Nabil

  • Owkin lance K Navigator, un assistant de recherche dopé à l’IA pour accélérer les découvertes biomédicales

    Un assistant IA pour les biologistes, conçu par des biologistes

    Owkin a annoncé ce 6 mai 2025 le lancement de K Navigator, un copilote de recherche scientifique basé sur l’intelligence artificielle, pensé pour accélérer l’exploration, la validation et la formulation d’hypothèses en biologie. Destiné en priorité aux chercheurs académiques, l’outil se présente comme une interface unique en langage naturel capable d’exploiter des données patient complexes, des publications scientifiques et des bases biomédicales spécialisées.

    Des performances supérieures aux modèles généralistes

    Selon Owkin, K Navigator améliore la productivité des chercheurs d’un facteur 20 grâce à ses capacités d’analyse sur 26,5 millions d’articles scientifiques et 19 bases de données biomédicales. Il surpasse par ailleurs les modèles de langage généralistes – comme GPT-4 – pour la détection de patterns liés au cancer.

    Exploration avancée de données multi-omiques spatiales

    L’outil offre un accès à MOSAIC Window, sous-ensemble d’un des plus vastes jeux de données spatiales en oncologie, généré par des universités américaines et européennes. Ces données, à résolution cellule unique, permettent une visualisation fine des expressions géniques et des relations cellulaires dans les tissus tumoraux. K Navigator est mis à disposition gratuitement pour les chercheurs académiques. Owkin entend en faire un outil de référence pour créer une intelligence collective biomédicale assistée par agents IA. Une prochaine mise à jour intégrera des fonctions de collaboration, de partage de résultats, de gestion de projets, ainsi que de nouveaux outils en histologie numérique.

    Vers une extension aux applications industrielles

    Une version étendue, K Pro, sera lancée plus tard dans l’année à destination des industriels de la pharma. Elle inclura des agents spécialisés dans l’exploration de données, la découverte et le développement de médicaments. Pour Thomas Clozel, cofondateur et CEO d’Owkin, il s’agit d’une nouvelle étape vers ce qu’il appelle la “Biological Artificial Superintelligence” : une IA capable d’intégrer à grande échelle les données patients pour restituer la complexité biologique. “La biologie est trop complexe pour être comprise par l’esprit humain seul”, explique-t-il, plaidant pour une recherche “productisée” grâce à l’IA. Des chercheurs ayant testé l’outil saluent sa facilité d’usage et la qualité de ses fonctionnalités. Dr. Ingo Ringshausen (University College London) met en avant ses capacités d’exploration des données multi-omiques, tandis que Dr. Cécile Alanio (Institut Curie) y voit un levier d’autonomie pour les chercheurs, complémentaire au travail des bioinformaticiens.

  • Hippocratic AI et EUCALIA lancent un agent de santé en IA générative pour le marché japonais

    Soulager les cliniciens des tâches chronophages

    Hippocratic AI, entreprise spécialisée dans les modèles de langage génératif sécurisés pour la santé, s’implante sur le marché japonais via un partenariat stratégique avec EUCALIA, société de services en transformation des soins de santé. Ensemble, elles annoncent le lancement du premier agent de santé basé sur l’intelligence artificielle générative (genAI) en langue japonaise, conçu pour intervenir sur des tâches cliniques non diagnostiques orientées vers les patients. Destiné à accompagner les professionnels de santé, ce nouvel agent conversationnel prend en charge des missions chronophages mais essentielles, telles que la prise de rendez-vous, le suivi post-consultation, le soutien à l’observance thérapeutique et la gestion des soins chroniques. Ces fonctions visent à décharger les cliniciens pour leur permettre de se concentrer sur l’expertise médicale.

    L’ambition affichée est triple : optimiser les flux de travail, améliorer l’engagement des patients et contribuer à de meilleurs résultats cliniques.

