Efficience

  • Le Cercle P de Pfizer propose d’intégrer l’IA à l’Espace numérique de santé (manifeste)

    « La e-santé doit profiter à tous. » C’est le mot d’ordre lancé par le Cercle P à travers son manifeste en faveur de la e-santé. Le document a été présenté le 17 septembre 2019 à l’Open Mind Kfé à Paris, en présence du député LREM Julien Borowczyk. Le cercle de réflexion, créé en 2016 par le laboratoire pharmaceutique Pfizer, a mené fin 2018 une enquête auprès de 287 associations de patients et a élaboré à son issue 5 propositions, « en cohérence » avec les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) et « dans la continuité »  du plan gouvernemental Ma Santé 2022 :

    • « diffuser en mode « push » des messages personnalisés et ciblés de prévention à tous les publics (…) en fonction des données collectées » par l’Espace numérique de santé (ENS) grâce à l’intégration de l’intelligence artificielle à celui-ci : « l’association de l’ENS et de l’IA peut ainsi devenir un puissant outil d’éducation et de prévention en matière de santé en France », commentent les auteurs du manifeste ;

    • « mettre en place un « roaming » national » permettant à l’abonné d’un réseau d’utiliser en zone « grise » le réseau d’un autre opérateur afin de remédier à l’insuffisance de la couverture du réseau mobile dans les zones isolées dans le but de « garantir à tous l’accès à la e-santé »; 

    • « généraliser la formation sur la e-santé et les outils numériques dans les études médicales et la formation continue » afin de « réduire la perception négative qu’ont les médecins de l’impact des outils numériques sur la relation avec le patient » ;

    • « intégrer la composante e-santé dans le parcours de formation des patients experts », chargés d’accompagner les patients « vers les outils les plus adaptés » ;

    • « instaurer et financer un temps médical numérique des soignants (…) lors de la consultation médicale à proprement parler ou lors de sessions e-santé dédiées » pour leur permettre d’ »accompagner les patients vers les solutions et outils e-santé ».

  • Rencontres du progrès médical : l’impact éco des innovations organisationnelles doit être anticipé

    Les nouveaux dispositifs médicaux ont un impact sur l’organisation des soins, le parcours de soins et la pratique médicale. L’efficience de cette nouvelle organisation doit d’ailleurs être évaluée sur le plan du bénéfice patient mais aussi sous le prisme médico-économique. Tel était l’enjeu de la table ronde portant sur l’impact de l’innovation dans l’organisation des soins, organisée le 10 septembre 2019 à l’occasion des 7èmes Rencontres du progrès médical du Snitem.

    Anticiper l’impact organisationnel de l’innovation

    Selon Norbert Nabet, directeur général d’activité à Nehs, mettre à disposition un écosystème favorable au changement prend du temps. « Cela ne peut pas prendre moins de 10 ans entre l’innovation, la réglementation et la formation, d’autant que l’innovation est souvent vécue comme un perturbateur », commente-t-il.

    Certaines innovations bouleversent les organisations et les pratiques. Ces bouleversements doivent être anticipés dans l’appréciation économique globale le plus en amont possible. « Cela met en relation des acteurs, grâce au partage de données, qui n’étaient pas en lien précédemment : patients, industriels et plusieurs professionnels de santé », explique Marie-Anne Jacquet, sous-directrice du pilotage de la performance des acteurs de l’offre de soins à la DGOS. La Cnedimts (Haute autorité de santé) a d’ailleurs publié un guide qui explique en quoi le volet organisationnel peut-être une dimension de l’appréciation du bénéfice clinique des dispositifs.

    Tester et évaluer l’efficience

    À noter que différents pays d’Europe utilisent des « champions cliniques de l’innovation », soit des utilisateurs précoces d’une innovation. « Ils sont les mieux placés pour aller voir leurs collègues et leur dire que ce cela est possible. Cela peut s’organiser spontanément avec les sociétés savantes », indique Daniel Szeftel, directeur de Care Factory. Cette encouragement peut venir de la communauté clinique elle-même mais aussi des patients qui peuvent inciter les professionnels de soins à adopter de nouveaux outils, de nouvelles pratiques.

