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  • Etude / Europe : état des lieux et perspectives de l’usage de l’IA dans les laboratoires de biologie médicale

    Vers une biologie médicale numérique et intelligente

    Bien que l’IA offre des perspectives prometteuses pour améliorer la discipline de la biologie médicale, des défis importants subsistent en matière d’accès aux données, de ressources techniques et de compétences. Selon cette étude, publiée en octobre 2024 dans le journal Clinical Chemistry and Laboratory Medicine (CCLM), l’intégration de l’IA dans ce domaine nécessitera une mise à jour des infrastructures existantes et une formation continue des professionnels de la santé.

    Avec leurs processus minutieusement définis et documentés, les laboratoires semblent être un terrain idéal pour le déploiement de l’IA. Les données structurées, abondantes dans ces environnements, sont essentielles à l’entrainement des modèles d’apprentissage automatique, ou machine learning (ML). Toutefois, contrairement à la reconnaissance d’images, où l’IA a déjà montré des résultats impressionnants, l’interprétation des résultats de laboratoire repose aussi sur des informations cliniques supplémentaires relatives du patient, telles que :

    • l’indication clinique ;
    • la médication ;
    • les antécédents médicaux ;
    • la prise en charge entreprise ;
    • et les examens physiques.

    Autant de facteurs qui compliquent l’intégration de l’IA dans le processus de diagnostic de laboratoire, car ces informations ne sont pas toujours facilement accessibles, comme l’indiquent plusieurs études, dont celle réalisée par le groupe de travail sur l’IA (WG-AI) de la Fédération européenne de biologie médicale (EFLM).

    Résultats de l’enquête

    Les auteurs de l’étude explore ainsi les défis, les opportunités et l’état actuel de l’adoption de l’IA dans les laboratoires de biologie médicale à travers l’Europe, en mettant en lumière les obstacles liés à l’accès aux données, aux infrastructures techniques et à l’expertise, tout en soulignant un fort intérêt des professionnels pour l’apprentissage et l’intégration de l’IA. Ils rappellent qu’en réponse aux besoins et lacunes identifiés dans l’enquête, l’EFLM travaille à l’élaboration de ressources éducatives destinées à soutenir l’adoption de l’IA dans les laboratoires de biologie médicale européens. Son ambition : accompagner leur transition vers une biologie médicale plus numérique et intelligente.

    Elle a été réalisée sous forme de questionnaire en ligne, auquel ont répondu 204 participants issus de laboratoires situés dans divers pays européens, avec une surreprésentation notable de la Turquie (23,5 % des répondants), mais aussi des contributions d’autres pays tels que l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie – bien que le nombre de réponses par pays soit limité. Cela a conduit les auteurs à éviter les analyses spécifiques par pays pour garantir une interprétation équilibrée à l’échelle européenne. Le profil des participants était diversifié, incluant des laboratoires universitaires, privés et hospitaliers, réalisant entre 1 million et 10 millions de tests annuels.

    1) Des défis liés à l’accès et à la gestion des données :

    Les données de qualité sont fondamentales pour l’apprentissage des modèles d’IA. Le principe FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, and Reusable) guide cette approche, et l’accessibilité est un élément crucial de ce cadre.

    Bien que de nombreux laboratoires aient accès aux données de leurs propres systèmes d’information (SIL), leur interprétation exige souvent l’inclusion d’informations cliniques supplémentaires. Or, ces dernières ne sont généralement pas fournies automatiquement, mais doivent être extraites des dossiers patients informatisés (DPI), ce qui présente des obstacles majeurs à un déploiement efficace de l’IA : des restrictions d’accès et des délais administratifs importants pour obtenir les autorisations nécessaires.

    Cette enquête menée auprès des laboratoires de biologie médicale européens révèle qu’environ la moitié des répondants n’ont pas accès à ces données cliniques externes, ou nécessitent une autorisation formelle.

    Figure 2: Access to health data. *Multiple answer options per respondent possible.

    2) L’enjeu des ressources techniques et des infrastructures :

    Si les laboratoires ne sont généralement pas en mesure de développer ou d’affiner des modèles de ML à grande échelle en interne, l’accès à des services cloud et à des modèles préexistants représente une solution pragmatique. Pour ce faire et afin de mettre en œuvre de l’IA dans le flux de travail clinique, une infrastructure numérique robuste est, cependant, essentielle :

    • une connexion Internet fiable ;
    • un accès aux services cloud ;
    • et des équipements de calcul adaptés, comme des ordinateurs dotés de GPU (unités de traitement graphique) ou de TPU (unités de traitement tensoriel).

    Les résultats de l’enquête révèlent que près d’un quart des laboratoires européens ne disposent pas de réseau Wi-Fi ou ont une connexion Internet lente ou instable. De plus, un nombre significatif d’entre eux ne sont pas autorisés à utiliser des logiciels tiers ou ne peuvent y accéder que sous des conditions strictes, ce qui empêche l’adoption de solutions cloud pour l’analyse des données.

    3) … Mais aussi des compétences et de la formation :

    Selon cette enquête européenne, seulement 10,8 % des participants indiquent avoir une bonne connaissance de l’IA au sein de leur équipe, et près de la moitié des laboratoires n’ont pas de compétences en informatique ou en sciences des données. Cependant, une forte demande de formation est présente : 89,7 % des répondants exprimant un intérêt pour des formations sur l’IA.

    L’absence de spécialistes en IA dans les laboratoires européens, ainsi que l’insuffisance des infrastructures et des données, freine l’application concrète de l’IA en biologie médicale. Néanmoins, il existe un intérêt croissant, notamment parmi les professionnels de santé, pour combler cette lacune par des formations adaptées et des collaborations interdisciplinaires. L’étude montre, par ailleurs, un fort intérêt pour l’intégration de l’IA dans les formations universitaires, avec 34,7 % des participants ayant des responsabilités pédagogiques incluant des sujets sur l’IA.

    Avancées du déploiement de l'IA dans les laboratoires de biologie médicale - @ CCLM, 2024
    Avancées du déploiement de l’IA dans les laboratoires de biologie médicale – @ CCLM, 2024

    Quelles perspectives d’avenir ?

    Les applications de l’IA en biologie médicale sont nombreuses, en particulier dans des domaines tels que :

    • la génomique ;
    • la transcriptomique ;
    • la protéomique ;
    • ainsi que dans des tâches de reconnaissance d’images telles que l’hématologie et la microbiologie.

