Charles

  • Observatoire Numeum : Le numérique français freine à 1,8 %, le cloud et l’IA générative avancent malgré le manque de compétences

    Le cloud résiste, pas les investissements structurants

    Le marché du numérique en France devrait progresser de 1,8 % en 2025, contre 4,1 % fin 2024, selon Numeum. Un ralentissement qui touche directement les entreprises de services numériques (ESN), attendues en recul de 2,1 %, et le conseil en technologies, en baisse de 2,5 %, sur fond de conjoncture économique défavorable aux investissements. Ces segments, historiquement moteurs, se voient reculer.

    Les éditeurs et les plateformes cloud affichent une croissance de 8,2 %, portée par la migration vers les infrastructures et plateformes en tant que service, et par des ajustements tarifaires. Cette dynamique s’appuie sur une inertie technologique et ne génère pas d’effet d’entraînement significatif sur les ESN et le conseil.

    IA générative : compétences et cas d’usage restent des freins

    48 % des entreprises interrogées déclarent travailler sur des projets liés à l’IA générative, contre 29 % fin 2023. L’adoption reste freinée par le manque de compétences et la difficulté à identifier des cas d’usage à forte valeur ajoutée, chacun cité par 47 % des répondants.

    Le secteur revient à son niveau de 2022 avec 666 000 postes. Après une baisse en 2024, les perspectives de recrutement restent incertaines, en particulier pour les jeunes diplômés et alternants, avec 36 % des entreprises anticipant une baisse des offres dans ces catégories.

     Le numérique pèse 5,5 % du PIB français, loin des 10 % américains

    Numeum rappelle que le numérique ne pèse que 5,5 % du PIB français, contre 10 % aux États-Unis, et que la France occupe le 22e rang européen en matière d’utilisation du numérique dans les entreprises. L’organisation plaide pour le maintien des dispositifs fiscaux incitatifs à l’innovation (CIR, CII, JEI, amortissement fiscal pour PME innovantes) et appelle entreprises et pouvoirs publics à investir dans la transition numérique et le développement de l’autonomie technologique européenne.

  • Santé numérique : 83 % des citoyens de l’UE ont accès à leurs données de santé en ligne

    • Le score de maturité e-santé de l’UE-27 atteint 83 % en 2024, contre 79 % en 2023.
    • La France progresse de 13 points en 2024 sur l’indicateur e-santé, rejoignant les « fast-trackers » européens.
    • L’intégration des pharmacies et des Ehpad publics et privés (en France) alimente les services d’accès aux données de santé.
    • L’accès aux images médicales et dispositifs reste limité en France, comme dans de nombreux États membres.
    • Les fonctionnalités d’autorisation d’accès par des tiers, notamment privés, restent limitées.

    Indicateurs de santé en ligne : l’UE passe de 79 % à 83 % en un an

    La dernière étude sur les indicateurs de santé en ligne publiée par la Commission européenne présente l’état d’avancement des objectifs fixés dans le cadre de la Décennie numérique 2030. En 2024, le score composite de l’UE-27 atteint 83 %, contre 79 % en 2023. Seize États membres, l’Islande et la Norvège, ont amélioré leur maturité, avec des hausses notables en Tchéquie (+26 points), en Roumanie (+17), en Irlande (+14) et en Bulgarie (+10). L’objectif européen est de créer un accès complet aux dossiers médicaux électroniques pour tous les citoyens d’ici 2030. Déjà, 85 % des pays offrent un service centralisé d’accès en ligne, et 78 % utilisent un système d’identification électronique conforme au règlement relatif à l’identité numérique européenne.

    La Belgique en tête de l’UE avec un accès total

    La Belgique figure parmi les pays atteignant un score de maturité de 100 %, aux côtés de l’Estonie. Le Danemark (98 %), la Lituanie (95 %) et Malte (94 %) suivent. En Belgique, la totalité des citoyens accède à leurs données de santé en ligne, incluant prescriptions électroniques, résultats d’analyses, rapports d’hospitalisation et vaccinations, avec un accès sécurisé via un eID conforme au règlement eIDAS.

