Efficience

  • Congrès de psychiatrie (FHP) : Sibius décroche le prix « start-up » pour sa plateforme basée sur IA

    La start-up Sibius remporte le prix « start-up » organisé par la FHP-Psychiatrie à l’occasion du Congrès français de psychiatrie, qui s’est tenu à Nice du 4 au 7 décembre 2019. La jeune société développe une plateforme numérique de diagnostic et de suivi des troubles du neurodéveloppement de l’enfant et de l’adulte, en s’appuyant sur un système basée sur intelligence artificielle (IA). Dans le cadre de ce concours, elle décroche une dotation de 1 000 euros.

    « Alors que la France est au quatrième rang des pays de l’OCDE pour le nombre de psychiatres par habitant mais que de nombreux postes de praticiens restent vacants, le congrès propose une réflexion globale sur les difficultés actuelles du secteur et les décisions à prendre pour y remédier, contextualise la FHP. La branche psychiatrie de la fédération a lancé en 2017 un prix « start-up » pour valoriser l’innovation, en récompensant le projet d’une jeune société innovante en santé mentale.

    Sibius est une spin-off d’une unité du CNRS spécialisée dans les sciences, incubée par l’accélérateur Pulsalys (Villeurbanne, région lyonnaise). Sa solution sera présentée lors d’un conseil d’administration de la FHP-Psychiatrie. Elle fera l’objet d’une communication à destination des 175 établissements psychiatriques adhérents. 

    Les deux autres finalistes était :
    • Expert-i-mental : plateforme conçue pour créer du lien entre les personnes atteintes de troubles bipolaires, leurs proches et les professionnels de santé ;
    • PsyApps : développe des applications facilitant le suivi psychologique des patients.

    Le jury était composé des professionnels de santé suivants :

    • Dr Olivier Drevon, président de la FHP-Psychiatrie ;
    • Pr Michel Benoit, PU-PH, CHU Nice ;
    • Dr David Renaud, Centre mémoire de ressources et de recherche, CHU Nice ;
    • Jérôme Gomes, groupe Korian, administrateur FHP-Psychiatrie ;
    • Radu Iuga, Association fédérative française desétudiants en psychiatrie (AFFEP).

    Objectif de Sibius : « devenir le premier marqueur neurocognitif »

    Spin-off d’une unité du CNRS spécialisée dans les sciences, Sibius a été créé en 2019 et est incubé par l’accélérateur Pulsalys (Villeurbanne, région lyonnaise). La start-up développe une application basée sur l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer la prise en charge des troubles neurocognitifs (autisme, troubles DYS, maladie d’Alzheimer, commotion cérébrale…), du dépistage jusqu’au suivi, en passant par l’accompagnement et la rééducation.

    Mesure indirecte de l’attention visuelle et exploration tactile d’une image

    Pour mieux détecter les troubles, la solution est centrée sur « la mesure indirecte de l’attention visuelle et l’exploration tactile d’une image », explique Sibius dans un communiqué. Pour ce faire, elle fonctionne sous la forme d’un jeu d’exploration d’images, qui analyse les mouvements oculaires du patient en temps réel.

    Le système d’IA permet d’identifier un éventuel trouble neurocognitif et de déterminer son origine (autisme, maladie d’Alzheimer, commotion cérébrale…).

    « Aider les professionnels à donner un avis clinique en pratique médicale courante »

    Actuellement, il n’existe pas de « marqueur objectif et simple pour mesurer le fonctionnement neurocognitif en pratique médicale courante comme peut le faire un thermomètre pour la fièvre ou le tensiomètre pour l’hypertension », note la start-up. Son objectif est ainsi de « devenir le premier marqueur neurocognitif pour aider les professionnels à donner un avis clinique en pratique médicale courante ».

    « Par exemple concernant l’autisme, en Europe, 4 ans d’errance et d’incertitude séparent le moment où les parents se rendent compte du premier signe d’alerte et le diagnostic officiel posé par un centre expert. En cause, le manque de marqueur simple pour accélérer la prise de décision », commente Guillaume Bezie, P.-D.G. de Sibius.

    L’application de Sibius vise à permettre aux professionnels de santé de confirmer leur jugement clinique, d’orienter au plus vite le patient vers une prise en charge adaptée et d’obtenir un diagnostic officiel.