    Les avancées récentes montrent également que l’IA peut être utilisée pour prédire les résultats de laboratoire à partir d’autres données cliniques disponibles, ouvrant ainsi de nouveaux horizons pour améliorer l’efficacité et la précision des diagnostics.

    Cependant, le manque de processus adaptés pour l’acquisition de données, les restrictions d’accès, ainsi que les infrastructures techniques insuffisantes représentent des obstacles majeurs à l’adoption de l’IA dans les laboratoires. Ce qui n’empêche pas l’existence d’une forte volonté d’apprendre et de former les équipes à l’IA pour réussir l’intégration future de ces technologies dans les pratiques quotidiennes.

     

     

    * A comprehensive survey of artificial intelligence adoption in European laboratory medicine: current utilization and prospects
    Cadamuro, J. et al.
    Clinical Chemistry and Laboratory Medicine (CCLM), 2024. https://doi.org/10.1515/cclm-2024-1016
  • Tribune : convergence ou collision ? comprendre la multiplicité des standards ouverts pour les données de santé (OpenEHR)

    Standardisation des données de santé : Défis, opportunités et typologie proposée

    Dans leur article publié le 9 avril 2024 dans le Journal of Medical Internet Research (DOI : 10.2196/55779), Guy Tsafnat, Rachel Dunscombe, Davera Gabriel, Grahame Grieve et Christian Reich explorent les enjeux liés à l’interopérabilité des données en santé numérique. Constatant un écosystème fragmenté et des efforts d’interopérabilité souvent incohérents, les auteurs mettent en évidence les limites d’une prolifération de standards incompatibles. Ils proposent une typologie structurée des besoins en données de santé, articulée autour de trois domaines : les soins cliniques et l’administration, l’échange de données, et l’analyse longitudinale. Chaque domaine est examiné à travers ses caractéristiques propres et les défis qu’il pose, avec des recommandations de conception à la fois générales et spécifiques. L’article souligne l’importance stratégique des standards ouverts pour favoriser une collaboration plus efficace, réduire les inefficacités et garantir des soins de meilleure qualité, tout en s’adaptant aux besoins diversifiés des acteurs de la santé.

    Trois domaines clés  structurant les données de santé liés au besoin:

    Le soin clinique et l’administration :

    Les données de santé sont générées pour documenter la prestation de services cliniques à diverses fins, notamment la continuité des soins et la facturation. Un référentiel de dossiers médicaux contenant l’historique complet de chaque patient est nécessaire pour fournir des soins continus et cohérents de manière efficace et efficiente. Étant donné que les soins cliniques manquent parfois d’une base de données probantes solide à partir de laquelle les meilleures pratiques peuvent être glanées, la documentation des soins doit pouvoir traiter un large éventail de types de données, y compris les événements « ponctuels » reflétant des circonstances imprévues chez le patient .

    L’objectif principal des normes d’interopérabilité des dossiers médicaux électroniques est de protéger les utilisateurs contre la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur, dans laquelle le coût du changement vers un meilleur système dépasse les avantages attendus du changement. Un système de dossiers médicaux électroniques qui utilise une norme ouverte peut remplacer un autre qui utilise la même norme beaucoup plus facilement et avec moins de perturbations pour la pratique clinique que deux systèmes incompatibles où la transformation des données d’un système à l’autre représente la part du lion du coût.

    L’échange de données :

    Les dossiers médicaux sont utilisés dans la communication entre différents acteurs. Par exemple, la continuité des soins dépend du partage d’informations sur le patient par plusieurs prestataires de soins de santé, et une facturation efficace nécessite le partage d’informations entre prestataires et payeurs. Il est souvent essentiel que les informations soient transmises immédiatement entre les systèmes pour éclairer les décisions urgentes. Les normes de transmission des données de santé devraient pouvoir être organisées en petites quantités qui incluent toutes les informations pertinentes et uniquement celles-ci.

    L’objectif principal des normes d’échange de données est la fidélité aux processus opérationnels de soins de santé. Par exemple, l’un des objectifs est de capturer et de représenter fidèlement la terminologie utilisée dans les processus locaux, quelle qu’elle soit, plutôt que de restreindre l’utilisation à une terminologie commune.

    L’analyse longitudinale :

    Le modèle commun de données (OMOP) du partenariat Observational Medical Outcomes Partnership (OHDSI) est une norme ouverte conçue pour l’interrogation longitudinale des dossiers cliniques. Son utilisation d’un modèle relationnel centré sur le patient le rend adapté aux requêtes complexes sur de nombreux dossiers de patients pour découvrir des modèles et des tendances à l’aide de techniques statistiques et d’apprentissage automatique.

    Les exigences de chaque norme de données ne permettant pas de remplacer les autres, des projets d’harmonisation sont menés par des bénévoles de la communauté afin de fournir des transformations standard d’une norme à une autre. Par exemple, la collaboration entre OHDSI et HL7 se manifeste par un groupe de travail commun qui organise des réunions hebdomadaires pour produire un guide de mise en œuvre des algorithmes qui convertissent les données de FHIR à OMOP et d’OMOP à FHIR. Des projets similaires visant à harmoniser openEHR avec OMOP et FHIR avec openEHR fournissent une architecture standard pour une interopérabilité et une réutilisation efficaces des données qui créeront un cercle vertueux de participation croissante de la communauté, d’amélioration des normes et de simplification de l’harmonisation. Ces groupes de bénévoles sont très bénéfiques, non seulement pour les normes auxquelles ils se consacrent, mais aussi pour les systèmes de santé du monde entier.

    Praticité, faisabilité et communauté 

    L’équilibre entre personnalisation et rigidité est un enjeu clé pour l’interopérabilité :

    L’adéquation technique d’une norme au problème qu’elle traite est importante, mais la santé numérique et l’interopérabilité des données sont des disciplines appliquées. Les considérations pratiques et sociotechniques, telles que les compétences disponibles, sont aussi importantes, voire plus importantes, que la supériorité technique. Bien qu’aucune norme ne soit parfaite, il existe des différences majeures entre ce que les normes peuvent faire « prêtes à l’emploi » et le degré de personnalisation requis avant de pouvoir les utiliser. Pour assurer l’interopérabilité des données dans la pratique, les normes doivent trouver le bon équilibre entre personnalisation et rigidité. Les données de base pour l’interopérabilité des États-Unis sont un excellent exemple de cet équilibre . Ces définitions d’éléments de données de base sont réglementées pour une utilisation aux États-Unis et peuvent être considérées comme un point médian entre les personnalisations nécessaires à chaque site et la rigidité concernant des éléments de données spécifiques.

