Thierry Beaudet, président de la Mutualité française depuis 2016, est élu 8e président du Conseil économique, social et environnemental (Cese) – la troisième assemblée de la République – pour la mandature 2021-2026. Il a été élu le 18 mai 2021 au premier tour, à la majorité absolue des scrutins exprimés.
L’ancien instituteur de 59 ans était le seul candidat à la succession de Patrick Bernasconi, ancien vice-président du Medef, qui ne se représentait pas.
Dans un communiqué publié à l’issue du vote, la Mutualité Française indique se réjouir « de cette élection qui porte, pour la première fois à sa tête, une personnalité issue du monde de l’économie sociale et solidaire« . Elle souligne que ce nouveau mandat « débute au moment où le Cese a été réformé et renforcé, avec la double ambition d’intégrer la participation citoyenne à ses travaux et de contribuer ainsi à la revitalisation démocratique du pays ».
Une bonne connaissance du Cese
Nommé au Cese par la Fédération nationale de la mutualité française (officialisé par le décret du 26 avril 2021), représentant de la cohésion sociale et territoriale, Thierry Beaudet est également membre du nouveau groupe Santé. Il est à noter qu’il a déjà été membre du Conseil économique, social et environnemental de novembre 2010 à septembre 2016, période durant laquelle il y a présidé le groupe Mutualité et a été vice-président de la section des Affaires Sociales et de la Santé, membre de la commission Dépendance. Thierry Beaudet a par ailleurs été co-rapporteur, avec Edouard Couty, d’un avis sur « La place des dispositifs médicaux dans la stratégie nationale de santé », adopté à l’unanimité le 27 janvier 2015.
Instituteur de formation né à Domfront (Orne, Normandie), Thierry Beaudet s’est engagé localement au début des années 90, en premier lieu au sein de la Fédération des œuvres laïques de l’Orne et à la Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN), dont il est devenu le directeur adjoint de la section du Calvados. En 2003, il est élu administrateur et membre du bureau national. Il occupe différents postes à responsabilité avant de présider la MGEN de 2009 à 2017, puis la Fédération nationale de la mutualité française à partir de 2016.
« De par son parcours guidé par l’intérêt général, Thierry Beaudet a toujours fait évoluer les structures dans lesquelles il travaillait, souligne le Cese dans un communiqué publié sur son site web. Il a ainsi impulsé la transformation et la refonte de l’offre de la MGEN. En 2011, étant également président de l’union mutualiste du groupe Istya, il amorce le rapprochement entre la MGEN, Harmonie mutuelle et leurs mutuelles partenaires aboutissant à la création du groupe Vyv dont il prend la présidence en septembre 2017″, avant d’annoncer récemment sa volonté de ne pas renouveler son mandat.
« Nous devons être l’assemblée des réconciliations indispensables »
« Je suis fier et ému de prendre la Présidence du Cese, ce lieu de la société agissante que nos organisations incarnent partout sur le terrain et dans tout le pays, souligne Thierry Beaudet, intervenu à l’issue de son élection.
Cette élection s’inscrit dans un moment particulier, avec une crise venue amplifier 3 défis : un défi de société d’abord, autour de l’écologie et de la transmission, un défi économique et social, autour de l’égalité et de la performance et un défi démocratique, à l’heure de la tentation du repli sur soi, individualiste ou communautariste. Face à ces défis, nous devons défendre et incarner le principe d’une démocratie mixte et continue qui va au-delà du parlementarisme et qui mêle davantage les décisions des élus et les avis des acteurs de la société. C’est le sens de la réforme.
Le Cese aura un rôle majeur à jouer pour réparer et transformer, en cultivant pleinement le sens du dialogue, le sens du futur et le sens du projet partagé. Nous devons être l’assemblée des réconciliations indispensables et l’outil d’une République des solutions. »
Cese : un rôle renforcé
Avec la loi organique du 15 janvier, le Cese a entamé sa transformation : diminution du nombre de ses conseillers et rôle renforcé, « avec davantage de démocratie participative et une saisine pour avis obligatoire sur les projets de loi à caractère économique, social et environnemental », souligne Le Monde dans un article dressant le portrait de Thierry Beaudet.
Thierry Baudeat « peut faire l’unité autour de lui »
« [Thierry Beaudet] a une légitimité car il n’est dans aucun camp et peut faire l’unité autour de lui, souligne Raymond Soubie, ex-conseiller social de Nicolas Sarkozy, président de la société de conseil Alixioc et ancien collègue du nouveau président au sein du Cese (source : Le Monde). Il est le plus grand dénominateur commun. »