    L’imagerie médicale encore limitée en Europe (26%)

    L’étude indique que les données d’identification (99 %), informations personnelles (98 %), ordonnances électroniques (89 %) et distributions (87 %) sont les plus accessibles. Cependant, les images médicales (26 %) et les dispositifs ou implants médicaux (55 %) restent peu disponibles. Les prestataires publics sont mieux connectés (79 %) que les privés (59 %), ces derniers restant sous la moyenne de l’UE (67 % contre 83 %).

    L’accès par les tuteurs légaux est opérationnel dans 81 % des pays, tandis que seuls 56 % permettent à un citoyen d’autoriser un tiers à accéder à ses données de santé. Le respect des lignes directrices sur l’accessibilité web n’a pas progressé, sept pays devant encore aligner leurs services.

    Le rapport souligne la nécessité d’intégrer davantage de prestataires privés et d’améliorer la disponibilité des données en temps réel. L’entrée en vigueur du règlement sur l’Espace européen des données de santé (EHDS) renforcera l’accès sécurisé et la cybersécurité, tout en soutenant l’objectif d’accès complet pour tous les citoyens européens.

    France : +13 points de maturité e-santé, pharmacies et Ehpad désormais connectés

    En 2024, la France a progressé de 13 points sur l’indicateur de maturité e-santé, grâce à l’intégration des pharmacies et des Ehpad publics et privés au service d’accès aux dossiers médicaux électroniques.

    Avec un score global qui la classe parmi les « fast-trackers » européens, la France a amélioré sa couverture technologique et l’accès aux données de santé par les citoyens. Elle a notamment élargi l’utilisation d’eID conformes au règlement EUDI pour sécuriser l’accès aux dossiers médicaux électroniques, rejoignant les 21 États membres utilisant ce type d’authentification.

    En revanche, comme dans de nombreux États membres, l’accès aux données d’imagerie médicale et de dispositifs médicaux reste limité, et les prestataires privés sont moins connectés que les établissements publics. Enfin, les fonctionnalités permettant aux citoyens d’autoriser d’autres personnes à accéder à leurs données de santé demeurent un point faible, illustrant la nécessité de renforcer les dispositifs techniques et juridiques pour garantir un accès équitable.

    2025 digital decade ehealth indicator study

  • La Région IDF crée le fonds « FemTech Île-de-France » doté de 5 millions d’euros

    Endométriose, FIV, ménopause, cœur : quatre priorités pour la santé féminine

    La région Île-de-France a détaillé quatre mesures pour renforcer sa stratégie IA au service de l’intérêt général, dans la santé, l’éducation et la réindustrialisation, tout en confirmant son objectif de mobiliser 150 M€ d’investissements d’ici 2028. Annoncé par Valérie Pécresse, le fonds « FemTech Île-de-France » devient le premier fonds français dédié à la santé des femmes, conçu avec l’Alliance FemTech France. Doté initialement de 5 M€, il vise à structurer un écosystème encore sous-financé en France, en ciblant l’émergence de start-up innovantes alliant IA, biotechnologies et dispositifs médicaux.

    Quatre priorités de santé ont été identifiées :

    • L’endométriose, avec un retard diagnostique moyen de 7 à 9 ans.
    • La fertilité, pour accompagner les parcours FIV des 3 millions de couples européens concernés.
    • La ménopause, avec le soutien aux capteurs et applications de suivi hormonal.
    • La cardiologie féminine, alors que les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité féminine en France.