    L’engagement communautaire , une clé de la durabilité et de l’évolution des normes :

    Les normes de données ne sont utiles que dans la mesure où elles sont adoptées par les organisations collaboratrices. Les normes largement utilisées dans la communauté sont donc plus susceptibles d’être bénéfiques pour les organisations qui cherchent à rejoindre des réseaux de collaboration qui utilisent ces normes. L’engagement des communautés qui non seulement utilisent une norme, mais qui y contribuent également et l’améliorent au fil du temps, différencie les normes existantes des normes plus durables. Une communauté activement engagée fera évoluer, au fil du temps, même une norme infantile vers une norme supérieure. Une communauté engagée et dynamique constitue donc un avantage majeur pour la longévité des normes de données qu’elle utilise . Les normes ouvertes ont un net avantage sur les normes propriétaires, car elles sont disponibles pour la contribution d’un public plus large et sont testées dans des environnements plus divers. Inversement, il est généralement plus facile de régir le développement de normes propriétaires, ce qui peut conduire à des cycles d’amélioration plus courts.

    L’harmonisation des terminologies : un pilier pour l’interopérabilité agile et efficace :

    Un aspect commun à toutes les normes de données, quelle que soit leur application, est l’utilisation de terminologies communes. De nombreuses normes s’appuient sur des terminologies développées indépendamment. Les terminologies peuvent être plates ou ontologiques, spécifiques à un ou à quelques domaines ou plus générales, propriétaires ou ouvertes. En fonction de l’utilisation prévue de la norme et des ressources disponibles, la politique d’inclusion des terminologies dans une norme peut différer. Les normes conçues pour la continuité des soins peuvent autoriser l’utilisation de terminologies externes si elles sont disponibles pour toutes les parties fournissant des soins, tandis que les normes utilisées pour l’exploration de données peuvent limiter leur utilisation aux seules terminologies approuvées. Comme c’est le cas des normes de données, les terminologies bénéficient de communautés actives pour les maintenir à jour. Comme le montrent les différents critères de conception, un système de santé véritablement interopérable et agile qui fournit les meilleurs soins cliniques possibles met en œuvre plusieurs normes. Par exemple, les dossiers standard d’un référentiel d’antécédents médicaux complets peuvent être transformés en une norme pour la transmission et transformés à nouveau lorsqu’ils sont saisis dans un entrepôt de données pour analyse. Une harmonisation systématique entre les normes réduirait ou éliminerait la perte d’informations dans les processus de transformation .

    Les auteurs :

    API : interface de programmation d’application
    FHIR : ressources d’interopérabilité rapide des soins de santé
    HL7 : Niveau de santé 7
    OHDSI : Sciences et Informatique des Données Observationnelles en Santé
    OMOP : Modèle commun de données du Partenariat pour les résultats
    RESTful : transfert d’état représentatif

    Pour aller plus loin

    Lors du Health&Tech Summit, découvrez pourquoi l’interopérabilité sémantique est essentielle pour maximiser l’usage des données de santé. Participez à la session Track 2.4 – No meaningful data without semantic interoperability standards, le mercredi 18 décembre 2024, de 16h00 à 17h00.

    Au programme :

    L’interopérabilité est une composante clé pour :

    • Optimiser les résultats des soins cliniques.
    • Faciliter la continuité des soins entre les professionnels de santé.
    • Encourager les usages secondaires des données, comme la recherche et l’innovation.

    Avec la participation de Stefan Schraps :

    Stefan Schraps : Vice-président Business & Community Management chez Vitagroup et membre actif de openEHR International, Stefan partagera son expérience sur l’application des normes dans les systèmes de santé pour une gestion efficace des données.

    Les autres intervenants :

    🔹 Anne-Sophie Bouy (Numeum / Cegedim) – Experte en réglementation et présidente de la commission santé.
    🔹 Diego Kaminker (HL7 International) – Responsable de la mise en œuvre des standards HL7, comme FHIR et CDA.
    🔹 Anne Maheust (Interop’Santé / Use&Share) – Fondatrice de solutions facilitant l’interopérabilité des données dans l’écosystème de santé.

    Pourquoi y participer ?

    • Découvrir les standards comme FHIR, CDA, et openEHR et leur rôle dans la transformation des systèmes de santé.
    • Comprendre comment les normes permettent une meilleure continuité des soins et une valorisation des données.
    • Échanger avec des experts sur des cas concrets d’interopérabilité.

    🎯 Inscrivez-vous dès maintenant pour explorer l’avenir des données en santé : lien d’inscription.

  • Adoption de la Gen AI : France Num publie 4 guides pratiques pour accompagner les TPE/PME

    Un déploiement naissant au sein des TPE/PME

    L’IA générative gagne du terrain dans les entreprises françaises, notamment parmi les TPE PME. Selon le Baromètre France Num 2024, l’usage de l’IA dans ces structures a bondi de 8 points en un an, avec une adoption notable de la Gen AI, qui constitue désormais l’essentiel des solutions utilisées (10 % des entreprises équipées).

    Les usages de l’IA augmentent et sont tirés par l’IA générative - @ Baromètre France Num 2024
    Les usages de l’IA augmentent et sont tirés par l’IA générative – @ Baromètre France Num 2024

    Selon les résultats d’une enquête de Bpifrance Le Lab, publié en mars 2024, les applications les plus fréquentes se concentrent sur des tâches transversales :

    • analyse et collecte d’informations : utilisée par 56 % des TPE PME sondées, cette fonction optimise la recherche et la gestion de données ;
    • création de contenus écrits : rédaction d’e-mails, de comptes-rendus ou encore de supports de formation (54 %) ;
    • traductions : déployées par 34 % des répondants ;
    • génération visuelle : production de contenus graphiques ou de posts pour les réseaux sociaux (28 %).

    Outre ces fonctions de support, certaines entreprises innovantes placent l’IA générative au centre de leur activité. Les applications avancées incluent la prospection commerciale (17 %), l’assistance au codage (17 %), la relecture automatisée (16 %), ou encore l’aide à la décision grâce aux reportings analytiques (11 %). Si ces usages sont aujourd’hui majoritairement présents dans les services, d’autres secteurs pourraient eux aussi en tirer profit.