  • Jeunes Médecins s’allie à Synapse pour accompagner les praticiens dans leurs prescriptions via l’IA

    La start-up bordelaise Synapse Medicine, fondée en 2017 par des professionnels de santé, et l’organisation Jeunes Médecins collaborent afin d’aider les médecins dans leur activité de prescription, quels que soient leur spécialité et leur mode d’exercice. Dans le cadre de ce partenariat, annoncé le 3 décembre 2019 dans un communiqué commun, la plateforme Synapse va être proposée aux adhérents de Jeunes médecins « pour les accompagner dans le bon usage du médicament« .

    L’outil Synapse est une plateforme basée sur intelligence artificielle (IA) fonctionnant comme un assistant virtuel, conçue dans le but d’améliorer l’accès à une information médicale fiable et actualisée. La solution, soutenue par l’ANSM, a été élaborée avec le CHU de Bordeaux, l’Inserm et l’Université de Stanford, « indépendamment de l’industrie pharmaceutique », est-il précisé dans le communiqué.

    Des « milliers de médecins et internes » utilisent actuellement Synapse dans leur pratique quotidienne, avancent les 2 partenaires. La solution leur permet :
    • de « gagner du temps » : l’assistant délivre des réponses « concises, fiables et à jour » aux questions posées à l’oral ou à l’écrit par le praticien sur les médicaments (posologies, contre-indications, etc.) dans un contexte clinique donné ;
    • de « sécuriser leurs prescriptions  les plus complexes en temps réel » : par le biais d’une photo de l’ordonnance, Synapse vérifie automatiquement les prescriptions en prenant en considération le terrain clinique du patient et identifie toutes les interactions, les effets indésirables et les contre-indications ;
    • de « simplifier les recherches sur les médicaments » : toutes les informations synthétisées et contextualisées par Synapse « se réfèrent uniquement à des sources officielles toujours citées ».

  • Ping An Good Doctor et Merck collaborent pour développer des solutions de santé intégrées en Chine

    Ping An Good Doctor, la principale plateforme de santé numérique chinoise, et le groupe pharmaceutique allemand Merck signent un accord pour déployer des solutions de soins intégrées en Chine, en exploitant notamment l’intelligence artificielle (IA). Dans le cadre de cette collaboration, annoncée le 4 décembre 2019 dans un communiqué conjoint, les deux sociétés vont chercher à briser la barrière entre les soins en ligne et hors ligne au moyen de modèles de vente au détail innovant reliant les pharmacies, les hôpitaux et les centres de soins primaires dans les zones rurales et en établissant un système de vente au détail omnicanal, une stratégie pour permettre aux deux entreprises de mobiliser l’ensemble de leurs contacts de vente.

    Pour ce faire, les partenaires vont tirer parti de l’expérience de Ping An Good Doctor en matière d’IA médicale, d’assurance et de ressources de santé en ligne et hors ligne ainsi que de l’expertise médical de Merck, l’idée étant de développer une solution de soins intégrée à guichet unique.

    Ping An Good Doctor multiplie les partenariats depuis plusieurs mois, aussi bien au niveau local qu’avec des sociétés étrangères, dans le but d’agrandir son réseau d’utilisateurs. De son côté, Merck cherche à marquer son empreinte sur le marché chinois : en début d’année, le groupe a notamment conclut un accord avec Tencent, géant de l’internet chinois, pour la création de services de santé numériques intelligents.

    Merck ambitionne de « transformer la vie de 40M de patients en Chine d’ici 2025 »

    « Nous sommes très heureux de travailler avec Ping An Good Doctor afin d’explorer des approches plus axées sur le patient et des solutions de soins intégrées pour améliorer la gestion de la santé, commente Rogier Janssens, directeur général des activités biopharmaceutiques de Merck en Chine (communiqué). Dans le cadre de notre stratégie de numérisation, nous recherchons des solutions innovantes qui offriront les meilleurs avantages possibles aux patients, avec pour mission de transformer la vie de 40 millions de patients en Chine d’ici 2025. »

    Une collaboration avec Tencent pour améliorer l’information des patients

    En janvier 2019, le groupe allemand a annoncé avoir signé un accord de collaboration stratégique avec le géant chinois Tencent afin de concevoir des services de santé numériques intelligents. L’objectif est d’améliorer la connaissance du public vis-à-vis des maladies et d’améliorer la compréhension des patients sur les symptômes d’une pathologie donnée ainsi que les options de traitements efficaces.