    Administration, formation, infrastructures : la Région accélère sur l’IA locale

    Depuis mars 2024, la Région pilote le programme « Démonstrateur : l’IA pour le service public régional » pour moderniser son administration et améliorer la qualité et l’efficience des services rendus aux Franciliens, notamment via la plateforme « Ma Région près de chez vous ». On note aussi l’ouverture du lycée Paul-Valéry, à Paris, transformé en campus IA, a pour objectif de former les talents de demain dans un environnement dédié. Un dispositif visant à attirer des chercheurs américains en Île-de-France sera également intégré au budget supplémentaire voté en juin 2025. Enfin, la Région confirme des investissements dans les infrastructures stratégiques IA et quantiques. Des structures comme Mistral, Eclairion et Welinq en bénéficieront pour permettre aux start-up de développer et déployer leurs IA localement d’ici 2030.

  • Optimisation des flux patients et amélioration de la qualité des soins : l’essor des command centers hospitaliers en France et dans le monde

    📍 Centres de commande hospitaliers : +10% d’admissions, réduction des durées de séjour et 90% de patients urgences traitées en moins de 4 heures

    Les centres de commande hospitaliers, inspirés des pratiques de l’aéronautique et de la logistique militaire, transforment la gestion des ressources et des flux patients dans les hôpitaux modernes. À la Cleveland Clinic, la surveillance centralisée des soins intensifs a permis une réduction de 15 à 30% de la durée des séjours, tandis que le centre Hospital 360 accroît de 10% les admissions journalières et diminue d’une heure le temps d’attente aux urgences. Au Bradford Teaching Hospital, 90% des patients sont pris en charge aux urgences en moins de 4 heures, et l’automatisation réduit jusqu’à 200 appels internes par jour pour la gestion des lits. Le CHRU de Nancy, premier hôpital français doté d’un tel centre, mise sur l’intelligence artificielle et l’analyse prédictive pour anticiper les tensions et optimiser la planification des ressources humaines et matérielles. Ces dispositifs s’imposent comme une innovation majeure pour améliorer l’efficacité opérationnelle et la qualité des soins. 

    👉 H&TI détails le contexte des command center ici. 

    📍 Le CHRU de Nancy révolutionne la gouvernance hospitalière : un command center piloté par l’IA et la donnée pour réagir en temps réel

    Le CHRU de Nancy, en partenariat avec Dedalus, devient le premier hôpital français à déployer un command center hospitalier piloté par l’intelligence artificielle et la donnée, marquant ainsi une étape clé de la transformation numérique. Ce dispositif centralise l’observation et l’analyse de l’activité en temps réel, couvrant quatre domaines stratégiques : blocs opératoires, hospitalisation, urgences et santé ambulatoire, pour fluidifier les parcours et optimiser l’allocation des ressources. L’intégration d’algorithmes d’IA permet d’anticiper les tensions, de détecter précocement les anomalies et d’optimiser la prise de décision collective, tout en s’appuyant sur l’interopérabilité avec le dossier patient informatisé existant. Inspiré par les retours d’expérience internationaux, le projet vise à renforcer la réactivité et l’efficience opérationnelle, tout en impliquant les professionnels dès la conception pour garantir l’adhésion et la pérennité du système. Le CHRU ambitionne d’évoluer vers un “Command Center 4.0”, intégrant des agents conversationnels capables de générer des recommandations prédictives et chiffrées pour anticiper les saturations et sécuriser les choix stratégiques. 

    👉 H&TI fait un focus sur le futur command center du CHRU de Nancy ici. 

    📍 Les command centers de santé saoudiens transforment la gestion hospitalière : -53% de délais chirurgicaux et +51 points d’efficacité aux urgences grâce à l’IA et la télémédecine

    La mise en place du National Health Command Center (NHCC) en Arabie saoudite a permis de réduire de 53% le délai moyen d’attente pour une chirurgie planifiée et d’augmenter de 51 points la prise en charge rapide aux urgences. Ce dispositif, qui intègre intelligence artificielle et télémédecine, coordonne près de 2 300 centres de soins et optimise la gestion de 75 000 lits, tout en améliorant la satisfaction patient et la résilience organisationnelle lors de crises sanitaires. Pendant la pandémie de COVID-19, le NHCC a permis d’optimiser 10 400 lits, de réduire la mortalité liée au virus à 2%, et d’administrer 20 millions de vaccins. L’intégration de la télémédecine en soins intensifs néonatals a aussi réduit la mortalité néonatale de 10,7% et augmenté le taux de sortie à 34% après 4 mois. Les résultats démontrent une transformation majeure des systèmes de santé par la centralisation des données, l’anticipation des besoins et la supervision en temps réel 

    👉 HTI dresse la revue de la littérature scientifique sur les command center ici. 