    Les usages les plus poussés de l'IA générative restent rares, selon une enquête datant de mars 2024 - @ Bpifrance
    Les usages les plus poussés de l’IA générative restent rares, selon une enquête datant de mars 2024 – @ Bpifrance

    Des guides pratiques pour maîtriser la Gen AI

    C’est dans ce contexte que France Num, initiative gouvernementale dédiée à la transformation numérique des petites entreprises, propose un ensemble de quatre fiches pratiques pour guider les TPE/PME dans l’adoption de l’IA générative. Ces ressources abordent les points suivants :

    • comprendre l’IA générative : une première fiche décrypte les fondements de l’IA générative, sa logique de fonctionnement et son potentiel impact sur les organisations ;
    • explorer les cas d’usage concrets : une deuxième fiche montre, à travers des exemples détaillés, comment l’IA générative peut libérer du temps et améliorer l’efficacité dans divers contextes professionnels ;
    • choisir les solutions adaptées : une troisième fiche aide les entreprises à identifier leurs besoins spécifiques et à sélectionner une solution pertinente ;
    • adopter des pratiques responsables : la dernière fiche propose un tour d’horizon des risques associés à l’IA générative (sécurité, conformité, protection des données) et des précautions à prendre.
    Les 4 fiches pratiques d'IA générative pour les entreprises - @ France Num
    Les 4 fiches pratiques d’IA générative pour les entreprises – @ France Num

    Une collaboration pour une adoption maîtrisée :

    Ces fiches sont le fruit d’un travail collaboratif piloté par la Direction générale des entreprises (DGE), en partenariat avec des acteurs majeurs comme la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), Chambre de commerce et d’industrie (CCI) ou l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria). Elles visent à démocratiser l’usage de l’IA dans les petites structures, en levant les freins liés à la méconnaissance et aux risques perçus.

    Qu’elles soient débutantes ou en quête d’optimisation, les entreprises pourront trouver dans ces fiches pratiques une aide pour intégrer l’IA générative de manière efficace et sécurisée, et ainsi en faire un véritable levier de compétitivité.

     

  • Stratégie nationale : clarifier l’hébergement des données de santé et anticiper le déploiement de l’EHDS

    55 contributions émises dans le cadre de la consultation publique

    Dans le cadre de la consultation publique lancée en septembre 2024 sur la Stratégie nationale des données de santé, 55 contributions ont été recueillies de la part de 42 participants, soulignant l’engagement des différents acteurs dans ce domaine. Cette démarche avait pour but de recueillir des propositions visant à renforcer la réutilisation des données de santé tout en garantissant la confiance et la transparence envers les citoyens. Parmi les contributions marquantes, on retrouve des propositions telles qu’une meilleure représentation des patients dans la gouvernance des données, la mise en place d’une transparence systématique dans leur utilisation, ou encore l’élaboration d’un cadre éthique clair pour garantir la sécurité et la conformité des usages​

    Ces contributions s’inscrivent dans un contexte où les données de santé représentent un levier clé pour l’innovation et la recherche, nécessitant une gouvernance robuste et inclusive. L’objectif était également de rapprocher la France des standards internationaux tout en répondant aux exigences locales, comme un accès simplifié et pérenne aux données pour les chercheurs et professionnels de santé. Ce travail collaboratif a permis d’identifier des priorités stratégiques et a contribué à une réflexion collective sur l’avenir des données de santé en France. Ces points d’attention ont été restitués le 3 décembre 2024 par Aymeric Perchant, coordinateur interministériel de la stratégie d’accélération en santé numérique, et Claude Gissot, directeur de projet AMDAC à la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et de la statistique (Dress) et membre du comité stratégique des données de santé  lors de la Journée nationale de l’innovation en santé numérique.

    Des points d’attention clés pour une gestion responsable des données de santé

    Lors de cette conférence, plusieurs points d’attention ont été soulevés concernant les défis à relever pour améliorer la transparence, la sécurité et l’accessibilité des données. Ces préoccupations, formulées par les experts, visent à garantir une gestion plus éthique, efficace et collaborative des données de santé, tout en anticipant les évolutions à venir dans le cadre du règlement européen. Les acteurs du secteur ont insisté sur l’importance de renforcer la confiance des citoyens, de structurer les données pour répondre aux besoins des soins, de clarifier les modalités d’accès et de financement, et de maintenir un cadre national adapté aux transformations européennes. Les points suivants illustrent ces priorités de manière détaillée.

    Un plan de sensibilisation pour renforcer la confiance et la transparence des citoyens :

    L’un des points essentiels soulignés dans la stratégie nationale des données de santé est l’importance de renforcer la confiance des citoyens en matière d’utilisation de leurs données. Un des axes majeurs pour y parvenir est la mise en place d’un plan de sensibilisation qui informerait l’ensemble des citoyens sur les usages de leurs données et les mesures de protection qui les accompagnent. Ce plan de sensibilisation viserait à créer une meilleure transparence, indispensable pour établir une relation de confiance durable entre les citoyens et les acteurs de santé. La communication sur la sécurité et les usages responsables de ces données serait donc essentielle pour gagner cette confiance.

    Par ailleurs, l’évolution du Comité stratégique des données de santé a été identifiée comme une autre priorité. Ce comité deviendrait un espace central de consultation, réunissant toutes les parties prenantes afin de mieux orienter les décisions stratégiques et garantir une gouvernance transparente et inclusive. La question de l’hébergement des données de santé a également été soulevée, avec une priorité accordée à des infrastructures hautement sécurisées, afin de protéger les informations sensibles. Enfin, la clarification des futures obligations imposées par l’Espace européen des données de santé (EEDS) permettrait de préparer les acteurs à ce nouveau cadre et de faciliter l’adaptation des pratiques à l’échelle européenne.

    Développer des cartographies des données pour mieux répondre aux besoins des filières de soin : 

    Une autre priorité porte sur l’élaboration de cartographies des données de santé, qui permettraient d’identifier plus précisément les ressources disponibles pour mieux répondre aux besoins des parcours de soins. En développant une cartographie claire des données existantes, comme celles du Fonds des données de santé (FDS), il serait possible de faciliter l’accès aux informations cruciales pour les différents acteurs du secteur. Cela permettrait aux professionnels de santé et aux chercheurs d’identifier plus rapidement les données disponibles et d’optimiser leur exploitation au service des patients.

    En parallèle, un effort national et européen est nécessaire pour travailler sur les standards et normes des données, notamment en matière d’interopérabilité. Il est impératif que les données soient de qualité et puissent être partagées de manière fluide entre les différents acteurs de santé, tout en respectant les exigences légales. Dans ce cadre, la mise en place d’un plan de formation spécialisé devient essentielle. Ce programme, qui s’appuierait sur les acteurs publics et universitaires, permettrait de former les professionnels aux défis de l’ère numérique et aux nouvelles exigences en matière de gestion des données de santé.