    Un outil conçu pour un contexte local

    Dans un contexte où le système de santé japonais, bien que performant, subit une forte pression, Hippocratic AI mise sur une solution technologique adaptée aux spécificités culturelles et linguistiques du pays. Selon Munjal Shah, PDG et cofondateur de l’entreprise, le partenariat avec EUCALIA permet de « créer des agents d’IA génératifs non seulement multilingues mais également localement fluides, cliniquement sûrs et culturellement alignés ». EUCALIA apporte son expertise en gestion opérationnelle des établissements de santé, notamment en optimisation de l’organisation hospitalière et accompagnement des professionnels. Les deux entreprises affirment vouloir établir un nouveau standard mondial pour l’utilisation responsable de l’IA générative dans le domaine de la santé, en favorisant une meilleure résilience du système de soins et une prise en charge plus efficace des patients.

  • IMADIS ouvre un 12ᵉ centre d’interprétation à Paris pour étendre l’accès à l’imagerie médicale

    Un nouveau site pour renforcer l’accès à l’imagerie 24h/24

    IMADIS Groupe, spécialiste de la téléimagerie, vient d’ouvrir à Paris son douzième centre d’interprétation médicale. Cette implantation vise à consolider le maillage territorial du groupe et à répondre aux inégalités d’accès à l’imagerie médicale, notamment en zones sous-dotées. Le site permet une présence physique en Île-de-France, région particulièrement dense en établissements et professionnels de santé. Selon le Dr Vivien Thomson, président du groupe, ce centre permet non seulement de disposer d’une équipe locale de radiologues et de médecins nucléaires, mais aussi de mieux faire connaître le projet médical porté par IMADIS auprès des établissements partenaires. L’objectif affiché est de contribuer à la lutte contre les déserts médicaux, en assurant un accès permanent à une imagerie de qualité, sur tout le territoire.

    Un fonctionnement inspiré des centres SAMU

    Le modèle IMADIS repose sur des centres physiques, où sont interprétés plus de 99 % des examens reçus. Cette organisation permet une prise en charge continue, à toute heure. En 2023, le groupe a traité plus de 2,6 millions de dossiers. Le centre parisien, installé sur une surface de 228 m², dispose d’une salle d’interprétation dotée de sept consoles, d’un espace de restauration et de cinq chambres de garde. Le nombre de médecins mobilisés est passé de 23 à 52 depuis l’ouverture.

    Un ancrage stratégique dans la région capitale

    L’Île-de-France représente une zone stratégique, à la fois en raison de la densité de sa population, de la concentration d’acteurs de santé et du rôle qu’elle joue dans la formation continue des médecins. Le Dr Quentin Pouliot, responsable médical du centre parisien, souligne l’intérêt de cette implantation, qui permet aussi de proposer un encadrement technique permanent et une organisation des vacations structurée. Le centre travaille avec 13 établissements franciliens. Au niveau national, IMADIS collabore avec 200 structures, réparties entre la métropole et l’Outre-mer. Le recours à la téléimagerie y apparaît comme une solution à la pénurie de radiologues – moins de 9 000 en France – alors que les urgences connaissent une hausse de fréquentation de 13 % en dix ans.

  • Ségur numérique : un appel à projets pour faire évoluer les DCC en cancérologie

    Accélérer la numérisation du PPS en cancérologie via Mon espace santé

    L’Institut national du cancer (INCa) et l’Agence du Numérique en Santé (ANS) lancent un appel à candidatures structuré en deux appels à projets interdépendants. Objectif : assurer l’intégration numérique du Programme Personnalisé de Soins (PPS) dans Mon espace santé. Ces projets, d’une durée d’environ 36 mois, visent une diffusion fluide et sécurisée des PPS, accessibles à la fois aux professionnels de santé et aux patients. Ce chantier repose sur un double financement : 3 millions d’euros issus du programme Ségur, pourvu par les fonds européens du plan de relance et de résilience, et 800 000 euros apportés par l’INCa.

