Isabelle de Silva quitte l’Autorité de la concurrence : un bilan marqué par la lutte anti-GAFA

« Mon mandat de présidente s’achèvera le 13 octobre », annonce sur Twitter Isabelle de Silva, présidente de l’Autorité de la concurrence depuis 2016, dans une publication du 4 octobre, confirmant une information de l’AFP. « J’ai eu confirmation de la fin de mon mandat la dernière semaine de septembre. Je n’ai pas eu d’explications », indique-t-elle dans un entretien accordé à L’Express (article daté du 11 octobre), rappelant qu’elle était candidate à sa propre succession

Ancienne élève de l’Ena (promotion Saint-Exupéry, 1992-1994) Isabelle de Silva devrait réintégrer le Conseil d’Etat, son corps d’origine, où elle assurait les fonctions de présidente de sous-section de 2013 à 2016. Le vice-président de l’Autorité de la concurrence Emmanuel Combe assurera l’intérim jusqu’à la nomination de son successeur. 

Plateformes numériques: un service dédié et de lourdes amendes

Le mandat d’Isabelle de Silva s’est notamment distingué par le montant record des amendes infligées, notamment aux acteurs du numérique (1,78 milliard d’euros en 2020, dont plus d’1 milliard pour Apple) et 770 millions d’euros réclamés à Google en 2021, ainsi que par son activité dans le secteur du numérique.

Isabelle de Silva a créé en 2020 un service dédié dirigé par Yann Guthmann, avant de nouer un partenariat avec le Pôle d’expertise de la régulation numérique (Peren), le nouveau pôle spécialisé de Bercy, dirigé par son ancien rapporteur général adjoint Nicolas Deffieux. Elle a également lancé en juillet 2021 une enquête sur Doctolib pour « abus de position dominante » et une autre concernant « des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur de la collecte et de l’exploitation des données d’officines de pharmacie ».

« Même aux États-Unis, la France sert de modèle »

« Les moyens de tous ordres qui sont employés par [les géants du numérique] sont considérables, relève-t-elle (L’Express). L’État n’a peut-être pas suffisamment renforcé les moyens d’une autorité comme la nôtre compte tenu de nos tâches, nos ressources sont restées stables avec quelques renforts limités. » « De l’avis de tous, nous sommes en pointe sur [le numérique] avec la Commission européenne », se félicite-t-elle, soulignant que « l’extrême solidité de [son] dossier » contre Google a amené le groupe à accepter une transaction: « même aux États-Unis, la France sert de modèle », souligne Isabelle de Silva.

« Je ne suis pas favorable à un démantèlement » des plateformes ni à « examiner une acquisition différemment quand elle est menée par une grande société du numérique », précise-t-elle. Il faut, selon elle, « faire respecter les règles de base en vigueur » et « revitaliser le contrôle des concentrations pour en faire une arme de dissuasion ».

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