    Clarifier le fonctionnement et élargir le répertoire des données disponibles :

    Le troisième point d’attention concerne la clarification et l’élargissement du répertoire des données de santé. Un répertoire centralisé et clair est nécessaire pour assurer une meilleure gestion des données et garantir une transparence totale pour tous les acteurs. En co-construisant ce répertoire avec les acteurs volontaires, la France pourra se préparer aux exigences du futur règlement européen, tout en simplifiant l’accès aux données. Cette clarification des modalités de fonctionnement et d’accès favorisera une exploitation plus fluide des ressources disponibles et permettra aux chercheurs et aux institutions de mieux se coordonner.

    Un autre enjeu majeur est la mise en place d’un financement pluriannuel pour soutenir la pérennité des bases de données de santé. Ce soutien financier, élaboré en concertation avec les parties prenantes, est essentiel pour accompagner les détenteurs de données dans leur mise à disposition et permettre la création d’une infrastructure robuste. Le financement à long terme aidera à pérenniser ces initiatives tout en garantissant l’accessibilité et la sécurité des données pour tous les acteurs impliqués.

    Maintenir et développer le cadre national pour anticiper les évolutions européennes :

    Enfin, le dernier point d’attention évoqué porte sur la nécessité de maintenir et de renforcer le cadre national des données de santé. Il a été souligné qu’un des enjeux majeurs était l’amélioration de l’accès au Système national des données de santé (SNDS) et la consolidation des méthodologies de référence existantes. Cette démarche vise à garantir que le cadre national reste en phase avec les standards européens et que les données de santé soient gérées de manière sécurisée et efficace. Le rôle stratégique du Health Data Hub dans l’hébergement du SNDS a été confirmé, avec un accent mis sur la sécurisation des données pour préserver la confidentialité et la confiance des citoyens.

    En parallèle, des négociations au niveau européen seront menées pour définir des principes harmonisés en matière d’utilisation des données de santé, afin de faciliter leur exploitation à l’échelle européenne. Ce travail préparatoire doit être accompagné par une approche pluridisciplinaire, impliquant des experts de divers secteurs, pour anticiper les évolutions à venir. Cette approche permettrait d’identifier de manière proactive les défis à venir et de développer des solutions adaptées pour les surmonter.

  • Roche lance en Europe un test compagnon pour la thérapie ciblée du cancer de l’ovaire

    Cancer de l’ovaire, huitième cause de décès par cancer chez les femmes dans le monde

    Roche Diagnostics obtient le marquage CE pour son test diagnostique compagnon d’immunohistochimie, identifiant les patientes atteintes d’un cancer épithélial de l’ovaire susceptibles d’être éligibles à la thérapie ciblée Elahere, développée par AbbVie, qui conjugue l’anticorps mirvetuximab et le médicament soravtansine. Ce marquage CE fait suite à une autorisation préalable en Autriche et en Allemagne. Désormais, ce test est largement disponible en Europe.

    Selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), le cancer de l’ovaire affecte chaque année 66 000 femmes en Europe, entraînant environ 44 000 décès. À l’échelle mondiale, il représente la huitième cause de décès par cancer chez les femmes. Les outils diagnostiques conventionnels, tels que le dosage de l’antigène cancéreux 125 (CA-125) et les tests génétiques pour détecter les mutations des gènes BRCA1/BRCA2, présentent des limites importantes :

    • Une faible sensibilité pour le dépistage précoce.
    • Des délais fréquents dans l’établissement du diagnostic.

    Microscopie optique et immunohistochimie : des avancées pour un diagnostic précis

    Dans ce contexte, Roche Diagnostics a développé un test d’immunohistochimie innovant, ciblant la protéine récepteur alpha du folate (FOLR1), surexprimée dans 90 % des tumeurs ovariennes. Le test, dénommé Ventana FOLR1 RxDx, repose sur les éléments suivants :

    • Utilisation du clone FOLR1-2.1, un anticorps monoclonal d’origine murine spécifiquement dirigé contre la protéine FOLR1. Conçu pour analyser l’expression du récepteur FOLR1 dans des échantillons tumoraux fixés au formol et inclus en paraffine.
    • Une analyse précise des échantillons, facilitée par la microscopie optique.
    • Ce test permet de stratifier les patientes et de les orienter vers une thérapie ciblée avec Elahere d’AbbVie.

    Une amélioration des taux de survie et des chances de traitements

    L’obtention du marquage CE repose sur les données des études cliniques internationales Mirasol, qui a inclus 442 patientes avec un cancer de l’ovaire résistant au platine, réparties dans de nombreux pays, dont les États-Unis, le Canada, la France, l’Espagne, l’Italie et d’autres pays européens. Cette étude a démontré :

    • Une augmentation significative des chances d’identification des patientes éligibles à des thérapies ciblées.
    • Une amélioration significative de la survie sans progression (PFS) de 35 %.
    • Une réduction de 33 % du risque de décès chez les patientes traitées avec Elahere par rapport à celles recevant une chimiothérapie conventionnelle.

     

  • Levée de fonds de 16 millions d’euros pour Raidium, la radiologie avec une IA 2 500 fois plus rapide

    Une IA au service de la radiologie de précision

    Raidium a conçu une technologie basée sur un modèle d’intelligence artificielle multimodal. Ce « copilote numérique » permet aux praticiens d’interagir avec l’IA via des commandes textuelles ou vocales. Intégré aux systèmes de gestion d’images médicales (PACS), cet outil identifie des zones d’intérêt, réalise des mesures avancées et génère des rapports détaillés en temps réel. Le modèle s’appuie sur une base de données de plus d’un milliard d’images médicales pour analyser des cas complexes tels que les cancers métastatiques ou les maladies hépatiques. L’approche de Raidium promet d’être 2 500 fois plus rapide que les méthodes traditionnelles, tout en fournissant une analyse précise.

    Un financement pour soutenir son développement

    La startup a levé 16 millions d’euros en novembre lors d’un tour de financement en seed (une levée de fonds qui permet à une entreprise de financer son premier développement commercial) mené par Newfund et Kurma Partners. Founders Future, Galion.exe, Techmind, Debiopharm et le Conseil européen de l’innovation (EIC) ont également participé à cette levée. Ce financement permettra à Raidium de renforcer son développement technologique, d’accélérer son expansion internationale et de recruter 25 nouveaux collaborateurs spécialisés dans la recherche, la réglementation et les partenariats commerciaux d’ici 2025.