    « Nous avons besoin de pouvoir évaluer en vie réelle, sans faire d’analyses randomisées »

    Ces changements d’organisation doivent également être évalués et cela ne se passe pas comme dans un essai clinique classique. « Nous avons besoin de pouvoir évaluer en vie réelle, sans faire d’analyses randomisées. Pour autant, nous avons besoin de beaucoup de patients et de beaucoup de données pour faire du comparatif avec des techniques statistiques sophistiquées », poursuit Daniel Szeftel. L’objectif est de savoir si l’organisation a fait gagner de l’efficience en termes de qualité de vie mais aussi d’économies à l’Assurance maladie.

    Pour Anne-Marie Jacquet de la DGOS, cette évaluation n’est pas la première préoccupation dans le cadre du déploiement d’un nouveau dispositif mais cette question d’efficience de l’organisation peut enter en ligne de compte dans le cadre de la valorisation CEPS. « Nous soutenons d’ailleurs des programmes de recherche pour évaluer l’impact organisationnel et globale de certaines solutions de prise en charge dispositifs médicaux ou autre traitement », note-t-elle. Les expérimentations effectuées dans le cadre de l’article 51 vont d’ailleurs intégrer des modèles d’analyse d’impact organisationnelle avec la construction de groupes témoins.

  • Colloque Paris Descartes : « intelligence artificielle en santé et responsabilités », le 25/09/2019

    « Intelligence artificielle (IA) en santé et responsabilités ». C’est le thème du colloque organisé le 25 septembre 2019 par l’Institut droit et santé (IDS) et la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’université Paris Descartes.

    « Les succès de l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé ne doivent pas faire oublier qu’elle reste faillible. La question de la responsabilité en cas de dommage causé par l’IA ne doit par conséquent pas être négligée », contextualisent les organisateurs. L’objectif de cet événement est de s’interroger sur la capacité des régimes actuels de responsabilité civile à indemniser de façon optimale les victimes de dommages causés par l’IA. « Qu’en sera-t-il demain ? Une simple adaptation de nos principes juridiques actuels suffira-t-elle ? » sont autant de questions qui rythmeront les échanges.
    Un autre sujet traité sera celui de la sécurisation des données. « Parce que le résultat produit par une IA sera étroitement pendant des données d’apprentissage qui l’auront nourrie, il convient s’assurer de la qualité et de la sécurité de ces données, commentent les organisateurs. Or, le producteur des données risque de voir sa responsabilité engagée en cas d’obsolescence des données utilisées ou de manquements aux règles de sécurité. »

    Les inscriptions à ce colloque, gratuites, doivent être réalisées sur le site web de l’IDS par le biais d’un formulaire en ligne, accessible via ce lien.

    Plus d’informations au 01 76 53 45 39.

    Organisation :

    • Clémentine Lequillerier, maître de conférences en droit privé à la faculté de droit, d’économie et de gestion de l’université Paris Descartes et membre de l’Institut droit et santé, UMR S 1145.

    Programme

    2 tables rondes et un point sur la thématique « responsabilités et données »

    • 8h30 : café d’accueil
    • 9h00 : ouverture du colloque
      • Lydia Morlet-Haïdara, maître de conférences HDR à l’université Paris Descartes et co-directrice de l’Institut droit et santé, UMR S 1145
  • USA : un accord de 10 ans signé entre Google et la Mayo Clinic sur les données, le cloud et l’IA

    Google annonce avoir conclu un partenariat stratégique de 10 ans avec la Mayo Clinic, fondation hospitalo-universitaire américaine basée au Minnesota, avec l’objectif de « redéfinir la manière dont les soins sont dispensés » et d’« accélérer le rythme de l’innovation en santé grâce au numérique », plus précisément dans les domaines du cloud, de l’IA (dont l’apprentissage automatique, machine learning) et de la data.

    La Mayo Clinic, qui a choisi Google Cloud comme pierre angulaire de sa transformation numérique, prévoit d’utiliser la technologie développée par le géant de l’internet pour l’aider à valoriser le diagnostic assisté par IA, notamment en concevant des modèles d’apprentissage automatique pour améliorer les résultats cliniques, est-il précisé dans un communiqué daté du 10 septembre 2019.

    Dans le cadre de cet accord, la Mayo Clinic « continuera à contrôler l’accès et l’utilisation des données de ses patients » : elle autorisera au cas par cas l’utilisation de données pour des projets précis menés avec Google ou d’autres partenaires.