    📍 Command Centers hospitaliers : jusqu’à 83% de délais d’admission réduits, 70% d’heures supp. en moins, et 30% d’activité ambulatoire supplémentaire

    Les Command Centers hospitaliers, en centralisant et analysant les données en temps réel, transforment la gestion des flux et l’allocation des ressources, avec des résultats concrets : le Tampa General Hospital a réduit de 83% ses délais d’admission, tandis que des solutions spécialisées permettent d’augmenter l’activité ambulatoire jusqu’à 30% à ressources constantes. L’intégration de l’intelligence artificielle et des jumeaux numériques optimise la capacité chirurgicale hebdomadaire de 20% et améliore la productivité en radiologie de 9%, tout en réduisant les erreurs médicales. Les plateformes de gestion dynamique, comme celles proposées par IQVIA, réduisent de 40 à 70% les heures supplémentaires des soignants et fluidifient les parcours patients. Ces innovations, déployées à l’international, illustrent la capacité des Command Centers à répondre aux défis de l’hôpital moderne en améliorant simultanément l’efficience, la qualité des soins et le bien-être des équipes. 

    👉H&TI dresse le panorama des différents éditeurs de solutions de command center ici.

    📍500 Command Centers hospitaliers dans le monde : 70% de retards post-opératoires en moins et 34% de délais urgences réduits

    Les Command Centers hospitaliers connaissent un essor mondial, avec plus de 500 sites actifs dans six pays en 2024, sous l’impulsion des principaux industriels du numérique en santé. Initiés aux États-Unis, ils s’implantent désormais au Canada, en Europe, en Australie et en Afrique du Sud, transformant la gestion des soins grâce à la coordination en temps réel des flux patients et des ressources. Les résultats sont probants : le Johns Hopkins Hospital a réduit de 70% les retards post-opératoires, l’hôpital Humber River à Toronto a diminué de 34% le temps d’attente aux urgences et réduit de 29% les incidents évitables, avec un retour sur investissement atteint en 11 mois. En France, le CHRU de Nancy ouvre la voie à cette nouvelle gestion des soins par la donnée, tandis que les approches se diversifient selon les besoins locaux, pilotées par les grands éditeurs internationaux. Les Command Centers deviennent ainsi un levier incontournable pour l’efficience et la sécurité des systèmes de santé à l’échelle mondiale. 

    👉 H&TI analyse la répartition mondiale des command centers ici. 

    📍 Le Command Center hospitalier : un patient cardiaque pris en charge sans délai grâce à la supervision centralisée des flux

    À travers le parcours fictif de Monsieur Dupont, victime d’un infarctus, l’article illustre comment un command center hospitalier optimise la gestion des ressources et la qualité des soins par la centralisation et l’analyse en temps réel des données. Grâce à des algorithmes prédictifs, l’hôpital anticipe les pics d’admission, mobilise les soignants nécessaires et planifie au plus juste la libération des lits, comme avec l’accélération de la sortie de Madame Martin. Le command center coordonne également les plannings médicaux, permettant à Monsieur Dupont de bénéficier rapidement d’un examen cardiologique. Lorsque la capacité hospitalière est saturée, l’intelligence artificielle et l’interconnexion avec d’autres établissements permettent de transférer des patients vers des hôpitaux voisins, assurant ainsi la continuité des soins. Ce pilotage par la donnée offre une réactivité inédite, fluidifie les parcours et optimise l’allocation des ressources matérielles et humaines de l’hôpital. 

    👉 H&TI illustre concrètement l’utilité d’un command centers à travers un parcours patient fictif ici. 