    Ping An Good Doctor conclut plusieurs partenariats locaux et à échelle mondiale

    Depuis quelques mois, Ping An Good Doctor multiplie les alliances avec des organisations locales et étrangères afin d’élargir son réseau d’utilisateurs.

    • Septembre 2019 : la société signe un accord de coopération stratégique avec le comité chinois du conseil de la promotion du commerce international, en collaboration avec le gouvernement de Zhuang du Guangxi, afin de créer une plateforme web de santé dans le Guangxi, une région autonome de la République populaire de Chine située dans le sud du pays.
    • Été 2019 : l’entreprise lance officiellement son service Private Doctor pour faciliter l’accès aux médecins libéraux et conclut des partenariats avec une vingtaine d’entreprises.
    • février 2019 : Ping An Good Doctor annonce avoir amélioré la capacité de son supercalculateur. Le système dispose d’un processeur parallèle capable de traiter d’énormes quantités de données en peu de temps, améliorant ainsi l’efficacité de sa R&D en intelligence artificielle (AI) et accélérant la vitesse des applications basées sur IA.
  • Maladies rares : le futur institut GIPTIS disposera d’un système interconnecté de bases de données

    Le futur GIPTIS, dont l’ouverture est prévue à Marseille d’ici 2023, sera doté de « 6 plateformes technologiques de pointe, [d’]un système interconnecté inédit de bases de données et d’outils d’analyses performants« , et reposera sur des méthodes de management et des outils de collaboration « entièrement repensés ». Porté par l’Agence régionale de santé (ARS) PACA et l’Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM), le GIPTS est présenté comme « le plus grand institut euroméditerranéen de lutte contre les maladies génétiques rares » (communiqué de novembre 2019). Son objectif est de relever les 4 défis suivants : accélérer les diagnostics ; accroître les capacités de recherche ; démultiplier le nombre de traitements efficaces et améliorer la prise en charge des malades et des familles.

    Pour cela, le modèle de l’institut s’appuie, en dehors de l’accès à des moyens techniques de pointe, sur 3 autres piliers :
    • une équipe de 500 experts : des médecins spécialistes et reconnus, des personnels paramédicaux engagés, des chercheurs de renommée internationale, 15 start-up issues des projets de recherche les plus prometteurs et une intégration précoce des experts du développement de médicaments ;
    • un lieu imaginé « pour faciliter la coopération entre les acteurs » : 21 000 m² accueillant des laboratoires de pointe, des espaces pensés pour le bien-être des malades et des familles, permettant une prise en charge « totalement personnalisée » des malades ;
    • « un territoire engagé dans un projet emblématique et citoyen » : la communauté scientifique et médicale mobilisée dès l’origine, les acteurs académiques, les associations de malades, les collectivités locales, le monde économique, les entreprises et la société civile.

    Imaginé par le Pr Nicolas Lévy, qui dirige le département de génétique médicale du centre hospitalier de Marseille, le GIPTIS sera une fondation reconnue d’utilité publique à but non lucratif composée d’une gouvernance mixte, « pour une coopération fructueuse des acteurs privés et publics », indique l’AP-HM.

    Modèle économique : un « autofinancement de l’exploitation »

    Le modèle économique du GIPTIS se veut novateur. Il permettra « de financer l’innovation et de garantir l’équité d’accès au soin pour tous les malades, sans surcoût pour les institutions publiques de soins et de recherche, grâce à l’autofinancement de l’exploitation par les revenus générés (propriété intellectuelle, activités de conseil, prestations technologiques, incubateur de start-up, exportation du modèle à l’étranger) et l’implication des donateurs, et au financement du bâtiment, assuré par les acteurs bancaires et investisseurs », note l’AP-HM (communiqué). 

    Maladies rares : 50 millions de personnes touchées autour de la Méditerranée

    Les maladies génétiques dites « rares » touchent actuellement environ 3 millions de personnes en France et 50 millions autour de la Méditerranée, contextualise le centre hospitalier marseillais, ajoutant que 95 % des malades sont sans traitement adapté et que 60 % d’entre eux sont des enfants.

    « Soigner mieux, plus vite [et] à plus grande échelle »

    L’objectif de l’institut GIPTIS est de « soigner mieux, plus vite [et] à plus grande échelle » en facilitant les collaborations « entre le meilleur des mondes public et privé, académique et industriel », synthétise l’AP-HM.