    Des objectifs réglementaires et une stratégie internationale

    Pour étendre sa portée, Raidium vise une double homologation : le marquage CE en et l’autorisation de la FDA aux États-Unis. La société prévoit également d’ouvrir un bureau outre-Atlantique pour renforcer ses opérations dans un marché en forte demande de solutions innovantes en santé numérique. En France, Raidium bénéficie déjà de collaborations stratégiques avec l’AP-HP et des laboratoires pharmaceutiques. Ces partenariats confirment le potentiel de sa solution dans le cadre de la médecine de précision et de la recherche clinique.

     

  • Santé mentale des 10-24 ans : l’Europe explore de nouvelles approches numériques

    Renforcer l’action publique

    Dépression, anxiété, troubles addictifs… La santé mentale, particulièrement celle des jeunes, est désormais la grande cause nationale de santé publique en 2025. Santé publique France pointe une dégradation de la santé mentale des jeunes. La proportion de jeunes âgés de 18 à 24 ans présentant des symptômes dépressifs était de 11,7 % en 2017, contre 20,8 % en 2021. Ces données soulignent l’urgence de renforcer la prévention, la détection et la prise en charge des troubles mentaux. À travers le monde, les professionnels de santé et les décideurs publics œuvrent en ce sens. À l’instar du projet TEAM (Technology Enabled Mental Health for Young People), financé par l’Union européenne dans le cadre d’Horizon 2020, ce programme explore et développe des solutions numériques pour améliorer la santé mentale des jeunes, en rendant les dispositifs plus accessibles, abordables et adaptés aux besoins.

    Une approche collaborative pour améliorer la santé mentale des jeunes

    Le projet IMPROVA (e-Intervention Enhancing Mental Health in Adolescents) s’inscrit dans une dynamique similaire, visant à intégrer les technologies numériques dans la prévention et la gestion des troubles mentaux chez les jeunes. Ce projet se distingue par :

    • Son ambition interdisciplinaire : l’implication de chercheurs, décideurs politiques, enseignants, parents et adolescents constitue un modèle de co-construction.
    • Une attention particulière aux inégalités sociales : car les adolescents défavorisés sont souvent moins pris en charge, aggravant les impacts des troubles mentaux à long terme.
    • Un cadre d’évaluation robuste : la phase pilote avec 6 000 adolescents permet de générer des données solides sur l’efficacité et l’acceptabilité de la plateforme, pouvant servir de référence pour d’autres projets.

    Depuis 2022, la plateforme propose des outils pour prévenir et détecter des troubles mentaux. Elle intègre également des contenus visant à réduire la stigmatisation et les inégalités sociales liées à ces troubles. Ce projet est mené par un consortium européen et bénéficie de l’implication de l’Équipe de recherche en épidémiologie sociale de l’Institut Pierre-Louis d’épidémiologie et de santé publique (Inserm, unité 1136) dirigée par Maria Melchior.

    1 500 jeunes Français dans le groupe de test

    Dès décembre, cette plateforme sera testée auprès de 6 000 adolescents répartis dans plusieurs pays européens. Les objectifs de cette phase de test incluent l’évaluation de l’acceptabilité de la plateforme par les utilisateurs, ainsi que son impact sur la sensibilisation et la détection des troubles. Les résultats attendus orienteront les prochaines étapes, notamment l’extension éventuelle de l’outil à d’autres contextes éducatifs et sanitaires en Europe. D’après les premières estimations, le recours aux outils numériques en santé mentale pourrait élargir l’accès à des solutions adaptées pour les jeunes, tout en renforçant la prévention. La standardisation des interventions numériques pourrait également faciliter leur intégration dans les politiques de santé publique et réduire les disparités d’accès aux soins.

    En France, 1 500 jeunes des académies de Créteil et Versailles participent à cette phase d’évaluation.

     

  • Gen AI : The Lancet annonce de nouvelles règles pour renforcer la transparence de ses journaux

    Un encadrement rigoureux de la publication

    En générant du contenu rapidement et de manière fluide, la Gen AI a le potentiel de révolutionner la publication scientifique. Cela pose cependant plusieurs défis importants, notamment en termes de transparence, d’intégrité et de responsabilité. En 2024, le groupe The Lancet, l’un des plus grands groupes de revues scientifiques dans le monde, a mis en place des mesures spécifiques pour encadrer son usage dans le cadre de ses publications.

    L’une des premières mesures instaurées concerne la transparence : les auteurs doivent désormais déclarer explicitement l’utilisation de l’IA générative au moment de la soumission de leurs articles. Un nouveau système de « case à cocher » a été ajouté dans le processus de soumission, demandant aux auteurs de préciser si l’IA a été utilisée, et de détailler les informations suivantes :

    • le modèle de langage utilisé ;
    • sa version ;
    • ainsi que les prompts employés.

    Ces informations doivent être incluses dans la section des remerciements du manuscrit.

    L’usage de l’IA interdit dans la rédaction des opinions et critiques :

    Au-delà des articles scientifiques eux-mêmes, certaines sections des revues, telles que les commentaires ou les perspectives, doivent rester sous le contrôle exclusif de l’intelligence humaine. The Lancet insiste sur le fait que la Gen AI peut être utilisée uniquement pour la correction grammaticale ou l’amélioration du style, et ne doit en aucun cas interférer avec l’interprétation ou la contextualisation des recherches. Cette distinction est fondamentale, estime le groupe, pour maintenir la valeur ajoutée de l’analyse humaine dans ces espaces critiques.

    Protéger confidentialité et intégrité de la recherche :

    Une autre règle essentielle concerne la confidentialité des recherches en cours. Les relecteurs des manuscrits ne doivent en aucun cas introduire du contenu inédit dans un modèle de langage, afin d’éviter toute violation de la confidentialité des données. Par ailleurs, l’utilisation de l’IA pour créer des figures ou des œuvres graphiques doit se limiter à des tâches de brainstorming ou de suggestions d’idées, afin de prévenir tout risque de violation des droits d’auteur.

    Des risques liés à la Gen AI

    Bien qu’irréfutablement efficace, la IA générative présente des risques notables. Elle est, par exemple, susceptible produire des « hallucinations », c’est-à-dire es informations erronées qui semblent crédibles mais qui manquent de fondement. Ces erreurs peuvent nuire à la confiance du public dans les résultats scientifiques.