    Le dispositif cible exclusivement les Dispositifs Spécifiques Régionaux de Cancérologie (DSRC) et les Groupements Régionaux d’Appui au Développement de la e-Santé (GRADeS), responsables de la mise en œuvre des plateformes régionales du Dossier Communicant en Cancérologie (DCC). Ces solutions sont déjà en phase de déploiement dans les établissements de santé, avec un objectif de 5 millions de PPS intégrés à terme. Le projet entend capitaliser sur l’expertise régionale existante, tout en garantissant la conformité aux référentiels nationaux d’interopérabilité, de sécurité, d’éthique et de soins.

    Trois phases pour structurer l’intégration et l’usage

    Les deux appels à projets s’articulent autour de trois phases :

    • La phase 1 porte sur les développements techniques pour intégrer les PPS aux plateformes régionales.
    • La phase 2, qui complète le premier appel à projets, concerne la mise en œuvre régionale de ces développements validés.
    • La phase 3, objet du second appel, est dédiée au déploiement des usages, incluant l’adoption des PPS par les établissements et le suivi des indicateurs d’avancement.

    Calendrier et cadre réglementaire

    Ce dispositif s’inscrit dans la continuité des politiques publiques telles que le plan “Ma Santé 2022“, le Ségur du numérique en santé et la stratégie décennale de lutte contre les cancers, qui prévoit la remise systématique du PPS à chaque patient concerné.

    Les principales échéances de l’appel à candidatures sont :

    • Clôture de la soumission des dossiers : 10 juin 2025
    • Comité d’évaluation : début septembre 2025
    • Publication des résultats : fin octobre 2025

    Ressources : 

    Document de présentation 

    Cahier des charges

    Candidature

  • Crise des urgences : les directeurs de CHU et de CH appellent à un pacte de responsabilité avec 10 mesures de réorganisation

    Les Conférences des directeurs de CHU et de CH proposent une répartition équitable de la permanence des soins, une meilleure régulation de l’accès aux urgences et une transparence sur les capacités d’hospitalisation. Réunies autour d’un constat commun sur la crise persistante des urgences hospitalières, les Conférences des directeurs généraux de centres hospitaliers universitaires (CHU) et de centres hospitaliers (CH) formulent dix propositions pour réorganiser la réponse aux soins non programmés. Selon elles, la surcharge des services d’urgence est moins liée à leur organisation propre qu’aux dysfonctionnements structurels du système de santé, notamment à l’insuffisante coordination entre établissements publics, privés, médecine de ville et patients.

    Une permanence des soins à partager entre tous les acteurs

    Le premier axe du pacte proposé vise à mieux répartir la charge de la permanence des soins, aujourd’hui assurée à 85 % par les hôpitaux publics. Les directeurs appellent à ce que l’ensemble des établissements, y compris privés, s’engagent à ouvrir lits et blocs opératoires en continu. Ils demandent aussi une implication accrue de la médecine ambulatoire, via les généralistes, SOS Médecins ou les maisons médicales, notamment avant minuit. Les agences régionales de santé (ARS) doivent, selon eux, disposer de moyens de régulation pour assurer cette continuité effective, tous les jours de l’année.

    Adapter les capacités d’hospitalisation aux besoins réels

    Les Conférences soulignent également la nécessité d’une transparence sur la disponibilité des lits, publics et privés, pour éviter les pertes de chance et les attentes prolongées. Elles appellent à une coordination territoriale sous l’égide des ARS, inspirée de l’organisation mise en place durant la crise COVID. L’adaptation des capacités hospitalières est aussi jugée nécessaire, notamment en gériatrie et en traumatologie. Elles recommandent d’élargir le rôle des infirmiers en pratique avancée (IPA), encore peu présents dans les services d’urgence alors qu’ils pourraient contribuer à l’orientation des patients.

    Fluidifier les sorties et soutenir les soins à domicile

    Pour désengorger les urgences, la régulation à l’aval est identifiée comme un levier. Les Conférences appellent à renforcer l’accompagnement à domicile, destination de 80 % des sorties d’hospitalisation, en stabilisant son modèle économique. Elles alertent aussi sur l’impact de la crise en psychiatrie sur les urgences hospitalières, estimant que la situation actuelle met en difficulté les équipes et soulève des enjeux éthiques.