  • « L’intelligence artificielle : le médicament de demain ? » : débat le 17 décembre 2019 à Paris

    À l’ère de l’intelligence artificielle (IA), l’Association des cadres de l’industrie pharmaceutique (Acip) propose aux acteurs du secteur de s’interroger sur son utilisation dans le domaine pharmaceutique. Dans ce cadre elle organise une soirée conférence-débat intitulée « l’IA, le médicament de demain ? » le mardi 17 décembre 2019 à partir de 18h30 à Paris.

    Les personnes souhaitant participer à l’événement (payant) doivent retourner le bulletin d’inscription, téléchargeable via ce lien, par courrier au 183, avenue Charles de Gaulle – 92200 Neuilly-sur-Seine ou par email à contact@acip.asso.fr avant le 16 décembre 2019. Le règlement est à envoyer par voie postale à l’ordre de l’Acip.

    Programme et intervenants

    • « My Cite, 1er médicament connecté : innovation de rupture ou innovation incrémentale ? »

      • Avec Véronique Narboni, directrice médicale à Otsuka Pharmaceutical France
    • « Une lecture de l’avenir »

      • Avec Bertrand Rondepierre, research program manager, machine intelligence à Google AI
    • « Jumeaux numériques et produits pharmaceutiques »

      • Avec Pierre Tchoreloff, chercheur à l’Institut de mécanique et d’ingénierie de Bordeaux
    • « Renaissance des industries de santé par la 3DExperience Platform et l’intelligence artificielle »

      • Avec Alban Van Landeghem, senior business consultant life sciences industry à Dassault Systèmes.

    Débat animé par Michel Hannouin, président de l’Acip, et Agnès Devois, head of global medical information, global medical affairs, à Servier.

  • USA : Walmart ouvre son 1er centre de santé, axé sur les technos pour améliorer l’expérience patients

    À Dallas, en Géorgie, Walmart a récemment dévoilé une « expérience de magasin améliorée », incluant notamment l’ouverture du premier centre de santé du groupe américain, spécialiste de la grande distribution. Un espace intégré au nouveau centre commercial de Walmart, inauguré en septembre 2019.

    En partenariat avec des prestataires locaux, le centre de santé Walmart fournira des services dans divers champs : soins primaires, conseils médicaux, soins dentaires, optique, audition et santé communautaire (services nutritionnels, forme physique…), laboratoires, rayons X et électrocardiogrammes mais aussi offres pour des assurances maladie. L’espace se situe à l’extérieur du magasin, avec une entrée séparée pour les patients. La clinique fournira aux famille de la région « des prix bas et transparents » pour les services de santé de base, quel que soit leur niveau d’assurance, indique Walmart dans un communiqué présentant l’ensemble du projet.

    Dans le cadre de ce nouveau centre, le groupe lance de nouveaux concepts « Vision Center » (optique) et « Pharmacy », qui reposent sur l’utilisation de technologies pour améliorer l’expérience des patients :
    • la pharmacie est conçue pour le patient, basée sur les commentaires en ligne de milliers de clients afin de proposer un service « de qualité supérieur », praticité et simplicité étant au centre des priorités, « pour une expérience repensée visant à limiter les éventuelles tensions et temps d’attente », explique le groupe ;
    • Walmart a également créé une expérience « Vision Center » conçue autour du patient, qui se veut pratique, confortable et abordable en matière de prix. « Nous avons créé une expérience patient transparente, comprenant plusieurs zones de services, pour que les clients puissent choisir comment et où ils souhaitent recevoir le service », précise l’entreprise.

    Walmart investit depuis quelque temps dans le secteur de la santé. À titre d’exemple, le groupe a été sélectionnée en juin par la FDA avec IBM, Merck et KPMG pour participer à un programme pilote dans le cadre de la mise en œuvre de la loi DSCSA (Drug Supply Chain Security Act) de 2013 : l’objectif est d’impliquer les parties prenantes de la chaîne d’approvisionnement des médicaments dans le développement d’un système électronique interopérable capable d’identifier et de localiser une série de médicaments distribués sur ordonnance aux États-Unis (blockchain). Ce projet pilote devrait se terminer au quatrième trimestre 2019.