    Les GAFAM multiplient les partenariats avec les acteurs de la santé

    Un accord entre Microsoft et Providence St Joseph

    Cette annonce intervient après plusieurs accords du même ordre conclus aux États-Unis entre les GAFAM et le monde de la santé. Microsoft a annoncé le 8 juillet 2019 un partenariat similaire avec le groupe Providence St Joseph visant à « améliorer les résultats en matière de santé et réduire le coût total des soins » en combinant les technologies du géant de Redmond (cloud, IA, outil collaboratifs) avec les données et l’expertise clinique des hôpitaux.

    Une alliance entre AWS et Cerner

    Le 30 juillet 2019, c’est Cerner Corporation, société spécialiste des dossiers patient numériques, qui rendait public un accord avec AWS (Amazon Web Services) autour du cloud et de l’apprentissage automatique afin d’ouvrir une nouvelle ère en matière d’interopérabilité et de portabilité des données.

  • Dossier RH : nouveaux métiers et marché de l’emploi à l’ère de la révolution numérique et de l’IA

    Data scientist, ingénieur en robotique médicale, coordinateur de parcours de soins, bed manager… De par l’essor des nouvelles technologies dans le monde de la santé, numérique et IA en tête, et la réorganisation progressive du système de soins, des métiers nouveaux émergent et de nouvelles formations se déploient en France. Afin de mieux cerner ces compétences recherchées et les enjeux qu’implique cette (r)évolution technologique sur le marché de l’emploi, Health & Tech présente un dossier spécial, avec :

    • des portraits de professionnels au profil spécifique ou mixte :
    – les Dr Aziz Nazha, directeur du Centre médical d’IA de la Cleveland Clinic, et Nicolas Rochet, co-fondateur du Lica, un laboratoire d’intelligence collective et artificielle, expliquent leur métier de data scientist, qui consiste à « analyser, exploiter, mettre en valeur des données et à les communiquer » ;
    – Marie-Astrid Meyer, infirmière coordinatrice parcours de soins/recherche à Paris, revient en détail sur les spécificités de son poste, insistant sur l’importance du travail d’équipe entre les acteurs de soins, patient compris ;

    • un zoom sur les nouveaux diplômes, dont un indicateur des cursus santé proposés par les écoles d’ingénieurs ;

    • un aperçu de l‘état du marché de l’emploi en santé, marqué par le recrutement d’experts IT : dernière annonce en date, la délégation ministérielle du numérique en santé (DNS) renforce ses équipes et indique rechercher, entre autres, un architecte des systèmes d’information (SI) ; de son côté, la Drees publie plusieurs offres d’emploi, dont l’une est destinée au recrutement de responsables de la sécurité du SI (RSSI) et une autre au recrutement de data engineers, dans le cadre du projet « Health Data Hub » (HDH) ;

    • un focus sur l’impact du développement des nouvelles technologies sur les métiers traditionnels du secteur : dans un rapport publié en 2019, France Digital souligne le fait que l’IA peut transformer les métiers de la santé de manière significative.

  • Data : les cursus santé dans les écoles d’ingénieurs

    Le développement des nouvelles technologies dans le secteur de la santé, intelligence artificielle en tête, fait émerger de nouveaux métiers. Parmi eux, ceux d’ingénieur en traitement d’images ou en robotique médicale, par exemple, nécessitent à la fois des compétences précises en IT et une bonne connaissance du domaine des soins. Si les formations spécialisées pour ce type de métiers innovants étaient encore quasi inexistantes il y a une dizaine d’années, les écoles d’ingénieurs ont pris conscience de l’intérêt d’une mise en place de programmes dédiés. C’est notamment le cas de l’École polytechnique de l’université Grenoble I, qui propose un diplôme « ingénieur spécialité technologies de l’information pour la santé », ou encore de l’ISEP, qui a mis en place un parcours « ingénieur numérique et santé ».

    Health & Tech Intelligence fait le point sur les différents cursus actuellement proposés en France par les écoles d’ingénieurs.

    Retrouver en détail l’ensemble des cursus santé proposés par les écoles d’ingénieurs en France dans la rubrique « Data », accessible via ce lien.