    Enfin, les Conférences plaident pour une régulation systématique de l’accès aux urgences via le 15 ou le Service d’accès aux soins (SAS), lorsque le patient ne passe pas par un médecin. Elles demandent la généralisation du SAS sur tout le territoire, y compris dans ses déclinaisons spécialisées (psychiatrie, pédiatrie, dentaire).

    Les populations vulnérables (mineurs isolés, patients précaires, non-francophones) doivent continuer à pouvoir se présenter directement. L’objectif est de concentrer les ressources sur les urgences justifiées, tout en préservant les conditions de travail des soignants.

    L’ensemble des 10 propositions 

  • Prévention santé : Anticyp veut structurer l’accompagnement avec une appli à 5 €/mois

    Un parcours structuré et gamifié

    Alors que l’OMS estime que 80 % des maladies chroniques sont évitables, l’offre actuelle en matière de prévention reste morcelée, ou difficilement accessible. C’est dans ce contexte qu’Alexis et Sophie Dussillol, aux côtés du Dr Marc Salomon, ont lancé Anticyp, une application mobile qui se présente comme un guide de santé global et personnalisé. Disponible sur iOS et Android, Anticyp entend réconcilier les Français avec la prévention grâce à un accompagnement éducatif, ludique et scientifiquement validé. L’utilisateur y suit un parcours personnalisé, adapté à son rythme de vie, afin de corriger ses habitudes de sommeil, d’alimentation, d’activité physique ou de gestion du stress.

    Inspirée des mécanismes de motivation de plateformes comme Duolingo, l’application intègre des quizz, des exercices pratiques, des courbes de progression et des rappels planifiés pour maintenir l’engagement dans la durée. L’entrée dans l’application commence par un bilan complet des comportements de santé, conçu pour révéler les zones à risque souvent méconnues. Le contenu, validé par un comité d’experts dirigé par le Dr Salomon, est fondé sur des données épidémiologiques de référence. L’objectif est de rendre accessible à tous une synthèse claire des meilleures recommandations médicales.

    Santé mentale, physique et interaction avec l’environnement : Une application conçue pour durer

    Anticyp se distingue par une approche holistique. L’utilisateur peut évaluer son niveau d’anxiété, son stress ou ses troubles du sommeil, puis suivre des recommandations et des exercices simples (respiration, étirement, renforcement musculaire) intégrables au quotidien. Un espace personnalisé permet de planifier ces actions dans un agenda intégré, et de visualiser régulièrement ses progrès via des courbes de tendances. En cas de baisse de motivation, un module d’aide au changement comportemental repose sur des leviers psychologiques éprouvés. L’ensemble vise à ancrer durablement des comportements favorables à la santé.

    Fruit de l’alliance entre expertise médicale et savoir-faire en expérience utilisateur, Anticyp bénéficie des parcours complémentaires de ses fondateurs : ancien cadre d’Airbnb pour Alexis Dussillol, spécialiste marketing pour Sophie Dussillol, cardiologue et expert en médecine préventive pour le Dr Marc Salomon. Depuis son lancement en bêta, l’application a séduit plus de 10 000 utilisateurs, dont des salariés via leurs entreprises. Une nouvelle version, disponible depuis avril 2025, propose des fonctions étendues : prévention des douleurs (lombalgies), calendrier de dépistage et de vaccination, simulateurs de risques (Alzheimer, infarctus), autotests (vue, audition, peau).

    Le modèle économique

    Accessible à tous pour 5 € par mois, Anticyp se positionne à contre-courant des check-up élitistes, sans sacrifier la sécurité des données. Celles-ci sont hébergées en France par un acteur agréé HDS. L’approche vise à répondre à un enjeu de santé publique : selon une étude du cabinet Astérès, la France pourrait économiser jusqu’à 15 milliards d’euros par an en améliorant sa prévention. Anticyp ambitionne de devenir une plateforme complète d’anticipation de la santé, en lien avec les mutuelles, assureurs et instituts de prévoyance, considérés comme des partenaires naturels dans cette transition vers une santé proactive.