  • Health Data Hub : des craintes sur l’implication de groupes US et la centralisation des données

    « Le stockage [des] données personnelles dans des clouds détenus par des sociétés extra-européennes serait un risque de nature à compromettre la confiance des patients » et le Health Data Hub (HDH) pourrait fragiliser « l’expertise des centres hospitaliers sur leurs données ». Telles sont les craintes émises par Martin Hirsch, directeur de l’AP-HP, qui pointe du doigt la nouvelle plateforme de données de santé dans une note adressée au ministère des Solidarités et de la Santé, citée par Mediapart (article publié le 22 novembre 2019). Il défend dans ce document « l’expertise des CHU sur leurs données » ainsi qu’un « partage équitable et gagnant-gagnant des données ».

    Officiellement lancé fin novembre 2019, le HDH vient remplacer l’ancien Institut national des donnés de santé (INDS), avec pour objet « de veiller à la qualité des données de santé et aux conditions générales de leur mise à disposition, garantissant leur sécurité et facilitant leur utilisation dans le respect de la protection des données personnelles sur l’ensemble du territoire » (arrêté du 29 novembre 2019).

    Malgré les arguments du gouvernement pour tenter de rassurer acteurs de santé et citoyens, le projet éveillent des inquiétudes, en particulier du côté des établissements hospitaliers :
    • sur la protection de ces données (cybersécurité) : la centralisation de ces dernières et la taille de la database sont préoccupantes pour certains, estimant que le fait d’avoir un point d’accès unique augmente les dommages en cas de cyberattaque ;
    • ainsi qu’en matière de souveraineté, les géants de l’internet, GAFAM en tête, étant de plus en plus présents dans le secteur de la santé : certains acteurs notent qu’il existe un conflit juridique entre le RGPD et le Cloud Act américain, une loi fédérale américaine promulguée le 23 mars 2018 qui permet aux autorités de récupérer des données hébergées par des entreprises américaines, même à l’étranger.

    Au centre des tensions figure l’implication de Microsoft, qui doit assurer par le biais de son cloud le service d’hébergement de données. L’équipe du hub explique ce choix en mettant en avant des raisons de praticité au niveau juridique et donc de rapidité. En novembre 2018, le groupe américain a en effet été certifiée « hébergeur de données de santé » ; ses concurrents français comme OVH ne l’étaient pas.

    À noter que la Cnil doit rendre prochainement un avis sur le Health Data Hub.

    RGPD (UE) vs Cloud Act (USA) : des lois jugées contradictoires par certains

    « Le concept du Health Data Hub est bon (…) mais tant qu’on n’a pas de réponse sur le Cloud Act, je conseille de confier le stockage de ces données à des entreprises françaises ou européennes », commente le député LRM Pierre-Alain Raphan (source : Le Monde).

    Selon l’élu, il existe un conflit entre le RGPD et le Cloud Act, cette loi américaine qui autorise la justice des États-Unis à récupérer des données hébergées par des entreprises américaines, même à l’étranger.

    Une vision partagée par Martin Hirsch (AP-HP). « On ne saura jamais comment le Cloud Act s’applique et on va filer toutes les recherches en santé à cette plateforme (le  Health Data Hub) », s’inquiète-t-il (Le Monde).

    Stéphanie Combes (HDH) rappelle que les données seront « pseudonymisées » et chiffrées

    Stéphanie Combes, cheffe de projet HDH (Drees), répond :

    • en soulignant que « le critère opérant est l’intérêt public : il faudra que Google ou Amazon aient un projet qui vise l’intérêt public pour légitimer leur demande d’accès aux données », ajoutant que, quel que soit le cas, les chercheurs ne pourront pas extraire les données de la plateforme.

    • en indiquant que les demandes émanant du Cloud Act ne pourront pas s’appliquer dans le cadre du hub français puisque les données seront « pseudonymisées » (le nom des patients n’est pas mentionné) et chiffrées (Le Monde). Or, le processus de déchiffrement n’est pas connu par Microsoft, retenu pour assurer le service d’hébergement de données, complète la responsable.

    Une explication qui ne suffit pas à tous les contradicteurs, certains arguant qu’une anonymisation totale des informations est impossible et qu’un chiffrement peut être contourné.