  • Les cursus santé dans les écoles d’ingénieurs

    Le développement des nouvelles technologies dans le secteur de la santé, intelligence artificielle en tête, fait émerger de nouveaux métiers. Parmi eux, ceux d’ingénieur en traitement d’images ou en robotique médicale, par exemple, nécessitent à la fois des compétences précises en IT et une bonne connaissance du domaine des soins. Si les formations spécialisées pour ce type de métiers innovants étaient encore quasi inexistantes il y a une dizaine d’années, les écoles d’ingénieurs ont pris conscience de l’intérêt d’une mise en place de programmes dédiés. C’est notamment le cas de l’École polytechnique de l’université Grenoble I, qui propose un diplôme « ingénieur spécialité technologies de l’information pour la santé », ou encore de l’ISEP, qui a mis en place un parcours « ingénieur numérique et santé ».

    Health & Tech Intelligence fait le point sur les différents cursus actuellement proposés en France par les écoles d’ingénieurs.

  • Journées de rentrée de la Mutualité Française : les 25 et 26 septembre 2019, Nancy

    Les Journées de rentrée de La Mutualité française se dérouleront les 25 et 26 septembre 2019 au Centre Prouvé de Nancy. En présence de nombreuses personnalités (experts, élus locaux, etc.), dont le maire de Nancy Laurent Hénart, et devant une assistance essentiellement composée de représentants de mutuelles, cet événement déploiera une vision prospective du système de santé d’ici à 10 ans.

    Le village « Place de la santé – place à l’innovation » permettra aux participants de découvrir des initiatives mutualistes innovantes. Il sera composé de stands animés par divers exposants et start-ups du secteur de la santé. Des conférences et des débats rythmeront également ces journées.  

    Parmi les rendez-vous phares de l’événement :
    • la remise du Prix innovation mutuelle, destiné à valoriser des projets innovants en matière de santé ou à fort impact social ;
    • la conférence « L’intelligence artificielle peut-elle être éthique ? ». 

    Les inscriptions, obligatoires, sont à réaliser en ligne :
    • institutionnels, professionnels de santé : inscription (gratuite) ici ;
    • industriels : inscription (payante) ici.

    Pré-programme

    Mercredi 25 septembre 2019

    Jeudi 26 septembre 2019

    Plus d’informations sur l’événement ici.

  • Accord cadre e-parcours : le Resah retient les cabinets EY, Bee Consulting, Easis et PwC (lot 2)

    Ernst & Young (EY), Bee Consulting, Easis et PwC sont les 4 cabinets choisis par le Resah pour le lot 2 de l’accord-cadre national « e-parcours », portant sur l’assistance à la mise en œuvre.

    Pour rappel, le programme e-parcours vise à développer sur la période 2018-2022 une offre de service numérique pour la coordination de l’ensemble des professionnels de santé au service du patient. L’accord-cadre, conclu pour une durée de 4 ans à l’issue d’un appel d’offres (AO), permettra aux adhérents du Resah de bénéficier de 3 types de prestation : déploiement des services (lot 1), assistance à la mise en œuvre (lot 2) et animation des usages (lot 3).

    Les lots 1 et 3 n’ont pas encore été attribués. Le Resah indique à H&TI qu’il réalisera une communication globale lorsque cela sera le cas, soit début octobre.

  • « La France peut devenir la locomotive européenne de l’IA en santé » (Damien Gromier, AI for Health)

    « Permettre aux acteurs de la santé de comprendre ce que peut faire la technologie ». C’est l’objectif que s’assigne Damien Gromier, fondateur en 2018 de l’événement AI for Health, organisé le 5 septembre 2019 au Palais de Tokyo à Paris par Startup Inside et Janssen.

    Dans un entretien accordé à Health & Tech Intelligence, Damien Gromier souligne le potentiel de la France en matière d’intelligence artificielle (IA) appliquée à la santé, jugeant que son avantage stratégique majeur est la base de données de la Sécurité sociale, non biaisée, et que le pays a toutes les cartes en main pour « devenir la locomotive européenne de l’IA en santé ». Il distingue 2 tendances particulièrement porteuses dans ce domaine : l’assistance au diagnostic et la simulation d’interactions de molécules.

    « Nous voyons d’un très bon œil l’émergence du Health Data Hub »

    Comment en êtes-vous arrivé à créer AI for Health ?