  • Détection du cancer de la bouche : DeepLife et le Centre Léon Bérard publient un atlas cellulaire

    Un nouvel outil de cartographie cellulaire pour comprendre l’OSCC

    Le Centre Léon Bérard (CLB) et la biotech DeepLife ont présenté l’Atlas Cellulaire de la Muqueuse Orale (OMC-Atlas), une ressource issue de leur collaboration, dirigée par le Pr Pierre Saintigny. Ce projet associe des données issues de la plateforme DeepLife OmicStore à des échantillons de patients traités au CLB, pour créer un référentiel cellulaire de haute résolution retraçant l’évolution de tissus sains vers le carcinome épidermoïde oral (OSCC), responsable de plus de 350 000 décès par an.

    Comprendre les mécanismes cellulaires précoces

    L’OMC-Atlas documente les trajectoires des cellules épithéliales, immunitaires et stromales à travers les différentes étapes de la tumorigenèse, en mettant en évidence les points de bascule où les troubles potentiellement malins oraux qui évoluent vers un OSCC. Environ 20 à 30 % de ces troubles évoluent vers un cancer, souvent détecté tardivement, avec un taux de survie inférieur à 50 %. Cet outil vise à éclairer les vulnérabilités exploitables à des fins thérapeutiques et diagnostiques.

    Grâce à l’analyse des données à l’échelle unicellulaire, l’OMC-Atlas permet d’identifier les altérations moléculaires du stade de la dysplasie jusqu’à la métastase. Ce travail ouvre la voie à la découverte de biomarqueurs pronostiques et de cibles thérapeutiques, en particulier pour les 30 % de patients qui présentent une rechute ou une résistance aux traitements actuels.

    Applications cliniques et perspectives

    Parmi les perspectives évoquées : la réorientation de médicaments existants à l’aide d’outils d’intelligence artificielle, et la validation des biomarqueurs via des essais cliniques en collaboration avec plusieurs établissements hospitaliers. DeepLife et le CLB annoncent la publication des résultats complets en 2025. Les deux partenaires sont également engagés dans l’Action INTERCEPT, soutenue par le programme COST de la coopération européenne en science et technologie. Ce groupe de travail se concentre sur les OPMD et développe des stratégies de prévention personnalisée. Avec cet atlas, les chercheurs disposent d’une cartographie cellulaire pour mieux comprendre, diagnostiquer et traiter les cancers de la bouche.

  • US : Plus de 150 cliniques vont intégrer MammoScreen, l’IA de dépistage du cancer du sein de Therapixel

    Un déploiement national dans les cliniques de soins primaires

    MammoScreen permettra une détection jusqu’à deux ans avant le diagnostic. La technologie d’IA développée par Therapixel sera progressivement déployée dans plus de 150 sites de soins, suite à un partenariat annoncé en avril avec Onsite Women’s Health. L’objectif : intégrer MammoScreen, son outil d’aide au dépistage du cancer du sein, au flux de travail des radiologues. L’outil repose sur l’apprentissage profond pour identifier des anomalies peu visibles sur les mammographies, améliorant la précision des diagnostics et réduisant la fatigue des lecteurs. Selon les données communiquées, MammoScreen détecte 42 % des cancers un an avant leur diagnostic, et 38,5 % deux ans avant.

    Réduction des rappels et meilleure homogénéité des soins

    Outre l’amélioration du taux de détection, MammoScreen contribue à réduire les rappels inutiles grâce à une meilleure spécificité, ce qui limite les examens supplémentaires anxiogènes pour les patientes. La solution permet aussi de réduire la variabilité inter-lecteurs, renforçant la cohérence des soins. Selon Jillian Wright, PDG de Onsite Women’s Health, cette collaboration vise à fournir aux radiologues « les meilleures technologies disponibles » afin d’« optimiser la détection précoce et sauver davantage de vies ».