    Gérard Raymond, président de France Assos Santé et futur vice-président du hub, a conscience qu’il faudra faire preuve de vigilance. « Nous pensons que l’État va devoir aller plus loin dans les règles et les sanctions envers ceux qui ne respecteraient pas l’éthique, note-t-il (La Tribune). Notre engagement associatif consistera à ce qu’on ait ces moyens pour faire respecter la loi. »

    Microsoft se défend

    À propos du Cloud Act, Microsoft affirme au Monde n’avoir reçu, au cours du dernier semestre, « qu’une seule demande de données liées à une entreprise – et pas en France », complétant que la « certification hébergeur de données de santé – qui impose notamment des serveurs en France – répond à la problématique de souveraineté ».

    Un hébergement potentiellement transférable à un autre acteur, comme OVH (français)

    De son côté, le gouvernement explique que l’hébergement des données ne sera pas forcément indéfiniment confié à Microsoft puisqu’il peut être transféré à une autre société spécialiste du cloud. OVH, par exemple, indique être actuellement en discussion avec le hub pour participer à la phase 2 du projet, pour laquelle un appel d’offres (AO) sur le cloud souverain sera lancé. Le calendrier de cet AO n’est cependant pas encore connu.

    Cybersécurité : la centralisation d’un nombre conséquent sensibles inquiète

    Pas de « failles majeures » relevées par l’Anssi, qui émet néanmoins des « conseils d’amélioration »

    À noter que des « conseils d’amélioration » ont été suggérés au Health Data Hub à l’issue d’un audit mené par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (Anssi) mais qu’il n’y a pas eu de « failles majeures » révélées, rapporte Stéphanie Combes.

    Cette dernière note par ailleurs, en réponse aux critiques relatives aux questions de cybersécurité, que le niveau de sécurité n’est pas toujours suffisant dans les hôpitaux et les structures locales.

    L’Asip Santé (future Agence du numérique en santé) a, à ce propos, recensé 693 incidents déclarés par les structures sanitaires depuis la mise en place du signalement obligatoire des incidents de cybersécurité dans le domaine de la santé en octobre 2017 (annonce du 2 décembre 2019). Lors de la réalisation d’audits de sécurité, l’Anssi indique retrouver des « traces » d’attaque dans tous les établissements de santé. Il ressort d’ailleurs d’une étude menée par Symantec (2016) que les établissements consacrent 6 % de leur budget informatique à la sécurité, contre 16 % dans l’industrie.

    Des données avec un point d’accès unique

    Les acteurs critiquant le hub rétorquent que les intrusions proviennent parfois d’employés et que le fait d’avoir un point d’accès unique aux données augmente les risques en la matière. « L’idée de centralisation et de facilitation d’accès de l’ensemble des données de santé à des acteurs privés, réalisée sur l’autel de l’intelligence artificielle, ne peut qu’alerter », complète La Quadrature du Net, association de défense des libertés numériques, citée par Le Monde.

    Un droit d’opposition prévue dans le cadre du RGPD

    Stéphanie Combes rappelle que, dans le cadre du RGPD, le citoyen pour exercer un « droit d’opposition », lui permettant de demander le retrait de ses données d’une base.

    « En France, on a des données de très bonne « qualité ». Il faut les regrouper, les exploiter et les mettre à la disposition des chercheurs, tout en les protégeant soigneusement », commente le Pr Serge Uzan, vice-président de l’Ordre des médecins (source : La Tribune).

    Des revenus qui pourraient être partagés avec les producteurs de données

    L’un des autres sujets de tension autour du Health Data Hub est que les structures de santé, notamment les hôpitaux, vont devoir accepter de mettre à disposition leurs bases de données, pour lesquelles ils ont dû investir.

    Comme compromis, Stéphanie Combes suggère de partager avec les producteurs de données (c’est-à-dire les structures de santé) les revenus générés par le HDH de par la facturation de services, dans le cadre de recherches menées par des sociétés privées.

  • PathAI, nouveau fournisseur d’IA pour la recherche en pathologie des laboratoires pharmaceutiques

    Les récents partenariats entre laboratoires pharmaceutiques et start-ups marquent une évolution des tendances dans la recherche et le développement : recourir à des fournisseurs permet aux industriels de renforcer leurs capacités de recherche et de développement clinique. Parmi ces industriels figurent PathAI (États-Unis), un fournisseur de solutions basées sur intelligence artificielle (IA) pour la recherche en pathologie des laboratoires pharmaceutiques, qui émerge sur le marché.

