Disparition de Louis Lareng, fondateur du Samu et pionnier de la télémédecine

« Je salue la mémoire de Louis Lareng qui a eu l’audace, en 1968, de créer le Samu, dont on connaît le rôle majeur dans notre système de santé. Notre médecine d’urgence lui doit beaucoup. » C’est ce qu’a déclaré le 3 novembre 2019 sur Twitter la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn après l’annonce du décès de ce professeur de médecine toulousain. Nathalie Salles, présidente de la Société française de santé digitale (ex Société française de télémédecine), rappelle dans un communiqué diffusé le 4 novembre que Louis Lareng a été « l’un des pionniers de la télémédecine, s’intéressant notamment au dossier médical informatisé et partageable, à la transmission des images et autres examens complémentaires ».

L’Élysée rend hommage à celui qui, « dès 1989, fondait en visionnaire » l’Institut européen de télémédecine au sein du CHU de Toulouse, « persuadé que les technologies qui ne se nommaient pas encore « numériques » pouvaient permettre à chaque citoyen de bénéficier, où qu’il habitât, du meilleur de la médecine et de la recherche » (communiqué). La Présidence de la République ajoute qu’« encore récemment, le Professeur Lareng était engagé, à l’Agence régionale de santé d’Occitanie, dans la mise en place de l’espace numérique de santé ».

Création « à titre expérimental » du Samu en 1968 à l’intention des accidentés de la route

Né en 1923 à Ayzac-Ost (Hautes-Pyrénées), Louis Lareng est devenu professeur de médecine spécialisé en anesthésie-réanimation avant de créer « à titre expérimental » le Samu en 1968 à Toulouse à l’intention des accidentés de la route, « malgré l’interdiction de tous les hôpitaux français, de soigner hors les murs ».

Ce « service d’intérêt général » est autorisé par une circulaire du 18 février 1969 avant d’être étendu à tous les départements par la loi du 6 février 1986, portée par Louis Lareng en tant que député de Haute-Garonne.

La télémédecine « va diminuer la paupérisation médicale »

La télémédecine « va diminuer la paupérisation médicale, éviter des fermetures d’hôpitaux, et faciliter la mutualisation », commentait Louis Lareng en janvier 2018 à La Dépêche pour saluer les discussions entre la Cnam et les syndicats de médecins visant à sortir cette pratique du « ghetto de la recherche ». « La télémédecine n’est pas un outil, c’est un acte médical à distance, d’où la difficulté de mettre en place son financement, car il s’agit là d’un système d’information dématérialisé », soulignait il.

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