  • Les command centers saoudiens réduisent de 53% les délais de chirurgie planifiée et optimisent la gestion de crise (revue de littérature)

    Les command centers de santé, intégrant l’intelligence artificielle et la télémédecine, jouent un rôle dans l’optimisation des soins, la gestion des flux patients et la résilience organisationnelle, notamment en période de crise sanitaire. Cet article analyse les résultats opérationnels issus de publications récentes, avec un focus sur l’expérience saoudienne et l’intégration de la télémédecine dans les unités de soins intensifs néonatals (NICU). 

    Les sources analysées incluent : 

    • Alharbi MF et al. (2024), « Digital innovative healthcare during a pandemic and beyond: a showcase of the large-scale and integrated Saudi smart national health command centre », publié dans BMJ Leader et issu du ministère de la Santé saoudien. 
    • Mominkhan DM et al. (2025), « Implementing Telemedicine Intervention in Neonatal Intensive Care Units: Augmented Teleconsultation and Real-Time Monitoring Experience », publié dans Telemedicine Reports et réalisé en collaboration avec la National Health Command Center (NHCC) et plusieurs institutions saoudiennes. 
    • Rådestad et al. (2024), « Real-Time Triage, Position, and Documentation (TriPoD): Protocol for the Development and Evaluation of a Digital Solution for Major Incident Management », publié dans JMIR Research Protocols, étude conduite dans la région de Stockholm, Suède. 

    L’objectif de cet article est d’analyser l’apport des command centers dans la transformation des systèmes de santé en s’appuyant sur les données chiffrées et les résultats opérationnels rapportés dans ces études. La problématique centrale porte sur la capacité de ces dispositifs à améliorer la performance des systèmes de santé, la sécurité des patients et la résilience organisationnelle en particulier dans des contextes de forte pression ou de crise sanitaire. 

    Contexte et structuration des command  

    Définition et principes organisationnels 

    Les command centers de santé sont des plateformes centralisées intégrant des données en temps réel, des outils analytiques avancés et des équipes multidisciplinaires, afin de piloter la gestion des ressources, la coordination des soins et la réponse aux événements critiques. Historiquement inspirés des modèles militaires et de gestion des urgences, ils se sont progressivement adaptés aux environnements hospitaliers et nationaux comme l’illustre l’exemple du National Health Command Center (NHCC) en Arabie saoudite. 

    Structure et fonctionnalités du NHCC 

    Le NHCC, mis en place en 2019 par le ministère de la Santé saoudien en collaboration avec Ge Healthcare, se distingue par son envergure nationale. Il coordonne 2 259 centres de soins primaires et 494 hôpitaux, représentant une capacité de 75 225 lits (soit 2,2 lits pour 1 000 habitants), avec un effectif de 105 000 médecins, 184 500 infirmiers, 4 000 pharmaciens et 69 530 professionnels paramédicaux. Le centre est organisé en quatre départements et quatre zones fonctionnelles, s’appuyant sur 88 tableaux de bord pour la visualisation et l’analyse des données en temps réel. Les principales fonctions incluent la gestion des flux patients, l’optimisation des ressources (lits, équipements, personnel), la surveillance épidémiologique, la coordination logistique et la communication intersectorielle. 

    Intégration de l’IA et des outils numériques 

    Le NHCC exploite des algorithmes d’apprentissage automatique pour la prévision des volumes de patients, l’anticipation des besoins en lits, la gestion des chaînes d’approvisionnement et la détection précoce des flambées épidémiques. Ces outils permettent une prise de décision rapide et fondée sur des données objectives, réduisant la subjectivité dans la gestion opérationnelle et facilitant la standardisation des processus. 