    Fondée en 2016, la société s’est déjà rapprochée d’entreprises pharmaceutiques américaines :

    • Bristol-Myers Squibb (BMS) et le Fonds mondial d’innovation pour la santé Merck, filiale de Merck & Co basée à Kenilworth, dans le New Jersey, financent PathAI à hauteur de 75 millions de dollars (environ 67,67 millions d’euros). Ils rejoignent ainsi d’autres investisseurs comme LabCorp, General Catalyst et General Atlantic, qui ont mené le tour dans son ensemble.

    • Gilead Sciences collabore de son côté avec PathAI dans le domaine du traitement de la NASH ou stéatose hépatique non alcoolique.

    BMS et Merck soutiennent PathAI pour aider les pathologistes à poser des diagnostics rapides et précis

    • Enjeu: BMS, Merck et d’autres partenaires stratégiques prennent conscience qu’il est important de disposer des données les plus pertinentes possibles pour continuer à progresser dans le domaine en évolution rapide de l’immuno-oncologie, permettant ainsi d’accélérer les traitements nouveaux et améliorés pour les patients.
    • Objectif : aider les pathologistes à poser des diagnostics rapides et précis.
    • Contexte : les pathologistes, qui analysent des échantillons de tissus vivant (branche de la biologie appelée « histologie ») pour diagnostiquer une maladie, ont historiquement analysé ces échantillons manuellement. Plusieurs études montrent qu’après avoir formé un modèle avec plus de 250 000 annotations fournies par des pathologistes à l’aide de la plateforme de recherche PathAI, les performances analytiques des algorithmes font consensus pour les 5 pathologistes évaluateurs.

    Gilead collabore avec PathAI pour améliorer la compréhension de la NASH via IA

    • Enjeux :
      • mieux caractériser la NASH qui a des formes diverses ;
      • adresser la meilleure thérapie possible pour impacter la progression de la maladie ;
      • analyser plus rigoureusement la réponse au traitement ;
      • explorer des solutions novatrices pour des patients présentant une fibrose avancée due à la NASH.
    • Objectif : recourir à des outils d’IA pour l’évaluation de l’histologie du foie et contribuer aux travaux de Gilead pour améliorer la compréhension de la NASH.
    • Le contexte : la plateforme de recherche PathAI a évalué des biopsies après un « entraînement » sur plus de 68 000 annotations de 75 pathologistes certifiés. Il s’avère que les modèles de machine learning (apprentissage automatique) et le consensus de lectures des pathologistes indépendants présentent une haute cohérence pour les paramètres histologiques essentiels de la NASH. Ces résultats soulignent le potentiel de l’apprentissage automatique pour caractériser les patients cirrhotiques au-delà de la détermination histologique classique du stade de la maladie. 

    Cette technologie prometteuse développée par PathAI devrait permettre aux laboratoires pharmaceutiques d’assurer des progrès scientifiques et thérapeutiques continus aux patients dans divers aires thérapeutiques.

     

  • Google assure respecter des « règles strictes » dans le traitement des données de santé (Nightingale)

    Google tente d’expliquer plus clairement au public l’objectif de son programme controversé de collecte de données de santé « Project Nightingale », révélé par une enquête du Wall Street Journal en novembre 2019. Le géant américain a précédemment déclaré qu’il collectait légalement des données de la chaîne hospitalière Ascension dans le cadre d’un accord d’association commerciale (BAA) : cela lui permettrait de partager certaines informations relatives aux patients en vertu des lois en vigueur sur la protection des informations privées dans le domaine de la santé. Cependant, le Congrès a indiqué qu’il souhaitait savoir précisément ce que l’entreprise allait faire avec ces données. Google a donc expliqué plus en détail le projet dans un article de blog signé par le Dr. David Feinberg, VP de Google Health, publié le 20 novembre.

    Depuis le mois de novembre, Google a regroupé toutes ses divisions médicales sous la marque Google Health mais est resté assez discret sur ses projets. Pour rassurer ses clients et le grand public, l’entreprise a ouvert une page web dédiée à son projet de recherche médicale, que certains décrivent comme un outil proche du DSE/EHR (le DMP en France).

    « Notre travail respecte des règles strictes en matière de traitement des données des patients et notre accord de partenariat avec Ascension garantit que les données des patients ne peuvent être utilisées à d’autres fins que pour fournir nos services. Cela signifie qu’elles ne sont jamais utilisées à des fins publicitaires », note le Dr David Feinberg sur le blog. Il précise qu’il existe des contrôles stricts pour les employés de Google qui traitent les données de santé :
    • l’outil a tout d’abord été testé sur de fausses données et des ensembles de données librement accessibles, explique David Feinberg ;
    • il indique également que les employés de Google qui entrent en contact avec des données des patients suivent une formation HIPAA et sur l’éthique médicale ;
    • le VP de Google Health ajoute que la société chercherait à réduire le nombre de membres du personnel de Google qui ont accès à ces données ;
    • le système fera également l’objet d’un audit par une tierce partie, annonce-t-il.

