Autorité de la concurrence : Yann Guthmann dirigera le nouveau service de l’économie numérique

Yann Guthmann est nommé chef du nouveau service de l’économie numérique » et « prendra ses fonctions le 14 septembre 2020 », annonce l’Autorité de la concurrence dans un communiqué daté du 9 juillet 2020, soulignant qu’elle a choisi pour ce service spécialisé créé en janvier un profil « à la fois expérimenté en droit de la concurrence et disposant des compétences techniques pour élaborer de nouveaux outils mobilisant algorithmes et sciences de la donnée ».

Le service de l’économie numérique de l’Autorité de la concurrence, directement rattaché au Rapporteur général, aura pour mission :
• de « développer une expertise poussée sur l’ensemble des sujets numériques » ;
• de collaborer aux investigations sur les pratiques anticoncurrentielles dans l’économie numérique ;
• de contribuer aux études lancées sur les nouvelles problématiques liées au développement du numérique telle que celle en cours sur les fintech.

Diplômé en 2010 de l’école Polytechnique et de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), Yann Guthmann a tout d’abord travaillé à la Direction des affaires économiques et de la prospective de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des Postes (Arcep) entre 2010 et 2016, en tant que chargé de mission de l’unité « coût et tarifs ». Il a rejoint ensuite l’Autorité de la concurrence comme rapporteur au sein du service des professions réglementées, un poste qui lui a notamment permis de développer « des outils d’automatisation de du traitement des données ».

Les défis du régulateur devant la numérisation de l’économie

L’Autorité de la concurrence soulignait le 9 janvier 2020 dans le communiqué de présentation de son service numérique que « la numérisation accélérée de l’économie » et les « transformations profondes » qu’elle induit « modifient radicalement les règles du jeu concurrentiel sur tous les marchés » et « créent de nouveaux défis » pour ses services, présentés sous la forme des questions suivantes :

  • Comment appréhender les enjeux concurrentiels face à des acteurs développant de nouveaux modèles d’affaires, fondés par exemple sur la collecte et l’exploitation des données personnelles ou encore sur la constitution de communautés d’utilisateurs d’envergure mondiale ? ;
  • Comment détecter les nouveaux types d’infractions commises par le biais d’algorithmes, plus aisément dissimulées que les ententes traditionnelles ? ;
  • Comment utiliser les nouveaux outils fondés sur les données en masse ou l’intelligence artificielle pour réprimer efficacement les atteintes au libre jeu concurrentiel ?.

L’Autorité a notamment publié en février 2020 une contribution visant à « compléter le droit de la concurrence, au niveau national ou européen, par un mécanisme permettant d’intervenir sur les comportements nuisibles à la concurrence mis en œuvre par les opérateurs dits  « structurants ».

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