Le Dr Robert Califf « possède l’expérience et l’expertise nécessaires pour diriger la Food and Drug Administration (FDA) à un moment critique de la lutte de notre nation contre la pandémie de coronavirus », estime le Président américain Joe Biden dans un communiqué publié le 12 novembre 2021, annonçant son intention de nommer ce cardiologue à la tête de l’autorité fédérale chargée de la santé, qu’il a déjà dirigée de 2015 à 2017.
Vice-chancelier de l’université de Duke chargé de la recherche clinique, le Dr Robert Califf est également depuis 2017 conseiller de Verily, la filiale santé de Google, et depuis fin 2019 chargé de la stratégie médicale d’Alphabet, maison-mère de Google.
« Le Dr Robert Califf entretient depuis longtemps des liens financiers importants avec la Big Pharma, notamment par le biais du financement de l’industrie pharmaceutique au Duke Clinical Research Institute, qu’il a fondé en 1996, relève l’association de défense des consommateurs Public Citizen dans un communiqué publié le 12 novembre, demandant au Sénat de ne pas confirmer cette nomination. Au cours des quelques années qui ont précédé son précédent passage en tant que commissaire de la FDA, le Dr Robert Califf a déclaré avoir reçu des honoraires personnels pour des services de conseil de la part d’au moins 19 grands laboratoires pharmaceutiques, dont Amgen, GlaxoSmithKline, Johnson & Johnson, Novartis et Pfizer. »
Une « porte tournante » entre la FDA et l’industrie ?
« Le Dr Robert Califf était un mauvais choix pour le poste de commissaire de la FDA lorsqu’il a été nommé par Barack Obama en 2015 et il reste un mauvais choix aujourd’hui, insiste Public Citizen : [il] ne doit pas être autorisé à passer une nouvelle fois par la porte tournante [revolving door] entre la FDA et les engtreprises qu’elle supervise. »
Selon l’ONG, après avoir quitté la FDA, le cardiologue « a retissé ses liens lucratifs avec des entreprises pharmaceutiques réglementées par la FDA, recevant des honoraires de conseil totalisant des dizaines de milliers de dollars ». Public Citizen demande au Sénat américain d’exiger que le Président nomme plutôt une personnalité « qui s’est consacrée à faire progresser la santé publique » et qui « placera incontestablement l’intérêt public avant les intérêts des industries réglementées par la FDA ».
« Je suis convaincu que le Dr Robert Califf veillera à ce que la FDA continue à prendre des décisions fondées sur la science et les données »
« Je suis convaincu que le Dr Robert Califf veillera à ce que la FDA continue à prendre des décisions fondées sur la science et les données », indique pour sa part Joe Biden dans son communiqué, rappelant que Robert Califf a « bénéficié d’un fort soutien bipartisan au Sénat en 2016 » lorsque Barack Obama l’a nommé pour la première fois à la tête de l’agence : « Je demande instamment au Sénat de confirmer rapidement le Dr Robert Califf pour qu’il puisse poursuivre le travail important effectué en ce moment critique », ajoute le Président américain.