    Une intégration complète dans les flux de travail cliniques

    Les radiologues des sites partenaires d’Onsite auront accès à MammoScreen directement via leur environnement de travail habituel, avec pour objectif une amélioration de l’efficacité opérationnelle et une plus grande fiabilité dans les interprétations. Le PDG de Therapixel, Matthieu Leclerc-Chalvet, souligne de son côté que ce partenariat « rend accessible une technologie salvatrice aux femmes à travers les États-Unis ».

  • Santé respiratoire : 10 millions de Français concernés, mais une prévention encore insuffisante

    Une prévalence élevée et des disparités sociales

    Les maladies respiratoires chroniques (MRC) touchent environ 10 millions de personnes en France, incluant l’asthme (4 millions), la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO, 3,5 millions) et le cancer du poumon (161 670 cas). La BPCO est responsable de plus de 18 000 décès annuels, avec un taux de mortalité de 13 pour 100 000 habitants. L’asthme cause environ 900 décès annuels. Touchant au moins 10% des enfants, elle est la principale cause d’absentéisme scolaire. Coté finance, les MRC représentent approximativement 3,7 milliards d’euros de dépenses pour l’Assurance maladie (la chambre d’inhalation pour enfant reste un des DM les plus remboursé avec 5,17 M€). Par ailleurs, les inégalités sociales influencent la prévalence des MRC : les 10 % de Français les plus modestes présentent 1,6 fois plus de maladies respiratoires que les 10 % les plus aisés. 

    Une prévention encore limitée

    Les politiques de prévention peinent à répondre à l’ampleur des MRC. Les dépenses publiques de prévention, principalement axées sur la lutte contre le tabac, ont doublé depuis 2018. Des leviers tels que l’activité physique adaptée restent sous-exploités. Dans le cadre de “Ma Santé 2022”, la HAS propose un parcours de soins structuré pour la BPCO, incluant un guide, 10 messages courts de bonnes pratiques et 9 indicateurs qualité. Le Collectif des États Généraux de la Santé Respiratoire recommande d’achever le remboursement de l’activité physique adaptée pour toutes les MRC, de mettre en place un cadre de télésurveillance financièrement viable, mais aussi de mettre en place un dépistage du souffle par spirométrie lors des bilans de prévention, et une conférence nationale sur la santé environnementale et respiratoire.

    Sensibilisation : un déficit d’information

    Malgré la prévalence des MRC, la sensibilisation du public reste insuffisante. Selon une enquête de 2023 (réalisée par le Collectif droit à respirer), 52 % des Français rencontrent des problèmes respiratoires récurrents, mais seuls 30 % estiment avoir un risque élevé de contracter une MRC. De plus, 54 % se déclarent mal informés sur les symptômes à surveiller. Cette méconnaissance impacte l’adhésion aux traitements : en France, le non-respect des prescriptions entraîne chaque année 12 000 décès prématurés et 100 000 hospitalisations évitables. Une enquête Sanofi–BVA, réalisée en 2024, révèle que 90 % des Français ignorent que la BPCO est la 3e cause de mortalité mondiale. Elle montre aussi un fort impact sur la qualité de vie des patients : troubles du sommeil, fatigue, aménagement du domicile, difficultés professionnelles. Trois quarts des patients ont entendu des remarques stigmatisantes ; un tiers a souffert de troubles anxieux ou dépressifs. Par ailleurs, 66 % des patients disent qu’ils auraient changé leur mode de vie s’ils avaient mieux connu les risques. Une campagne d’information est souhaitée par 96 % des personnes atteintes.

