la thématique de la pertinence des soins et de faire que les professionnels se l’approprient, pour que ce ne soit pas seulement une démarche de régulateur financier ou de tutelle « top-down ».  Il s’agit d’aller au-delà du point de vue de l’Assurance maladie, dans lequel la notion de sur-recours se rapporte à une moyenne sans mise en relation avec les besoins en santé publique. L’Iraps met en perspective cette alerte « sur-recours » avec les indicateurs régionaux et avec la qualité attendue selon les recommandations internationales.

    À l’heure actuelle, sur une échelle de 1 à 10, je pense que l’Iraps mériterait un 8. Elle n’aurait pas 10 parce que nous n’avons pas encore réussi la diffusion et l’appropriation par tous les professionnels de santé.  Nous y travaillons : après le succès de la première Journée Iraps en 2018, une deuxième journée est envisagée pour la fin du 1er semestre 2020, en association avec les autres Iraps et l’ARS du Grand Sud (Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes).

    PacO : 2 100 patients candidats à la chirurgie bariatrique

    Qu’est-ce que le programme PacO ?

    En chirurgie de l’obésité (dite « bariatrique »), la région PACA compte 20 % d’actes en plus que la moyenne nationale, alors que l’obésité y est moins présente.  C’est pourquoi l’ARS a lancé cette année avec l’Iraps et les CSO (centres spécialisés obésité) un projet de labellisation baptisé « PacO » pour « PACA obésité », qui va bénéficier d’une expérimentation article 51 dédiée. Elle va permettre de suivre sur 5 ans, à partir de 2020, quelque 2 100 patients candidats à la chirurgie bariatrique, soit environ la moitié des opérés de PACA, et de leur proposer un parcours idéal avec une prise en charge pluridisciplinaire dans laquelle les prestations jusque là à la charge des patients leur seront remboursées : suivi pré-opératoire et post-opératoire, éducation thérapeutique, consultations de psychologie et diététique, activité physique adaptée.

    Tous les patients entrant dans PacO doivent avoir un DMP ouvert

    Quel usage faites-vous des outils numériques dans le cadre de ce programme?

    Nous avons décidé que tous les patients entrant dans PacO doivent avoir un DMP ouvert. Nous travaillons également sur une application destinée aux patients leur permettant de gérer leur agenda et d’échanger avec l’équipe de soins.

    Un registre existait déjà, géré par les chirurgiens de la Sofcomm. Nous allons élargir ce registre et le paramétrer pour qu’il serve de base au financement de l’expérimentation. 

  • H&T Summit : « Redonner du sens et de la valeur aux soins » (tribune collective)

    Health & Tech Intelligence relaie la tribune collective « Redonner du sens et de la valeur aux soins », publiée dans le cadre du H&T Summit, une journée internationale organisée le 18 décembre 2019 à Paris par la société Care Insight sur le thème « value for patients« .

    « Nous sommes convaincus de l’intérêt du numérique comme levier de valeur pour améliorer significativement la qualité des soins pour les patients. L’utilisation du terme « valeur » n’est d’ailleurs pas anodin. La notion de valeur en santé, « value-based healthcare » (VBHC), introduite en 1966 par le Professeur Avedis Donabedian et développée par Michael Porter, progresse au niveau international, contextualisent les signataires du texte en introduction. Ce n’est pas un concept nouveau, de nombreuses expériences internationales ont été engagées. Il ne s’agit plus uniquement de soigner selon les standards éprouvés de la médecine mais bien d’introduire la satisfaction du patient comme pierre angulaire du système de santé. »

    Cette tribune est articulée en 4 prises de parole :

    • « N’ayons pas peur de l’évaluation, de la comparaison et de la mesure de résultats, insufflons de la valeur dans la pratique médicale », par Véronique Roger, directrice fondatrice du Centre de recherche pour la science et les soins à la Mayo Clinic ;

    • « La valeur doit être un objectif fédérateur et structurant », par Lise Rochaix, professeur des universités en sciences économiques à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris School of Economics et titulaire de la chaire Hospinnomics ;

    • « L’intelligence artificielle comme levier de valeur », par David Gruson, directeur du programme « santé » à Jouve, fondateur d’Ethik-IA ;

    • « Faire converger des idées en actes », par Cécile Lagardère, executive partner de Care Insight.

