La nouvelle instance doit présenter d’ici 6 mois au Gouvernement des recommandations afin d’adapter la stratégie nationale pour l’intelligence artificielle et de « faire de la France un pays à la pointe de la révolution de l’IA ».
La première ministre Elisabeth Borne a annoncé le 20 septembre 2023 l’installation d’un comité de l’intelligence artificielle (IA) générative chargé de « contribuer à éclairer les décisions du gouvernement ». Cette instance doit présenter d’ici 6 mois des propositions afin d’adapter la stratégie nationale pour relever le défi de l’IA.
Co-présidé par Philippe Aghion, économiste spécialiste de l’innovation, et Anne Bouverot, présidente du conseil d’administration de l’École normale supérieur (ENS), le comité comprend 13 autres acteurs issus de différents secteurs (culturel, économique, technologique, recherche).
Tout en soulignant le potentiel de cet outil numérique, Matignon rappelle que l’IA soulève de nombreuses questions notamment dans les domaines de l’éthique, de l’économie, de la productivité, du travail, de l’organisation des entreprises ou encore sur les souverainetés industrielle et numérique des États.
« Les bouleversements technologiques et sociaux qui en découlent prouvent que la bataille pour la souveraineté passe par la maîtrise de ces algorithmes », relève Matignon dans un communiqué.
Rester dans la course face aux US et à la Chine
Outre un éclairage du Gouvernement sur l’IA générative, le comité devra contribuer à « faire de la France un pays à la pointe de la révolution de l’intelligence artificielle ». Les membres du comité présenteront d’ici 6 mois des « propositions concrètes » afin d’adapter la stratégie nationale pour l’IA.
Le Gouvernement estime d’ores et déjà qu’il est nécessaire :
• de renforcer les formations dans le domaine de l’IA pour développer les talents ;
• d’investir pour favoriser l’innovation française ;
• de définir une régulation adaptée pour protéger des dérives.
« Nous analyserons l’impact de l’intelligence artificielle sur notre économie, l’emploi, la croissance, la lutte contre les inégalités. Par ailleurs, nous nous pencherons sur la politique industrielle de l’intelligence artificielle, comment combler le déficit par rapport aux investissements américains et chinois », explique Philippe Aghion.
Composition du comité de l’IA générative
Outre ses 2 co-présidents Philippe Aghion et Anne Bouverot, le comité comprend les membres suivants :
- Gilles Babinet, président du Conseil national du numérique ;
- Joëlle Barral, directrice scientifique au sein de Google;
- Alexandra Bensamoun, professeure de droit, personnalité qualifiée au CSPLA (ministère de la Culture) ;
- Nozha Boujemaa, co-présidente du groupe d’experts IA de l’OCDE et « digital trust officer » pour Decathlon ;
- Bernard Charlès, P.-D.G. de Dassault Systèmes;
- Luc Julia, expert en IA générative ;
- Yann Le Cun, vice-président et « chief AI scientist » au sein du groupe Meta, expert en IA générative;
- Arthur Mensch, fondateur de Mistral AI ;
- Cédric O, consultant, ancien secrétaire d’État au Numérique ;
- Isabelle Ryl, directrice de l’institut PRAIRIE (Inria) ;
- Franca Salis-Madinier, secrétaire nationale de la CFDT Cadres en charge de l’Europe, du numérique, de l‘intelligence artificielle et de la protection des lanceurs d’alerte ;
- Martin Tisné, directeur général de Luminate (groupe Omidyar), ancien membre du Conseil britannique de l’IA (UK AI Council) ;
- Gaël Varoquaux, chercheur en informatique (Inria) spécialiste de l’apprentissage automatique (machine learning).
