Unicancer crée une direction des données de santé en oncologie, avec à sa tête le Dr Mathieu Robain

Le Dr. Mathieu Robain, directeur des données médicales dans le cadre du programme Esme (Épidemio-stratégie médico-économique) d’Unicancer, est nommé à la tête de la nouvelle direction des données de santé en oncologie du groupe de CLCC. Il « collaborera étroitement avec les centres de lutte contre le cancer (CLCC) et les partenaires extérieurs tels que le Health Data Hub et l’Inca« , précise la fédération dans un communiqué publié le 6 mai 2020.

La création de cette nouvelle direction est liée à la réussite du programme Esme et plus précisément à « la qualité et [à] l’importance, pour la communauté médicale et scientifique, des récentes données dégagées » dans ce cadre, explique le réseau de CLCC.

Lancé en 2014 par Unicancer, Esme est présenté comme « la plus importante source européenne d’information en vie réelle en oncologie ». Composé de 3 bases, le dispositif recense :
• les données anonymisées de 2 3000 patientes traitées pour un cancer du sein métastatique ;
• de 10 000 patientes atteintes d’un cancer des ovaires ;
• de 23 000 patients suivis pour un cancer du poumon à un stade avancé.

« La plateforme Esme est un programme phare d’Unicancer qui a déjà permis de mener plus de 45 projets de recherche innovants, commente Jean-Yves Blay, président du groupe. Nous avons désormais l’ambition de développer cette expertise à l’international afin d’en exploiter toute la puissance. »

Une direction « pour structurer et poursuivre la dynamique positive » insufflée par Esme

« Nous sommes convaincus du potentiel que représente une telle base de données en vie réelle (Esme) pour la recherche française et internationale, soulignent Sophie Beaupère, déléguée générale d’Unicancer et Mario Campone, président délégué du groupe en charge de la stratégie des données de santé en oncologie. C’est pourquoi nous mettons tout en œuvre pour structurer et poursuivre cette dynamique positive avec la création d’une direction des données de santé en oncologie. »

Le Dr Mathieu Robain a développé le programme de données de vie réellle Esme

Le Dr Mathieu Robain est nommé à la tête de cette nouvelle direction.

Spécialiste en santé publique, il a développé le programme de données de vie réelle Esme à Unicancer et assure les fonctions de directeur des données médicales (Esme) depuis 2014.

« Il apporte ainsi toute son expertise des études cliniques et épidémiologiques, observationnelles ou interventionnelles, acquise au sein d’Unicancer et de ses précédentes missions, à l’Inserm ou dans des sociétés de services en recherche clinique », note la fédération de CLCC.

Le Dr Mathieu Robain est docteur en médecine et titulaire d’un doctorat en épidémiologie.

Le programme Esme a été lancé afin d’exploiter les données de vie réelle :

  • pour confirmer les données épidémiologiques ;
  • pour évaluer l’efficacité des stratégies thérapeutiques en oncologie ;
  • pour identifier des besoins insatisfaits, explique Unicancer dans son communiqué.

Un dispositif qui permet de « fournir des données épidémiologiques récentes et robustes à la communauté médicale »

« La qualité des données de la cohorte Esme et le suivi longitudinal exceptionnel qu’elle offre permettent de fournir des données épidémiologiques récentes et robustes à la communauté médicale et de lui apporter des éléments d’éclairage concernant les progrès thérapeutiques réalisés ces dernières années », complète la fédération.

Ces données permettent aussi « de mettre en évidence les situations nécessitant encore le développement de nouvelles options thérapeutiques, et de caractériser des facteurs pronostics cliniques majeurs qui pourront être utilisés pour développer les prochaines recherches », ajoute-t-elle.

Esme : plusieurs publications dans des revues internationales

Pluseurs publications dans des revues internationales mettent en avant « la robustesse des données Esme », souligne Unicancer (communiqué).

Exemple : une récente publication dans l’European Journal of Cancer

Une étude* publiée le 2 mars 2020 dans l’European Journal of Cancer montre que les données de vie réelle collectées entre 2008 et 2016 par le biais du programme « sein métastatique » d’Esme ont permis « d’actualiser les données de cette maladie en termes de survie gloable et sans progression, et ainsi de mieux cerner les situations nécessitant une évolution de la prise en charge des patientes », indique le groupe de CLCC.

« Il a ainsi été démontré que la survie globale des patientes est significativement différente en fonction du profil de la tumeur : la survie globale médiane de l’ensemble de la cohorte est de 39,5 mois (38,7-40,3). La survie à 5 ans est de 33.8 % », précise-t-ils.

  • Les patientes atteintes de cancer du sein sur-exprimant HER2 (protéine pouvant favoriser la croissance d’une tumeur) ont actuellement le meilleur pronostic relatif :
    • avec une survie globale (SG) de 50,1 mois
    • et une survie sans progression (SSP) en « première ligne » thérapeutique de11,3 mois.
  • Les cancers du sein triple négatifs métastatiques gardent un mauvais pronostic :
    • avec une survie globale de 14,8 mois
    • et d’une SSP en première ligne de 4,8 mois.

4 variables ont été identifiées comme étant associées à un pronostic plus défavorable, quel que soit le sous-type considéré :

  • un âge plus avancé lors du diagnostic des métastases ;
  • une rechute précoce entre6 et 24 mois après le diagnostic initial ;
  • la présence de métastases viscérales-Plus de 3 organes atteints par la maladie métastatique.

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