    D’autre part, une trop grande dépendance à l’IA pourrait mener à une réduction des compétences humaines, avec des conséquences négatives sur la qualité de la recherche. The Lancet rappelle que l’intégrité scientifique repose sur l’analyse critique et la réflexion humaine, éléments impossibles à reproduire par une machine.

    … Mais des opportunités innombrables aussi :

    Malgré ces risques, l’IA génère aussi de nombreuses opportunités pour la recherche scientifique. Elle pourrait rendre la littérature scientifique plus inclusive, notamment pour les chercheurs non anglophones ou neurodivergents. Elle pourrait également faciliter la gestion des références bibliographiques, en rendant plus visible la recherche issue de diverses cultures et langues. De plus, l’IA pourrait alléger certaines tâches répétitives des chercheurs, comme l’analyse de données ou l’identification des lacunes dans la littérature, tout en augmentant leur productivité. Le journal fait toutefois remarquer qu’il est primordial que l’humain reste responsable de chaque étape du processus de recherche.

    Maintenir les standards d’excellence du journal :

    Le groupe The Lancet affirme rester déterminée à maintenir les plus hauts standards d’intégrité et de transparence dans la publication scientifique. Si, pour lui, la Gen AI offre de nombreux avantages, son utilisation devra être strictement encadrée pour éviter tout abus et garantir que la recherche scientifique continue d’être un domaine dirigé par l’intelligence humaine. Les mesures récentes mises en place au sein du groupe de journaux marquent une étape importante vers l’intégration réfléchie de l’IA dans la science, tout en protégeant les principes fondamentaux de rigueur et de responsabilité.

     

  • Sommet pour l’action sur l’IA : lancement des défis « AI Convergence » pour propulser une IA responsable et innovante

    Une vision partagée pour une IA au service de tous

    Le Sommet pour l’action sur l’IA, prévu les 10 et 11 février 2025 à Paris, marque une étape majeure dans le développement d’une IA éthique, durable et inclusive à l’échelle internationale. À cette occasion, Clara Chappaz, secrétaire d’État chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, Anne Bouverot, envoyée spéciale du président de la République pour le Sommet pour l’action sur l’IA, et Bruno Bonnell, secrétaire général pour l’investissement en charge de France 2030, ont annoncé le lancement des défis « Convergence IA », qui visent à valoriser les projets utilisant l’IA comme levier de transformation technologique et sociétale.

    Clara Chappaz souligne que l’ambition derrière cette initiative est d’ouvrir une « troisième voie » pour l’IA, fondée sur la confiance, la durabilité et l’inclusivité. Les défis sont conçus pour encourager des projets ayant un impact concret sur des problématiques générales, qu’il s’agisse de santé, d’éducation ou encore de transition écologique. De son côté, Anne Bouverot insiste sur le rôle catalyseur de l’IA. Selon elle, ces défis reflètent la vitalité des écosystèmes académiques et industriels, en France et à l’international, et offrent une vitrine mondiale aux talents innovants.

    5 thématiques prioritaires :

    Les défis « Convergence IA » s’articulent autour de cinq thématiques majeures :
    • IA au service de l’intérêt public : des solutions pour la santé, l’éducation et les services essentiels ;
    • avenir du travail : comment l’IA redéfinit les métiers et les modèles organisationnels ;
    • innovation et culture : l’IA comme vecteur de créativité et d’évolution culturelle ;
    • confiance dans l’IA : promouvoir une IA transparente, fiable et éthique ;
    • et gouvernance mondiale de l’IA : établir des cadres globaux pour une adoption responsable.

    Ces priorités mettent en avant des défis ayant un impact direct sur la société tout en intégrant une vision globale et collaborative.

    Des projets ouverts à tous les stades de maturité

    Qu’il s’agisse de prototypes, de solutions prêtes à l’emploi ou de projets en cours, les défis s’adressent à toutes les équipes capables de démontrer une ambition et une faisabilité alignées avec les enjeux sociétaux. Les formats possibles incluent des hackathons, des projets à moyen terme ou des innovations prêtes à être commercialisées.

    Le calendrier des défis s’étend sur plusieurs mois. Les projets retenus bénéficieront de visibilité et d’un accompagnement jusqu’à leur présentation lors du sommet en février 2025.

    Les critères de sélection incluent :

    • l’impact international du projet (implication d’acteurs ou de données multiculturelles) ;
    • l’innovation de rupture (propositions audacieuses et inédites) ;
    • la création de valeur (contribution au développement durable, à la résilience et à la croissance économique) ;
    • et la mobilisation des parties prenantes (capacité à fédérer un écosystème diversifié).

    Pour Bruno Bonnell, ces défis devraient montrer comment l’IA peut transformer nos pratiques sociales et économiques : “il s’agit de repousser les limites tout en construisant un monde plus résilient et durable.”

    Calendrier des défis « Convergence IA » :

    • 25 novembre : les porteurs de projets sont invités à soumettre leurs propositions avant le 5 décembre 2024 à 23h59 via ce lien.
    • 6 décembre 2024 : réunion du comité de sélection pour évaluer et retenir les projets les plus prometteurs.
    • Semaine du 9 décembre 2024 : réunion de lancement des défis sélectionnés, remise du label « AI Action Summit » et distribution des outils de communication.
    • Jusqu’au 9 février 2025 : développement des projets, incluant la présentation de résultats intermédiaires à mi-janvier devant le comité.
    • 10 et 11 février 2025 : présentation des résultats finaux dans le cadre du Sommet pour l’action sur l’IA à Paris.

    Un autre sommet international à Paris avant la fin de l’année

    En écho aux défis “AI Convergence”, et en attendant le Sommet pour l’action sur l’IA en février 2025, un autre événement international majeur, dédié à l’IA et à la data mais en santé, est à venir : le Health&Tech Summit 2024, qui se tiendra à Parisanté Campus du 17 au 19 décembre 2024. Sous le thème « Healthcare with AI & Data: Drive the Change! », cet événement se focalise sur l’intégration pratique de l’IA et des données dans les systèmes de santé. Avec des discussions approfondies sur les cas d’usage, des masterclasses et des échanges entre décideurs, l’événement illustrera comment l’IA et les données redéfinissent les soins, de la prévention à l’excellence opérationnelle des hôpitaux.

    Ensemble, ces deux sommets dessinent une trajectoire commune pour mobiliser les acteurs de l’IA dans des initiatives transformatrices, au service des citoyens et des institutions.