    « Redonner du sens et de la valeur aux soins »

    Nous, médecins, économistes, chercheurs, constatons l’évolution des pratiques professionnelles, les progrès considérables de la recherche médicale et le développement des innovations organisationnelles et technologiques. Nous pouvons nous réjouir des avancées notables et des prouesses réalisées au quotidien par les professionnels de santé. Nous sommes convaincus de l’intérêt du numérique comme levier de valeur pour améliorer significativement la qualité des soins pour les patients. L’utilisation du terme « valeur » n’est d’ailleurs pas anodin. La notion de valeur en santé, « value-based healthcare » (VBHC), introduite en 1966 par le Professeur Avedis Donabedian et développée par Michael Porter, progresse au niveau international. Ce n’est pas un concept nouveau, de nombreuses expériences internationales ont été engagées. Il ne s’agit plus uniquement de soigner selon les standards éprouvés de la médecine mais bien d’introduire la satisfaction du patient comme pierre angulaire du système de santé. En effet il nous semble essentiel, au regard des progrès médicaux et à un moment où chaque pays s’interroge sur les coûts des soins, de nous poser collectivement la question des bénéfices pour les patients. Quel est l’impact in fine pour les patients ? Est-ce que ce la bonne exécution d’une technique médicale importe plus que la qualité de vie du patient à l’issue d’un traitement ? Comment redonner du sens et de la valeur aux soins ? Acceptons-nous d’interroger nos pratiques et d’évaluer différemment la qualité des soins ? Nous souhaitons aujourd’hui que ces questions émergent davantage et que les principaux décideurs, médecins, chercheurs, s’en emparent pour accélérer la transformation du système de santé au niveau mondial et agir concrètement sur nos politiques de santé.

    N’ayons pas peur de l’évaluation, de la comparaison et de la mesure de résultats, insufflons de la valeur dans la pratique médicale,

    • par Véronique Roger, directrice fondatrice du Centre de recherche pour la science et les soins à la Mayo Clinic.

    Le concept de value-based healthcare n’est pas nouveau et aux États-Unis il est reconnu depuis plusieurs années. C’est un concept qui semble intuitif, car la valeur en santé, l’attention que nous portons à la qualité des soins, importe à tous et les professionnels de santé sont formés pour donner le meilleur d’eux-mêmes aux patients. Le concept de value-based healthcare gagne du terrain, mais sa mise en œuvre concrète peine à se développer. Pourquoi ? Je dirais qu’il y a deux raisons majeures à cela : tout d’abord parce que la personne qui paie n’est pas la personne qui reçoit le service – dans la plupart des pays. Cela introduit une dynamique plus complexe dans la notion de valeur. Ensuite, la façon dont nous définissons la valeur d’un service dépend aussi de la maladie : dans le cadre d’une maladie grave, l’indicateur de résultat est la survie, alors que dans d’autres situations, l’indicateur pourra être la récupération fonctionnelle du patient, sa capacité à retrouver une activité normale. Il est donc difficile d’avoir une approche univoque.

    Aux États-Unis, les professionnels de santé ont pris conscience que nous pouvons être plus efficients et souhaitent accroître la pertinence des soins. « Cet examen est-il nécessaire ? Devons-nous faire une nouvelle radio ? » La notion de « résultats » compte de plus en plus : les soignants, les patients et leurs familles veulent qu’ils vivent mieux, plus longtemps – les progrès médicaux y contribuent – mais pas seulement : ils s’attachent à ce qu’ils récupèrent plus vite, à ce qu’ils soient satisfaits de la prise en charge globale. Pour reprendre un exemple concret, une réflexion a été engagée en ce qui concerne les transfusions sanguines en post-opératoire. Fréquentes, elles sont coûteuses pour le système de santé et peuvent entraîner des effets secondaires. Des anesthésistes ont analysé ce phénomène et se sont interrogés sur leur pertinence. Des recommandations ont été élaborées – à partir d’un indicateur, le taux d’hémoglobine dans le sang – et les résultats sont probants. Les transfusions ne sont pas toujours nécessaires et dans certains cas le patient récupère tout à fait bien sans transfusion. L’utilisation des produits sanguins a ainsi baissé, les risques et les coûts ont diminué. Je considère que c’est aussi un réel progrès médical. La prise en charge des patients atteints d’arthrose de la hanche a également évolué. Les professionnels ont analysé le parcours de soins, depuis la découverte de la pathologie jusqu’à la récupération des patients. Des indicateurs ont été élaborés, une attention spécifique a été portée sur la douleur et la récupération fonctionnelle. En devenant « acteurs » de leur prise en charge, les patients ont pu reprendre une vie normale beaucoup plus vite. C’est un progrès considérable.