    Damien Gromier : J’ai d’abord fondé il y a 4 ans France is AI, qui est le plus grand consortium d’acteurs de l’intelligence artificielle (IA) en France et en Europe. Puis, j’ai créé AI for Good avec Cédric Villani, lancé à l’Assemblée nationale en avril 2018. Et suite à cela, j’ai fondé AI for Health pour rassembler les acteurs de l’intelligence artificielle et de la santé : les start-ups  et les laboratoires de recherche d’un côté et de l’autre, les professionnels de santé, les régulateurs, laboratoires pharmaceutiques, les assureurs et grandes mutuelles et enfin les associations de patients. Le but, c’est de rassembler tout le monde dans un cluster. Tous ces acteurs sont membres du Forum AI for Health aujourd’hui : c’est un peu l’anniversaire de l’écosystème.

    Quel est le principe de cet événement ?

    L’idée est de pouvoir montrer quels sont les cas d’usage, ce que signifie concrètement l’IA en santé. C’est pour ça que je voulais faire une « démo zone ». Il s’agit aussi à l’inverse de permettre aux acteurs de l’IA et de la tech d’évangéliser les acteurs de la santé et de décrypter ce qu’ils font :  je tiens à cette notion de formation, d’acculturation, car c’est mon métier. Ce que nous faisons sur la santé, nous le faisons aussi sur la finance ou l’industrie.  

    Quelle place tient la santé au sein de France is AI ? 

    La santé tient une place centrale dans l’écosystème de l’intelligence artificielle, c’est donc notre sujet principal. On assiste actuellement à un réel engouement de l’IA pour la santé et on constate aussi un vrai besoin des professionnels de santé et des entreprises du secteur ainsi que des patients, de comprendre quels vont être les bouleversements provoqués par l’IA sur tout ce qui touche à la santé. Nous voyons d’un très bon œil l’émergence du Health Data Hub (HDH), comme une façon de structurer l’accès aux données de santé pour les acteurs de la technologie qui vont pouvoir proposer des solutions basées là-dessus.

    « L’IA est extrêmement efficace sur l’amélioration des résultats de diagnostic »

    Quelles sont actuellement les tendances les plus remarquables dans l’IA en santé ?

    Le plus visible, c’est que l’IA est extrêmement efficace sur l’amélioration des résultats de diagnostic. Que ce soit en cancérologie, en ophtalmologie ou en radiologie, elle permet de donner un diagnostic beaucoup plus précis, beaucoup plus fiable et beaucoup plus rapidement qu’avec les techniques actuelles. On doit citer aussi les technologies de simulation d’interaction des molécules, qui vont permettre aux laboratoires pharmaceutiques de créer plus rapidement de nouveaux médicaments. On voit par ailleurs de plus en plus d’IA appliquée au traitement des données de santé, notamment pour l’analyse des compte rendus réalisés par les médecins, permettant d’établir des corrélations.  

    Peut-on dire que ces tendances-là sont les plus porteuses à court terme ?

    Absolument. À horizon 10 ans, on aura des laboratoires pharmaceutiques capables de créer des molécules en 3 fois moins de temps qu’actuellement grâce justement à l’IA et aux algorithmes, grâce à la réduction de la durée des essais cliniques et grâce à des simulations. On aura également des systèmes d’assistance au diagnostic applicables à 80 % des maladies, permettant aux médecins de passer plus de temps avec le patient.

    « La France peut être leader mondial de l’IA en santé à l’horizon 2030 » 

    Comment voyez-vous la France évoluer dans cet écosystème ? 

    La France peut devenir un des leaders internationaux de l’IA en santé, et une locomotive européenne. Il faut pour cela que la montée en puissance du secteur soit bien orchestrée et avec les bons investissements.

    L’avantage concurrentiel majeur de la France par rapport aux autres pays c’est la base de données de la Sécurité sociale, qui est la plus grande base de données non biaisée au monde. Il y a des bases de données aussi grandes aux États-Unis mais elles appartiennent à des mutuelles privées et par conséquent elles sont biaisées, car les données sont celles de patients riches et en bonne santé, et ne concernent pas toute la population.

    La France peut être leader mondial de l’IA en santé à l’horizon 2030, voire 2025, si on exploite bien cet avantage stratégique. Le Health Data Hub est une des réponses : il s’agit de créer un cadre pour que les acteurs puissent accéder et utiliser cette donnée.