    👉 Pour participer à la conversation et découvrir comment l’IA et les données façonnent déjà l’avenir de la santé dans le monde, inscrivez-vous dès maintenant au Health&Tech Summit 2024 via ce lien.

     

  • Première journée de la société française de la valeur en santé : ensemble, construire un système centré sur la valeur

    Une ouverture sous le signe de la transformation

    Le 25 novembre 2024, la Société Française de la Valeur en Santé (SFVS) a organisé au GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences une journée consacrée au Value-Based Healthcare (VBHC). Cette première édition, à la fois ambitieuse et inspirante, a réuni des experts, praticiens, décideurs et industriels pour explorer les leviers nécessaires à la transformation du système de santé français.

    Dr Virginie Luce-Garnier, présidente de la SFVS, a ouvert la journée en rappelant les objectifs de la société : structurer les acteurs autour de la valeur, promouvoir les PROMs (Patient-Reported Outcome Measures) et PREMs (Patient-Reported Experience Measures), et soutenir les professionnels dans cette transition. « Il est temps de passer de la prise de conscience à l’action », a-t-elle affirmé avec conviction.

    Table ronde 1 : comprendre la valeur en santé et ses enjeux

    Sous la modération bienveillante du Pr Philippe Michel (Hospices Civils de Lyon), cette session a exploré pourquoi le VBHC est crucial pour l’avenir du système de santé français :

    • Emmanuelle Rémond (UNAFAM) a évoqué, avec sensibilité et pragmatisme, les défis des patients et l’importance des PROMs pour renforcer leur autonomie. Elle a illustré comment ces outils permettent d’améliorer le dialogue avec les équipes médicales et de personnaliser les soins.
    • Pr Grégory Katz (Université Paris Cité) a partagé des résultats marquants de son expérimentation Article 51 en chirurgie de la cataracte, impliquant 50 médecins et 3 600 patients. Ses travaux montrent que la comparaison des résultats améliore les pratiques : « Ce qui se mesure s’améliore. »
    • Pr Fitsum Guebre-Egziabher (Hospices Civils de Lyon) a mis en avant les bénéfices d’une meilleure coordination des acteurs autour du patient, pour des parcours plus fluides et des soins plus pertinents.
    • Pr Dominique Breilh (Université de Bordeaux) a captivé l’audience en expliquant comment mesurer et valoriser l’impact des soins sur la qualité de vie des patients, au-delà des simples résultats cliniques.
    • Guillaume Couillard (GHU Paris) a rappelé les défis organisationnels des hôpitaux, notamment la nécessité de leadership pour intégrer les innovations et mobiliser les équipes.
    • Laurence Girard (Roche Diagnostics) a plaidé pour des partenariats industrie-soins, soulignant que le VBHC offre une opportunité unique de dépasser les débats coûts-volumes pour se concentrer sur des impacts durables.

    Les échanges ont démontré que le VBHC ne peut réussir qu’en rassemblant toutes les parties prenantes autour d’une vision commune.

    Table ronde 2 : des exemples concrets sur le terrain

    La deuxième table ronde, modérée par Dr Olivier Untereiner (Institut Mutualiste Montsouris), a offert des exemples pratiques de mise en œuvre du VBHC :

    • Dr Elisabetta Scanferla (GHU Paris) a présenté un projet d’intégration des PROMs en psychiatrie, basé sur des questionnaires mesurant le bien-être subjectif, l’amélioration des symptômes et l’expérience des patients. Ce projet révèle des liens subtils mais essentiels entre ces dimensions.
    • Dr Bertrand Semay (Clinique Mutualiste de Saint-Étienne) a partagé son expérience en chirurgie orthopédique, où la cartographie des processus a permis de réduire les pertes d’information et d’améliorer la coordination des soins.
    • Dr Alba Nicolás-Boluda (One Clinic) a détaillé une prise en charge intégrée de l’endométriose, démontrant comment structurer un parcours centré sur les patientes peut transformer les résultats cliniques et l’expérience de soin.
    • Pr Martine Bellanger (ICO) a exploré les effets prédictifs de la qualité de vie initiale des patientes atteintes de cancer du sein sur les résultats après chimiothérapie, mettant en lumière des éléments cruciaux pour guider les décisions thérapeutiques.
    • Maria Belen Lopez (Institut Français de la Valeur en Santé) a présenté les résultats du programme PIMA, une initiative innovante visant à améliorer l’adhérence des patients atteints d’apnée du sommeil, avec une augmentation de 14 % de l’observance et des améliorations significatives de la qualité de vie.

    Perspectives internationales : VBHC en Suisse et en Europe

    Le Pr Florian Rossiaud-Fischer a présenté les travaux de la Société Suisse VBHC, qui se concentre sur la standardisation des indicateurs pour mieux comparer les pratiques.

    Dr João Marques-Gomes et Dr Alba Nicolás-Boluda ont quant à eux décrit les efforts de l’European Association of Value-Based HealthCare, un réseau dédié à partager les bonnes pratiques et à accélérer l’adoption du VBHC en Europe.

    Le rôle clé des institutions françaises

    La dernière session, modérée par Dr Virginie Luce-Garnier et Nathalie Bass, a mis en avant les leviers institutionnels nécessaires pour déployer le VBHC à grande échelle :

    • Dr Edith Riou (Ministère de la Santé) a plaidé pour un pilotage national structuré autour des PROMs et PREMs, soutenu par des incitations financières et une meilleure interopérabilité des systèmes d’information.
    • Dr Laetitia May-Michelangeli (HAS) a présenté des outils concrets pour aider les établissements de santé à intégrer les indicateurs de résultats dans leur pratique.
    • Dr Catherine Grenier (CNAM) a mis en lumière l’importance de l’Article 51 et du Challenge Innovation Santé 2030, qui favorisent des financements basés sur la qualité et des parcours de soins intégrés.

    Un appel à l’action pour une santé centrée sur la valeur

    Cette journée a montré que, malgré les défis, la transformation vers un système centré sur la valeur est possible. Grâce à des initiatives comme celles de l’Institut Français de la Valeur en Santé, qui accompagne les professionnels avec des outils pratiques, des formations certifiantes et un Livre Blanc prévu en 2025, le VBHC prend une place essentielle dans l’évolution de notre système de santé.

    Construire un système plus juste, plus durable et véritablement centré sur les besoins des patients : tel est l’enjeu que cette première journée a permis de mettre en lumière.