    Inspirons-nous des bonnes pratiques, acceptons qu’une méthode qui fonctionne pour une pathologie soit différente pour une autre, personnalisons les soins et portons une attention spécifique à la récupération, à l’état de santé général du patient, à son environnement de vie et à son expérience en tant qu’acteur central dans les systèmes de santé. C’est comme cela que nous pourrons concrètement apporter de la valeur aux soins et transformer durablement le système de santé. Sans que cela implique nécessairement des coûts supplémentaires. Agissons sur du long terme et en pensant d’abord aux bénéfices pour les patients.

    La valeur doit être un objectif fédérateur et structurant,

    • par Lise Rochaix, professeur des universités en sciences économiques à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris School of Economics et titulaire de la chaire Hospinnomics.

    Quels sont les enjeux, pour les patients, de la transparence et du partage de données permis par les liens entre bases de données interopérables ? La transparence porte en elle le bénéfice de réduire les dissymétries, ou assymétries, d’information entre les principaux acteurs du système de santé que sont les patients, les professionnels de santé et les régulateurs. Mais son développement effectif est conditionné par ce que chacun espère en retirer, ce qui peut varier grandement d’un acteur à l’autre. La transparence ne prend toute sa valeur que si l’interopérabilité, c’est à dire un enrichissement mutuel de sources de données d’origines diverses, est garantie. Mais cela ne va pas de soi et l’interopérabilité n’est en général obtenue que sous la pression de la réglementation. Les opérateurs, les industriels et les utilisateurs doivent travailler ensemble pour que chacun trouve un intérêt à ce que les différents dispositifs soient interopérables.

    Quand on évoque l’utilisation des données des patients, la première réaction est trop souvent la crainte qu’elles soient utilisées à mauvais escient, ce qui légitime la mise en place de règles déontologiques d’accès à ces données. On souligne moins souvent les bénéfices de cette transparence pour les patients, bénéfices qui devraient aussi faire partie du débat. Elle permet ainsi aux patients de devenir acteurs de leur santé, soit à titre personnel, à travers les objets connectés ou le suivi de biomarqueurs, soit en participant à des structures représentatives pour faire valoir leurs préférences et agir dans le débat public. L’utilisation des données de santé peut aussi contribuer à développer des travaux de recherche multidisciplinaires et aider à la définition de priorités en santé. Celles-ci doivent être fondées sur des preuves robustes, evidence-based policies, à savoir sur la mesure de la valeur supplémentaire apportée par une technologie ou intervention de santé publique, tant du point de vue du patient que de celui du citoyen, les économistes s’attachant en effet à introduire l’intérêt collectif dans cette mesure de la valeur.

    Le concept de value-based healthcare permet de rappeler la finalité de tout système de santé, à savoir l’amélioration de l’état de santé de la population. C’est en cela un objectif fédérateur, dans lequel les professionnels de santé se retrouvent, bien plus que dans la recherche d’économies de court terme, et qui sera structurant pour la définition de priorités en santé.

    L’intelligence artificielle comme levier de valeur,

    • par David Gruson, directeur du programme « santé » à Jouve, fondateur d’Ethik-IA.

    La diffusion de l’intelligence artificielle et du pilotage du système de santé par les données de santé constitue un puissant appel au développement du concept de value-based healthcare. En effet, la médecine algorithmique est, par construction, très cohérente avec le déploiement de logiques de financements aux parcours et d’incitation à l’atteinte d’objectifs de gains de qualité et d’efficience par la qualité de prise en charge des patients.

    Or, le système de santé français se heurte encore trop souvent à des difficultés de valorisation de ces gains. Par exemple, comme le montre le cas de la solution française produite par Therapixel, l’IA est aujourd’hui à maturité dans la diffusion de solutions de reconnaissance automatique d’images dans le domaine des mammographies. La généralisation d’approches de ce type induirait de puissantes améliorations pour les femmes et le système de santé dans son ensemble. Pour autant, un modèle économique reste encore à trouver. La réflexion n’en est qu’à ses débuts à cet égard et un bon équilibre doit être trouvé entre l’assurance maladie et la protection sociale complémentaire dans la couverture de cette innovation en médecine algorithmique.

    Pour y parvenir, le processus de constitution de cadres de régulation du data management en santé, à l’œuvre à l’échelle des professions et spécialités médicales, peut induire un effet de levier utile. Des modalités souples de coordination de ces démarches de structurations transversales auront à être trouvées avec le nouveau Health Data Hub porté par le Gouvernement. Les porteurs de ces écosystèmes affichent, dans leurs objectifs, la volonté – déjà effective pour la radiologie avec l’écosystème DRIM France IA – d’y inclure les patients et leurs représentants. Cette inclusion de la démocratie sanitaire dans les nouveaux écosystèmes de data management constitue un enjeu clé pour l’avenir de la couverture de l’innovation en IA et, partant, de son accessibilité et de sa diffusion large dans une logique de value-based healthcare.

