Le Pr Benoit Gallix indique prendre « acte de la décision du conseil d’administration » et dénonce une « mesure de représailles directes » contre le signalement effectué le 20 juin 2022 au parquet national financier (PNF) « sur des faits susceptibles de revêtir diverses qualifications pénales». Il précise avoir réalisé en amont de nombreux signalements en interne et auprès de l’État, restés sans effet.
Cette réaction du Pr Benoit Gallix, diffusée dans un communiqué, est relayée à la suite de la décision du conseil d’administration de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg, qui l’a démis de ses fonctions de directeur général le 23 juin 2022, après le signalement qu’il a émis au PNF. Son mandat à la tête de l’IHU avait débuté en 2020 et devait courir jusqu’à fin 2023.
« Nous avons décidé d’arrêter le mandat [de Benoit Gallix] à effet immédiat », a annoncé l’IHU par la voix du président du conseil d’administration (depuis avril 2022) Philippe Richert, ancien président de la Région Grand Est, selon qui la décision a été votée à l’unanimité moins une voix contre et une abstention.
Il explique que la procédure de licenciement de Benoit Gallix avait été engagée avant le signalement au PNF, à cause :
• d’un « climat de défiance » ;
• d’un « manque de confiance totale » ;
• et de « problèmes financiers » avec des « dépenses non autorisées ».
Signalement au parquet national financier : l’Ircad se défend
Le signalement au PNF porterait sur les flux financiers entre l’IHU et l’Ircad, l’Institut de recherche contre les cancers de l’appareil digestif de Strasbourg, dirigé par le Pr Jacques Marescaux, ancien directeur de l’IHU jusqu’en 2020.
L’Ircad dénonce pour sa part dans un communiqué les informations « orientées et parcellaires » transmises à la presse par Benoît Gallix, qui selon lui « ne reflètent en rien la réalité » : l’institut de recherche évoque des analyses financières réalisées par la direction générale et la direction des finances de l’université de Strasbourg, sous contrôle de l’Inspection générale du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, « que l’ex-directeur de l’IHU ne saurait ignorer et qui contredisent ses accusations ».
Selon l’Ircad, Benoît Gallix « a eu connaissance de la remise en cause potentielle de son mandat pour manquements graves dans l’exercice de ses fonctions » : il aurait voulu « instrumentaliser la situation afin de faire obstacle à sa révocation », intervenue le 23 juin après un processus initié bien avant ses dénonciations récentes.
L’Ircad se dit « contraint de saisir le Procureur de la République de Strasbourg d’une plainte pour dénonciation calomnieuse ».
