Xavier Becerra, proposé en décembre 2020 par le nouveau Président américain Joe Biden pour diriger le département de la Santé (HHS) en remplacement d’Alex Azar, a vu sa nomination confirmée par le Sénat le 18 mars 2021, par 50 voix contre 49, avec une seule voix en sa faveur issue des rangs républicains, celle de Susan Collins (Maine).
Âgé de 63 ans et diplômé de l’université de Stanford, Xavier Becerra était depuis début 2017 Attorney general (ministre de la Justice) de l’État de Californie. Il a été plusieurs fois élu à la Chambre des Représentants sous l’étiquette démocrate, à partir de 1993. Né à Sacramento en Californie américaine, de deux parents mexicains, il sera le premier Américain hispanique à être nommé ministre de la Santé des États-Unis.
Xavier Becerra a fait part lors de ses auditions de confirmation de son soutien à la télémédecine. Le 23 février, il déclarait : « Si le Covid-19 ne nous apprend pas comment la télésanté peut aider à sauver des vies, alors nous sommes en difficulté ». « Je crois sincèrement que nous allons réaliser l’expansion de la télésanté », avait-t-il ajouté, précisant la nécessité de « s’assurer que les populations aient accès au haut débit. »
La confirmation de Xavier Becerra a été saluée par les organisations de professionnels américains de la télésanté, la Connected Health Initiative (CHI) et l’American Telemedicine Association (ATA). Dans un communiqué daté du 18 mars, l’ATA se dit « disponible pour travailler avec le secrétaire Becerra, l’administration Biden et les membres du Congrès pour faire en sorte que la télésanté devienne une option de traitement permanente pour les millions d’Américains qui en dépendent désormais pour leurs soins ».
Télémédecine aux États-Unis : l’agenda de l’ATA
Dans son communiqué, l’American Telemedicine Association exhorte l’administration Biden et le 117e Congrès à soutenir les politiques suivantes :
- supprimer définitivement dans la loi les barrières géographiques : le site d’origine doit être l’endroit où se trouve le patient, notamment mais non exclusivement le domicile du patient ;
- supprimer les dispositions de la loi qui prescrivent, pour la prestation de soins de télésanté ou le remboursement, une relation préalable en personne entre le praticien et le patient ;
- renforcer l’autorité du HHS pour déterminer les services et les fournisseurs de télésanté appropriés ;
- veiller à ce que les centres de santé agréés par le gouvernement fédéral (FQHC) et les cliniques de santé rurales (CHR) puissent fournir des services de télésanté et recevoir un remboursement équitable ;
- rendre permanent le pouvoir de dérogation temporaire du HHS pour les futures urgences. ;
- soutenir les capacités existantes en matière de fraude, de gaspillage et d’abus au sein du HHS ;
- permettre aux commissions des licences ses Etats fédérés et aux praticiens de déterminer les normes de soins appropriées pour les patients, notamment en supprimant, dans le « Consolidated Appropriations Act » récemment signé, la nécessité d’une consultation préalable en présentiel en personne pour les services de télésanté mentale.