    Recherche et innovation : des avancées prometteuses

    La recherche en santé respiratoire progresse, notamment grâce aux travaux de l’Institut Pasteur de Lille sur les maladies inflammatoires pulmonaires. Des découvertes récentes, comme l’identification de la molécule TL1A impliquée dans l’inflammation allergique, ouvrent la voie à de nouveaux traitements pour l’asthme et la BPCO. Des essais cliniques sur des anticorps ciblant TL1A et l’interleukine 33 sont en cours, offrant des perspectives thérapeutiques pour les maladies inflammatoires chroniques des poumons. D’autres initiatives existent, le réseau CRISALIS coordonne la recherche sur l’asthme sévère, tandis que le CHU de Nantes soutient Meyko, un compagnon connecté ludique destiné à l’observance des traitements pédiatriques. À l’étranger, le programme CFHealthHub, associé à un nébuliseur, a montré une amélioration de l’observance chez les patients atteints de mucoviscidose. Enfin, au Technion, une IA de détection par analyse du souffle a permis d’identifier 17 pathologies. En France, les perspectives sont alignées : améliorer le dépistage, renforcer la prévention environnementale et accélérer l’accès aux innovations numériques.

    L’IA au service des patients

    L’intelligence artificielle (IA) s’impose aussi dans le domaine de la pneumologie en France, offrant des perspectives pour le diagnostic, le suivi et la prise en charge des maladies respiratoires chroniques. Par exemple le projet AI4LUNGS, financé par l’Union européenne, explore l’utilisation de l’IA pour transformer la prise en charge des maladies pulmonaires. En combinant des capteurs connectés et des algorithmes d’apprentissage automatique, cette initiative vise à détecter précocement les exacerbations chez les patients atteints de maladies respiratoires chroniques, permettant des interventions médicales plus rapides et potentiellement de réduire les hospitalisations.

     

  • myCOPD et myAsthma : des applications numériques pour optimiser la prise en charge des maladies respiratoires chroniques

    Des outils numériques pour la BPCO

    myCOPD, développée par la société britannique my mhealth, est une application dédiée à la gestion de la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Elle propose un programme complet de réhabilitation pulmonaire en ligne, permettant aux patients de suivre des exercices depuis leur domicile. L’application inclut également des vidéos éducatives sur l’utilisation correcte des inhalateurs, un plan de gestion personnalisé, un journal de suivi des symptômes et des prévisions météorologiques et de pollution pour anticiper les exacerbations. Des études (exemple : Comparing Randomized Controlled Trials and Real-World Studies in Chronic Obstructive Pulmonary Disease Pharmacotherapy publié dans le International Journal of Chronic Obstructive Pulmonary Disease) ont montré que l’utilisation de myCOPD peut doubler la capacité de réhabilitation pulmonaire et augmenter les taux de complétion des programmes à plus de 70 %. De plus, une enquête indépendante a révélé que 82,7 % des utilisateurs trouvaient l’application facile à utiliser et utile pour mieux comprendre leur condition, tandis que 66,1 % ont constaté une réduction du nombre d’exacerbations.

    Une gestion proactive de l’asthme

    myAsthma, également développée par my mhealth, est conçue pour aider les patients asthmatiques à gérer leur condition de manière proactive. L’application offre des vidéos pour améliorer la technique d’inhalation, un suivi des symptômes et du débit de pointe, des prévisions environnementales (pollution, pollen, météo) et un plan d’action personnalisé. Ce dernier aide les patients à reconnaître les signes d’aggravation et à ajuster leur traitement en conséquence, réduisant ainsi le risque d’hospitalisation. Une étude menée par le Mid and South Essex Health and Care Partnership a montré que l’utilisation de myAsthma permettait une meilleure gestion des patients à haut risque, avec plus de 1 300 patients enregistrés et plus de 800 vidéos éducatives visionnées.

    Intégration dans les systèmes de santé

    Les deux applications sont conçues pour être intégrées dans les systèmes de santé existants, permettant aux cliniciens de surveiller à distance l’état de leurs patients et d’ajuster les traitements en conséquence. Elles offrent également des tableaux de bord pour visualiser les données des patients, facilitant une prise de décision et une gestion efficace des populations de patients. En France, où l’accès aux programmes de réhabilitation pulmonaire est limité, des solutions numériques comme myCOPD et myAsthma pourraient jouer un rôle dans l’amélioration de la prise en charge des maladies respiratoires chroniques.