    Faire converger des idées en actes,

    • par Cécile Lagardère, executive partner de Care Insight.

    La traduction concrète de ce concept ne pourra intervenir que si l’ensemble des acteurs s’en emparent, patients, professionnels de santé, offreurs de soins mais également les financiers et les industriels. De nouveaux échanges, travaux internationaux et concertations doivent avoir lieu pour confronter les idées et les expériences menées sur le terrain.

    La globalisation de notre économie touche également les systèmes de santé qui tendent à converger de plus en plus en termes d’organisation, de protocoles de prise en charge et de principes de fonctionnement. On voit très clairement comment les Accountable Care Organizations, instituées par l’Obamacare, et les programmes relatifs au value-based healthcare américains ont influencé la vision française de l’article 51 de la LFSS 2018 ou la coordination des soins qui se met actuellement en place avec les CPTS et les dispositifs d’appui à la coordination par exemple. Bien entendu, des organisations internationales y travaillent et permettent de mettre en place des éléments de cadrage et notamment des indicateurs de mesure et d’évaluation, comme peut le faire l’OCDE. Mais une telle ambition ne peut se faire qu’en engageant les acteurs sur le terrain. C’est tout l’enjeu du Health & Tech Summit, de créer un momentum une fois par an à Paris pour partager les expériences, challenger l’innovation et construire les bases du futur de la santé.

  • Service d’accès aux soins : le rapport Mesnier/Carli prône un conventionnement avec les plateformes

    « Une plateforme d’accès aux soins téléphonique et en ligne intégrant non seulement l’aide médicale urgente mais aussi les soins non programmés ambulatoires. » C’est le dispositif qu’imaginent sous le nom de « SAS » (Service d’accès aux soins) l’urgentiste député (LREM, Charente) Thomas Mesnier et le Pr Pierre Carli, patron du Samu de Paris, dans leur rapport remis le 19 décembre 2019 à la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn « pour un pacte de refondation des urgences ». L’objectif serait de mettre en place un numéro unique, le 113, permettant aux citoyens, à partir de juin 2020, d’accéder 24 heures sur 24 à distance à un professionnel de santé pour « des réponses allant du conseil à la téléconsultation » ou pour une orientation « selon son état de santé, vers une consultation sans rendez-vous ou vers un service d’urgence, un Smur ou un transport sanitaire ». Le ministère annonce sur son site que « les arbitrages sur les propositions de ce rapport seront rendus dès janvier 2020 ».

    La plateforme digitale SAS sera « basée sur les services déjà développés pour Santé.fr », avec « pour vocation première l’identification rapide des professionnels de santé disponibles autour du patient », est-il précisé.

     « La gestion et le pilotage du SAS doivent être confiés à des acteurs publics », soulignent les rapporteurs, invoquant les « grands principes de la doctrine du virage du numérique en santé » ainsi que les enjeux d’« accès à l’offre de soins sur l’ensemble du territoire » et de « protection des données des usagers ». Cependant la délégation ministérielle du numérique en santé et l’Agence du numérique en santé (ex Asip) « intègreront les services privés à valeur ajoutée » grâce à un conventionnement avec les opérateurs du service de prise de rendez-vous en ligne (Allodocteur, Docavenue, Doctolib, KelDoc…) afin d’ »assurer cette offre sur la plateforme » et de « sécuriser le calendrier », tout en respectant « la pluralité des acteurs, le principe d’égalité de traitement pour les professionnels et la gratuité pour l’utilisateur ». 

    Il s’agira d’« intégrer progressivement les agendas mis à disposition par les différentes plateformes numériques » pour professionnels de santé (PS) afin d’« éclairer le patient dans sa recherche, de manière agnostique par rapport aux différents fournisseurs de ce service ».

    Le SAS devrait favoriser la télémédecine sous différentes formes

    Le rapport Mesnier/Carli prévoit de promouvoir :

    • la visualisation directe du patient lors d’un appel vidéo par le médecin régulateur du SAS dans le cadre de l’aide médicale urgente ou des soins non programmés ambulatoires ;
    • le développement de la téléconsultation entre professionnels de santé (ou télé-expertise) « dans le cadre d’une organisation mise en place et validée par les acteurs du champs ambulatoire » ;
    • le partenariat avec des pharmaciens disposant d’outils intégrés de téléconsultation « dès lors qu’un patient est à distance d’un médecin de proximité ou d’une structure organisée de soins non programmés ambulatoires ».