    Le nouvel outil, encore au stade de la phase pilote, permet aux cliniciens d’accéder à différentes parties du dossier patient (DSE/EHR), telles que les constantes ou les notes médicales, à l’aide d’une fonction de recherche. Les médecins seront également en mesure de rechercher des informations dans les documents médicaux numérisés et les fax, qu’il s’agisse de notes manuscrites ou dactylographiées.

    Basé à Saint-Louis (États-Unis), Ascension sera le premier système de santé à mettre à l’essai la nouvelle technologie de Google. Courant novembre, il a été signalé que le groupe américain travaillait avec Ascension depuis 2018 dans le cadre d’une collaboration basée sur les données des patients, appelée « Project Nightingale ».

    Le lien entre charge administrative et burn out mis en avant dans des études

    Des travaux ont démontré que le fardeau de la documentation (administratif) et du DSE/EHR contribuait à l’épuisement professionnel (burn out) des médecins. Une étude sur les questions de santé, basée sur des données administratives et cliniques provenant des médecins généralistes et spécialisés de la Palo Alto Medical Foundation, révèle que le nombre de messages reçus par ces praticien était corrélé à leur probabilité de burn out.

    Un rapport récent de la Clinique Mayo, aux États-Unis, établit également un lien entre l’épuisement professionnel et une expérience sous optimale du DSE.

    Google s’intéresse à la documentation clinique depuis plusieurs années

    Google s’intéresse depuis longtemps à l’espace de documentation clinique. En février 2019, le géant américain a publié une demande de brevet sur un système de DSE prédictif mis en évidence pour la première fois par le groupe en mai. La demande avait été déposée par Google en juillet 2017 et n’a pas encore été acceptée.

    Un système de regroupement des DSE basé sur le deep learning

    Comme décrit dans la demande de brevet, le système de Google peut regrouper et stocker des DSE pour une population diversifiée, tout en compilant les dossiers de chaque patient dans un document chronologique unique. Un système informatique utilisant des modèles d’apprentissage en profondeur (deep learning) utiliserait alors cette collection de données pour orienter les prévisions d’événements de santé futurs et pour mieux contextualiser les données collectées à partir du dossier d’une personne afin de mettre en évidence des événements passés pertinents sur un DSE.

    La présence de Google dans le secteur de la santé éveille les craintes

    Le grand public est craintif à l’idée que Google puisse accéder à ses données privées, en particulier celles concernant leur santé.

    Le géant de l’internet a déjà été mis en doute dans ce champ particulier. En juillet 2019, Google, le centre médical de l’université de Chicago et l’université de Chicago ont été mises en accusation dans le cadre d’un recours collectif alléguant qu’ils n’avaient pas réussi à « désidentifier » les données médicales confidentielles de patients qu’ils avaient utilisées.

    Dans son billet de blog, David Feinberg tente de répondre aux préoccupations de confidentialité notamment relatives à ce projet.

  • TakeCareShow 2020, journée nationale sur la e-santé : le 10 octobre à Reims (inscriptions ouvertes)

    La 3ème édition du TakeCareShow, journée nationale de la e-santé organisée par Innovhealth et Hélium, aura lieu le 10 octobre 2020 au Centre des congrès de Reims.

    Le TakeCareShow a pour objectif de rassembler l’ensemble des professionnels de la santé et de la e-santé (hôpitaux, assurances, mutuelles, fabriquant d’objets connectés, acteurs de la silver économie, etc.), qui présenteront les dernières technologies développées au niveau mondial.

    La journée est rythmée par des conférences, des débats et des tables rondes portant sur la santé de demain à échelle internationale. Pour l’édition 2020, un espace salon sera mis en place pour proposer aux professionnels et au grand public de découvrir les dernières innovations du secteur.

    Le programme détaillé de l’événement sera dévoilé ultérieurement. Les inscriptions, gratuites, sont d’ores et déjà ouvertes. Elles sont à réaliser en ligne en suivant ce lien.