    Résultats opérationnels et cliniques 

    Impact sur la performance opérationnelle et clinique 

    Les résultats rapportés par Alharbi et al. (2024) démontrent une amélioration significative de plusieurs indicateurs de performance après la mise en place du NHCC : 

    Indicateur  Avant NHCC  Après NHCC  Variation 
    Délai moyen d’attente pour chirurgie planifiée  36 jours  17 jours  -53% 
    Durée moyenne de séjour en réanimation (ICU)  N/A  -10%  -10% 
    Patients pris en charge aux urgences en <4h  36%  87%  +51 points 
    Taux de satisfaction patient global  67% (2019)  79% (2021)  +12 points 
    Satisfaction vaccination COVID-19  N/A  98%  – 
    Nombre de lits optimisés pour COVID-19  6 000  10 400  +73% 
    Réduction du délai d’approvisionnement  >60 jours  25 jours  -58% 
    Nombre d’items en rupture de stock  254  53  -79% 
    Coût évité (réparation/redistribution respirateurs)  N/A  25 millions USD  – 
    Vaccins COVID-19 administrés  N/A  20 millions  – 

    Ces résultats traduisent une amélioration de la fluidité des parcours, une réduction des délais critiques et une optimisation des ressources matérielles et humaines. 

    Gestion de crise et résilience organisationnelle 

    Pendant la pandémie de COVID-19, le NHCC a joué un rôle central dans la coordination des mesures de prévention, la gestion des lits et des équipements (ventilateurs, EPI), la priorisation des interventions et la communication avec les autorités nationales. La mortalité liée à la COVID-19 est restée faible (2%) et le centre a permis la mise en œuvre rapide de plus de 100 mesures préventives à l’échelle nationale. 

    Télémédecine et command centers : expérience en soins intensifs néonatals 

    L’étude de Mominkhan et al. (2025) porte sur l’intégration d’un programme de téléconsultation critique (TCC) dans une unité de soins intensifs néonatals d’un hôpital public à Najran avec supervision en temps réel par le NHCC. Les principaux résultats sont les suivants : 

    • Réduction du taux de mortalité néonatale de 10,3 à 9,2 pour 1 000 naissances vivantes (-10,7%).
    • Augmentation du taux de sortie de 0% à 34,12% après 4 mois.
    • Maintien d’un taux d’occupation des lits élevé (100-137%).
    • Interventions immédiates grâce à la surveillance en temps réel. 

    Le tableau suivant synthétise les données principales : 

    Période  Taux de mortalité (pour 1 000 NV)  Taux de sortie (%)  Taux d’occupation des lits (%) 
    Avant TCC (13 mois)  10,3  0  100-137 
    Après TCC (9 mois)  9,2  34,12 (après 4 mois)  100-137 

    Ces résultats confirment l’apport des command centers dans l’intégration de la télémédecine pour améliorer la qualité et la sécurité des soins même dans des contextes de forte pression sur les ressources. 

    Synergie entre command centers, IA et télémédecine 

    Les expériences saoudiennes démontrent la capacité des command centers à orchestrer une transformation des systèmes de santé en alliant technologies avancées, organisation centralisée et collaboration interdisciplinaire. L’utilisation de l’intelligence artificielle pour l’analyse prédictive, la surveillance épidémiologique et la gestion proactive des ressources permet de dépasser les approches traditionnelles, souvent fragmentées et réactives. 

    La télémédecine, intégrée aux command centers, s’avère particulièrement efficace pour pallier les pénuries de spécialistes, améliorer la prise en charge des patients à distance et optimiser l’utilisation des lits en soins critiques. Les données issues des unités néonatales montrent que la supervision centralisée et la téléconsultation peuvent réduire la mortalité et accélérer les sorties tout en maintenant un haut niveau de surveillance et de sécurité. 

    Les études soulignent toutefois certaines limites, notamment la difficulté à isoler l’effet propre des command centers en l’absence de groupes témoins, la variabilité des indicateurs selon les contextes et la nécessité d’études complémentaires sur l’acceptabilité par les professionnels et l’impact à long terme sur les organisations. Par ailleurs, la généralisation de ces modèles à d’autres systèmes de santé nécessite une adaptation aux spécificités locales et une évaluation rigoureuse de la soutenabilité économique.