    Le SAS, une évolution de Santé.fr basée sur les données publiques

    Le site issu du portail Sante.fr, qui pourrait s’appeler SAS.fr ou Urgence-santé.fr « s’appuiera sur les données de la Cnam et une évolution du répertoire opérationnel des ressources (ROR) » : il devra être accessible « grâce à une application pratique et intuitive, depuis une tablette ou un smartphone » car  « les associations de patients ont insisté sur l’absence de caractère socialement discriminant de cet outil ».

    Les professionnels de santé  pourront accéder au site grand public et modifier directement depuis le back office leurs informations de contact, leur description, le service de gestion de rendez-vous auquel ils sont abonnés. Ils seront seuls à pouvoir accéder au temps d’attente aux urgences.

    « Il semble illusoire d’imaginer que le nombre de médecins volontaires sera suffisant pour être présents au sein de la plateforme SAS 24 h/24 », écrivent les rapporteurs . C’est pourquoi ils préconisent de favoriser le développement de « la régulation « déportée » au sein éventuellement de cabinets voire en dehors des heures ouvrables, du domicile de certains médecins généralistes volontaires, » grâce à des outils déjà « opérationnels dans certains départements ».

    Des syndicats affichent leur scepticisme

    « Non, on ne soigne pas les gens à coups de téléphone », réagit sur Twitter le collectif Inter Urgences, dénonçant dans un post publié le 20 décembre une mesure « onéreuse, inefficace, et critiquée par l’ensemble des soignants dès son évocation en groupe de travail ». Pour l’organisation, « la volonté de quelques chefs prime sur l’expérience de terrain de milliers de professionnels de santé ».

    Jean-Paul Hamon (FMF) dénonce en écho dans un communiqué le « mépris »  envers les médecins dont témoignerait le rapport avec son projet de « numéro unique ». La FMF, annonce-t-il, « ne laissera pas ce ministère achever le système de santé ni livrer les données des patients à des sociétés commerciales ».

  • « D4(for) Evolution » par Dedalus : journée d’échanges le 23 janvier 2020 à Paris

    Le groupe Dedalus Healthcare Systems organise une journée d’échanges « D4 (for) Evolution », qui portera notamment autour de ses activités et de ses engagements, le 23 janvier 2019 à Paris.

    Les inscriptions (gratuites) sont à réaliser auprès de Rajaa Doudou, chargé de communication :  rajaa.doudou@dedalus.eu ou 01 75 60 91 42.

    Une journée de partage

    Alors que l’édition 2019 a permis de présenter la nouvelle stratégie du groupe, Dedalus souhaite cette année :

    • d’une part faire découvrir aux acteurs de la santé son engagement auprès des établissements dans les domaines dans lesquels il est spécialiste, à savoir « le partage de données, du dossier patient, de la production de soins et des plateaux techniques » (Deadlus) ;
    • d’autre part proposer des ateliers au choix afin d’échanger et d’appréhender le positionnement des parties prenantes. 

    Programme et intervenants

    Matinée : vision et stratégie 

    • 8h30-9h00 : café d’accueil
    • 9h00-9h20 : Discours de bienvenue, Frédéric Vaillant
    • 9h20-9h40 : Intervention orientée secteur Public, Thomas Ludec
    • 9h40-10h00 : Les nombreux enjeux des laboratoires de biologie médicale en France, Eric Lainé
    • 10h00-10h30 : Pause café 
    • 10h30-10h50 : Dedalus One Company (ANGL), Giorgio Moretti 
    • 10h50-11h10 : Intervention KLAS 
    • 11h10-11h30 : Intervention orientée PV, Thierry Chiche 
    • 11h30-11h50 : Feuille de route ma santé 2022, Dominique Pon 
    • 11h50-12h10 : CHU de Poitiers, Isabelle Princet

    12h10-13h30 : cocktail déjeunatoire 

    Après-midi : workshops (ateliers au choix)

    • 13h40-14h25 : Session 1
      • Digital pathology S4H, architecture technique de nos solutions D4, BI4H, sécurisation du circuit oncologique grâce à la robotique, C4C Meeting
    • 14h30-15h15 : Session 2
      • RoadMap DxCare Evo, portail de connaissances cliniques, échanges et partages, le DPI dossier patients communicant : DOPA Vision 360°, Calyps IA 
    • 15h30-16h35 : Session 3
      • DStorage, Biomanger : un middleware polyvalent dans les laboratoires de biologie médicale, Quarness instant messaging, borne Digitialis, portail patient 
    • 16h40-17h25 : Session 4
      • Architecture technique des solutions D4, RoadMap Dx Care Evo, Gamme PAS – Pour une facturation démétérialisée, C4H WMS, SAE